Parfois je retiens ma respiration pendant 6 secondes.
Mots étoilés
Le 28/02/2006 - 02:03

Pour respecter ma religion et ma croyance, je ne vous proposerai pas aujourd’hui de mots “croisés”. Mais plutôt des mots “étoilés de David”.

Le principe est évidemment le même (sauf qu’il faut acheter des jeans en gros).

Celui-ci est un little bit plus compliqué que la première version (définitions plus tordues). L’enjeu : envoyez-moi par mail le nombre de A dans la grille. Si vous séchez vraiment, publiez vos résultats dans les commentaires pour aider les autres (à la mode de Blogborygmes).

Voici les définitions.

Horizontalement

I. Répété trois fois lors de la prise de la Bastille
II. Origine de mon père (masculin)
III. Ecrivain italien peu coûteux - Brise en verland
IV. Religieux à chat - Préfixe de point commun
V. Moitié - Groupe de rock cancre
VI. Hic - De vive voix
VII. Haut américain
VIII. To come in - LE chiffre des tunisiens
IX. Faisceau - Offre d’achat boursier - Attrapé
X. Noircit

Verticalement

1. Procrastinera
2. Pipais - Demi-cochon
3. Bêcheur - Alternative de pointe
4. Possède
5. Est anglais - Coeur de pierre
6. Attache - Pascal
7. Bandes de tissu - Mascotte des “Animaux du Monde”
8. Insère en raccourci - Agence immobilière française
9. Pris acte - Les premiers ont péri en Egypte
10. Accroc à l’éthyle

Solution au prochain numéro



Même à San Fransisco, d’où est issue cette photo, je suis adulé. Ici, par exemple, sous forme de paquet de pépites.

Trous vers
Le 27/02/2006 - 02:58

Je propose que pour prolonger encore un peu les Jeux Olympiques, cette semaine soit placée sous le signe des jeux.

Dans ce formidable article sobrement intitulé “Trous”, nous nous étions tous fendus la poire grâce à vos commentaires. Nous allons remettre ça dès à présent, en compliquant un peu.

Je rappelle les règles brièvement :

  • Interdit de changer un mot du texte.
  • Un trou = un mot ou carrément un vers.
  • Pour proposer une solution, il suffit de copier-coller le texte dans votre commentaire et boucher les trous, comme à la maison.
  • Respectez au maximum le rythme et les rimes du poème : alexandrins only et les rimes sont embrassées (obsédés !).
  • Rap is prohibited
  • Pour faire un bon bide, il suffit que personne, même toi ami lecteur, ne joue.

Le petit galopin riait dans la campagne,
La grosse ________________________________,
Parce qu’il aimait l’amour, parce qu’il aimait le vin,
En fit ____________________________________.

Surgit alors la __________ de sa _______________,
Qui, dans l’élan soudain, fit tomber son chapeau,
Les passants attirés, _________________________,
leur jetèrent ____________________ en pleine rue.

Ah quelle chance de __________________________
Et de les ramasser, en pleine chaleur d’hiver !
Elles sont ____________________________ dans le dos.

Mais comme disait sa mère, ___________________
______________________________________ ignare :
Vive le camembert, et vive ____________________ !

Jean de la __________.

Le dernier samedi du mois
Le 26/02/2006 - 00:34

Ce soir, c’est le dernier samedi du mois de février (et mon ventre est toujours bien rond).

Tous les mâles qui se respectent (et probablement toutes les femelles qui respectent les mâles) attendent impatiemment ce jour pour suivre leur émission favorite sur Byalpel+. Coquinous !


Note : si le texte ci-dessous est brouillé, c’est que vous n’avez pas payé votre abonnement. Cliquez-ici pour payer et accéder à l’article décodé.

Indice : cherchez le metro.

Note : l’idée m’a été généreusement filée par mon collègue Eric (EPA). De crypter à la canal+ s’entend

Shocking !
Le 25/02/2006 - 02:34

Après le blog à logo, le blog à avertisseurs.

Collez ces stickers sur votre blog si vous désirez avertir vos lecteurs d’un contenu pouvant les choquer.

L’immatroscope du jour :

Vous allez vous faire chier lors de vos prochaines vacances sur la Côte…
Antioxydant
Le 24/02/2006 - 02:42

C’est la consternation.

Le monde “libre” a l’impression qu’une violente régression sévit dans les pays arabes, et il a sûrement raison. Ce qui est désolant, ce n’est pas tant la finalité de cette introversion mais plutôt qu’elle a été adoptée en réaction aux mouvements démocratiques de notre civilisation.

Ainsi, cette semaine, en Arabie Saoudite.

Le roi a déclaré, à l’instar de son homologue iranien le Maharadjah Mahmoud Ahmaxnpmqsxsnejade, que les valeurs occidentales étaient décadentes et devaient être bannies de la culture et du quotidien des arabiens saoudiens.

Ainsi, la musique occidentale (Michael Jackson, Madonna, Lorie, Michel Jonasz -oh non pitié pas Jonasz) : scouic. Décapitation radiophonique. Les seules musiques tolérées sont Oum-Khalsoum, Farid El-Atrache et la femme du roi.

Autre interdiction, issue des dérives ignobles des occidentaux : les panneaux publicitaires. D’accord, certaines affiches Aubade peuvent surprendre n’importe quel automobiliste à l’angle d’un carrefour. Mais de là à interdire le concept-même !

Et, dans son discours, d’interdire pêle-mêle : les fast food, les sites Internet écrits en anglais, les crèmes dessert à 0%, les émissions de variétés à la télévision, les blagues “sexuelles” et les dentifrices contenant de la menthe (lubie du roi probablement).

J’allais oublier la goutte d’eau qui a fait déborder le calice (à la place du calice). Ce matin, une manifestation géante a été organisée contre ces mesures jugées autarciques, torsionnaires et complètement arbitraires. En effet, le roi avait jugé utile de supprimer les soldes dans les magasins de vêtement. “Les soldes caractérisent vraiment la furie individualiste de ces barbares d’occidentaux” avait-il jugé bon de confier au journal local, le ceci-n’est-pas-un-missile tenu par Ibrahim Magritte.

Les femmes, revendiquant au moins ce droit à l’exultation (et à l’orgasme ?) deux fois par an, ont spontanément bondi dans la rue avec leurs tracts et leurs banderoles.

Moralité en image :

Get rich or die tryin’
Le 23/02/2006 - 00:47

(Ils sont trop forts les ricains avec leurs titres de film non ?).

Pour ma part, dans mon boulot de circonciseur national, j’ai effectué une distinction entre les riches et ceux qui meurent en espérant le devenir (subtilement amenée la traduction isn’t it ?) (isn’t it qui signifie n’est-ce pas ? Pas mal celle-là aussi hein ?) (et j’aurais pu le faire sans fin ce jeu mais il est taaaaard, monsieur - je fais bien Jacques Brel ou pas ?).

Et pour mieux les servir, j’ai effectué une distinction dès la naissance.

Le circonciseur express en or pour les blindés et le circonciseur express en plastoc pour les pauvres (même s’ils travaillent).

La preuve en image, comme disent les journalistes sportifs.

Pour ceux qui seraient déçus de l’article d’aujourd’hui, voici la blague identifiée comme la plus drôle du monde par une équipe de recherche britannique de l’Université du Hertfordshire, après une étude sérieuse de six mois (demandez à procrastin si vous ne me croyez pas) :

Sherlock Holmes et le Dr Watson sont au camping. Après un bon repas et une bonne bouteille de vin, ils gagnent leur sac de couchage dans la tente et s’endorment.

Quelques heures plus tard, Holmes se réveille et aussitôt secoue son compagnon :
- Watson, regardez le ciel et dites-moi ce que vous voyez.
- Je vois des millions et des millions d’étoiles.
- Et qu’est-ce que vous en concluez ?
- Du point de vue astronomique, répond Watson, cela me dit qu’il y a des millions de galaxies et potentiellement des milliards de planètes.
Du point de vue astrologique, j’observe que Saturne est en Lion.
Du point de vue chronologique, j’en déduis qu’il est environ 3 heures 15.
Du point de vue théologique, je vois que Dieu est tout-puissant et que nous sommes petits et insignifiants.
Du point de vue météorologique, je pense que nous aurons une belle journée demain.
Et vous, Holmes ?

Sherlock Holmes reste pensif une minute puis déclare :

- Watson, vous êtes un imbécile ! On nous a fauché la tente !

L’arrêt au port
Le 22/02/2006 - 01:53

Ah voilà l’bateau.

Si cette phrase n’évoque rien pour vous, ce billet vous éclairera sûrement.

Après un long périple, le bateau est enfin amarré. Et l’ancre solidement enfoncée dans les sables marins où les crabes primesautiers et frivoles se repaissent de plancton et de mazout.

Les remerciements

Je voudrais d’abord remercier intensément (difficile de décrire des remerciements intenses. Hmm… Imaginez que vous êtes aux toilettes en train de pousser violemment. Ôtez les odeurs et l’objectif pour lequel vous êtes dans cette pièce, vous obtenez l’intensité. Rajoutez “merci !” et vous y êtes) tous ceux qui ont collaboré à ce projet.

Et je les cite volontiers : Abs, le fils de Abs, Sébastien, Epictete, Caelle, Tant-Bourrin, Saoulfifre, Macache, Manu, Julia, Ramon, Stéphanie, Jérémie, mon père, ma mère (et pas mes frères et mes soeurs wohhwohhoo).

Mes excuses (dixit l’autre cinglé)

Malheureusement, et j’en suis vraiment désolé, je n’ai pas pu intégrer les versions de certains d’entre vous. C’est injuste, honni sois-je, à qui le dis-tu, ainsi soit-il.

Je mets donc vos exploits ici, en vrac.

Epictete (avec preuve d’appel) - 0:24

Saoulfifre (mimétisme avec tes poules ?) - 0:14

Seb (je suis dég, la mélodie est top mais impossible à caser) - 0:14

Mon père (mais vous avez déjà eu la bombe atomique) - 0:16

Caelle (trop dur aussi à caser, la musique surchargeait trop) - 0:09

La pochette

Parce qu’un bon album se vend si et seulement si la pochette est évocatrice.

Et maintenant, musique !

Je préviens juste que :

  • La musique dure 7:13 (ah oui c’est long)
  • Le fichier fait 13,1 Mo si vous comptez le télécharger (ah oui c’est long)
  • Le son est délibérément fort, pour vous éviter de vous coller aux enceintes. De toute façon, cette musique doit être écoutée à tue-tête !
  • Je me suis fait plaisir, il se peut que cette musique ne plaise qu’à moi…

Le bateau (original pure sound radio edit mix) - 7:13

Pour le télécharger, c’est ici.

Le bêtisier

Et vous avez raté ça…

Julia - premier essai - 0:06

Julia - deuxième essai - 0:13

Manu is Bruce Springsteen - 0:06

Le bateau est mort ce soir - 0:52

Oh oui découpe-moi (t’es con version) ! - 0:08

Oh oui découpe-moi (connard version) ! - 0:08

Oh oui découpe-moi ! - 0:15

Le bateau du PSG - 0:13

Tant-Bourrin se bouche le nez et imite Beethoven - 0:14

Le gnome de Abs - 0:05

Abs tambourrine (Attention, nouveau talent !) - 0:16

La machine à gagner
Le 19/02/2006 - 19:45

Il y a des jours où on l’emporte sur le pouvoir des pointes.

Rappel pour ceux qui ne paient leur abonnement que depuis deux ou trois mois : le pouvoir des pointes est un terme emprunté aux phénomènes électrostratiques. C’est le parallèle que j’ai induit entre le regroupement surfacique des ions par frottement et notre capacité à influencer “le hasard” au quotidien par des mécanismes encore ésotériques.

Si vous n’avez rien compris, vous avez tous les éléments sur ce site pour comprendre. Pour les déconnectés du bulbe, je veux bien faire un ultime effort de synthèse : je pense qu’il existe des mécanismes (méta-)physiques pour modifier le cours des choses. Voilà, vous êtes contents ?

Ces deux derniers jours, la chance m’a souri, sous diverses formes mais toutes aussi excitantes.

Pouvoir des pointes n°1

Hier soir, j’étais invité à l’anniversaire d’une amie de ma femme dans sa maison de campagne. Le thème : soirée déguisée disco.

Que cela soit bien clair, d’habitude j’exècre ce genre de soirée. Surtout quand je ne connais personne.

- Me déguiser ? Tu m’as pris pour un clown ? On peut très bien se marrer sans être déguisé ! Je trouve ces..
- Oh, fais pas ton gros lourd, c’est ma copine, je ne l’ai pas vu depuis longtemps ; allez on y va !
- Moi j’suis un gros lourd ? Et les soirées déguisées c’est pas trop lourd ? Disco en plus ? Tu m’as pris pour l’autre indien des YMCA ?
- Allez, trouve une idée et sois original, comme tu l’es toujours mon chéri que j’aime t’es le plus beau et le plus fort [je ne suis plus sûr que la fin de la phrase a été effectivement prononcée]

Ah tu veux que je sois original ? Tu vas être servie.

Comme il était évident que tous les mecs arboreraient la moumoute sur la tête et les pantalons “pattes d’éph” multicolores, j’ai révisé ma tactique initiale. J’ai piqué une perruque de Pocahontas à mes cousines, j’ai mis un bandana autour de mon crâne et j’ai enfilé une djellabah.

Puis j’ai accroché autour de mon cou cette pancarte :

Ben vous savez quoi ? J’étais la coqueluche de la soirée ! Avec une concentration de nanas bonnasses en mole par litre aussi élevée, on peut dire que j’étais gâté. Une photo du genre ici.

Pouvoir des pointes n°2

Hier je reçois une lettre estampillée “Trésor Public”. Premier réflexe : je déchire mon vêtement1 et je mets à pleurnicher à genoux.

Sans ouvrir, je pressentais deux destins : un PV que j’ai contesté et qui a été refusé, donc savoureusement majoré OU les impôts qui considèrent que ce que je leur ai déjà donné ne suffit pas, une petite ristourne de 10% supplémentaire leur faisant énormément plaisir.

J’ouvre délicatement, les deux mains sur les yeux (et là vous vous dites : comment peut-il ouvrir une enveloppe avec ses deux mains sur les yeux ?) et que vois-je, ô miracle ?

Ceci :

Allez Louya !

Pouvoir des pointes n°3

Ce matin, le tennis du dimanche pour les gros qui doivent perdre du poids.

Eric-David contre Manu-Ramon. Le score est sans appel.
On change donc les équipes pour équilibrer… Manu-David contre Eric-Ramon. Si ce salopard de Manu était plus concentré sur la balle de match que nous avons eue au cours du jeu, on aurait sûrement gagné. Mais de peu, nous avons été battus.

Ci-dessous les scores :

Il y a des jours où on l’emporte sur le pouvoir des pointes.
Et des jours où on ne l’emporte pas. Mais pendant ces jours-là, j’m'en fous, j’suis en vacances.



1 : c’est le symbole du deuil dans le judaïsme

Note : pour ceux qui attendent impatiemment le bateau, la grande sortie mondiale est pour demain soir. Entre temps, laissez-moi vous teaser avec cette version “choriste” (David, Jérémie, Manu, Ramon) :


Prendre son pied au goûter
Le 17/02/2006 - 00:32

Pour rétablir la grandeur de la Bible que Matthieu a -si brillamment- écorchée, je me propose de vous conter une légende sur le roi David, relatée dans “Les prophètes”.

Le roi David avait un grand nombre d’enfants, parce qu’il avait un grand nombre de femmes. En 2006, vous n’y verriez pas de lien immédiat, mais à l’époque une femme faisait des enfants, accessoirement la lessive, la vaisselle et la cuisine, mais surtout des enfants.

Toutefois, le roi avait ses préférences : la fille née de l’union avec Betsabée, la belle rousse qui ressemble à Nicole Kidman, qu’ils avaient prénommée Uma en hommage au seul territoire non-juif de la Galilée appelé “no Yid” [il est chaud ce calembour] et sûrement pas en hommage à Uma Thurman, elle n’était pas encore née, bande d’ignares !

Uma a toujours été élevée dans l’amour et la surveillance constante de ses parents. Ainsi, le jour fatidique où elle a demandé : “Papa, je peux aller à la boum de Avraham ben Yossef ?”, la première réponse fut inévitablement : “You’re kidding me son of a bitch ?” ce qui, traduit approximativement de l’araméen donne : “Même pas en rêve !”.

Comme savent y faire les jeunes filles de son âge, Uma a finalement persuadé son père de la laisser se trémousser avec ses copains et copines dans une cave illuminée aux chandelles, Champomy, fraises tagada et moutons en méchoui à volonté.

Seulement voilà, le père est roi de Canaan et est sorti victorieux de nombreuses guerres. Donc on ne la lui fait pas : il a décidé d’engager un détective privé professionnel pour épier sa fille chérie.

Le soir du crime de la danse-party-all-night-long (traduisez par “sauterie”), le roi David a finalement décidé d’accompagner le détective privé dans sa mission de surveillance, évidemment vêtu d’un imperméable terne et équipé de trop grandes lunettes noires.

Engoncé dans le siège arrière de l’Alfa Roméo noire de l’enquêteur, il passait inaperçu. Ils suivaient méthodiquement le cortège de véhicules qui se rendait chez Yossef ben Avraham (le père d’Avraham ben Yossef, vous suivez ?) parce qu’à l’époque, Mappy n’existait pas (ou alors il fallait consulter le prophète).

Malheureusement, le roi David était âgé et, à cause d’un tiraillement aigu de sa satanée prostate, devait vider sa royale vessie régulièrement. Et, alors qu’il était occupé à tracer son nom (en hébreu, donc de droite à gauche) sur le cactus du voisin, le détective a perdu la trace du défilé de voiture. Bilan : le roi et son chauffeur ont erré pendant plus de deux heures à leur recherche en plein désert de Judée.

- Incapable ! Je ne peux pas aller pisser deux secondes que tu les perds de vue !? Et tu dis que t’es un pro ? A cause de tes conneries, on a raté la boum de ma fille !
- Mais, Sire…
- Y’a pas de mais ! On rentre ! Rappele-moi de te pendre par les pieds au goûter.

Moralité : le pro se perd, loupe la boum et c’est le roi youpin qui pisse !

L’immatroscope du jour :

Tiens, en parlant de prostate, si vous êtes vieux il serait temps de consulter. Je connais un très bon urologue (c’est mon beaup : -50% sur la consultation sur présentation de votre abonnement à ce blog)
J’suis marrant, ça fait un
Le 16/02/2006 - 04:32

Avant de commencer, je précise que ce billet ne s’applique en aucun cas aux personnes en poste dans ma société (OCTO Technology, la boîte qui rit). Non pas par simple précaution juridique, mais parce que c’est vrai.

Hier soir, je faisais passer un entretien à un jeune homme de bonne famille, bien sous tous rapports, oeil qui brille, mèche qui pend, dents qui rayent. J’exagère, c’était une personne charmante, un peu impressionnée de ce deuxième entretien qu’il passait chez nous (chez nous = chez OCTO. OCTO est une grande famille dont je suis le fils bâtard vu l’infidélité relativement récente relatée ici. Bâtard toi-même !).

En même temps, mettez-vous à sa place (et venez chez OCTO), vous auriez eu devant vous un beau gosse (qui a dit gros ?) avec un sourire charmeur, un intellect au-dessus des participants de la Starac des pâquerettes et surtout, surtout, un déconneur hors pair. Sans déc.

Lors du premier entretien, il a rencontré notre -et j’insiste, charmante- responsable RH pour une évaluation globale, psychologique.

Les chargés internes RH, les chasseurs de tête ou les cabinets de recrutement m’ont toujours fait marrer lors de ce “premier entretien” [ami lecteur, si tu fais partie d’une de ces trois catégories, tu me fais bien marrer. J’espère que moi aussi hein, pour qu’on soit enfin à égalité].

Lorsqu’on est débutant, passer un entretien d’embauche est éreintant, parce qu’on a rarement confiance en soi et qu’on doit mobiliser toutes ses facultés intellectuelles pour intéresser le premier cerbère de la société convoitée.

Mais lorsqu’on est “confirmé”, souvent les rapports changent et le méchant chien se transforme en gentil petit caniche. Et c’est vous le maître. Permettez-moi de vous narrer quelques anecdotes sur mes entretiens RH (véridiques sinon cela n’a pas d’intérêt. Encore que je pourrais me faire mousser, j’adore ça, vous allez le constater dans la suite).

Mme R. H. est tout sourire, avenante mais laide. Après les formalités d’usage (âge, mariage, mensurations, résumez-moi votre CV en moins de 127 mots…) qu’elle me crache en me regardant à peine, elle attaque les questions habituelles. Dont ma préférée :

- Quelles sont vos trois qualités et vos trois défauts principaux ?

Je croyais que ça n’existait que dans Une nounou d’enfer ou dans les mauvais numéros de la revue Management. Soyons clairs, je n’aurais jamais répondu ce qui va suivre si l’assistante sans ressources humaines ne m’avait pas tant refroidi.

- Mes qualités : ben… j’suis marrant, ça fait un. Ma femme dit que je suis diplomate, mais je ne vois pas pourquoi, j’ai tendance à tourner beaucoup de choses à la rigolade. Et je conduis parfaitement. Je veux dire que je peux prendre n’importe quel type sur une course dans Paris et je l’étale [cette dernière phrase n’est pas vraie].

Là, la fille est sidérée et me regarde pour la première fois dans les yeux.

- Et mes défauts, je n’en vois que deux : je suis perfectionniste et je mens très bien. Voilà.

Le caniche tout à coup métamorphosé en doberman montre les dents, pose doucement son stylo et me demande placidement :

- Vous plaisantez ?

Et là, peut-être le clou de ma carrière, je balance :

- Vous voyez, vous dites comme ma femme, que je tourne tout à la rigolade.

[Fin abrupte de l’entretien]

Un autre pour la route, juste avant d’entrer chez OCTO il y a 5 ans. Là, pour le coup, c’était un cerbère mannequin, environ 25 ans, yeux en amande, corps en amande (effilée), cervelle en amande (de la pâte). Difficile de résister à l’attraction radioactive de son décolleté (rappelez-vous les lois de la gravitation universelle).

La boîte ne m’intéressait pas du tout : je m’étais encore fait piéger par des annonces surdimensionnées (”Devenez maître du monde, 150k€ de salaire par mois, voiture + femme de fonction inclues”). Je n’avais vu l’astérisque (”… si vous habitez à Kerdouan-le-Berec depuis plus de 29 ans.”).

La jeune fille, visiblement non insensible à mon charme [je me faisais probablement un film sur le moment], me demande où j’habite. Je réponds évidemment :

- Paris 15ème. Et vous ?
- (silence gêné) … Et vous seriez disponible de suite ?
- Oh que oui. Et vous ?
- (rire gêné) … Et quelles sont vos prétentions ?

Là, elle pouffe de rire -et moi aussi- voyant où cette conversation l’emmenait.

Le lendemain matin, je l’ai rappelée et j’ai dit : “ben dis donc t’en avais de la ressource humaine toi cette nuit !” [ceci n’est évidemment pas vrai, brisons le mythe]

[Fin abrupte de l’article]