Pour entamer ce sujet brûlant mais passionnant, je voudrais commencer par un petit soulagement personnel : DJO,
.
Cette formalité liminaire effectuée, développons ce sujet qui fait écarquiller les yeux de tout bon occidental, plus précisément si le siège de son employeur se situe au 50 avenue des Champs-Elysées. Dorénavant, le monde entier connaîtra le secret du “pouvoir des pointes”.
Chapitre 1 : un peu de théorie
Le pouvoir des pointes est un terme qui évoque pour certains la physique élémentaire, pour d’autres des pratiques que la morale réprouve. Dans cet article, nous allons évoquer vos souvenirs de la classe de troisième (sauf pour nos amis lecteurs illettrés ou impubères et vu la génération actuelle, souvent les deux en même temps).
Au laboratoire, expérimentation.
Lorsque vous frottiez une règle en epoxy et que vous l’approchiez de petits bouts de papier, que se passait-il ? Les bouts de papier se collaient temporairement sur la règle. C’est une des conséquences de l’électricité statique, ou électrostatique : en frottant la règle, on a déplacé les charges (les ions pour les intellos, les gluons pour les fans de Téléchat) localement, et l’attraction électrique faible (les ions + attirent les ions -, les ions + repoussent les ions + etc) a fait le reste.
La précision “localement” est de mise : si vous retourniez la règle, aucun papier ne restait accroché (à moins de s’appeler Gérard Majax).
Le pouvoir des pointes est aussi une des conséquences de l’électrostatique : il y a une plus forte concentration de charge sur les “pics” ou pointes. C’est d’ailleurs le principe de fonctionnement des paratonnerres.
Si vous êtes un peu paumés, je vous conseille de lire cet article et son explication.
Voilà, je suppose que maintenant vous êtes à jour. On peut poursuivre.
Chapitre 2 : la superstition orientale
Je ne suis pas spécialiste du sujet, vous trouverez de nombreux ouvrages ou sites de référence sur le net. Mentionnons quand même certains faits.
Je délimite volontairement les orientaux par les habitants historiques du Moyen-Orient et de l’Extrême Orient. On peut y inclure l’Afrique du Nord mais pas l’Afrique Noire, que je ne connais pas du tout (à part quelques bassistes renommés et Nelson Mandela).
Il est très courant pour ces peuples de croire à certaines superstitions, plus ou moins extravagantes. Je ne parle pas ici des chats noirs, des pattes de lapin et des échelles mais plutôt de “la couleur rouge éloigne le mal” (Chine), “ne pas coudre un habit sur la personne-même, on ne coud que sur les morts” (Algérie), “QQQ” (QQQ), “on ne met pas ses doigts dans son nez” (International) et surtout, le fameux “oeil”, traduit selon les populations par poisse, mauvais oeil, ‘ayin, malchance etc.
Qui n’a jamais entendu la phrase : “tu vas nous foutre la poisse” ? Certes elle est assez lointaine littéralement du “tu vas nous porter (nous mettre) l’oeil” moyent-oriental puisque le mot poisse signifie une matière molle, collante et visqueuse.
Ces deux expressions expriment pour autant la même idée, celle qu’une personne suscite une situation de malchance à son entourage.
Alors on va me dire : tout ceci est de la pure superstition. D’une part, ce sont des croyances anciennes, proches du mysticisme. Et d’autre part, rien ne peut prouver la véracité de la portée de cet “oeil” (je rêve du datawarehouse qui stockerait ce genre d’infos).
J’aquiesce.
Toutefois, ne pas confondre mysticisme et mystique. A notre époque sur-rationnelle, on a bien envie de se débarrasser de toutes ces croyances ignares et semble-t-il désuètes. La Science et le déterminisme induit joue un rôle fondamental dans le rejet de ces superstitions. Les relais médiatiques ajoutent le vernis pour entériner des choix qui auraient pu se placer à un niveau philosophique mais que la bêtise de la génération rabaisse à des questions essentielles comme “faut-il coucher le premier soir ?”, “maigrir de 20 kg : est-ce raisonnable ?” ou encore “DJ MC : nouveau rapeur de l’année ?”.
Cette petite digression est nécessaire pour introduire au lecteur une vision moins partisane des événements de notre vie. Je pense ainsi que les médias (et la société en général) ont favorisé l’individualisme et la consommation égoïste, détournant ainsi un ensemble de valeurs des temps plus anciens, jugés rébarbatives et archaïques. Ces préceptes et les valeurs morales passées à la trappe, il n’y a qu’un pas pour imaginer que l’Homme est régi uniquement par des lois physiques tangibles et par conséquent, soumis à la seule force de sa propre morale, ou de celle qu’on aura édictée pour lui.
Certes, cette vision aurait pu être réjouissante dans un monde idéal. Mais ce n’est pas tout de suite que les loups dormiront avec les agneaux. Mais c’est un tout autre débat, à aborder dans un futur article.
Revenons à cette fameuse poisse et illustrons par un exemple type. Vous jouez au casino, et vous gagnez un petit pécule à la roulette. Un type à côté de vous murmure : “vous en avez de la chance ce soir, dis donc !”. Que répondez-vous ?
- Réponse A : “oui et je vous emmerde”
- Réponse B : “c’est vrai je suis très chanceux, rien de grave ne m’arrive dans ma vie”
- Réponse C : “mais non, allons, vous allez me porter la poisse/l’oeil” (et vous le maudissez intérieurement)
- Réponse D : “oui, je peux vous offrir un verre ?” si le type est pulpeuse
Perso, je réponds C. Parce que je crois au pouvoir des psychopointes.
La suite au prochain numéro. Stay tuned (restez tunisien !)
[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : A celle qui dure -M- (3:45)]