… il suffit de ne pas mourir.
Certains d’entre vous, j’en suis sûr, se concentraient sur les moyens (par quel mécanisme chimique ? physique ? métaphysique ?) alors que pour d’autres, la fin suffisait (”yeepee, à moi les tournois de tennis à 497 ans !”).
Certains d’entre vous espéraient voir de leurs yeux leurs arrière-arrière-arrière petits enfants faire des bonds de 6 mètres en jouant dans le jardin sur la Lune.
D’autres, avide de sciences et d’argent, imaginaient déjà les processus de fabrication de la pilule “Eternal Life” (c).
Vous êtes déçus ?
Pas autant que moi, lorsque j’ai lu ces deux magazines tout récemment :

Le monde de l’intelligence (n°1) : penser plus vite ?

Science et vie (n°1059) : l’évolution a-t-elle un sens ?
Le premier magazine est étonnant puisqu’il représente, non pardon, puisqu’il est un oxymoron à lui tout seul.
La forme d’abord : la mise en page a été bouclée le soir de Noël, l’orthographe et la grammaire corrigés le soir du nouvel an. Certains articles ne se finissent pas (ou alors dans le tome 2 ?). Certaines paragraphes se recouvrent. Bref, du travail d’amateur. Le meilleur : une grille de Sudoku invalide (deux numéros dans la même ligne) ! M’en fous, je suis pas fan mais il y a des limites !
Le fond : beaucoup de choses vues et revues depuis des lustres. Notamment le fameux test : “Êtes-vous de droite ou de gauche, côté hémisphère ?”.
Vas-y que je prends mon crayon (mais pas mon pied) et que je remplis les questions, je me chronomètre, je gomme, je réfléchis, je transpire, je rage. Et je corrige même les fautes d’orthographe. Pour terminer mon super test en 8 volets comme indiqué : 1 heure 30 maxi.
Pour constater avec effroi qu’ils se sont plantés dans la consolidation des réponses. Impossible donc d’interpréter. 1h30 et je ne sais même pas si je suis froid ou chaud.
Ce qui va être chaud en tout cas, surtout par les temps qui courent, c’est mon âtre, réjoui par un feu d’origine scientifique.
Science et vie, c’est le pendant scientifique du pattern Paris Match. Qu’est-ce donc ? Si vous suiviez mon blog depuis 17 ans, vous le sauriez, infidèles !
Mais parce que j’ai bon coeur, que c’est la nouvelle année, et surtout que j’ai la flemme de retrouver dans quel article je m’épanchais, je resynthétise ici.
Un pattern, c’est un motif, un modèle récurrent. Par exemple, le pattern “maître-esclave” induit un certain nombre de comportements itérés, que ce soit d’ailleurs dans la vie humaine (les maîtres / esclaves sont des humains) ou informatique (les maîtres / esclaves sont des systèmes) etc.
Le pattern Paris Match peut se traduire par cet aphorisme (typique de mes petits-déjeuners au lit) : “Tout est sur la couverture”. Autrement dit, le service marketing de ce canard sait parfaitement accrocher les ménagères de moins de 98 ans en manque de sensation par des phrases choc, du genre des phrases choc : “Sylvia et Edmond ont encore rompu !” ou “Bernadette et Jacques à poil en Auvergne !“.
Pour découvrir en page 25 que Sylvia et Edmond ont encore rompu le pain à table, au lieu de le couper. Ou pour réaliser en page 17 que Bernadette et Jacques sont deux limaces sur une laitue (et non, comme tout le monde pouvait l’espérer, David Douillet notre président et la première dame).
Sciences et vie m’a fait le même coup. Deux fois en plus !
La première fois (c’est toujours meilleur la première fois), le titre était “On a dépassé la vitesse de la lumière !”. Mon sang n’a fait qu’un tour, à 0,00000000342 fois la vitesse de ladite lumière. Naïf mais scientifique dans l’âme, je m’étais jeté sur le magazine comme un proton sur électron en pensant : “mais ne sont-ils pas fous de dévoiler un tel secret dans un magazine de seconde zone ?”.
Ils n’étaient pas fous non, juste de fieffés coquins. L’article contenait une quinzaine de pages, une demi-page était consacrée à l’introduction, une phrase sibylline expliquait que “non, on ne peut pas physiquement dépasser la vitesse de la lumière mais que mathématiquement telle particule en était capable”. Les quatorze et quelques pages restantes expliquaient des concepts évidents et triviaux comme la relativité restreinte et l’extension de la mécanique de Newton à la mécanique d’Einstein.
Déception aussi amère que du Champomy-Coca light pas frais.
Pattern Science et vie donc : l’histoire se répète.
Note liminaire importante : je ne cherchais pas, en me procurant ce rouleau de papier-toilettes prêt à utiliser, à trancher mon point de vue sur le fond qui, si on peut le résumer ainsi, est : créationnistes, évolutionnistes ou néo-créationnistes : qui est le plus fort ?
Les créationnistes sont ceux qui croient dur comme fer que la terre et le ciel, les oiseaux, les animaux, les hommes et ma belle-soeur ont été créés en 6 jours.
Les évolutionnistes, dont leur chef de file Darwin, considèrent que les mutations hasardeuses dans les gênes de nos ancêtres les amibes ont, de fil en aiguille et à grosse maille, abouti à une sélection naturelle des espèces, dont moi, vous, et ma belle-soeur.
Les néo-créationnistes se posent la question de savoir si l’évolution observée par Darwin n’avait pas “un sens”, puisque les observations de certains scientifiques portaient à croire que cette évolution était “programmée”. Ma belle-soeur est donc un signe du destin.
Je me fichais de savoir à quelle thèse me fier, ce qui m’intéressait c’était plutôt de comprendre les arguments des uns et des autres, et surtout de ces “néo-créationnistes” puisque c’était le thème central de la première de couv’.
Manque de bol, c’était un pamphlet avec un parti-pris évident contre cette théorie, qu’ils ont peu développée finalement. Comme d’habitude, sur un dossier de vingt pages, deux pour introduire la thèse et dix-huit pour l’antithèse. Et je suis resté sur ma fin/faim.
C’est navrant, pour du journalisme scientifique vulgarisateur, de se moquer de ses lecteurs, même passagers. Cette fois, on ne m’y prendra plus.
Demain, j’achèterai Télérama !
(Abs, promis je me mets à ta chaîne bientôt)










