Je sais pas si c’est mon collègue (Alain, nom de code ABU) qui est magnétique (cf. mon article sur le pouvoir des pointes que je n’ai pas encore écrit) mais nous venons de vivre une scène pittoresque, lui et moi. Scène que je n’aurais jamais vécu seul probablement.
Nous sommes dans le train. On rentre de Niort (la digue la digue).
En première. La classe. Normal quoi.
On pensait être à l’abri.
Que Nenni.
Qui surgit au beau milieu du couloir ? Un clochard, suintant le mauvais alcool. Et qui exige de manière assez ferme un peu d’argent pour vivre.
Dans un TGV. En première. Merde quoi, les gens paient.
Il aurait pu s’acharner sur une des 40 personnes du wagon. Non, non. Il s’adresse à nous.
Moi de continuer à fixer mon écran et écrire cet article, au péril de ma vie.
Et Alain de faire semblant de lire son bouquin.
Puis le petit gars éthylé a l’idée de bavarder avec d’autres personnes du wagon. Histoire de répandre sa bonne parole et sa mauvaise haleine. Ce qui nous laisse le temps de nous regarder, interloqués.
Au même moment, un bonhomme juste derrière nous nous donne une mallette noire, en nous priant de la lui garder le temps qu’il aille se rincer au bar. Stupeur et tremblement.
Moi, avec mon humour ravageur, de demander : “il n’y a pas de bombe dedans au moins” ?
Non. Enfin, il dit non. Si cet article est publié, c’est que je n’aurai pas sauté.
Et il se casse.
Doutes.
C’est alors que notre ami clodo revient vers nous, balance un grand coup dans le livre d’Alain en disant : “laisse tomber, de toutes façons tu ne sais pas lire !”.
Mon collègue, qui a fait le Vietnam probablement, ne répond pas et laisse faire.
Le whisky ambulant fait alors mine de chercher quelque chose dans sa poche (nous craignions un couteau, enfins surtout Alain moi je suis côté fenêtre) et extirpe péniblement… une liasse de billets ! De 10, 20 et 50 euros ! En disant que c’était une dette qu’il devait régler à Paris. Remarque, une liasse en première c’est normal.
Il ne manquait plus que le générique et on était dans un film.
Je passe sur les détails des paroles mi-libidineuses, mi-éructations du gentil colporteur de saveurs vinaigrées.
Un contrôleur arrive enfin et rembarre l’individu malpropre de notre sillage. C’est pas que je me la joue mais je suis en première. Les clochards, c’est pour la plèbe en seconde.
Fin du film ?
Que nenni bis : une jeune fille vient s’assoir juste derrière nous, à la place du gars à la bombe, toujours pas revenu. Je ne comprends plus rien et je commence à flipper. Alain en rit. Mais il n’en pense pas moins, surtout après son expérience au Vietnam.
Quelques instants après, le gars revient, une arme à la main et se met à tirer sur la moitié du wagon. Les enfants crient (en première bordel !), les vieux hurlent, Alain et moi nous faufilons pour tirer le signal d’alarme quand soudain…
Un dinosaure apparaît par la fenêtre, et un tordu nous annonce qu’il ne faut pas tirer le signal d’alame à mauvais escient.
Et avec tout ça, le train a 10 minutes de retard.
Putain de journée.










