Les femmes peuvent parler 31 minutes sans s'arrêter
”The fourty four hundred”
Le 13/09/2005 - 19:13

Amis lecteurs, la plupart d’entre vous a vécu l’époque Dallas, époque où l’on attendait impatiemment le jour de diffusion de l’épisode suivant, où l’on était persuadé que tous les texans vendaient du pétrole et se saoulaient invariablement, où l’on pensait, pour mal citer Desproges, que JR était l’abréviation de Jules Renard.

Puis vint 24 heures.
Cette fois, le suspense est à son comble, les invraisemblances aussi. Mais l’idée fait mouche et pour ma part, j’ai été accroc, jusqu’à la fin de la saison 3, aux phrases typiques de la série :

  • Je veux un rapport complet sur…
  • Je sais à quel point c’est dur pour vous…
  • Bien monsieur le président
  • Il faut mettre toutes les unités de X sur le coup
  • Ok, on reste en contact
  • Nous avons toutes les raisons de croire que…

Ce qui me plaisait, c’était le manque de complaisance de certaines scènes (la mort de la femme de Jack en fin de première saison, Jack tue son chef de sang-froid dans la saison 3 etc.). Ce qui me plaisait moins, c’était le manque de vraisemblance de certaines autres (Jack meurt et revit dans la saison 2, Michelle -la femme de Tony- est la seule à être immunisée contre le virus dans la saison 3 etc.).

Puis vint Alias, une version édulcorée pour minettes en manque de sensations (pardon chérie). C’est du 24 heures encore moins vraisemblant (toute la famille est espionne internationale : père agent double, mère agent triple, fille agent semi-double, demi-soeur pruneau d’agent…), des sentimentalités et des pudibonderies agaçantes (pire que cette :boom: de Kim Bauer, c’est pour dire !) et bien sûr des accessoires déco-technologiques qui ne peuvent contenter que les filles (nous les mecs, les geeks, avons toujours tendance à chercher les raisons pour lesquelles physiquement le lecteur d’empreintes vocales en forme de collier ne peut fonctionner en pleine foule. Les filles ont plutôt tendance à trouver que la couleur du collier n’est pas assortie…).
Berk.

Puis vint… les 4400.

Voilà LA série qui me botte en ce moment. Le pitch : 4400 personnes ont disparu à des époques différentes, sans le moindre rapport entre elles a priori. Elles sont toutes “renvoyées sur terre” un même soir et se découvrent progressivement des pouvoirs (pas comme les X-men, mais plutôt télépathie, prophéties etc.). Leur gourou crée un centre dédié aux 4400 parce qu’il sait qu’ils ont été renvoyés du futur pour sauver l’humanité.

La saison 1 ne contient que 6 épisodes, la saison 2 en contient douze ! L’intrigue est bien menée et pour une fois, pas (trop) de gnognotte pour gonzesses. En plus, le générique est coowwl.

Je recommande.

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : L’insurrection de Madagascar - 1947 - Rendez-vous avec X (36:09)]
Un poison nommé Rwanda
Le 12/09/2005 - 18:57

En poursuivant ma lecture du livre Nous avons le plaisir de vous informer […], je me rends compte à quel point en France on a caché, filtré et dissimulé le massacre du Rwanda (et ce en grande partie à cause de l’implication de notre pays).

L’auteur, le journaliste P. Gourevitch, relativise immédiatement la dimension du massacre : “un génocide aussi industriel et aussi programmé que celui des Juifs durant la Shoah” puisqu’en deux mois, 200 000 personnes avaient été tuées à la machette systématiquement pour leurs origines.

La question, bien naïve faut-il l’avouer, qui m’est venue est la suivante : “pourquoi n’enseigne-t-on pas le génocide rwandais à l’école, de la même façon que l’on y enseigne l’Holocauste ?”. Pourquoi une telle horreur n’est-elle pas montrée à la nouvelle génération ?

Evidemment, la France se sent morveuse (d’aucuns diraient coupable). Evidemment, cela ne concerne pas l’Europe alors que la guerre de 39-45 est encore présente dans les mémoires ici.

Et surtout, évidemment que nos dirigeants se foutent totalement du sort des Africains. Alors lorsqu’ils (certains) sont mêlés jusqu’au cou à un génocide, il n’y a pas besoin de s’interroger longuement pourquoi en France, on ne verra pas de chapitre sur le Rwanda dans nos livres d’histoire-géographie avant des lustres…

De la même manière on peut aussi rêver de voir Monsieur X traiter du génocide du Rwanda en toute impartialité dans son émission.

Au temps pour moi : il y a eu 2 émissions complètes sur le massacre du Rwanda, que je n’ai pas encore écoutées. J’aimerais bien écouter la version “officielle” de France-Inter, porte-parole du gouvernement, surtout lorsqu’on découvre en ce momentà quel point Juppé, De Villepin et Chirac étaient mêlésà ce génocide…

Rappelez-vous, les couvertures de magazines affichaient en page de couverture, lors du sommet du G8, “le Niger meurt de faim” avec un gamin au regard hagard et triste comme image choc.

Noam Chomsky affirmait que la propagande partait souvent de ce type d’informations : faire oublier l’essentiel en mobilisant les ressources intellectuelles sur des sujets pour lesquels il n’y a pas débat mais plutôt adhésion tacite (par exemple, lors de la guerre du Golfe, la bannière “Soutenez nos soldats” : qui serait contre l’idée de soutenir NOS soldats ? Par contre, on en a oublié le sujet principal : fallait-il faire la guerre ?).

De la même manière ici, qui serait contre une aide aux pays africains et plus généralement aux enfants qui meurent de faim ? Evidemment personne. Mais de façon détournée on a occulté un autre des fléaux qui sévit et a sévi en Afrique : les colonisateurs occidentaux.

Si ce sujet géopolitique ne vous passionne pas, le film Hôtel Rwanda fait passer les mêmes messages d’une manière plus artistique mais tout aussi forte.
Comme me disaient ce midi mes ex-collègues et néanmoins amis d’Air Liquide, ce n’est pas le genre de film qui passera en prime time sur TF1…

Foutu monde.

Le pouvoir des pointes (suite)
Le 11/09/2005 - 10:37

Le début de cet article est ici.

De la même façon qu’il est possible électriquement de rassembler des particules énergétiques et de créer des interactions spatiales locales (attraction, répulsion), il doit être possible d’interagir sur un capital énergétique local (ce qu’on appelle une aura), voire global.

En effet, imaginons qu’en se concentrant très fort, certains éléments méta-physiques (au-dessus de la physique, pas surnaturels) puissent être influencés. Une formule magique prononcée avec ferveur par exemple : abracadabra. Evidemment, cela fait sourire parce qu’on imagine mal (merci Einstein) qu’un simple frottement psycho-électrostatique puisse générer suffisamment d’énergie pour transformer une grenouille en prince charmant (rappel : E = MC2).

Pourtant, d’une part rien ne dit que dans le monde psycho-électrostatique (que nous appellerons désormais monde des psychopointes), cette formule soit encore valable. Et d’autre part, même si elle l’était, rien ne nous permet -encore- de mesurer l’énergie occasionnée par les psychopointes, qui pourrait s’avérer gigantesque.

Prenons un exemple plus concret, qui ne doit pas forcément parler aux plus athées/infidèles d’entre vous : la prière.
Imaginons qu’elle soit un moyen de concrétiser ou d’attiser l’énergie des psychopointes. Evidemment, une prière isolée ne confère qu’une énergie limitée (c’est une pile 1,5V) mais une prière en groupe, en phase, permettrait de rivaliser avec des transformateurs industriels.

Ainsi, par exemple, encore aujourd’hui, les offices religieux dans une synagogue ne s’effectuent qu’à partir de 10 personnes. Le Temple de Salomon (détruit il y a plus de 1500 ans) pouvait regrouper un nombre très important de fidèles qui communiaient dans une même ferveur. De façon similaire aux lois électrostatiques, la répartition spatiale (le Temple situé à Jérusalem, sur une ligne terrestre magnétique particulière) peut être combinée aux effets de l’énergie psychopointe.

Ma conclusion : cette ferveur instantanée doit permettre d’influencer d’une façon quelconque un environnement extérieur, de manière localisée, par une communication magnétique particulière de type “psychopointes”.

On déduira de cette conclusion qu’il n’est nul besoin de D.ieu dans l’équation, la prière permet de favoriser la ferveur/concentration nécessaire vers un but attendu. Ceux qui veulent franchir l’étape de la foi s’interrogeront sur la possibilité d’influencer globalement l’environnement extérieur à l’aide d’une énergie ultime.

Pour rattacher cet article au précédent, reprenons l’exemple du joueur de casino. Parce qu’il est chanceux, on peut le représenter comme étant bercé d’une aura positive (des ions +). Lorsqu’un spectateur lui fait remarquer sa chance, selon la ferveur (l’intention) qu’il met, on peut suggérer qu’il émet des ions - (il est jaloux par exemple) et dans ce cas, cette aura est annulée ou qu’il émet des ions +, voire neutrons (si ses intentions sont franches) et que cela n’impactera pas notre joueur. Selon “la puissance de feu” de notre spectateur et celle du joueur, le résultat peut varier. Je vous renvoie au film “The Cooler” où est présenté un employé de casino porte-poisse aux joueurs trop chanceux.

Bien sûr, il s’agit d’une pure spéculation. Comme les mouvements browniens des gaz, ces interactions au quotidien sont invisibles et très difficilement observables à l’oeil nu. Bien sûr, j’ai connu des croupiers de casino qui défiaient toutes les probabilités. Bien sûr, à chaque fois que je confie à quelqu’un “elle est belle ta cravate”, il ne la salit pas dans la demi-heure. Bien sûr, il est difficile de mettre en évidence des règles précises.

Bien sûr.
Pourtant, on peut imaginer que :

  • Les voyants ou médiums peuvent ressentir des “choses” à l’aide cette aura ou énergie psychopointe (en lecture seule par contre)
  • Les croyances de “l’oeil” (poisse) sont extrêmement tenaces dans les pays orientaux et beaucoup d’entre nous (je parle aux maghrébins) ont d’innombrables exemples à raconter où la cravate a été badigeonnée d’oeuf ou de mayonnaise dans la foulée… Ces faits même anodins ne peuvent être imputés à une prédisposition psychologique de la victime (comme je t’ai maudit, alors tu t’y attends et malgré toi, tu te mets en position de te prendre des coups) puisque certains faits sont totalement hors de portée de cette dernière.
  • L’influence des psychopointes est de nos jours réduites par notre manque de pouvoir de concentration/ferveur (il est difficile de trouver le mot juste). Dans les anciens livres, seuls les grands prêtres, les magiciens et les sorciers étaient capables de tels miracles (en dehors des charlataneries et fanfaronnades classiques). Comme l’intelligence brute, on doit naître avec un potentiel psychopointe, qui peut être amélioré et optimisé ?
  • Et la loi de Murphy ?

Bien sûr cela peut faire sourire parce que ces “théories” sont tout simplement extravagantes. Notre croyance ancrée dans le déterminisme scientifique nous pousse à croire volontiers à l’électrostatique physique et non à la théorie des psychopointes.
Pour ma part, je pense que nous ne sommes pas assez outillés (mûrs ?) pour ce type de théorie.

Avant la découverte de l’attraction magnétique des corps, beaucoup voyaient de la sorcellerie en lieu et place de simples règles physiques élémentaires. De la même façon, nos aïeux ont toujours cru que la météo était un caprice des dieux (on ne va pas en faire un fromage) et qu’il était impossible de prévoir quel temps il fera demain. Tout ça c’était avant Gillot-Petré.

Peut-être que, de la même manière, cette “science” trouvera-t-elle écho dans l’avenir, faisant de moi le Hari Seldon1 des psychopointes ?

L’anecdote finale

Il doit exister un capital “chance” (la chance est simplement une énergie psychopointe positive) pour chaque personne, qui en moyenne doit être stable et proche de la neutralité (on ne peut pas jouir toute sa vie). En instantané toutefois, il doit être possible d’observer des pics d’énergie positive (trouver un billet de 500€ par terre) ou négative (perdre un billet de 500€ dans la rue).

De la même façon qu’il existe des filtres magnétiques, ne pourrait-on pas imaginer des filtres psychopointes ? Bien sûr, de la même façon que l’énergie mécanique se conserve pour un système isolé, tout gain “artificiel” d’énergie doit être compensé par… une tuile. L’intérêt de ce système repose sur la définition (et surtout la réalité) des gains et des tuiles : si pour gagner 7€ au loto israélien lors de mes vacances, j’ai dû perdre toutes mes parties de cartes le jour-même, je pense que le filtre était plus ou moins bien positionné.

Ce qui me fait peur, c’est si je gagne 117 millions d’euros au loto, combien de parties de belote vais-je devoir perdre ?



1 : Hari Seldon, inventeur de la psychohistoire dans Fondation, d’I. Asimov

Manger la banane, parler debout
Le 08/09/2005 - 21:06

J’ai intégré ma nouvelle société (Alligra) depuis 4 jours, et mon nouveau client (EDF) depuis hier matin.
Si l’on peut dire qu’OCTO reste inégalable en matière d’ambiance et de stimulation intellectuelle, on peut également dire que passer de l’autre côté de la barrière (du métier plutôt que de la technique), c’est top.

Alors, c’est sûr le métier de l’électricité, à part la relève des compteurs et changer un prise, on n’y connaît pas grand chose à moins d’être un initié.
Et pourtant, la nouvelle déréglementation qui impose à EDF de distinguer l’entité de distribution d’énergie et l’entité de fourniture d’énergie implique ici une énergie (hi hi) conséquente puisque pas moins de 100 personnes bossent à plein temps sur le sujet côté maîtrise d’ouvrage (donc sans parler de la réalisation de ces projets, effectuée chez les prestataires, mais bon je m’en fous, ce n’est plus mon souci…).

S’il y a un truc bien naze inhérent à toute nouvelle mission, c’est les deux ou trois premiers jours où :

  • On n’a pas encore de badge, il faut donc se faire accompagner pour entrer, sortir, manger, faire caca etc.
  • On n’a pas de poste informatique attitré, alors on bosse sur un portable (si on a la chance d’en avoir un) mais dans ce cas, forcément pas connecté au réseau. Dur de se passer d’un Google ou de feeds RSS…
  • On ne connaît personne alors on prend sa boisson chaude à la cafette en baissant les yeux (ou en les agitant si la cafette est bien fréquentée). Sur le plateau, on est placé au hasard des équipes et des places disponibles, alors on murmure un timide “bonjour” ou “bonsoir” sous les regards interloqués des camarades travailleurs.
  • On doit se coltiner la tournée de présentation à tout le plateau pour être vu par tout le monde. Et nous de baisser la tête, sourire ostensiblement, repérer les gonzesses etc. Au bout du 19ème camarade travailleur, ça devient dur. Au 78ème, on a le même sourire que sur la 78ème photo de mariage : crispé et haineux de perdre son temps en de telles fumisteries.
  • On doit se taper des tonnes et des tonnes de documents qui sont toujours hermétiques, emplis d’acronymes douteux, et qui ne fournissent jamais une vision synthétique du projet… Alors on lit, on lit, on ferme les yeux pour soupirer et on lit…
  • On assiste (si on est chanceux) à des réunions opérationnelles auxquelles on croise des camarades travailleurs mais alors où l’on ne comprend pas un iota de ce qui est dit… Et on se représente encore : “Bonjour je m’appelle David Alia, je suis là pour gagner mon salaire…”

Une idée qui m’est venue en lisant l’ensemble des 2 489 pages des dossiers sur mon bureau et en essayant de prendre le recul nécessaire pour appréhender globalement le projet : des sessions audio de présentation devraient être fournies à tous les nouveaux.

En effet, au lieu de perdre deux ou trois jours à lire (et parfois donc à perdre patience ou à louper certaines informations fondamentales), pourquoi ne pas passer deux heures devant son écran avec un “Présentation du projet v2.0.mp3” ? Cela permet de prendre des notes personnelles directement sur son ordinateur, à son rythme, et même de pouvoir la réécouter dans le métro, pour les plus accros (cinglés) des camarades travailleurs.

L’idéal : une animation Flash qui intégrerait ce son et qui illustrerait les propos à l’aide de schémas simples.

L’informatique, a-t-on répété, intègre désormais (depuis longtemps mais on ne l’a pas encore bien pris en compte) une composante essentielle de communication. Cela ne pourrait-il pas être un bon vecteur initiatique ?

Comme j’avais proposé il y a quelques mois chez OCTO des démos ou des présentations autoformatrices de logiciels à l’aide de captures d’écran animées (du genre Captivate (ex-Robodemo)) pour accélérer la prise en main et l’ergonomie (mais je n’ai pas été suivi).

Amis d’OCTO, un DAG ne pourrait-il pas être présenté de cette façon ? Le pattern “Flash Fish“.



Explication de la blague, compréhensible que par ceux qui parlent hébreu et qui savent ce qu’est un DAG - moi seulement.
DAG en hébreu signifie tout simplement Poisson. Dans le langage informatique (OCTO), DAG = Dossier d’Architecture Général
Flash veut dire “éclair”, mais aussi le logiciel d’Adobe ex-Macromedia.
D’où jeu de mots.
D’où rires gras.

Nous avons le plaisir de vous informer que…
Le 04/09/2005 - 15:29

Titre complet : Nous avons le plaisir de vous informer que, demain, nous serons tués avec nos familles

Je recommande de lire le contenu et le commentaire sur Amazon.
J’ai pris ce bouquin en bibliothèque pour avoir une autre vision du génocide rwandais, pas celui que l’on nous a fourni/simplifié à la télévision…

La fièvre du samedi soir
Le 04/09/2005 - 15:11

Quand on a de la fièvre le samedi soir, on ne va pas dance all night long mais on va au cinoche, qui plus est lorsqu’on a raté environ 1 mois de séances de surcroît gratuites.

Les bienfaits de la colère

Je ne m’y attendais pas : émouvant mais surtout très drôle. L’actrice tient tout le film (Kevin Kostner en alcoolo permanent est juste crédible). Très frais, je recommande !

The island

Incroyable, ce film est une reprise à l’américaine de Reproduction Interdite. Même thème (les clones sont de vrais humains élevés comme du bétail dans une base militaire cachée), mais avec de super effets spéciaux. L’histoire en elle-même est bof.
Je me sens que je vais écrire à Jean-Michel Truong (www.jean-michel-truong.net) pour lui demander ce qu’il en pense…

Resourcing
Le 04/09/2005 - 15:03

J’ai passé mes dernières vacances en Israel, où j’ai eu l’occasion de retrouver famille, amis, paysages et hamburgers cacher.
Inutile de préciser que ces trois semaines ont été l’occasion pour moi de me ressourcer, tant sur le plan amical (hello les copains israéliens !) que gastronomique, spirituel et festif.

Beaucoup m’ont demandé, lors de mon retour, ce que je pensais et comment j’avais vécu le retrait de Gaza par les israéliens. Pourquoi moi ?
Peut-être en utilisant l’équation simplifiée juif=israélien (mais que je comprends finalement, alors que le contraire est difficilement concevable. Comme disait Herbert Pagani, “l’an prochain à Jérusalem“, tous l’ont au moins récité une fois par an, le soir de Pâques, même M. Kissinger).

Disons les choses telles qu’elles sont : la France est totalement mal informée des problématiques israéliennes sur ce retrait. Je ne parle pas de désinformation ni de parti-pris. Non, juste qu’en ayant regardé LCI (je n’ai pas encore le niveau pour comprendre totalement les informations en hébreu), et pour avoir été présent sur place, pour avoir discuté avec un grand nombre d’autochtones de milieux variés (gauche, droite, religieux, non-religieux, étudiants, pères de famille, soldats, retraités, immigrés, sabras1 etc.), j’ai eu l’impression de me retrouver devant un match de foot à la télé.

Imaginez que je suis un passionné de foot, militant du PSG par exemple. Je regarderais alors tous les matchs de mon équipe, la supportant dans ses hauts et dans ses bas (peut-être dans ce cas l’exemple du PSG est mal choisi). Lorsque je les verrais évoluer sur le terrain, je me mettrais à leur place, en criant lorsque la balle arrive près des buts adverses, en suffoquant lorsqu’elle est trop proche des nôtres.
Et j’aurais surtout tendance à jouer l’entraîneur depuis mon fauteuil, vociférant contre untel parce qu’il fait des passes trop courtes, contre un autre parce qu’il est trop personnel. Ou congratulant celui-là parce qu’il a fait un centre efficace.

Tout ça depuis mon fauteuil.

J’avais la même impression sur place. J’étais arrivé en Israel, petit juif français, avec tout un flot d’idées sur la paix, les concessions, les solutions, les implications; un flot d’idées de fauteuil.
Pendant que sur la pelouse israélienne, un vrai match, avec de vrais joueurs se tenait. Et d’un fauteuil, tout paraît toujours plus simple…

En ayant écouté les nombreux avis et positions (rappelez-vous, 2 israéliens, 3 avis), impossible de m’en tenir à mes équations du premier degré du genre : territoires contre paix = solution fiable.

Pancarte sur une façade d’immeubles

En France, on a fait croire que seuls les religieux, les ultra-orthodoxes étaient contre le retrait de Gaza. Bien qu’un très grand nombre de ces militants était effectivement religieux (à ce stade des débats, je crois que ne considérer que le côté biblique des choses est dangereux), beaucoup se sont battus pour des motifs plus larges comme la sécurité du pays ou la relocalisation des familles évacuées.

En effet, ce que l’on ne dit pas à la télévision française, c’est que si les mouvements radicaux palestiniens (djihad, hamas, fatah) bombardaient au moins une fois par jour les colonies, autrement dit des territoires disputés, ils bombardaient aussi des territoires à proprement parler israéliens (Sdérot, le sud d’Ashkélon etc.). Qu’est-ce qui les empêchera ensuite, de bombarder encore plus haut, dans des villes comme Ashkélon, Ashdod etc ? De même, jusqu’où pourront-ils revendiquer, à ce petit jeu ?

Autre point : il a fallu 5 ans pour délocaliser un zoo à Ramat-Gan (banlieue de Tel Aviv) de peur que les bêtes souffrent du transfert. Il a fallu 4 mois pour les habitants du Goush Katif. La plupart vivent à présent dans des hôtels, des mobile-home ou des tentes. Certains ont dû avancer de l’argent de leur poche pour un garde-meuble. Et ne croyez pas qu’il s’agisse uniquement des familles récalcitrantes, la plupart ont été logées à la même enseigne.

Et pourtant… Si l’on en croit les derniers sondages, 61% des israéliens approuvent la politique du premier ministre Ariel Sharon. Beaucoup considèrent que, même si l’équation est à plus qu’un degré (Fermat, tu étais un risible), une solution approximative vaut mieux qu’une errance éternelle. Ce que je cautionne aussi naturellement. Que les israéliens ont une dette morale vis à vis des palestiniens, même s’ils ne sont pas surs de la suite des événements. Et enfin, qu’assurer la protection de 8000 juifs au sein d’un million et demi d’arabes était hors de prix.

Ces discussions, qui peuvent paraître sans fin, ne sont pas sans atteindre le moral et les liens fraternels supposés des juifs israéliens. Des soldats qui pleurent (je raconterai une anecdote personnelle à ce sujet à ceux qui veulent l’entendre), des humains qui haïssent, des enfants qui manifestent bref, une tension intérieure lourde. Lourde à porter surtout pour un pays isolé et seul, avec d’autres problématiques tout aussi peu réjouissantes.

Deux dernières informations qu’on oublie souvent, histoire de relativiser ce qu’on voit et ce qu’on entend :

  • La taille totale d’Israel (Gaza et Cisjordanie incluse) est égale à 26 000 km2 (celle de la France est de 550 000 km2), soit la superficie de l’Auvergne
  • Vu de France (surtout de la fenêtre tordue de ce salopard d’Edgar Morin), les israeliens humilient les arabes et les palestiniens. Il y a 2 députés arabes israéliens à la Knesset (l’assemblée nationale israélienne). Combien y en a-t-il en France ? En Israel, les arabes israeliens travaillent dans tous les hôtels, se baignent sur les mêmes plages que les juifs israéliens orthodoxes et sont aussi présents à la télévision et dans l’équipe de football nationale qu’une mauvaise discrimination positive en France.


1 : un sabra désigne un israélien né en Israel. Sabra désigne la figue de barbarie, censée représenter la dureté extérieure et la douceur intérieure.

Quelques photos ci-dessous.

1) photo prise en plein désert ! Véridique !
2) et 3)à la mer morte
4), 5) et 6) l’équipe du Maccabi Tel-Aviv vainqueur en 78 et nouvelle génération
7) au Mur des Lamentations
8) et 9) au mariage de Tonino
10) dans le Nord : un chalet avec Jacuzzi dans le salon !
11) D’où l’expression Capharnaüm (véridique)
12), 13) et 14) dans le Golan, dans les sources du Jourdain
15 et 16)à la plage de Natanya (30 km de Tel-Aviv)
17) vue de la maison de mes parents
18) -100m sous le niveau de la mer (la Mer Morte està -450à peu près)
19), 20) et 21) dans les grottes de farine, près de Sodome et Gomorrhe
22) l’endroit le plus bas du monde, bigre !
23) et 24) “on flotte tous en bas” (avis aux connaisseurs ;-) )

Ebony and Ivory
Le 02/09/2005 - 14:50

Le jeu des 7 différences. Notez que dans les deux photos je reste gros.

 



Par quelle magie, vous demandez-vous, ai-je pu me transformer en Falasha ? Très simple : à la Mer Morte (une des frontières naturelles entre Israel et la Jordanie), l’endroit le plus salé et le plus bas du globe, la société Ahava (Ahava = amour) produit de la boue issue des sels de ladite mer. Cette boue est reconnue mondialement pour ses bienfaits sur la peau (traitement des psoriasis, acné, moignons etc.).
PS : tout le monde sait qu’à la Mer Morte, on ne peut pas nager puisqu’on flotte intégralement, ceci étant dû à la densité de sel de ladite mer. Il est d’ailleurs impossible de plonger la tête dans l’eau de peur de perdre la vue ou tout au moins s’écrier “putain de ladite mer, ça pique !”.

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : Ton écho - M - Qui de nous deux (4:47)]
Zi end
Le 01/09/2005 - 10:55

Mes quatre ans et demi de collaboration chez OCTO Technology s’arrêtent aujourd’hui.

Dur de ne pas regarder en arrière et de réaliser tout le parcours établi depuis le 20 février 2001, date de mon arrivée chez OCTO. Je me revois encore, j’étais un gringalet arrogant, “sûr de lui et dominateur” comme disait le Général. La différence avec maintenant ? Changez le mot gringalet par gros.

Professionnellement, humainement, culturellement je me suis construit, affirmé, amélioré, découvert tout au long de ces quatre années et en toute modestie, je pense avoir aussi apporté ma brique à l’édifice d’OCTO et de ses ouailles.

Tout ça pour quoi ? Pour que des petits salopiauds réagissent à ce sondage, publié par le chef en personne :

Je dois tout de même admettre que je suis flatté :-) .

La vie continue, amis d’OCTO gardons le contact et notre amitié.

Et puis comme disent certains, peut-être que je vais revenir bientôt ?



WESO : Week-end ski OCTO
Tok : Transfert of Knowledge (sessions de partage de connaissance)