J'ai essayé, impossible de lever plus de 146 kg tout seul
Pour ou contre
Le 31/01/2006 - 00:58

Il y a différentes façons d’appréhender et de comprendre un individu. Que ce soit un collègue, un préposé de l’administration, un ami, sa femme, il existe des méthodes éprouvées pour se connaître mieux.

Le préposé vous demandera le formulaire B12. Le collègue vous questionnera sur votre beuverie de la veille. Votre ami vous demandera pourquoi vous faites cette tête déprimée. Votre femme vous demandera s’il reste du linge à étendre quelle est votre douleur d’enfance la plus marquante.

Au travers d’un blog, difficile de cerner ses lecteurs. Sur le principe, il n’est pas essentiel de les connaître mieux mais je trouve que le blog perd de son charme lorsqu’il devient anonyme (trop de lecteurs discrets ou trop de commentateurs par exemple)…

J’ai l’avantage d’avoir copiné avec certains et certaines d’entre vous (certaines m’invitent à dormir chez elles, d’autres me filent des billets de 500€, d’autres encore me filent des doses gratuites…) mais ce n’est pas suffisant. Je vous propose donc de jouer à ce super jeu en vogue dans certains villages au sud du Vénézuela (vu que vous n’irez jamais vérifier, et ce n’est même pas sur Google, c’est transmis de père en fils) : le “pour ou contre”.

A l’aide de questions à première vue banales, une morphologie de mon lectorat va s’affiner pour exploser la fameuse Gaussienne et prouver que vous, ami(e)s lecteur(e)s, vous êtes extraordinaires. Carrément.

Voici les questions, il n’y a pas de piège ni de “mauvaise réponse”.

A ce stade de l’écriture de cet article, je n’ai pas trouvé de solution technique de sondage satisfaisante… Je vous propose donc de répondre dans les commentaires…

  1. Pour ou contre être amoureux de Maureen Dor et de sa voix ?
  2. Pour ou contre le bisou du matin au réveil avec l’haleine de fennec séché ?
  3. Pour ou contre tirer la chasse en pleine nuit (en appartement) ?
  4. Pour ou contre se curer le nez avec un mouchoir ?
  5. Pour ou contre les films de Belmondo ?
  6. Pour ou contre les sauces aigres-douces ?
  7. Pour ou contre les histoires qui finissent bien ?
  8. Pour ou contre les fonds d’écran avec la photo des enfants ?
  9. Pour ou contre les numéros abrégés sur le téléphone ?
  10. Pour ou contre les retouches chez le vendeur de costumes / robes ?
  11. Pour ou contre se faire circoncire pour 1 million d’euros ?
  12. Pour ou contre la gomina dans les cheveux des autres ?
  13. Pour ou contre les normes comptables IAS/IFRS ?
  14. Pour ou contre des expressions toutes faites comme “emballez, c’est pesé” ou “crapoto basta fuite” ?
  15. Pour ou contre les colonies de vacances nudistes ?
  16. Pour ou contre l’appendicite ?
  17. Pour ou contre photographier des monuments historiques avec votre conjoint(e)/ami(e) dans l’axe ?
  18. Pour ou contre les stylos plume à l’âge adulte ?
  19. Pour ou contre faire des esclandres dans un restaurant (il y a une couille mouche dans le potage, les frites sont bouillies etc.) ?
  20. Pour ou contre les sondages “pour ou contre” ?

Plus il y aura de réponses, plus ce sera représentatif bien entendu. Donc les timides ou les voyageurs de passage, vous êtes cordialement invités (sous peine de flagellations place Beauveau, j’ai vos adresses IP) à partic’IP…

Métro, c’est trop !
Le 30/01/2006 - 00:52

Depuis quelques temps, des “nouveaux” apparaissent sur ce blog. Soit qu’ils lisent en tout anonymat, soit qu’ils laissent des commentaires impunément.

Hormis le fait que je sois flatté (c’est un euphémisme mammouthesque), je suis surtout tellement étonné de réaliser que d’autres êtres humains que ma femme, ma mère ou ma belle-mère apprécient - ou du moins jettent un oeil sur - ce blog… Et quels lecteurs ! Quelles lectrices ! Merci de votre confiance et pour certain(e)s, je suis sincèrement admiratif de votre talent ou votre humour.

Bon ça, c’est fait. Passons aux choses sérieuses.

Comme vous l’avez sûrement constaté au fil de ces pages, j’aime mon blog. J’en rediscuterai plus profondément dans un billet ultérieur mais précisons juste que c’est un moyen pour moi d’exprimer un besoin vital de créativité. Et l’atelier poterie ayant fermé dans ma ville il y a quelques temps, je me défoule ici.

Qu’un certain côté exhibitionniste de ma personnalité m’incite à écrire devant un public n’enlève rien au fait que vous, ami(e)s lecteur(e)s, profitiez gratuitement de mon énergie. Je ne dis même pas talent, puisque vous y verriez de l’arrogance et une vile faille juridique, mais énergie qui est facilement quantifiable en temps et en reproches de ma femme “tu passes trop de temps devant l’ordinateur et tu me négliges”.

Ceci étant dit, je rappelle donc aux anciens et je précise aux nouveaux que nous arrivons au mois de février 2006, et que la plupart d’entre vous n’ont pas réglé leur abonnement pour circuler librement sur ce blog. Parce que j’ai décidé, dans un élan d’humanisme appréciable, de ne pas effectuer de contrôles ni d’infliger d’amendes aux fraudeurs, vous avez pu accéder à ce site ouvertement et sans contraintes l’année passée.

Mais c’est fini la rigolade.

Pour la nouvelle année 2006, les mécanismes de tarification ont évolué :

Le ticket (unitaire)

Ce ticket vous permet de consulter un article unique ou plusieurs articles reliés par une correspondance au sein du même article. Vous pouvez imprimer les articles sans frais supplémentaires.

Le ticket coûte au 1er janvier 2006 : 5€ (unité)

La durée de validité d’un ticket est de deux heures.

La carte verte orange bleue vermeil kiwi grise pass bicolorée

Cette carte est un abonnement mensuel, à renouveler avant le 30 de chaque mois. Elle vous permet de consulter l’intégralité des articles. Bien entendu, vous pouvez imprimer les articles sans frais supplémentaires.

La carte d’abonnement bicolorée coûte au 1er janvier 2006 : 35€ par mois.

La carte bicolorée intégrale

Plutôt que renouveler votre abonnement tous les mois, cette carte permet de s’abonner à l’année. Et de vous mettre en nu intégral si ça vous chante pour lire ce blog.

La carte d’abonnement bicolorée intégrale coûte au 1er janvier 2006 : 2 049 495 € par an. Avec une majoration de 10% pour les étudiants sur présentation de leur carte d’adhésion au FN.

Tous les paiements peuvent être effectués en nature uniquement si vous êtes ma femme (précision utile aux paysans qui espèraient payer en carottes et champignons).

Enfin, et ce sera sûrement le clou de cet article, j’ai concocté un plan pour facilement vous repérer sur ce blog. En cliquant dessus, vous aurez la version normale (humainement lisible). En lien ci-dessous, la version haute définition.

Tout humanisme a ses limites, ne m’obligez pas à vous envoyer un huissier. Payez.

Note : cet article vous est gracieusement offert.

Fichiers attachés:


Les feuilles (de route) mortes se hamas à l’appel (du peuple)
Le 29/01/2006 - 03:26

- “Et alors, toi, t’en penses quoi de la situation au Proche-Orient ?”

- “Sinon toi, c’est quoi ta position par rapport à Sharon ?”

- “A ton avis, c’est bien ce qu’il se passe là-bas ?”

Si vous avez regardé l’exxxcellent spectacle de Gad Elmaleh “l’autre c’est moi” (à ne pas confondre avec Rimbaud : “Je est un autre”), cela vous rappellera aisément la fameuse : “ah, t’es marocain ? J’adore le couscous !”.

Oui, oui, oui, bien sûr, en tant que juif [je fais juste une remarque ici : “en tant que juif” ne veut strictement rien dire, notamment dans ce contexte. Mon identité est multiple et s’affine avec le temps. Evidemment, juif en est une partie, plus ou moins importante au quotidien, surtout avec mon grand nez et mes lobes d’oreille pendants], je dois avoir un jugement, une opinion sur ce qui se passe là-bas.

Quand je dis “je dois avoir une opinion”, entendez : “je suis censé, en tant que représentant visuel immédiat de tous les juifs de la terre, avoir une opinion”. Mais je ne blâme pas ceux qui posent la question au contraire. Si cela prouve un intérêt sincère, pourquoi ne pas informer et discuter autour du pays le plus médiatisé du monde ?

Le post de l’amie Yaelz est inquiétant (d’autant qu’elle me pique la primeur du sujet). Bon, dans le commentaire je m’échauffe un peu mais il y a de quoi.

Réfléchissons et informons-nous un instant.

Avant-hier matin, France Info sommait une spécialiste-du-Proche-Orient-que-je-connais-tout-mieux-que-toi du nom de Agnès de la Muselière de Beauvoy-les-Batignolles (ou équivalent) de commenter les élections démocratiques érigeant le Hamas comme autorité théocratique sur les palestiniens. Le genre de femme qu’on voit bien éplucher des docs derrière un bureau, mais pas à sillonner Gaza ou Jérusalem. Enfin, je dis ça, je dois être de mauvaise foi.

Hé ben croyez-moi ou non, elle non plus n’a jamais utilisé le mot “terroriste” pour les désigner. Radicaux, oui. Extrémistes, à peine. Activistes, militants, branche armée etc. Tout y est passé. Mais terroristes, que dalle.

Certes, les médias français font enfin des efforts : ils daignent expliquer que le Hamas prône la destruction pure et simple d’Israel dans sa charte (qui n’est pas “caduque” comme le clamait Arafat), qu’ils refusent toute négociation avec les israéliens et qu’ils étaient responsables de certains attentats-suicides. Et aussi qu’ils prônent la charria, le voile pour les femmes etc etc ; à la limite, cela ne regarde qu’eux. Après tout, comme dit le proverbe : il ne faut pas mettre la charria avant les boeufs.

Mais “ils étaient responsables de certains attentats-suicides”. Avec un point derrière la phrase. Bon sang, on analyse, on distille, on explique ! On appelle cela, dans le dictionnaire des gens civilisés du 21ème siècle : TE-RRO-RI-ZMEUH. Le Hamas, ce sont les gentils démocrates qui ont fait exploser des bus, des cafés, des boites de nuit. Avec des vrais morceaux de gens dedans.

Le Hamas n’envoie pas des “militants” contre des soldats, soyons clairs sur ce point ! Le cliché classique : “oui mais Israel a des soldats bla-bla-bla et ils n’ont que des pierres pour se défendre“. Ben je sais pas moi, allons ensemble de la patrie sur leur site, ou sur les sites d’information qui parlent d’eux et prenons quelques photos au hasard (dont celle de Yaelz). Ils sont tous équipés de lance-roquettes et de fusils mitrailleurs dès 5 ans.

Ca fait cliché hein ? Un peu “gros” non ? De un, c’est moi que tu traites de gros ? De deux, pour citer Maupassant, “le vrai peut parfois n’être pas vraisemblable”. C’est gros, mais jusqu’à quand faudra-t-il expliquer, diffuser, informer, clarifier les informations concernant une organisation terroriste pour que le public, et pas seulement israélophile, se rende compte du pouvoir de ces mecs-là sur place (ie parmi les palestiniens et en tant que terroristes sur le territoire israélien).

L’Europe filait du fric sans vérifier, pour se donner bonne conscience sûrement, à des organisations qui maintenant qu’elles sont au pouvoir, ricanent bien. Maintenant l’Europe se tâte : “on m’aurait menti ?”. M’enfin, Zimmeray, le député socialiste l’a beuglé pendant des lustres et s’est gentiment fait écarter. Et maintenant ils nous jouent les vierges effarouchées ? “Comment, le hamas ils sont méchants ? Ben voyons”.

Marre, marre, marre. Les palestiniens ont le droit à une existence de paix et de confort. Les israéliens aussi. Quand Sharon a été élu -démocratiquement- et qu’il a libéré Gaza, il a rallié l’immense majorité israélienne. Qui croit en une paix durable avec ses voisins palestiniens, jordaniens, égyptiens, libanais et pourquoi pas la Syrie et l’Iran, une fois que les deux grosses burnes au pouvoir auront été émasculées.

Maintenant les palestiniens, à cours de moyens ou d’espoirs qui sait, ont préféré élire démocratiquement des dirigeants qui prônent le combat. Alors c’est reparti pour un tour. “La spirale de la violence” comme ils appellent ça dans les salons médiatiques. Sauf que c’est pas Enderlin qui saute dans la boîte de nuit (pas de baskets !) mais c’est lui qui a tout compris hein ? Lui et Edgar Morin et Stephanie Le Bars et Gilles Paris etc. Les israéliens adooorent opprimer les palestiniens d’un commun accord démocratique pendant que eux élisent démocratiquement des gars qui prêchent une vie meilleure pour leurs voisins, avec leurs 70 vierges.

Voilà, ce soir je suis énervé. Ma famille, mes potes, mes coreligionnaires, des gens tout simplement, vont devoir encore et encore et encore justifier leur existence auprès du monde entier en négociant leur vie à bas prix auprès de terroristes professionnels. Et officiels de surcroît.

Et merde.

C’est pas tous les jours que je fais de la “géopolitique” mais je trouve que les choses se gâtent un peu à l’est et cela en devient inquiétant. Ne vous inquiétez pas, dès demain je reviens avec des blagues, des confettis et des cotillons. “Byalpel c’est un marrant, il nous a fait sa crise dans Rupture de protocole et là il rechute“. Ca va passer je vous dis.

Les commentaires sont ouverts, un blog c’est aussi un forum. Tant que vous discutez et argumentez, je prends. Si c’est pour insulter qui que ce soit, généraliser à outrance, dire que je suis gros ou affirmer des trucs énormes sans preuve (”j’ai lu dans tel bouquin qu’ils ont dit que etc…”), c’est pas la peine hein ?

Mort à l’étouffée
Le 27/01/2006 - 18:00

Le mort c’est moi, l’étouffeur c’est mon boulot. Cette semaine et celle qui suit sont particulièrement chargées, puisque début de nouvelle mission.

Histoire de se connaître mieux : il s’agit toujours de conseil informatique, pour un géant international de la fabrication et la distribution de verres de lunettes. La mission : planifier et encadrer l’architecture d’un nouvel outil de prise et suivi de commandes.

Donc, on parle d’informatique c’est sûr. Mais nous effectuons des visites pour mieux se figurer le métier. Visite au call-center. Ce matin, visite au centre de réalisation des verres (ceux de vos lunettes). Un des plus grands centres mondiaux, en banlieue parisienne.

C’est toujours impressionnant la production, c’est plein de robots et de machines partout, des fils qui traînent, des câbles qui pendent… Mais tous, à l’usine, sont gentils, doux, courtois. On ne se croirait plus à Paris !

Le seul hic lorsque je visite ces endroits, ou que je vois des ouvriers en pleine construction d’immeuble, par 3° dehors, pluie, neige ou vent en option, c’est que je fais quand même un métier de riche.

Je veux dire, mon taux de facturation journalier (le prix que paie la société qui a besoin d’un conseil à ma société, OCTO Technology) correspond en moyenne, à une pondération proche de l’unité près, au SMIC. C’est à dire que, chaque jour, une société paie ma société avec le salaire mensuel d’un de ses employés. Hors Taxes.

Et il est clair que je ne suis pas, et tous les conseilleurs ne sont pas toujours productifs à 100%. Il y a des moments où, pour maturer une idée, pour la faire surgir, pour sortir du brouillard, il faut fumer du shit laisser le temps au temps. Alors qu’un gars à l’usine n’a pas le temps d’appeler sa femme au bureau, de regarder le blog de [put-your-blog-name-here] ni de gérer son compte en bourse…

Bref, j’ai toujours ce petit pincement au coeur. Mais dans l’ensemble, la vie est bien faite, je reste riche, ils restent pauvres, et je parie mes 450 000€ de salaire annuel que dans dix ans, on y sera encore…

Dans la voiture, en revenant de Nantes du site de production, Jean-Marie Bigard s’exprimait sur Inter chez Stephane Berne (il me semble avoir reconnu sa voix doucerette).

Soyons clairs, pour moi Bigard, c’était l’archétype du mec marrant cinq minutes, puis après ça sombrait dans le crade et le graveleux. Par association d’idées et par un préjugé fort je l’avoue, Bigard je le trouvais naze, limité. Malgré ses études de philo ou je sais pas quoi. Moi j’ai eu 15 en philo au bac et je me la pète pas. Sauf maintenant ouais. Mais c’était un bac C, donc coeff 1. Alors que je n’utilise plus mes calculs sur le gyroscope, je réfléchis toujours à “la valeur du travail”. Passons…

Donc Bigard expliquait très sincèrement d’ailleurs, et voici le lien avec cet article, qu’il assurait, par son argent et son temps personnels, le couvert et/ou le gîte des SDF de sa rue. Marrant comment une côte de popularité et d’estime peut remonter illico. Et hop, +10 !

Il expliquait également que la valeur de la famille était perdue ou négligée, que l’éloignement entre enfants et parents était tel que l’éducation et le respect de base (”bonjour”, “merci”, “nique ta mère”…) étaient en chute libre. Qu’on demandait désormais aux écoles, dont ce n’est pas le rôle, de se charger de cette mission. Et hop, +50 ! Si vous venez régulièrement, vous savez ce que je pense de l’essentialité (au sens philosophique du terme pour le coup, c’est-à-dire le propre de) de l’éducation au sein de notre société.

Enfin, il terminait en expliquant que s’attaquer à des dérives de la société en mettant un frein à certaines pratiques, ou simplement en se retroussant les manches était une preuve de courage, de détermination et de volonté qu’il fallait saluer. Et de citer Nicolas Sarkozy. Hmm… +5 on va dire. Je suis ni pour ni contre Sarkozy, mais je ne suis pas de ces détracteurs faciles qui le dénigrent pour hurler avec l’émeute la meute.

Aujourd’hui, c’était une journée sociale. J’ai rencontré des pauvres, j’ai écouté des riches à la radio. Et de mon appartement avec vue sur la Tour Eiffel (de loin en se penchant par la fenêtre avec des jumelles par temps clair), je me dis : c’est beau une ville, au crépuscule ! (rappelez-vous : 15 en philo au bac !)

Echafaud pour l’ascenseur
Le 26/01/2006 - 23:51

J’ai toujours eu une une relation particulière avec les ascenseurs.

Tout petit déjà, je me posais beaucoup de questions : pourquoi on ne peut pas se laver les dents à l’eau de javel pour les rendre plus blanches ? Comment la première femme a pensé à mélanger farine, oeufs et levure pour faire du pain ? Pourquoi il ne faut pas dire aux vieilles personnes qu’elles vont bientôt mourir ? Ce genre de questions qui font passer pour un intellectuel, à cinq ans à peine.

Bien sûr, en grandissant, j’ai répondu à un grand nombre de ces interrogations : l’eau de javel ça pique ; c’est inscrit dans les gênes de la femelle ; parce qu’ils le savent bien assez et que c’est impoli de le leur rappeler.

Un doute subsiste toutefois et j’avoue avoir du mal à trancher sur la réponse : lorsque les deux ascenseurs de mon bureau sont au niveau 0 et que j’appuie sur le bouton d’appel, pourquoi celui de droite s’ouvrirait plutôt que celui de gauche ?

Réfléchissons un instant. L’ascenseur est contrôlé par une machinerie plus ou moins intelligente. Elle sait vous envoyer illico celui des deux ascenseurs le plus proche de votre étage, pour peu qu’aucun emmerdeur n’appuie sur son bouton entre temps. Ca, ça fait des lustres. Elle sait tomber en panne une fois sur deux, surtout quand votre bureau est au sixième étage. Ca, ça fait aussi des lustres.

Mais comment décide-t-elle, cette sacrée machine, pour ouvrir l’un ou l’autre des ascenseurs mitoyens ? Au hasard : impossible. Intégrer un générateur de hasard pour ce cas précis revient à enfoncer un clou avec une enclume. Il faut vraiment être taré.

Alors, taré pour taré, je me suis dit, je vais faire l’expérience. En double aveugle (lunettes de soleil + mains sur le visage). Et un grand nombre de fois pour valider le modèle : 124 fois me parait correct pour un échantillon représentatif.

Le principe : j’attends que les deux ascenseurs soient au rez-de-chaussée. J’appuie sur le bouton et je note quelle porte s’est ouverte. J’entre dans l’ascenseur et je monte au premier. Puis j’appuie sur le bouton du rez-de-chaussée et je me faufile entre les portes coulissantes pour m’extirper rapidement. Je dévale les escaliers à toute vitesse pour vérifier que les deux appareils sont au 0.

Je rappuie sur le bouton d’appel, je note la porte ouverte etc.

A ce stade, vous vous dites : il est carrément dingue le Byalpel.

En tout cas, c’est ce que s’est dit mon patron puisqu’il m’a convoqué dans son bureau. Le motif officiel : des retards injustifiés chaque matin. Il est marrant lui, ce n’est pas évident, avec tout le monde qui circule dans l’immeuble, d’avoir les deux ascenseurs au rez-de-chaussée en même temps pour tenter l’expérience.

Mon patron n’a pas l’esprit très scientifique il faut dire. Et vous n’allez pas me croire, il m’a même rétorqué, alors que je lui demandais s’il avait une idée du mécanisme de choix par la machine : “Mais on s’en fout de savoir laquelle des portes s’ouvre, je veux que tu montes dedans et que tu viennes bosser !”. Pitoyable pour un patron, non ?

Je pense que je suis un scientifique de génie incompris.

Allons, c’est un constat, les scientifiques, les vrais, s’intéressent à toutes les formes de science. Vous croyez que Fermat ne se posait pas la question sur ce problème d’ascenseur il y a plus de trois cents ans ? Schrödinger, avec son expérience sur le chat à moitié-vivant et moitié-mort, ne l’avait-il pas placé initialement dans un ascenseur (pour découvrir fatalement qu’appuyer sur le bouton perturbe l’expérience) ? Et Einstein n’a-t-il pas affirmé : “L’ascenseur ne joue pas aux dés” (enfin en allemand : ascensourkaftngher nyne jougtyfukamen auw dekinderclubgutenrstassze) ?

A quoi cela sert-il d’essayer de grimper sur la lune alors qu’on ne sait même pas comment monter au septième ciel étage ?

Cela fait trois jours que je cumule mes RTT pour retenter mes expériences dans plusieurs immeubles de mon quartier. J’ai fui la police deux ou trois fois déjà, mais je ne pourrai pas leur résister longtemps. Alors j’écris mes résultats ici pour qu’une âme scientifique profonde puisse reprendre le flambeau si je me fais capturer, je les entends déjà dans l’escalier.

D’après mon expérience, l’ascenseur de droite s’ouvre plus souvent si on appuie de la main droite. Aidez-moi à prouver ma théorie, je vous en supplie, ils arrivent !

Patriiiiiiiiiiiiick !
Le 26/01/2006 - 03:01

Mesdames et Messieurs, je déclare la 7436ème cérémonie des Césars de la musique ouverte !

[…]

Pour le César de la meilleure chanson en duo de l’année, sont nominés :

- Pascal Obispo et Nolwenn Leroy : “l’amour c’est trop beau”
- Muriel Robin et Maurane pour “une qui chante très bien, une qui chante très faux”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Lara Fabian et Céline Dion pour “Une chanson douce”

Le vainqueur est : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Pour le César des plus belles paroles de l’année, sont nominés :

- Michel Jonasz pour “le grand-père”
- Doc Gynéco & l’abbé Pierre : “J’ai froid au cul, laisse-moi dormir dans ta cave”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Sniper “La France est une pute”

Le vainqueur est, pour la seconde fois : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Pour le César de la musique la plus top de l’année, sont nominés :

- Yaelz pour “Un corps, des nichons, trois Intel-lects”
- Corneille pour “Je prends racine et je bois l’eau”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Youssou’n'dour pour “Kirikou contre Mariah Carey”

Le vainqueur est, pour la troisième fois : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Pour le César du clip le plus hardcore de l’année, sont nominés :

- Pascal Obispo et Nolwenn Leroy : “l’amour c’est trop beau”
- Gilbert Montagné pour “La chute”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Corneille pour “Ma vie en 1994″

Le vainqueur est, pour la quatrième fois : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Voilà, Mesdames et Messieurs, cette soirée est terminée, bonsoir à tous.

Moralité : Les grands gagnants de ce soir sont : Kaas et Lavoine, Kaas et Lavoine, Kaas et Lavoine, Kaas et Lavoine.

Et si tu veux comprendre, tu cliques là.


Sauvons l’homme !
Le 25/01/2006 - 04:13

En préambule, je précise que ce billet ne concerne pas directement ma femme mais plutôt l’ensemble des femmes, de manière générale. D’autre part, je précise également que le sujet abordé ici va provoquer quelques spasmes épileptiques chez les plus femelles d’entre vous. Et je pense que ça a déja commencé, si vous sentez le picotement derrière votre nuque, les gonzes.

Allons-y.

Il y a bien bien longtemps, dans ma première idée folle, je parlais du HouseGoog, le Google de la maison. Pour les plus pressés, j’explique : j’imaginais un mécanisme qui permettrait d’indexer la position de tous les éléments importants (selon vos critères) chez vous et, sur requête, de les localiser instantanément. Par exemple, les clés de la cave, le dossier du dernier sinistre, la louche en argent de Mémé Ninette etc.

C’est une idée folle, donc pas forcément réalisable -encore que, avec les nouvelles technologie RFID, cela pourrait bien se concevoir. RFID, pour les lourdeaux non technocratiques d’entre vous, signifie “Radio Frequency Identification”. Une puce miniature émet une fréquence particulière qui permet de déterminer sa localisation. RFID est surtout utilisé en logistique pour la gestion de stock et d’inventaire.

Dans un autre genre d’idée folle, mais qui sauverait l’homme, pardon l’Homme (c’est-à-dire l’humanité entière) des guerres et des affrontements quotidiens, je propose l’utilisation systématique d’une mini-caméra dans les conversations animées avec les femmes.

Mesdames, on ne siffle pas à tue-tête. Déjà, ce n’est pas très féminin. Et en plus, d’ici, je ne vous entends pas. Du calme.

Je m’explique. Lorsque le Seigneur a créé le monde en 6 jours, il a statué des lois immuables : la Terre tourne autour du soleil, les oiseaux volent, les hommes sont des obsédés sexuels, les femmes sont de mauvaise foi.

Certains commentateurs exégétiques ajoutent que la Bible fait également mention du ménage et du repassage mais mythe ou réalité ? Info ou intox ?

Quoi qu’il en soit, la femme encaisse sa mauvaise foi comme un déménageur breton un piano à queue : sans scrupules. Et a priori quel que soit le sujet.

Prenons des exemples parce que je sens que certaines d’entre vous ont déjà décroché.

Le matin, vous êtes en retard [à ma femme : c’est sûr que ça ressemble à notre vie, mais ce n’est pas toi promis. C’est un exemple inventé de toutes pièces. Si si]. Vous annoncez à votre femme que vous êtes prêts à partir et que vous l’attendez pour l’accompagner. Elle vous dit : j’en ai encore pour 5 minutes, le temps de [peu importe]. Ok, j’attends. Je trépigne. Donc je fais autre chose entre temps (j’essaie de lire le billet d’un blog ami) et dans la tourmente ou la passion, je suis scotché sur l’ordi. Ou alors je me prépare un café bien chaud et le temps qu’il soit humainement ingurgitable, je patiente les fesses posées sur le plan de travail de la cuisine. Et là… “NON MAIS CA FAIT DEUX HEURES QUE JE T’ATTENDS !!!”.

Ceci est un exemple classique, aisément transposable à vos foyers. Prenons-en un deuxième.

A la cafétéria de votre bureau. Les filles piaillent, les mecs matent. Une ambiance de bureau. Qui décolle lorsqu’une personne de l’assistance lance un sujet polémique : pour ou contre le lave-vaisselle ? Un débat de fond quoi.

Dès lors, les tranchées sont creusées, les équipes sont soudées : chacun a une position défendable (oui mais.. non mais..). Mais il en existe une, une seule qui osera toujours dire (et je l’ai vécu) : “ouaaiis, moiii tu voiis, le lave-vaisselle c’est n’importe quoiii quoi. Il n’y a pas de mal à laver tout à la main c’est trop géniaaaal quoi”.

Et c’est là qu’il faudrait cette mini-caméra. Pour filmer cette mauvaise foi crasseuse. Et repasser la mini-cassette (comme dirait Jonasz) au moment opportun. Parce qu’elle ne me fera pas croire qu’elle ne préfère pas se taper un bon mec film alors que la machine lave. Et lorsque je pointais du doigt cette incohérence, ladite abonnée à la newsletter du MLF me rétorque : “ouaaaiis, tu vas faire comme ces assistés d’américains à se déplacer en bagnole à tout bout de champ !”. Comme quoi MLF et conne vont souvent de pair hein ?

Ceci étant, et ces exemples n’étant pas les plus démonstratifs, la mini-caméra anti-mauvaise foi des femmes engendrerait certainement une mutation chez nos congénères femelles qui, se sachant filmées, réfléchiraient à deux fois avant d’arquer leurs sourcils et d’arguer des sornettes dignes des enfants de CP à tout bout de champ.

Ca va les filles sinon ? Ca boume bout ?

La semaine prochaine, nous parlerons des effets positifs du bromure dans les machines à café de bureau.

Tony - I
Le 24/01/2006 - 03:23

Je commence ici une petite série, j’espère qu’elle vous plaira.

Tony est mon ami. Il vit depuis 5 ans ou presque maintenant en Israel avec sa femme et travaille chez un grand fabricant aéronautique local.
Tony, c’est le lover boy que vous aviez récemment aperçu dans le décryptage de la série Alias ici.

Nous nous sommes connus à la fac, et nous sommes restés potes malgré ses déplacements incessants, notamment à Toulouse, la ville des bombes et des avions.

Si je vous parle de Tony aujourd’hui, c’est pour illustrer un exemple de créativité que je trouve admirable. Et parce que l’on a souvent “travaillé” ensemble, comme vous allez le voir, il serait dommage de vous priver d’un tel talent. Et puis du coup, ça me fait de la récup en ces périodes de boulot plus important.

Tony - Partie I

Tony a annoncé à sa famille, ses amis et l’ensemble de l’humanité qu’il quittait la banlieue parisienne pour aller s’installer en Israel, près de Jérusalem. Jusque-là, hormis quelques remarques nocives de Dieudonnistes, rien de bien folichon.

Sauf que Tony avait également annoncé (mais qu’à sa famille et ses amis pour le coup) qu’il organisait une petite fête pour son départ. Et qui dit petite fête, dit petite surprise. Vous allez me dire “pas forcément”, mais là, c’est moi qui rédige.

En effet, nous avions décidé d’un commun accord de réaliser un film sur lui pour laisser une empreinte à sa famille et ses amis. Et depuis que je vais en diffuser des extraits sur ce blog, à l’humanité entière.

Ce film s’est rapidement transformé en interview agrémenté de mini-clips et de publicité. Le tout sur une durée de 31 minutes, ce qui est terriblement long pour un film avec des effets spéciaux, un montage calculé au millimètre et des prises de vue uniques.

Tony a un talent fou pour l’improvisation, et les images que vous allez voir n’ont été tournées qu’une seule fois. Mais vous découvrirez tout cela au cours de la série.

Pour voir le film, c’est ci-dessous (montez le son et cliquez).


C’est mon premier film à “effets spéciaux” et j’avoue qu’on s’est vraiment bien marrés à le faire. Ce n’est pas du grand art, mais réalisé avec les moyens du bord et beaucoup d’amour, comme la purée (mais sans les patates)…

Pour pimenter, il est intéressant de noter que Tony n’avait pas le permis lorsqu’il a conduit la voiture ce jour-là. Qu’il est sorti, en perruque, avec un flingue en pleine rue. Que parfois l’image tremblote parce que je me marre derrière la caméra…

Ceux que la technique intéresse (et je sais qu’il y en a) :

  • Les images du jeu proviennent de Max Payne. J’ai enregistré la vidéo du jeu sur ma sortie magnétoscope puis j’ai refait une acquisition analogique.
  • La voix (c’est la mienne, j’ai honte) est passée dans un filtre “téléphonique” –> coupure de la bande à 8 kHz, classique dans un outil d’édition audio
  • Le grain de l’image (qui ne correspond pas à l’image dégueu du DV) est dû à un post-traitement plus ou moins complexe avec les outils tels que Adobe Premiere. Pour le coup, certains plug-ins sont de meilleure qualité et bien plus productifs
  • La scène de la cascade est saccadée (dites ça à toute vitesse pour voir), ceci est dû aux premiers mécanismes de ralentissement linéaires sous Premiere. Les nouvelles versions sont bien plus performantes, notamment chez Liquid Pro (de Pinnacle) ou Twixtor (plug-in professionnel Premiere)
  • Malheureusement, vous le constaterez, une très mauvaise gestion de la lumière mais 1) je débutais et 2) je n’avais rien pour étalonner
  • L’hébergement des vidéos est fait chez YouTube, découvert grâce au blog d’Ouriel. Pratique pour héberger des vidéos personnelles de moins de 100 Mo…

La suite au prochain numéro.

Intel vaut mieux que deux tu l’auras
Le 23/01/2006 - 18:21

Chers téléspectateurs, chères téléspectatrices,

Nous vous présentons ce soir la cérémonie des Intel’Oscars en direct de La Courneuve.

Se faufilent des chanteurs, des acteurs, des metteurs en scènes, des lanceurs de feu, toute la famille du 8ème art (le blog) est réunie ce soir pour vous faire passer la plus merveilleuse des soirées.

- Ritchie, vous m’entendez ?

- Oui Georgette, je vous entends, je suis avec Tant-Bourrin, un des participants du tournoi. Alors M. Bourrin, pas trop déçu du score ?
- Non, Ritchie, je pense que j’ai participé comme les autres, et comme disait Pierre-deux-coups à Berthe-un, l’important c’est de participer !
- Bel esprit en tout cas ! Merci Tant !

- Ah Ritchie, ils sont tous habillés sur leur 31 ce soir. Je vois passer Caelle dans sa robe signée Cocotte Chanel et Ab6, une robe de Jean-Paul Go t’y es. Avec qui êtes-vous maintenant ?

- Georgette ? Ouiiii, Georgette, là je suis avec Katy et Eric les brésiliens de service. Alors, Katy, Eric, oublashe footchebol come préch bwasil intel ?
- (Katy) : Oh, Intel footcheboll kap ouéra bwasil boli hi hi hi
- (Eric) : Ah, essa moca ta differente Ja não me conhece mais … moi yé boua Schweppes…
- Merci, Chico. Euh… Rico. Georgette ?

- Ah quelle beauté ce soir, cette salle comble, alors que les spectateurs s’assoient d’ores et déjà. On peut distinguer pêle-mêle Seb Sébien, Epictete et la tribu, Matthieu, le fameux critique de chansons, dans les premiers rangs. Et Procras, tiens ! Ritchie, vous m’entendez ? Qui avez-vous à vos côtés ?

- Oui Georgette, j’ai la chance incroyable d’interviewer Monsieur Fifre. Alors Saoul-Fifre, bonsoir ! Pas trop déçu de cette sélection ?
- Bah moué, j’m'en fiche du moment qu’mes poules elles m’pondent mes oeufs !
- C’est sûr.. Dites, la rumeur a circulé que vous vous étiez serré.. les bonbons pour ce concours. Est-ce vrai ?
- Pour sûr, c’est vrai. Nous, en province, on sait vivre. Pas comme les parigos là. Parigos, têtes de v…
- Euh oui, merci M. Fifre.

Alors que revoilà la sous-préfette ! [Amis des nuls, bonjour]

- Ah, la soirée commence. En introduction, une version spéciale blues des Intel’Oscars, jouée par Ouriel (et enregistrée sur un Nokia-chut-chut pas de marque) :


- Bravo, quel talent ! Merci d’avoir joué pour nous, Ouriel ! Il semble que le maître de cérémonie nous a réservés une surprise… Oui, il semble qu’un participant ait joué un peu tardivement : c’est le père du concepteur du jeu, Byalpel, qui lui a laissé un message sur son répondeur. On peut l’écou… Ah oui on l’écoute tout de suite :


- Incroyable, chers téléspectateurs et téléspectatrices l’ambiance qu’il y a ce soir ! Alors, ça y est, l’Intel’Oscar va être remis. Vous savez que chaque année, nous remettons au gagnant une bouteille de champagne. Ce soir c’est une vainqueuse, une winneuse. C’est la champ’ winneuse de l’année : Yaelz ! Malheureusement, Yaelz ne vit pas en France et elle nous parle en direct d’une petite bourgade d’Israel. Allo, Yaelz ?

- Ken Djordjette ? / Oui Georgette1
- Bonsoir Yaelz, alors heureuse de cette victoire ?
[…]
- Euh ken mamache zé kol kakh méoulé vé… / Alors oui, c’est tellement incroyable et…
- Et dites-moi Yaelz, il paraît que vous avez triché en faisant participer des électeurs fictifs, est-ce vrai ?
[…]
- At hochevet chéani kmo hanassi chelakhem betsarfat ? Loooo, lo assiti kloum, ani hitslahti vézéou. Toda. Ze vous zém ! / Vous croyez que je suis comme votre président en France ? Noooon, je n’ai rien fait j’ai gagné et c’est tout. Merci. Je vous aime !
- Merci Yaelz.

Ecoutons-là pour se remémorer la performance puis elle fera son discours plein de bon sens et de petites fautes, mais elle est excusée, elle ne vit pas en France.


Merci d’avoir suivi cette splendide soirée qui va se terminer, comme chaque année, sur la terrasse de Byalpel près de la Tour Eiffel, avec feu d’artifice, merguez et clémentines à volonté. Bonsoir ! On se quitte sur cette merveilleuse inteprétation des Fwiwous…




1 : La traduction en simultané est effectuée par Nel sonne moins fort.

Le cas
Le 22/01/2006 - 19:06

Bonsoir les aminches.

Ce soir, au 20h, vous n’entendrez pas parler du petit Nicolas (même si je ne connais pas son nom), 9 ans, qui traversait la route en vélo et qui s’est fait fauché par une moto.

Sur la même route que je prends habituellement, et également en moto. Exceptionnellement aujourd’hui, pour ramener les courses du marché, j’ai pris (et perdu) patience dans les embouteillages derrière ces satanés conducteurs du dimanche dans ma voiture couleur indigo.

Le petit Nicolas attendait sagement que le feu passe au rouge pour traverser, comme le lui a sûrement appris sa maman ou son papa. Sur son vélo pour enfant, il imitait le bruit de la moto. Vrouuum. Il avait des grosses lunettes de vue, qui lui rendaient un visage naïf, doux. Pour ma part, j’avançais mollement sur le boulevard en construction permanente, en prenant bien soin de serrer à droite, pour laisser passer les deux-roues chanceuses.

Le gars devant moi a traîné jusqu’au feu, puis a accéléré en trombe pour passer à l’orange. Je pense qu’il doit être couvert de pus ou atteint de cécité subite au moment où je vous écris, si ma malédiction a fonctionné.

J’étais au feu.

J’ai donc vu passer le petit garçon, dont je ne connais pas le vrai nom, mais que je nomme Nicolas pour conserver une trace d’humanité dans l’information banalisée rendue ici. Il a pris son courage à deux pieds, enfourché la première pédale et a appuyé fort pour traverser dans les temps.

Le temps qu’il a fallu à un monstre de 1000 cm3 de griller le feu. Et de percuter Nicolas.

Je l’ai vu arriver trop vite le monstre. J’ai vu, comme dans un thriller bas de gamme, le choc avant le choc. J’ai senti le crash violent avant que la machine percute l’enfant. Mais que pouvais-je faire ? Dans un laps de temps si court ? Une seconde ? Deux secondes ?

Que pouvais-je faire ?

Ouvrir ma portière pour protéger l’enfant et vraisemblablement projeter le conducteur du “tonnerre mécanique” contre les blocs de béton rouges et blancs matérialisant les travaux du tramway ? Pour qu’il reste handicapé à vie ou qu’il trépasse par mon intervention ?

Ou laisser faire et assister fatalement à la scène ? En priant que le choc ne soit pas définitif ? Surtout pour le petit garçon. C’est dur à admettre mais on fait parfois des préférences dans un laps de temps si court.

J’ai assisté à la scène. Au choc. Aux regards de surprise et d’effroi de tous : Nicolas, le monstre, les passants. Et le mien.

Ce soir, au 20h, vous n’entendrez pas parler du petit Nicolas (même si je ne connais pas son nom), 9 ans, qui traversait la route en vélo et qui s’est fait fauché par une moto.

Parce que cette scène n’a jamais eu lieu autre part que dans ma tête.

Elle a été le produit de ma pensée lorsque j’ai vu un scooter projeter son cavalier imprudent (il avait grillé un feu) dans les airs en rentrant dans une voiture. Et que j’ai vu un petit garçon de 9 ans, un petit Nicolas comme celui de mon histoire, sur le bord du trottoir, en vélo.

Et je m’étais dit : tu aurais fait quoi, toi, hein ? Protéger le gamin en tuant délibérément le chauffard ? Ou pleurer sur le destin et la fatalité ?

Ce cas n’est pas un simple cas. Il fait appel à notre courage, notre volonté et notre morale et exige de nous une action dans un temps interminable qui ne dure pas plus qu’une seconde et demi.

Qu’auriez-vous fait, vous ?