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Sale motard !
Le 11/10/2005 - 23:15

Qui, parmi les lecteurs automobilistes parisiens, ne s’est pas fait insulter par un motard ?

  • Tu peux pas accélérer un peu imbécile ?
  • Ca va pas de rouler aussi vite crétin ?
  • Décale-toi sur la gauche (+ gros coup de pied amical dans la portière) baltringue !
  • Ca te dérange d’avancer un peu ta caisse, gros ?

Parfois ils vous gratifient d’un coup de pied dans le vent (ça veut dire “merci”) ou d’un lever de deux doigts furtifs (ça veut dire “merci mais je vais pas risquer de me casser la gueule en levant un pied pour toi”). Parfois.

Et puis ces manies de faire gronder leur moteur ! Pour un rien !

Ah parce qu’attention, les vrais motards se reconnaissent à leurs habits particuliers, leur amour de la vitesse et des gros bolides. Il y a les pro-japonaises et les anti, ceux qui aiment les antiquités qui font du bruit et d’autres les motos de cadre dynamique. Jamais un scooter : ces gens-là ne sont pas comme nous !

Parce que, finalement, les motards forment une communauté fermée, avec ses propres rites et ses propres règles. Une communauté élitiste mais fragile (un camion pile et c’est un pogrom de motards sur l’autoroute). Une communauté que nous, les automobilistes de Lille tolérons1, tant qu’ils ne dépassent pas les bornes. C’est vrai, ils sont partout les motards ! Ils sont bruyants, il n’y en a que pour eux, tout leur est dû !

Et personne n’ose s’attaquer à leurs habitudes (on bloque les rues de Paris pour la parade des motos. On n’est plus en France !), ils sont intouchables ! Tous les dirigeants des médias, des banques, des universités… Les avocats, les médecins… Tous sont des motards maintenant !

Se lèvera-t-il un jour un Dieudonné, défenseur des piétons, pour crier aux vraies injustices ? A la vraie manipulation ? Pour crier sans vergogne chez Marco : “Heil ! Sale Motard !” ?

Si ça se trouve, Dieudo roule en Harley BenDavid2, il est pas antimotard. CQFD.

Ce post n’a pas germĂ© dans mes toilettes bleues, mais suiteà la lecture de ce post chez SĂ©b’.



1 : j’ai honte de ce jeu de mots, j’avoue
2 : BenDavid = fils de David = DavidSon = méga jeu de mots.

L’incubateur
Le 11/10/2005 - 22:49

Pour la première fois probablement au monde, un homme va dévoiler une partie intime de son quotidien (rêvez pas les gonzes) : les fameuses toilettes bleues !

Effectivement, vous avez été nombreux et nombreuses à le demander : à quoi ressemblent ces fameuses toilettes bleues qui te donnent tant d’idées folles ?

A ça.

Conseil : cliquer pour élargir et voir les détails (berk).

toilettes

La belle-doche a 50 piges
Le 10/10/2005 - 00:36

“On n’a pas tous les jours 20 ans” dit la chanson…

Ma belle-mère a fêté hier ses 50 années. Jusque là, pas de quoi tordre 3 pattes à la planète, ni alerter tous les canards.
Ce qui est plus intéressant, enfin pour moi, ce sont :

- la carte d’invitation qui a été envoyée, réalisée et conçue par moi (click to enlarge) :

- un des cadeaux qui a été reçu : un shampooing original (click to shampooine) :

 

Texte du recto :
Un demi-siècle de shampooing
Lavez-vous la tête avec les pieds en chantant “Happy Birthday” avec ce shampooing magique…
Rincez abondamment avec du Champagne et faites la teuf toute la nuit. Bourrez-vous la gueule si ça vous chante, c’est pas notre problème !
…Surprise et [je sais plus quoi] !
Vous voilà maintenant prêt pour affronter la vie d’un quinquagénaire avec des cheveux trop super beaux !

Santé et longue vie !

Faut-il se raser tous les matins ?
Le 07/10/2005 - 12:44

Non, surtout si on a 8 ans.

A partir de quel âge avons-nous peur de vieillir ? D’avoir peur de la mort (sa propre mort et celle de ses proches) ? Est-ce lié à l’âge ou à des événements de la vie (les parents qui vieillissent, un bébé, une mort subite etc.) ?

Je me suis posé la question ce matin, non pas dans mes toilettes bleutées (un joli bleu turquoise, source d’espoir pour ceux qui poussent), mais en me levant, avec un terrible lumbago.

Quand j’étais malade, petit, j’avais le droit à la grippe, la rubéole, la pneumonie, enfin des maladies de gamin. Plus ou moins.
Mais le lumbago, damned, c’est vraiment un mal de vieux.

Bon sang, même moi je vais mourir un jour ? (si ami lecteur tu trouves ma réflexion prétentieuse, mets-toi à ma place : même moi/toi tu vas mourir. Franchement, cela ne te déprime pas ? Alors imagine quand c’est moi qui le dis…)

C’est-à-dire que tout ce que j’aurai créé, conçu, réalisé sera laissé derrière moi. Ma famille, mes amis, tout ça, pffuit parti en fumée (notez que je fais super bien le bruit de la fumée). Et que restera-t-il de moi ? Mon blog ?

C’est Van Vogt qui avait suggéré que l’âme d’un homme était éternelle parce qu’une fois mort, elle se combinait aux éléments qui l’illustrent (photos, films…), puis aux souvenirs, puis aux évocations de son nom, puis ces étincelles d’âme éparpillées étaient “redistribuées” à de nouvelles créatures… Remarque, il est mort Van Vogt alors il a qu’à nous faire signe avec sa photo, merde.

Les enfants vous allez me dire ? Oui c’est sûr, les enfants et les petits-enfants, c’est notre continuité, nos gênes, notre sang, notre culture et éducation qui sont transmis. C’est aussi une façon de survivre. Mais bon, quand ton petit-fils chante dans la StarAc’ ou idolâtre Jack l’éventreur, on peut se poser la question fatale : “à quoi ça sert que Ducros, il se décarcasse ?”

Desproges, fan de la mort s’il en est, disait : “conseil pour rester belle : suicidez-vous à 39 ans et demi”.

Je vous laisse méditer sur cette sentence, je dois prendre mes médicaments.

J’ai serré la main de Gilbert !
Le 06/10/2005 - 15:05

Y’a pas à dire, les fêtes juives de la rentrée scolaire (septembre généralement, parfois octobre comme cette année) sont éprouvantes. Surtout lorsqu’on passe ces fêtes ailleurs que dans son fief (mon fief à moi, c’était Pierrefitte chez mes parents).

C’est dans ce mois de fêtes que l’on apprend d’abord que l’estomac est étonnamment extensible. Et que, selon le rite sépharade, il est capable d’ingurgiter en une seule prise et sans broncher : du miel, du poisson froid, de l’agneau, des épinards, des jujubes, de la grenade, des poireaux, de la courge, des dattes, du pain sucré, de la pomme… Les plus scatologiques d’entre vous noteront qu’à la sortie, c’est également varié dans les teintes.

Parce que j’ai passé ces fêtes chez ma belle-famille, j’ai découvert les joies de la marche urbaine (28 km en deux jours et en costume-cravate) et des rites liturgiques constantinois (moi qui m’étais habitué aux airs égyptiens). Sont-ils plus beaux ou moins beaux ? Je n’en sais rien. La comparaison de ces rites évoque pour moi cette idée : si on me présentait maintenant un couple âgé, en me disant : “voilà tes nouveaux parents”, pourrais-je dire “ils sont mieux” (sauf si j’avais Bonnie & Clyde ou Le Bar & Paris comme géniteurs) ? Non, je suis juste habitué à mes airs, mes habitudes, mes parents. Ils plaisent sûrement aux habitués, mais pour le moment, je n’y suis pas plus sensible.

En parlant de rites, je vous renvoie ami lecteur à cet article passionnant de Claude Riveline, professeur à l’école des Mines de Paris, intitulé “pour une laïcité de paix” dans le journal Information Juive de septembre 2005. Où l’auteur “rend hommage aux bienfaits de la laïcité issue de la Révolution française mais plaide aussi pour que les diverses identités françaises expriment et vivent pleinement leur singularité, au lieu de se fondre dans un fade universalisme, et s’enrichissent de cette diversité au lieu de se combattre“.

Enfin, et le plus éprouvant pour moi : j’ai serré la main du grand Gilbert, à la synagogue. Mais pas n’importe quel Gilbert !
- Gilbert Sitbon, le vendeur de costumes ? Non.
- Gilbert Benichou, le soldeur de tissu qu’a niqué tout le Sentier ? Non plus.
- Alors Gilbert Abitbol, le radiologue ! Non. Bien plus connu.
- Gilbert Melki ? On avance mais c’est pas ça.
- Gilbert Bécaud ? A la synagogue ?
- Alors ne me dis pas que… ? Si !

Gilbert Montagné !

Et ouais, j’ai serré la main de Gilbert Montagné à la synagogue. Présenté officiellement. Et il m’a dit “enchanté !” (paraît qu’il a rajouté : “mais t’as pas un peu grossi toi ?”).

Je sens que la nouvelle année va se “vivre en couleurs”.

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : Money´s Too Tight (to Mention) - Simply Red - A Starry Night (5:43)]
Plus loin dans la pub !
Le 06/10/2005 - 14:32

Fumer tue.
Fumer donne le cancer.
Fumer emmerde ceux qui sont à côté de vous.

Mais fumer en société, c’est classe. D’autant plus classe si vous vous tuez lentement (ainsi que votre entourage) avec une marque de cigarette qui allie bon goût, dignité et opportunisme.

AD

Il l’a fait. Et il vous remercie.



Ces cigarettes proviennent du Cambodge où Alain Delon signifie sûrement divinité de la fertilité.
Encore que, fumer provoque des troubles sur les spermatozoïdes, il paraît qu’ils se lassent de gigoter, s’endorment en cours de route, voire reviennent d’où ils sont venus.

Chana Tova !
Le 03/10/2005 - 11:23

Ce soir commence le jour de l’an juif, Roch Hachana (”la tête de l’année“).

Traditionnellement, je voudrais souhaiter à tous ceux qui lisent, de toutes les couleurs et de toutes les religions une année douce comme le miel, remplie de joie, santé, amour, paix, prospérité et Loto.

Traditionnellement encore, je voudrais m’excuser publiquement (il n’y a pas plus public qu’ici :) ) envers tous ceux que j’aurais pu vexer, blesser ou insulter, volontairement ou non et j’espère vivement qu’ils me pardonneront ces excès envers eux.

Enfin, demain ou après-demain commencera le Ramadan chez les Musulmans. Je leur souhaite un Ramadan moubarak et également… beaucoup de courage.

Chana tova (”bonne année“) à tous !

Chana Tova !

Reprise des émissions jeudi matin.

Dieudo contre Denzel
Le 03/10/2005 - 11:18

Le vendredi c’est social.

Dans ces fameux toilettes (voir les précédents articles) m’est venue la pensée suivante : aux Etats-unis, il y a de très bons acteurs noirs. Et une palanquée en plus.

Je continue de penser que Don Cheadle est l’un des plus grands. D’abord parce que j’avais vu Dites-leur que je suis un homme il y a quelque temps, et puis tout récemment Hôtel Rwanda (il faut avoir vu ces films !).

Ma pensée chiottesque du jour était : pourquoi n’existe-t-il pas d’équivalent en France ? Je pouffe d’avance pour ceux qui pensent à Légitimus, Mouss Diouf ou Kavanagh. Non je parle de vrais acteurs. De la trempe de Morgan Freeman ou Samuel Jackson (ou Chris Tucker, moi j’aime ce mec :) ).

Finalemernt, pas la peine de me frotter les méninges, la réponse a été abordée dans sa globalité sur ce forum (si vous avez 10 minutes à tuer, lisez-le, il est très instructif !). Sinon il y a cet article et celui-là.

Les idées essentielles si vous êtes pressés : aux Etats-Unis, la communauté noire est mieux représentée qu’en France, grâce/à cause de la politique de discrimination positive. En France, les Noirs ne misent pas sur une carrière au cinéma car ils sont rembarrés dès les castings.

J’en retire en fait deux informations supplémentaires, que je vous divulguerai après ce court message personnel : je ne remercierai jamais assez le Ciel pour m’avoir fait rencontrer M. Diop (alias la poutre du Cameroun), ex-compagnon de croix d’étoile chez Air Liquide. C’est lui qui a initié, éclairé et suscité mon intérêt pour la culture, l’histoire et la musique noires (enfin une certaine catégorie de musique noire, j’écoutais quand même Michael Jackson quand j’étais petit). Voilà, c’est dit.

Première information qui va faire rougir Lapalisse : quand on n’est pas Noir, on n’est pas Noir.
Autrement dit, on ne connaît vraiment rien de la culture et de l’histoire des autres -et parfois même on s’en fout- sauf si on est pleinement immergé dedans, ou si on la chance de rencontrer des personnes qui savent vous communiquer cet intérêt (d’où mes remerciements liminaires). Evidemment il faut être un brin ouvert sinon le transfert ne se fait pas.

Je ne parle pas de connaître au sens intellectuel mais émotionnel. En effet, tout le monde peut dire “il y a de la ségrégation à l’embauche des Noirs et des Arabes” ou “en France, l’antisémtisme a été flagrant ces cinq dernières années”, sans pour autant l’intérioriser et ressentir ce que peuvent vivre ces individus ou cette population. Alors que pour comprendre, ressentir la douleur, vivre le génocide rwandais, il faut une certaine tournure d’esprit, une envie de savoir et surtout une façon de s’identifier (je suis très câblé Rwanda en ce moment. Quand je pense que la seule chose que connaissent les jeunes français de cette barbarie, c’est les chansons de Corneille…).

J’ai la sensation que l’appréhension des sujets d’actualité, des films, des débats avec cette vision “rééquilibrée” m’a rendu plus complet, plus humain sans pour autant m’avoir fait perdre mon identité. Disons que cela m’a permis d’affiner mon mécanisme de projection.

J’espère, dans cet élan d’amour fraternel pour tous les hommes, que j’aurai réussi à transmettre également un début d’intérêt pour la culture et l’histoire juives (autre que “la vérité si je mens”) à ceux que j’ai eu l’occasion de croiser au cours de ma vie professionnelle et personnelle.

Deuxième information (il faut avoir lu le forum pour suivre) : il est toujours très difficile d’écrire sur des sujets apparemment banals sans être taxé de racisme. Moi-même, quand j’écris Noir ou Arabe, je mets une majuscule. C’est plus prudent, ils sont chauds ces Africains (ça va, je déconne).

C’est dingue combien il faut être prudent pour ne pas froisser les sensibilités de chacun à l’écrit,surtout lorsqu’on est anonyme sur un forum Internet (même si on est de bonne foi !). Même si les Juifs ont l’habitude de l’auto-dérision et apprécient les blagues -orales- sur leur tradition/culture/vente en gros, je reconnais moi-même frémir sur certains termes ou certaines expressions dans les forums ou dans des articles.

Dieudonné s’est essayé au jeu et s’est misérablement planté. On pourra discuter pendant des heures du cas, je persisterai vigoureusement : ce gars “se trompe de colère”, pour citer Brassens.

Oui il faut un combat pour déjà reconnaître et améliorer la situation des Noirs en France ! Oui il faut reconnaître ce que les “blancs” ont fait aux “noirs”, de manière générale. Oui il faut lutter contre les injustices, même au Proche-Orient.

Mais pourquoi avoir monté en épingle le conflit israélo-palestinien d’une manière aussi ridicule ? Pourquoi ensuite avoir sombré dans l’antisémitisme primaire ? Il ne faut pas se leurrer, il suffit de lire les forums de soutien à Dieudonné pour voir la population qui l’encourage : ce ne sont pas (pour la plupart) des individus blessés par leur condition défavorisée mais des personnes aigries, violentes et ignorantes.

Dans un de ses sketchs, Dieudonné avait dit : “un monde dans lequel tout le monde serait beau, tout le monde serait [je sais plus quoi] et tout le monde serait métis”. Croit-il être le premier à prêcher l’universalité ? N’est-ce pas démagogique d’entendre “libérons tous les peuples qui souffrent” ?

Et enfin, le fait qu’il fasse un bras d’honneur “au peuple élu”, qu’il fasse une liste nominative de personnalités juives devant 5 000 personnes assoiffées et qu’il représente un “colon” en nazi à la télévision ne donnent pas à croire que Dieudonné est le bras de la démocratie et de l’ouverture vers l’universalité mais plutôt d’un racisme primaire, le même auquel ses pairs/pères ont été confrontés.

Pour finir sur une note optimiste, Michel Jonasz avait déclaré en riant, lors du fameux Taratata en 1997 (avec Al Jarreau et le Golden Gate Quartet en invités) que (je cite de mémoire) “les Juifs et les Noirs ont un point commun, ils ont toujours chanté dans la souffrance”.

Puissions-nous chanter encore longtemps ensemble dans la joie et le respect mutuel. Hallelouya.