En ce moment, il fait 28 degrés aux Antilles.
Histoire sans paroles
Le 30/12/2005 - 10:59

Les petits pains
Le 29/12/2005 - 18:43

“Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent, leurs pianos sont fermés”.

C’est peut-être la chanson de Brel qui m’a fait aimer Brel.

Desproges disait que les vieux lui faisaient “peur” parce qu’ils le regardaient étrangement (”il y en a même qui n’ont plus de regard du tout”).

Les vieux me fascinent, c’est à dire qu’ils exercent sur moi un sentiment mêlant peur et admiration, une symbiose entre le parolier belge et le comique limousin. Un “mix” comme disent les jeunes. Il nous faut tellement de temps pour comprendre et admettre leur sagesse (ou leur amour, cela suffirait)… “Le temps de tout apprendre, il est déjà trop tard” disait l’autre. “Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait” dit le proverbe. Etc. Etc.

Je sais qu’il y a des vieux qui lisent ce blog mais par respect pour mes parents et mes beaux-parents, je ne les citerai pas. Amis vieux, prenez votre petite tisane, votre boîte à pilules, installez-vous au chaud près de l’ordinateur (oui, la télé avec du texte) et lisez, on parle de vous. Pour une fois que ce n’est pas aux informations lors de la canicule…

Mouais, humour grinçant, parfois j’ai du mal. La teneur de ce billet est toute autre de toute façon.

Dans toutes les familles il existe (ou il doit exister) des phrases typiques, prononcées par nos grands-pères ou nos grands-mères. Des phrases que, même adulte, même lorsqu’ils nous ont quittés depuis longtemps, on se rappelle avec un sourire nostalgique.

Lors des diners familiaux par exemple (familiaux = mes grands-parents, mes parents, mes deux oncles et tantes, sept ou huit petits enfants turbulents de 2 à 8 ans) il arrivait fréquemment que le nombre de décibels augmente subitement si ce salop de cousin m’avait piqué mon jouet ou si j’avais piqué le bonbon de ma cousine. Plus les piaillements des tout petits. Et les discussions des adultes sur les sirops pour la toux, le dernier modèle de la R16 ou l’élection inopinée de tartempion à la mairie de Sarcelles… On atteignait rapidement un niveau acoustique paroxysmique que mon grand-père paternel tolérait rarement. Voire jamais.

Alors il se prenait la tête dans les mains, paumes ouvertes (comme s’il regardait la table) pendant un temps d’incubation de 2 à 5 minutes (5 minutes = clémence infinie). Puis, à l’instar d’une bombe thermonucléaire, il explosait de cette phrase connue par nous tous (de ma famille s’entend) désormais : “Y’en a marre à la fin du compte !“. Après cela, plus un seul ne bronchait, même chez les adultes.

Mon grand-père paternel qui réveillait ma grand-mère en pleine nuit : “Margot, tu dors ?” disait-il avec sa voix usée et l’accent arabe d’Omar Sharif.

Ma grand-mère maternelle, encore vivante et espèrons encore longtemps, nous expliquait que sa tête se livrait exclusivement à des recherches spirituelles, intellectuelles mais jamais ô jamais bassement matérielles. Je lui posais la question il n’y a pas si longtemps :

- Mémé, tu ne crois pas que tu devrais te divertir un peu, aérer ton cerveau plein de toutes ces choses éthérées ?

Elle m’a répondu une phrase qui reste dans les annales :

- Mais tu sais, Mémé elle aime son petit cerveau.

Et la meilleure, qui se transmettra de génération en génération, et qui est d’ores et déjà entré dans le langage courant dans nos familles ne provient pas de mes grands-parents mais de la mère de mon oncle par alliance. Cette vieille dame respectable, qui nous as quittés l’année dernière, assistait à un repas familial chez son fils.

La conversation prenait un ton tragique, lorsque l’un des fils annonçait que son frère (ou son beau-frère peu importe) avait un cancer généralisé et qu’il avait peu de chances de s’en sortir. Les mines s’étaient obscurcies, sous le choc.

Et la grand-mère, à brûle-pourpoing, de déclarer à haute voix : “ils sont bons les petits pains hein ?

Depuis, par galvaudage naturel, nous avons remplacé “du coq à l’âne” par “les petits pains”. Exemple : “ben toi, tu nous fais un petit pain, là…”.



Désolé, j’ai un peu écrit à la va-vite, les bagages ne sont pas du tout prêts et on part demain matin à l’aube… J’ai préparé des posts d’avance pour les jours qui suivent. Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année, qu’elle puisse vous apporter la joie, le bonheur et tout ce qui vous semble indispensable dans votre vie. Amen.

The Nonsense technique
Le 28/12/2005 - 13:40

L’inspiration provient de multiples sources : une conversation entendue dans un café, un article de journal, une expérience personnelle trépidante (ou un bon plagiat).

Créativité et inspiration sont des ingrédients de luxe qui ne sont pas l’apanage de tout un chacun. Et je ne vous parle même pas de la suite : maîtrise de la technique, régularité dans l’effort etc. Et puis le talent…

Pour s’ouvrir les veines l’esprit, il existe toutefois une technique communément appelée “the nonsense technique” ou “la technique de l’absurde”. Cette méthode, pratiquée par nombre d’écrivains qui souffrent du syndrôme de la feuille blanche, consiste à choisir trois termes au hasard, sans rapport les uns avec les autres, et de les accoler pour faire surgir une idée.

Par exemple : loterie - ciseaux - lait.

Il suffit ensuite de trouver un lien hypothétique (et qui constituera la trame de l’histoire) entre ces trois mots. On peut imaginer, par exemple :

Un type tente d’ouvrir une brique de lait avec des ciseaux mais se coupe et en cherchant dans la boîte à pharmacie, découvre un billet de loterie.

Mouais. Il y avait sûrement plus fort comme thème; à titre d’exercice, je te laisse rédiger cette trame, ami lecteur.

Ceci étant dit, je me suis rendu compte que pour écrire tous les jours sur un blog “perso” sans éternellement raconter sa vie (”alors ce matin en me levant prendre du lait, je me suis coupé avec les ciseaux et vous savez ce que j’ai trouvé dans la boîte à pharmacie ?“) ni ressasser les mêmes idées (”comme je vous le disais hier, avant-hier et l’année dernière dans un post…“), il en fallait de la créativité.

A ce stade du texte, le lecteur se dit : “attends il se la pète pas sa mère là ?“.

A cela, je réponds : “parfois le lecteur me prête des intentions qui ne sont pas les miennes, simplement parce qu’il est jaloux négatif, comme je le décrivais dans un post récent et stupide“.

A ce stade du texte, le lecteur se dit : “attends c’est à moi qu’tu parles comme ça bâtard ?“.

A cela, je réponds : “Nan, c’est à ta mère. Bon laisse-moi terminer maintenant !“.

Le geek qui sommeille au fond de moi hier soir m’a finalement décidé à livrer au monde l’outil de générateur de Nonsense, au format Excel s’il vous plaît, pour que tout le monde puisse avoir de l’inspiration sans consommer de substances illicites. Ou alors faîtes ce que vous voulez mais pas chez moi, je ne veux pas d’ennuis avec la police.

Ci-joint donc un fichier Excel (zippé) qui contient dans la colonne A vengeresse masquée l’ensemble des noms communs du dictionnaire [il existait une base de données disponible sur le web que j’ai importée]. A chaque manipulation, trois noms aléatoires sont générés.

A l’instar des videurs de boîtes de nuit louches ou de Sarko, Excel ne laisse exécuter aucun(e) macro s’il n’est pas approuvé par la sécurité sociale, le parrain de la mafia, Bill Gates en personne et ma mère. Moralité : je n’ai pas pu créer de bouton qui génère aléatoirement ces trois noms. Pour rafraîchir les noms générés donc, c’est très simple : il suffit de double-cliquer entre les colonnes B et C (comme pour redimensionner la colonne). Pas propre certes mais ce n’est pas moi qui ai commencé.

Voilà quelques résultats alléchants :

  • Catin - Vicomtesse - Engueulade
  • Topographie - Fourchette - Musiciennes
  • Ypérite (gaz moutarde) - Cancers - Huile
  • Racketteurs - Télécabines - Timing

Incidemment, ce post m’a été inspiré par les mots : “foutre gueule lecteurs”. Etonnant, non ?

Fichiers attachés:


Berlin mon amour
Le 27/12/2005 - 14:37

Ca en fait des catĂ©gories pour un seul article…

Ce vendredi, nous partonsà Berlin pour un long week-end en amoureux et en couples. Je ne raffole pas de fĂȘter les jours de l’an, autant le faireà l’Ă©tranger, pour dĂ©couvrir les us et coutumes locaux.

Berlin, ce n’est pas trĂšs loin. Berlin, ce n’est pas trop cher. Berlin, c’est trĂšs joli. Et Berlin, c’est notre premier compagnon europĂ©en.

Jusqu’ici, on peut parfaitement comprendre les catĂ©gories “Voyages” et “Trucs perso”.

La suite est plus sombre.

Plus sombre, comme l’Ă©poque de la guerre. La seconde guerre mondiale. La guerre qui a fait que les choses ne seront plus pareilles dĂ©sormais.

C’est sur ce point particulier que je veux rĂ©flĂ©chir (et sur lequel je vous invite, Ă©ventuellement,à prendre position).

PrĂ©ambule : je suppose que vous connaissez la diffĂ©rence entre un juif sĂ©pharade principalement issu du Maghreb, tonitruant, exubĂ©rant - c’est, poussĂ©à l’extrĂȘme, le “Coco” de Gad Elmaleh - et un juif achkĂ©naze principalement issu des pays de l’Est, grand intellectuel, artiste ou stratĂšge militaire. Certes, mais avec un balai là oĂč je pense.

Fin du préambule.

Dans toutes les familles achkĂ©nazes ou presque, l’Ă©vocation de la Pologne, de l’Autriche et surtout, surtout de l’Allemagne, provoque chez eux une rĂ©action Ă©pidermique, psoriasistique, exĂ©matesque. Sauf peut-ĂȘtre pour Goldmann, dans “NĂ© en 17à Leindenstat“…

Dans les familles sĂ©pharades, difficile de fournir des statistiques mais j’ai souvent entendu les mĂȘmes remarques : “l’Allemagne, avec ce qu’ils nous ont fait ?!”.

Pendant trĂšs longtemps donc, pour beaucoup de juifs de diverses origines, les allemands Ă©taient assimilĂ©s aux nazis. Et pour ma part, j’ai Ă©tĂ© nourri par cette Ă©quationà la logique floue pendant longtemps.

Je dois avouer qu’il est difficile de briser un tel ressentiment envers ce pays, mĂȘme aprĂšs soixante ans. MĂȘme si je sais et je rĂ©pĂšteà tous ceux qui veulent l’entendre (ou pas) que ce ne sont plus du tout les mĂȘmes gĂ©nĂ©rations, les mĂȘmes contextes, les mĂȘmes Ă©tats d’esprit qu’à cette triste Ă©poque. Qu’il faut dĂ©sormais avancer, et casser ce carcan qui nous enferme dans le rejet de l’autre, et l’autre ici, c’est l’Allemand.

MĂȘme si je sais tout cela, que ce discours est pour moi limpide, il reste des grumeaux dans ma tĂȘte. Loin de toute raison, de tout raisonnement. Qui me fait amalgamer la croix de la mĂȘme consonance avec l’Etat que dirige Mme Angela Merkel. Qui grossit comme un tĂ©lescope les groupuscules nazis qui dĂ©filent dans certaines bourgades germaniques. Et qui travestit un simple citoyen en un soldat ennemi.

- MĂ©mĂ©, je vaisà Berlin pour la fin de l’annĂ©e.
- En Allemagne ? Mais qu’est-ce que tu vas faire en Allemagne ? C’est honteux !
- Allons MĂ©mĂ©, il n’y a plus de nazis en Allemagne de nos jours. Les mĂ©chants c’Ă©tait avant, mais maintenant, il faut aller de l’avant !
- C’est honteux ! AprĂšs ce qu’ils nous ont fait !
- (Soupir) Oui, mais ce sont les anciens Allemands. Les nouveaux ils n’y sont pour rien !
- Quand mĂȘme ! On ne va pas en Allemagne !

Vous voyez le genre. Une gĂ©nĂ©ration pour qui le prĂ©nom Adolphe est aussi atypique qu’Attila, Gengis ou Ahmadinejad.

Encore aujourd’hui, l’Allemagne rĂ©veille une douleur sourde, età mon avis plus forte que nos tensions perpĂ©tuelles avec le monde arabo-musulman. Parce que si le “conflit” avec le monde arabe est passionnel, “chaud”, celui avec l’Allemagne a des relents de logique “froide”, calculĂ©e, implacable.

A cĂŽtĂ© de cela, j’ai dĂ©couvert chez mon copain Seb le musĂ©e de la Shoah,à Berlin-mĂȘme. Sa description m’a donnĂ© (la chair de poule et) l’envie de le visiter.

Alors ? Berlin ou pas Berlin ?

Pour m’ĂŽter de la tĂȘte une fois pour toutes ces tensions, c’Ă©tait dĂ©cidĂ©. Ce sera Berlin. Et cela dĂ©passera de loin la simple dĂ©couverte culturelle ou la fĂȘte de fin d’annĂ©e.

Est-ce que l’un de vous, ami(s) lecteur(s), ressent cela, mĂȘme si c’est dans un contexte trĂšs diffĂ©rent ?
Et, vu de l’extĂ©rieur, comment interprĂ©ter (en bien ou en mal) la rĂ©action de ma grand-mĂšre ? La mienne ? Celle de ma communautĂ© ?

Fecpil
Le 26/12/2005 - 15:39

- Voyez-vous les enfants, il y a une soixantaine d’années, au début du vingt et unième siècle, les bébés naissaient naturellement de la volonté d’un père et d’une mère. Comme aujourd’hui bien sûr. Seulement, à l’époque, il existait ce que l’on appelait “la stérilité”.

- Monsieur ! s’empressa de dire le jeune élève, en levant le doigt. Est-ce que l’astérilité a un rapport avec les astéroïdes ?

Le professeur pouffa.

- Mais non mon garçon. “La stérilité” signifie que certaines personnes, homme ou femme, ne pouvaient avoir d’enfants spontanément. Bien sûr, la médecine permettait déjà de fabuleux progrès puisque de nombreux bébés sont nés dans des familles apparemment condamnées à aucune reproduction.

Le professeur se leva pour continuer son cours. En marchant, il levait les bras ou articulait ses mains pour capter l’attention de ses élèves. Visiblement ils étaient captivés, comme toujours lors des cours d’histoire.

- A l’époque, rappelez-vous, les hommes et les femmes vivaient en couple, c’est à dire qu’ils habitaient sous le même toit et construisaient une famille. La cérémonie qui officialisait le couple s’appelait le mariage.

Les élèves écarquillèrent les yeux.

- Monsieur, est-ce vrai que le mariage obligeait l’homme et la femme à vivre ensemble, en permanence dans un appartement ?

Encore une fois, le professeur rit. Il adorait cette classe et la naïveté toute naturelle de ses élèves.

- Non, non, ils n’étaient pas “obligés”. Ils le désiraient, tout simplement.

La surprise se peignait sur le visage des enfants.

- Et oui, reprit l’enseignant. Ils désiraient vivre ensemble, proches, soudés. Ils le désiraient, et c’était une façon de vivre très usuelle à l’époque. Dans le cercle familial pouvaient s’épanouir un ou plusieurs enfants. Mais parfois, même assistés par la médecine, ils n’en avaient pas. C’est ce que j’ai appelé précédemment “la stérilité”, et qui n’a rien à voir avec les astéroïdes.

Les enfants éclatèrent de rire à la boutade de leur professeur. Il attendit le retour au silence et poursuivit :

- Puis, fut inventée la fecpil, que tout le monde connaît. Mais savez-vous ce que cela signifie ?

Les élèves se regardaient mutuellement, incrédules.

- La fecpil est une abréviation de “pilule de fécondité”. Ce mot est entré dans le langage courant donc la plupart d’entre nous en a oublié la signification. La fécondité est un terme ancien qui indique la capacité de se reproduire ou de donner naissance. Il y a encore soixante ans, la fécondité n’était pas physiologiquement possible pour toutes les femmes, à cause de la stérilité. Mais grâce à la fecpil, découverte par le fameux chercheur Tedzon, ce problème n’existe plus puisque les femmes peuvent toutes enfanter désormais, quand elles le désirent.

Tout le monde était suspendu aux lèvres du vieux professeur, celui qui avait connu le temps d’avant, celui qui savait.

Le vieil homme éclaircit sa voix et continua ses explications sur la fecpil, mêlant savamment les informations historiques officielles, les éléments physiques et biologiques de la découverte de la fecpil, et ses propres connaissances d’une période qu’il avait jadis connue.

Une voix l’interrompit :

- Monsieur, pourquoi alors certaines femmes ne prennent pas la fecpil puisqu’elle guérit de la stérilité ?

Le professeur baissa les yeux un instant et fit une courte pause, perdu dans ses pensées. Puis répondit :

- Il existe encore des personnes qui considèrent que la fécondité et la stérilité sont des domaines gardés, réservés aux dieux et aux mystères de la science. Ce sont les “religieux” des temps passés. Et puis il y a les “bios”, ceux qui refusent toute ingérence dans leur cycle naturel. Tous ces gens-là ont des idées bien arrêtées sur la fecpil.

- Et vous Monsieur ? Qu’en pensez-vous ?

Pour la seconde fois, l’homme baissa les yeux et soupira. Ses yeux étaient mouillés quand il répondit :

- Moi, les enfants ? J’aurais voulu qu’elle n’ait jamais existé. Et qu’on ait laissé vivre toutes les femmes. Et qu’on ait laissé vivre la mienne.

On ne va pas se gêner !
Le 25/12/2005 - 20:55

Dans un article précédent, je vous promettais euphorie et exultation à propos d’un DVD de mon voyage à New-York.

Désolé, ce post est comme mon ventre : un gros bide. Je n’ai pas réussi à effectuer la manipulation que je désirais, et donc l’effet d’annonce et la fête tant attendue tombent à l’eau.

Tombent à l’eau ou presque, puisque j’ai dû rivaliser avec les plus grands designers pour réaliser ce qui suit. Séchez vos larmes, et regardez ci-dessous.

Les fins d’année sont le prétexte qu’attendent les réalisateurs d’émission pour caser leur fameux “best of” de l’année, suivi du “best of” de tous les temps puis du “best of” du “best of” de tous les temps. Plus loin, c’est Lascaux donc on s’arrête.

Alors moi je ne vais pas me gêner. Mon “best of” est ci-dessous, il suffit de cliquer sur le bouton “joue avec tonton !“. En anglais, on dit “play !“.

Note importante pour les geeks : ceux qui me connaissent savent que je fais parallèlement, entre 3h et 4h du matin, du montage vidéo. Je n’insisterai jamais assez pour clamer haut et fort que la synchro sur la timeline de Flash, c’est de l’excrément en lingot. D’où ce que vous allez constater. Ci-joint.

UPDATED.
Pour ceux qui n’arrivent pas à voir l’animation ci-dessous. Option 1 : vous mettez à jour votre lecteur flash sur le site de Macromedia. Option 2 : vous cliquez sur ce lien, ça devrait fonctionner.

Montez le son !


Le cycle de Linn
Le 23/12/2005 - 15:27

Ce bouquin regroupe les deux tomes : L’empire de l’atome et Le sorcier de Linn.

Excellent bouquin de science-fiction qui décrit le déclin et l’avènement d’une dynastie impériale à l’ère où l’atome est dieu.

Beaucoup plus simple et intéressant à lire que les précédents du même auteur.

It is the fête
Le 23/12/2005 - 14:16

L’année dernière à cette même époque, je voyageais (pour la première et unique fois) à New-York, la ville où on est tête en l’air.

J’avais ramené de superbes photos et un film que j’avais retravaillé avec soin pour le dévédéiser.

Ci-dessous deux photos.

La première, l’original : Times Square.
La seconde, le template pour le menu DVD.

Dans le template DVD, notez les trois emplacements publicitaires en noir. Ils sont remplacés par trois vidéos distinctes. Le petit “néon” rouge sur l’emplacement du fond correspond à la sélection dans le menu.
La barre blanche transversale : elle fait défiler un texte (au lieu des habituels stock quotes).

Le lecteur impatient questionnera : “mais à quoi sert ce post bon sang ?”.
Eh ben il patientera jusqu’à dimanche.

Entre temps, bonnes “fêtes” à tous ceux qui fêtent Noël. Les autres, bon week-end (et/ou chabat chalom).

Défaut de jalousie
Le 22/12/2005 - 16:09

“La jalousie est un vilain défaut” dit-on. Etonnant ce proverbe non ?

ATLIF définit le mot “vilain” comme “qui est méprisable; qui manifeste de la bassesse, de la malhonnêteté“.

Il est étonnant ce proverbe parce que je le trouve limitatif. Et donc partiellement faux.

Il y a des proverbes, issus de la sagesse populaire, qu’il est difficile de remettre en cause : “qui vivra verra” ou encore “les conseilleurs ne sont pas les payeurs”. Par contre, certains sont atrocement désuets : “il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué”. On voit qu’il n’y avait pas la Bourse et les marchés financiers à l’époque…

Et puis certains grands avaient le sens de l’aphorisme… Desproges (le fameux “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde” dans ses réquisitoires contre Jean-Marie Le Pen) qui lui-même citait Victor Hugo (”le calembour est un pet de l’esprit“)… Remarque, Victor Hugo, c’est déjà du niveau 2. Même quand il gueulait contre sa femme parce que la soupe n’était pas chaude ou qu’il se pétait le petit doigt de pied contre la commode, il y avait un aphorisme ou une allégorie à retenir (”putain d’enculé de sa race maudite de commode de sa mère !“).

Mais revenons au proverbe initial.

Je distingue, pour ma part, plusieurs sortes de jalousie.

D’abord la jalousie constructive. Elle s’exprime par “waow, il/elle est super fort, intelligent, beau, [ce que vous admirez] et j’aimerais tellement lui ressembler !“. Dans ce cas, la jalousie fait office de moteur.

Au bureau par exemple, il y a des personnes dont j’aurais bien aimé posséder le crâne (enfin, l’intérieur du crâne vu que beaucoup d’entre eux sont chauves. Tiens pour toi : :fuck: ). Mais jamais je ne me suis dit : pourvu qu’ils meurent à cause d’un réacteur d’avion tombé sur leur maison (in Donnie Darko, il faut avoir vu ce film).

Dans le monde de la blogosphère, il y a des gens que je lis (ou que je découvre tous les jours) et dont j’admire l’intelligence, la finesse ou la sensibilité que je ne possède pas moi-même. Mais jamais je ne me suis dit : pourvu que son hébergeur crashe son serveur et qu’il n’ait pas de sauvegarde.

Dans la rue ou parmi mes amis, je vois des mecs classe, sportifs, sveltes, sobres. Mais jamais je ne me suis dit : attends qu’il se marie, on verra après !

Non. A chaque fois, je pense à tous les progrès qu’il me reste à faire pendant les 89 ans qu’il me reste à vivre d’après mes calculs. Et surtout au régime que je dois commencer lundi.

La jalousie négative, c’est simplement le contraire : “je ne veux pas que tu aies ce que je n’ai pas“. Par exemple, quand la gentille irlandaise a gagné 115 millions d’euros à l’Euromillions, je peux clairement dire que j’étais jaloux négativement, à la limite de la fulminerie et de la malédiction.

Plus proche de nous, il est évident que cette jalousie se manifeste notamment dans le domaine matériel, c’est ce que l’on appelle la convoitise. Selon moi, c’est dans ce sens qu’est définie la jalousie du proverbe. Et si “Tu ne convoiteras pas” est un des Dix Commandements, c’est que cette réaction est assez proche d’un “réflexe” instinctif, donc qui doit être combattu.

La jalousie purement passionnelle (terriblement incarnée par De Cluzet dans le film de Chabrol L’enfer avec cette méga-jalousable femme qu’est Emmanuelle Béart) : qu’y a-t-il de plus absurde (et pour le coup, de plus “animal”) comme réaction ? On peut comprendre certains comportements adolescents (”ouais t’as parlé à Josephine avec ta main sur son bras !” ou “Ouais t’as pas arrêté de te marrer comme une folle avec Jean-Xavier !”) mais adulte, être jaloux ?

Je suis persuadé que l’attachement -fort- et la démonstration d’amour sont importants dans un couple, avec ses enfants, ses parents (et ses collègues, et même envers tout le monde, je vous renvoie à cet article chez caelle1). Je suis persuadé également que demander des preuves de cet amour lors de relâchements ponctuels ou lors de doutes personnels est salutaire. Mais faire subir à l’autre ses angoisses psychotiques avec pour répercussion une simple bouderie ou un coup de couteau dans le foie (au choix), je trouve cela incroyable.

Parce qu’elle a dit au boucher : “merci, il est génial votre boudin”, il lui a fait la tête pendant une semaine.

Je ne suis pas jaloux passionnel, et ma femme n’a aucune raison de me rendre jaloux, ni d’en jouer.

Je ne suis pas un jaloux négatif, je prêche pour l’aisance matérielle et la richesse spirituelle ou intellectuelle de tous. Comme tout le monde de toutes façons, j’ai mes joies et mes peines. Alors ce qui vient, vient.

Je suis un jaloux positif à fond (avec un petit peu de mauvaise foi aussi oui).

Mais je suis surtout un jaloux existentiel. Il y a quelques jours, j’ai découvert qu’il existe 3,2 millions de blogs actifs dans le monde. 3,2 millions !!! Et moi je suis quoi là-dedans hein ? Rien ! Une goutte d’eau digitale !

Je me fous que tout le monde lise ces 3,2 millions de blog ! Moi je veux qu’on me lise moi ! J’existe ! J’existe !

- Je vois… On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Oui, c’est ça, 60€. En espèces oui. Merci. Et à la semaine prochaine.



1 : j’y crois pas que je fais de la pub gratos. C’est la période de Noël, on va dire ça.

Les belles et les bêtes
Le 22/12/2005 - 00:08

Dilemne (t’inquiète maman, c’est pas très grave) : impossible de ne pas parler de King Kong que j’ai vu ce soir, mais il a déjà été commenté mille et une fois sur mille et un blog (depuis la version de 1843). Que faire ? Me la fermer ? Faire comme tout le monde ?

Que nenni. On va mixer un billet que je réservais pour Noël avec mon commentaire sur le film. Sous la bannière d’un titre de circonstance.

Plaçons le décor, et pour cela, il faut impérativement écouter le fichier audio ci-dessous (sinon 73,1% du billet tombe à l’eau, d’après l’IPSOS). Alors clique sur le bouton ami(e) lecteur(e), et poursuis ton parcours, jusqu’au bout s’entend.

Note : cette chanson interprétée par Youssou N’dour est le générique de Kirikou et la petite sorcière. Si vous écoutez le refrain une fois, vous avez la pêche pour la journée.


La jolie Marie, deux ans, se promène dans le zoo avec son papy. Elle découvre les animaux et elle est émerveillée devant tant de choses nouvelles. Elle crie “Papy, papy !” devant la girafe, devant l’éléphant, devant les singes…

Son grand-père, affectueux comme toujours, la tient à bout de bras pour qu’elle caresse de ses petits doigts boudinés de bébé les animaux qui ne sont pas dangereux. Du coup, Marie caresse les chevaux dans l’enclos. Elle caresse la marmotte dans sa cage. Et le petit lapin blanc. Et la petite souris grise.

Ils continuent leur petit bonhomme de chemin à travers le zoo. Marie a peur des ours et des tigres, même s’ils ne bougent pas beaucoup. Papy lui a expliqué que ce sont des animaux “sau-vages”. Et Marie a souri. Marie sourit toujours quand elle est contente. Et elle est toujours contente quand elle est avec son Papy.

En passant dans une allée, son grand-père lui propose une glace, qu’elle accepte en sautant de joie. Il lui tend le cornet et elle se met à lécher doucement.

Le temps qu’il se retourne pour payer à la vendeuse, la petite Marie s’est penchée pour caresser un petit animal en liberté.

- Marie ! gronde le grand-père. Marie, enfin ! Ce n’est pas un animal ça ! C’est de la caca ! C’est caca ça, allez viens on va te laver les mains.
- Huh Papy ?
- Oui, c’est caca ! Tu as caressé du caca. Allez viens avec papy, on va laver les mains.

Moralité (mais où va-t-il chercher tout ça) : Marie a caressé de la merde.

Spéciale dédicace à tous ses fans, et normalement si vous avez lancé l’audio et que vous ne lisez pas trop vite, tout s’éclaire.

King-Kong

Ca m’a fait le même effet qu’au MOMA (musée d’art moderne à NY) : on s’ennuie très vite mais on y voit des choses époustouflantes.

Soyons clairs, le scénario fait peine à voir, les acteurs… ah les acteurs. Naomi Watts, l’actrice principale, comment la décrire… C’est une Nicole Kidman inachevée, avec un air ahuri tout au long du film. Les autres acteurs sont inutiles, c’est le gorille qui compte.

Sincèrement, je crois n’avoir jamais vu d’effets spéciaux aussi magnifiques. Le gorille est tellement réaliste : les yeux, la bouche, les mouvements… D’une précision d’horloger. Les scènes avec les dinosaures, les combats, l’intégration avec le décor et les acteurs : tout est superbe.

A chaque fois que je vois ce genre de film, j’essaie de m’imaginer un type du milieu du 20e siècle (qui connaît donc le cinéma) à qui l’on projetterait le film. Nous, nous sommes gavés d’effets spéciaux. Mais lui ? Est-ce qu’il croirait que ce qu’il voit est une réalité, sans trucage ?

Dans le(s) premier(s King Kong, il est évident que non. Mais dans celui-ci, je parie un billet (pas de l’argent, un post sur ce blog. Faut pas charrier non plus) qu’il y croit.

Je reviens sur Naomi Watts. Le truc qui m’a donné envie de filer des coups de pompe dans le siège devant moi, c’est : une femme du monde qui se fait enlever par un gorille qui la transbahute dans tous les sens dans la jungle ou en haut de l’Empire State Building et qui ne crie jamais ou qui n’a pas le moindre vertige. Même pas un petit : “Doux Jésus, putain c’est haut !”. Moi je flippe de sauter du plongeoir de 5 mètres et l’autre guignole est à 32 408 mètres au sommet de la tour, sur une surface aussi ténue que mon plongeoir, et elle lève les bras au ciel pour dire bonjour aux avions.

Enfin, je ne veux pas vous tuer tout le suspense du film, il vaut vraiment le coup pour les effets spéciaux. Si ça ne vous a jamais fait triper, un bon Derrick fera l’affaire.

Mais dans tout ça je me demande qui est la plus “bête” des deux : l’autre acrobate blonde qui voltige sans sourciller ou le singe humanisé qui affiche sa tristesse…