Hier, le chat de ma soeur a eu 8 bébés.
La vérité sur Dieudonné
Le 04/12/2005 - 18:55

Ce bouquin m’a été prêté aimablement par Seb.

Il y avait deux façons d’aborder le problème Dieudonné, pour la journaliste mais aussi pour moi.

Soit je biaisais immédiatement en cherchant un article réconfortant mon point de vue sur lui, soit j’ouvrais mon opinion sur un bouquin a priori neutre. De la même manière, la journaliste aurait pu écrire un pamphlet ou mener une enquête sérieuse et équilibrée sur le comédien.

Pour les détracteurs simplistes, la journaliste n’est pas juive.

Elle commence par préciser qu’elle a pris la défense de Dieudonné après le fameux sketch chez Fogiel. Mais que la suite des événéments l’a amenée à se poser des questions sur les motivations réelles de l’artiste.

Je ne dévoilerai pas le contenu ici, ni ne critiquerai certains passages sur le fond ou la forme. Pour cela, achetez Télérama (je déconne). Mais je citerai juste un passage introductif particulièrement pertinent. Il s’agit d’une analyse d’Eric Marty, professeur de littérature contemporaine à Paris 7 :

Au fond, une victime a deux choix. Soit celui de dénoncer son bourreau réel, son bourreau historique, et c’est ce qui se passe dans le travail en cours sur l’esclavagisme, et elle peut alors cesser d’être victime. Soit la victime choisit d’opérer ce que René Girard a appelé la rivalité mimétique : la victime choisit non pas le bourreau mais le rival, c’est à dire celui qui apparaît, injustement à ses yeux, comme identifié par le monde comme plus victime qu’elle. Ce rival est celui qui l’empêche d’être et de se proclamer victime comme elle le voudrait.Telle est, dans l’imaginaire de ces antisémites, la place des Juifs”.

Bouquin à lire, pour comprendre et savoir.

UPDATED.
La cour d’appel de Paris a infirmé une décision du juge des référés qui avait ordonné la suppression de passage du livre d’Anne-Sophie Mercier sur Dieudonné, jugés « outrageants », nous apprend le Figaro. L’ouvrage réapparaîtra dès lundi 19 décembre avec un bandeau en couverture indiquant : « Le livre que Dieudonné a voulu censurer ».

Sinon, rien à voir, j’ai également terminé le tome 3 du Hitchiker’s Guide. Très décevant, l’histoire est incompréhensible et toute la folie créatrice des deux premiers tomes est absente. Je persisterai sur les tomes 4 et 5 histoire de comprendre le fameux “42″…

I love Apple !
Le 03/12/2005 - 21:58

Rappelez-vous, j’ai reçu le dernier iPod-vidéo-qui-tue-sa-race.

Payé à un prix déraisonnable, même pour moi (mais les pauvres, vous n’êtes pas obligés de lire ce blog).

Et qu’est-ce que je reçois par mail, ce soir ?

Chère cliente, cher client,

Nous vous remercions pour votre commande.

Suite aux modifications annoncées par la commission D’Albis concernant les prélèvements
de copyright sur les lecteurs audio à disque dur et à mémoire flash, Apple est heureux de vous
faire part des nouveaux tarifs de la gamme iPod. En tant que nouveau propriétaire d’un
iPod 30 Go ou 60 Go et au vu de ces modifications, nous sommes en mesure de vous faire
bénéficier d’un remboursement.

Si vous avez effectué votre paiement par carte de crédit, en prêt ou crédit-bail, la différence
vous sera remboursée automatiquement sous 10 jours ouvrés.

[…]

Cordialement,
L’Apple Store

J’ai décidé, dans un élan de générosité, de leur faire de la publicité gratuite sur ce blog en réalisant les deux affiches ci-dessous.


Ma mère ayant gueulé que je souhaite bon anniversaire au chien plutôt qu’à elle (née le 2 décembre) dans un précédent article, j’ai tenté de rattraper maladroitement le tir. Longue vie maman !

[PS : je ne sais pas comment j’ai réussi cet exploit technique; parfois entre deux gorgées de whisky j’ai des lueurs de lucidité…]

You fucked my bank ?
Le 02/12/2005 - 13:19

Le site du Crédit Lyonnais a fait peau neuve. Je ne vais pas vanter ici tous les mérites de leur site, juste une toute nouvelle fonctionnalité : l’historique.

Il est désormais possible d’obtenir un historique de tous les mouvements et de tous les services depuis un an. Par exemple, l’historique des commandes de chéquier, des versements en espèces etc.

L’historique des virements m’a réjoui.

Non pas que les sommes affichées me rappellent les résultats du loto. Ce sont plutôt les libellés des virements qui ont renforcé ma croyance dans le fait que, parfois, je suis vraiment con. Bah, comme disait Coluche, “déjà moi, je suis con hein ? Mais qu’est-ce que j’aime ça”…

J’ai toujours voulu savoir si les conseillers clientèle des banques lisaient (ou avaient un moyen de lire) les relevés des virements occasionnels. Alors j’ai tenté le diable, comme à mon habitude. J’ai même inséré des messages codés, pour voir si la brigade des stup’ ou le GIGN allait se pointer dans mon lit à 6h du matin…

Et ça a donné ça. J’ai caché les montants par solidarité avec vous autres, les pauvres.

Cliquer pour zoomer

J’ai presque honte.

Rupture de protocole
Le 02/12/2005 - 00:13

Ce soir, j’ai été voir le film Le protocole de la rumeur. J’ai même payé pour le voir, puisqu’il ne passe que dans quelques cinémas UGC (j’ai une carte Gaumont). Je ne m’attendais pas à voir grand monde, j’ai été servi : nous n’étions qu’une dizaine dans la salle.

Amis lecteurs, si vous avez le coeur léger, cliquez sur l’icône de fermeture de votre navigateur.

Ce qui me plaît dans l’écriture de ce blog, c’est le fait de me libérer complètement. Je dis ce que je veux, j’évite le consensuel, je suis le maître du monde. En un mot comme en cent, je me plais à écrire sur ce blog parce que j’ai confiance. J’ai confiance en moi.

La première couche de confiance, je la tartine sur mon costume de clown. Ceux qui me connaissent personnellement voient habituellement cette double peau, superficielle par essence, et c’est celle que j’aime donner à mes interlocuteurs en général, mes collègues, mes clients, vous amis lecteurs… Alors je blague, je calemboure, j’originalise.

Parce qu’en général, je connais cette “force” en moi et que beaucoup autour de moi la reconnaissent (en témoignent les mails d’encouragement pour mon retour chez OCTO, qui font état de ma “bonne humeur naturelle”), mon costume de SuperClown me protège de beaucoup d’agressions extérieures.

Mais voyez-vous, sur ce blog, je n’ai pas travesti mon nom, le nom de ma boîte, mes origines, mon fond. Parce que j’existe aussi sans être drôle. Sans être positif. Sans être humaniste. J’ai aussi des rages, des peurs, des douleurs. Et parce qu’elles existent en moi, qu’elles font partie de moi, elles ne peuvent pas être dissociées de moi. Alors ce blog reflète aussi ce moi intérieur avec ses complexes, ses doutes et ses craintes.

Si, comme certains, j’arrive à extérioriser -parfois- cette âme finalement fragile, c’est que j’ai rogné la membrane protectrice entre mon moi extérieur, le rigolo, la “grande gueule” comme disait John Wayne et mon moi intérieur avec un papier abrasif. J’existe, et je suis le même dedans et dehors.

Le maître mot est, encore une fois, confiance. J’ai développé et acquis une relative confiance en ce moi intérieur, qui me permet de laisser traverser tout simplement mes émotions et mes sentiments à l’oral ou à l’écrit sans craindre l’impudeur ou de “dévoiler” une partie de moi : je le répète, je suis le même dedans et dehors.

Mais ce soir, j’ai perdu la confiance. Perdu la confiance dans le monde, perdu la confiance dans l’humanisme et la fraternité, perdu la confiance en toi, l’autre qui n’est pas moi, et perdu la confiance en moi.

Ce soir, j’ai été voir le film Le protocole de la rumeur.

Ce n’est pas que je conseille d’aller le voir; au contraire, j’aurais tendance à le déconseiller, je n’ai pas trop aimé la structure et certains thèmes abordés.

Ce n’est pas que le thème ou le contenu du film (”les protocoles de Sion”) me surprennent; l’antisémitisme primaire fait partie de la vie de mes ancêtres, de mes grands-parents, de mes parents, de ma vie personnelle. J’ai appris à vivre avec, à m’éduquer pour lutter contre la paranoïa et le communautarisme sécuritaire, à fuir les bagarres.

Ce n’est pas que les dix personnes dans la salle étaient probablement juives; que ce sujet ne parle qu’aux juifs (en France du moins) ne me choque pas. Après tout, je doute que j’irais voir un documentaire au cinéma sur le racisme anti-noirs, anti-jaunes, anti-arabes ou anti-yeah (oups).

C’est que cette rumeur sourde, cette méchanceté primaire, aveugle, cette croyance stupide qui se perpétue ne visent pas le peuple, la nation mais les individus, tous, un par un. Et dans ces “un par un”, il y a moi. Moi, tout nu, sans mon costume de SuperClown, sans ma membrane protectrice, sans mon âme, sans rien. Un bout de viande suspendu a un crochet aurait plus de vivacité, de sentiments, de confiance en lui que moi ce soir.

C’est terriblement douloureux comme sensation, cette dénégation totale de soi par des gens que l’on ne connaît même pas. Et je ne sais pas comment expliquer à moi-même, et encore moins à des lecteurs, cette haine viscérale à mon égard. Qu’est-ce que j’ai encore fait ? Qu’est-ce que ma femme, mes parents, ma soeur, mes grands-parents, mes petites nièces ont fait ?

Je ne saurais pas exprimer ce que je ressens mieux que des philosophes, des écrivains ou même simplement des chanteurs ou des poètes. Je ne sais même pas si des personnes qui ne font pas partie d’une minorité constamment oppressée peuvent ressentir ma tristesse, ma douleur, mon vide. Je ne sais même pas si je pourrais partager cet anéantissement avec ma femme, mon meilleur ami, mon chien. Je ne cherche même pas à ce qu’on me comprenne, qu’on compatisse ou pire qu’on puisse se dire “ils nous emmerdent à se plaindre tout le temps”. Je ne cherche rien.

Ce soir, je me suis servi de mon blog comme pure thérapie. Une thérapie de groupe, dans laquelle je me suis mis à nu sans l’avoir choisi. Comme certains des miens ont eu à le faire physiquement il y a 60 ans.

Demain est un autre jour, ma combinaison de SuperRigolo sur mon âme, je continuerai à vivre. Et à exister.

Uniquement pour suivre le protocole.

Happy Birthday le chien !
Le 01/12/2005 - 00:10

Une pensée furtive pour mon chien Samson qui, s’il était vivant, aurait fêté son anniversaire demain, le 1er décembre.

Ce chien, enfin, quand je dis ce chien… Il avait un corps de fox-terrier. Mais son âme était un croisement entre un lion de Malaisie et un ours du Bengale. Un vrai prédateur. A son actif, 2 365 mollets mordus, 387 blousons déchirés, 11 hospitalisations.

Samson, c’était un chien féroce, incontrôlable, impitoyable. Quand j’invitais des copains à la maison, je devais l’enfermer dans le garage. Et si en descendant chercher une bouteille de Champomy, j’oubliais de refermer derrière moi, ça finissait toujours en épisode de Benny Hill : dix personnes qui courent dans tous les sens à toute allure, un roquet derrière qui grogne et qui croque.

Samson s’est évadé plusieurs fois du jardin de mes parents. Il déambulait la rue à la recherche d’une proie qu’il trouvait presque toujours.

Presque.
Un jour, il s’est pris une bagnole en pleine tête, à force de courir comme dans une jungle. La roue l’a envoyé bouler sur le trottoir.

Pas besoin de le prendre sur un ton triste, ce con de chien s’en est remis parfaitement, il en a profité pour mordre le conducteur, dis.

Le vétérinaire nous a conseillé de l’opérer, parce qu’il avait un testicule malformé et c’est, selon lui, ce qui causait son caractère “sauvage”. Depuis, il est devenu amorphe, ne grognait même plus quand je lui piquais la bouffe de sa gamelle (pour jouer, pas pour la manger !) et n’avait même plus le courage de mordiller un bonne chair tendre de gamin trop proche du portail. Un lion en captivité.

Jusqu’au jour où il s’est enfui, quelques semaines après l’opération, et on ne l’a plus jamais revu. Ca va faire plus de 10 ans maintenant. Mais c’était mon premier animal féroce de compagnie, ça crée des liens.

Tiens, en parlant d’anniversaire (le mien c’est le 16/12), mon copain Manu (le sien est le 11/12) m’a envoyé un fichier audio désopilant (quoique téléphoné - et c’est le cas de le dire).

Je vous laisse apprécier.