Mon visage s’empourpre en avouant qu’il y a un mois, je n’avais jamais lu un album de BD de la série “XIII”.
Je me serais flagellé si j’avais également avoué qu’il y a un an, je ne savais même pas qu’elle existait. Aïe.
Depuis, j’ai rattrappé mon retard, en me tapant les 16 tomes disponiblesà ce jour.
En bilan rapide, je dirais que 12 premiers épisodes sont fous tellement on est accroc (ça m’a rappelé les saisons de 24H Chrono). Les suivants sont moins intéressants, le scénario part un peu en sucette.
Ce que j’ai retenu toutefois, c’est que :
- XIII est un sérieux chanceux : lorsqu’il a une mitraillette pointée sur lui, sa copine noire vient le sauver d’on ne sait où. Lorsqu’il a un revolver sous la gorge, c’est sa copine rousse qui intervient. Quand une bombe lui tombe sur la gueule, ce sont les autres qui meurent sauf lui. Lorsqu’il a un couteau sous le zgueg, … là il ne dit rien, c’est la circoncision. Mais quand même, pas toujours très crédibles comme astuces…
- XIII a vécu en 35 ans ce que certaines nations entières ne vivent pas en 400 ans : il a fait tous les métiers du monde et possède (jusqu’à maintenant) 4 identités sous laquelle il a sauvé le monde, tué le président des Etats-Unis, chassé les cachalots en Alaska avec des inuits de la secte des loups, fomenté une révolution en Amérique du Sud, etc. Mince, moi qui n’ai même pas mon permis bateau.
- Les méchants ne meurent pas vraiment jamais, mais pas vraiment toujours. Ils peuvent terminer en petits morceaux mais ils réapparaissentà n’importe quel moment de l’histoire. C’est Goldorak ce truc-là ou quoi ?
- Comme d’habitude, lorsqu’une personne doit donner une information vitale, elle se fait toujours tuer une milliseconde avant d’avoir pu parler. Ou alors, pissant le sang età bout de force, elle dit : “le meurtrier, c’est… c’est… St-aaarrghghg“. Si c’est pas éculé comme gag ça…
- Les ficelles du scénario sont grosses mais elles marchent du tonnerre : un gars amnésique qui se fait tirer dessus parce qu’il appartientà une organisation et qu’il est censé avoir tué le président des Etats-Unis, ça donne sincèrement envie de lire la suite, sauf si on n’aime pas les Etats-Unis, les organisations, les amnésiques et les histoires d’espionnage en général.
Ce qui est énervant, c’est pourquoi ça marche (idem pour 24h Chrono :à chaque fin d’épisode, t’as envie d’avancer dans le temps pour voir l’épisode suivant tellement ça te picote de savoir la suite) ?
Lorsqu’on prend du recul, XIII (et 24h Chrono) regorgent d’incohérences, de facilités et d’improbabilités. Mais on ne peut pas s’empêcher d’y croire; visiblement la trame est suffisante et ces “erreurs” sont pardonnables parce que l’enjeu (l’identité de XIII, la bombe atomique qui va exploser, le virus qui va se diffuser etc.) et les personnalités (XIII, Jack, Nina, cette petite
de Kim etc.) est plus captivant que les détails, tant que ces derniers ne sont pas trop “gros”.
Par exemple, deux personnages se font crever les yeux (dont une avec un bout de verre brisé enfoncé jusqu’à l’os) mais aucun ne souffre de séquelles. Ou encore le tatouage du président effacé microchirurgicalement est indétectable.
Ou pire encore, ces couillons de la cellule anti-terroriste sont les champions du monde des raccourcis-clavier : ils ont des IHM plus complexes qu’une tour de contrôle mais effectuent toutes leurs manipulations sans souris !
En tout cas, j’attends quand même le tome XVII de XIII, voir jusqu’où ça nous mène. Il me semble avoir déjà deviné. En vérité, XIII est un aargghhg.










