J’ai passé mes dernières vacances en Israel, où j’ai eu l’occasion de retrouver famille, amis, paysages et hamburgers cacher.
Inutile de préciser que ces trois semaines ont été l’occasion pour moi de me ressourcer, tant sur le plan amical (hello les copains israéliens !) que gastronomique, spirituel et festif.
Beaucoup m’ont demandé, lors de mon retour, ce que je pensais et comment j’avais vécu le retrait de Gaza par les israéliens. Pourquoi moi ?
Peut-être en utilisant l’équation simplifiée juif=israélien (mais que je comprends finalement, alors que le contraire est difficilement concevable. Comme disait Herbert Pagani, “l’an prochain à Jérusalem“, tous l’ont au moins récité une fois par an, le soir de Pâques, même M. Kissinger).
Disons les choses telles qu’elles sont : la France est totalement mal informée des problématiques israéliennes sur ce retrait. Je ne parle pas de désinformation ni de parti-pris. Non, juste qu’en ayant regardé LCI (je n’ai pas encore le niveau pour comprendre totalement les informations en hébreu), et pour avoir été présent sur place, pour avoir discuté avec un grand nombre d’autochtones de milieux variés (gauche, droite, religieux, non-religieux, étudiants, pères de famille, soldats, retraités, immigrés, sabras1 etc.), j’ai eu l’impression de me retrouver devant un match de foot à la télé.
Imaginez que je suis un passionné de foot, militant du PSG par exemple. Je regarderais alors tous les matchs de mon équipe, la supportant dans ses hauts et dans ses bas (peut-être dans ce cas l’exemple du PSG est mal choisi). Lorsque je les verrais évoluer sur le terrain, je me mettrais à leur place, en criant lorsque la balle arrive près des buts adverses, en suffoquant lorsqu’elle est trop proche des nôtres.
Et j’aurais surtout tendance à jouer l’entraîneur depuis mon fauteuil, vociférant contre untel parce qu’il fait des passes trop courtes, contre un autre parce qu’il est trop personnel. Ou congratulant celui-là parce qu’il a fait un centre efficace.
Tout ça depuis mon fauteuil.
J’avais la même impression sur place. J’étais arrivé en Israel, petit juif français, avec tout un flot d’idées sur la paix, les concessions, les solutions, les implications; un flot d’idées de fauteuil.
Pendant que sur la pelouse israélienne, un vrai match, avec de vrais joueurs se tenait. Et d’un fauteuil, tout paraît toujours plus simple…
En ayant écouté les nombreux avis et positions (rappelez-vous, 2 israéliens, 3 avis), impossible de m’en tenir à mes équations du premier degré du genre : territoires contre paix = solution fiable.

En France, on a fait croire que seuls les religieux, les ultra-orthodoxes étaient contre le retrait de Gaza. Bien qu’un très grand nombre de ces militants était effectivement religieux (à ce stade des débats, je crois que ne considérer que le côté biblique des choses est dangereux), beaucoup se sont battus pour des motifs plus larges comme la sécurité du pays ou la relocalisation des familles évacuées.
En effet, ce que l’on ne dit pas à la télévision française, c’est que si les mouvements radicaux palestiniens (djihad, hamas, fatah) bombardaient au moins une fois par jour les colonies, autrement dit des territoires disputés, ils bombardaient aussi des territoires à proprement parler israéliens (Sdérot, le sud d’Ashkélon etc.). Qu’est-ce qui les empêchera ensuite, de bombarder encore plus haut, dans des villes comme Ashkélon, Ashdod etc ? De même, jusqu’où pourront-ils revendiquer, à ce petit jeu ?
Autre point : il a fallu 5 ans pour délocaliser un zoo à Ramat-Gan (banlieue de Tel Aviv) de peur que les bêtes souffrent du transfert. Il a fallu 4 mois pour les habitants du Goush Katif. La plupart vivent à présent dans des hôtels, des mobile-home ou des tentes. Certains ont dû avancer de l’argent de leur poche pour un garde-meuble. Et ne croyez pas qu’il s’agisse uniquement des familles récalcitrantes, la plupart ont été logées à la même enseigne.
Et pourtant… Si l’on en croit les derniers sondages, 61% des israéliens approuvent la politique du premier ministre Ariel Sharon. Beaucoup considèrent que, même si l’équation est à plus qu’un degré (Fermat, tu étais un risible), une solution approximative vaut mieux qu’une errance éternelle. Ce que je cautionne aussi naturellement. Que les israéliens ont une dette morale vis à vis des palestiniens, même s’ils ne sont pas surs de la suite des événements. Et enfin, qu’assurer la protection de 8000 juifs au sein d’un million et demi d’arabes était hors de prix.
Ces discussions, qui peuvent paraître sans fin, ne sont pas sans atteindre le moral et les liens fraternels supposés des juifs israéliens. Des soldats qui pleurent (je raconterai une anecdote personnelle à ce sujet à ceux qui veulent l’entendre), des humains qui haïssent, des enfants qui manifestent bref, une tension intérieure lourde. Lourde à porter surtout pour un pays isolé et seul, avec d’autres problématiques tout aussi peu réjouissantes.
Deux dernières informations qu’on oublie souvent, histoire de relativiser ce qu’on voit et ce qu’on entend :
- La taille totale d’Israel (Gaza et Cisjordanie incluse) est égale à 26 000 km2 (celle de la France est de 550 000 km2), soit la superficie de l’Auvergne
- Vu de France (surtout de la fenêtre tordue de ce salopard d’Edgar Morin), les israeliens humilient les arabes et les palestiniens. Il y a 2 députés arabes israéliens à la Knesset (l’assemblée nationale israélienne). Combien y en a-t-il en France ? En Israel, les arabes israeliens travaillent dans tous les hôtels, se baignent sur les mêmes plages que les juifs israéliens orthodoxes et sont aussi présents à la télévision et dans l’équipe de football nationale qu’une mauvaise discrimination positive en France.
1 : un sabra désigne un israélien né en Israel. Sabra désigne la figue de barbarie, censée représenter la dureté extérieure et la douceur intérieure.
Quelques photos ci-dessous.
1) photo prise en plein désert ! Véridique !
2) et 3)à la mer morte
4), 5) et 6) l’équipe du Maccabi Tel-Aviv vainqueur en 78 et nouvelle génération
7) au Mur des Lamentations
8) et 9) au mariage de Tonino
10) dans le Nord : un chalet avec Jacuzzi dans le salon !
11) D’où l’expression Capharnaüm (véridique)
12), 13) et 14) dans le Golan, dans les sources du Jourdain
15 et 16)à la plage de Natanya (30 km de Tel-Aviv)
17) vue de la maison de mes parents
18) -100m sous le niveau de la mer (la Mer Morte està -450à peu près)
19), 20) et 21) dans les grottes de farine, près de Sodome et Gomorrhe
22) l’endroit le plus bas du monde, bigre !
23) et 24) “on flotte tous en bas” (avis aux connaisseurs)











Bien les photos de tes vacances en d’Israël ! Ca me rappelle les miennes.
C’est vrai que la question du désengagement était compliquée parce qu’éminemment passionnelle. J’étais pour, je pense que Sharon a eu raison et je lui fais toute confiance pour préserver la sécurité des israéliens.
Maintenant aux palestiniens d’assumer leurs responsabilités. Et ça c’est une autre paire de manches.
En tous les cas, je mets ton sympathique blog dans mes favoris !