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Lassant valentin !
Le 15/02/2006 - 05:56

Bien fait pour vous. Dans ce billet, seul le titre (dont le jeu de mot est superbe avouez-le. Il y avait aussi “Là s’en va l’antin” ou “les seins de Valentin” ou… ok je ferme ma gueule). Eh oh ! Je n’ai pas fini ma phrase ! Malotru (tiens là j’aurais pu en faire un autre superbe jeu de mots avec les hémorroïdes et… bon ok d’accord).

Je recommence.

Bien fait pour vous. Dans ce billet, seul le titre contiendra une référence (ô combien subtile, isn’t it ?) à ce jour radieux et commercial qu’est Noël Haloween la Saint-Valentin.

Voilà, je me fais mentir, à cause de vos conneries à m’interrompre tout le temps. Voilà, Saint-Valentin stop, fini, craché. Point.

Ce soir, je suis crevé. Un coup de barre. L’âge ? Le boulot ? Va savoir Charles (au PMU on joue comme on aime).

Alors, et pour la postérité mais surtout pour la gloire, j’ai décidé de faire du hachis parmentier sur cet article :

- Voici le scan d’un PV que ma femme a eu hier matin et que je m’en vais contester illico pour vice de forme (saurez-vous retrouver pourquoi ?)

Cliquer pour voir la version majorée.
 

- J’ai découvert que le ministre de la Culture anglais était Noir. Loués soient les Anglais, puissent-ils nous donner des leçons d’intégration par le haut. Je parle de ça parce qu’hier soir, j’ai vu le premier épisode de la saison 5 de 24h (dans lequel le président des YouEsse est Noir). Le premier épisode de la saison 5 vaut les 24 épisodes des 4 saisons réunies, c’est moi qui vous le dis !!

- La somme en débit différé de ma carte de crédit dépasse déjà le solde de notre compte. Et je n’ai pas encore encaissé les cotisations du blog, ni envoyé celle du maréchal. A votre bon coeur, m’sieurs dames !

- Enfin, voici une chanson que me chantait mon père quand j’étais petit et qu’il a eu la gentillesse de me chanter en messagerie vocale exprès pour vous (sans déc). Cette chanson, c’est… d’la bombe ! [NDLR : et il ne chevrote pas]


Panne d’essence - l’exode
Le 14/02/2006 - 02:37

[La genèse est ici]

Si vous avez manqué le début : dans le précédent article, j’expliquai, selon mon point de vue, ce qui pouvait choquer les musulmans dans les caricatures publiées par le journal danois. Je rappelai également que les traits identitaires des individus sont souvent interprétés comme des attributs (des codes-barres) alors qu’ils sont parfois bien plus, faisant partie pour nombreux d’entre eux de leur essence.

Le tome 2 pose des questions nécessaires et accessoirement apporte des réponses limitées et biaisées mais n’est-ce pas la méthode la plus simple pour lancer un débat ?

“La vérité si je mens”. Si vous n’avez pas vu le film, honte sur vous (les expatriés depuis plus de 40 ans sont excusés) ! Mais au-delà du film, qu’y avez vous vu ? Pour certains, rien de flagrant : l’ambiance des juifs du sentier est chaleureuse, chaude, typique … et fermée. Pour d’autres, la démonstration sans équivoque que les juifs regorgent d’argent, passent tous leurs week-end à Deauville et roulent en BMW. Bon, pour le coup, c’est un peu mon cas alors je ne vais pas trop la ramener…

Pourtant la réaction la plus étrange a été celle de certains de mes correligionaires : pour eux, la caricature était extrême et portait préjudice à l’ensemble de la communauté juive qui avait été présentée en permanence de l’argent plein les poches.

Aux -puissants- Guignols sur Canal+, Chirac était devenu un policitien sympathique aux yeux des gogos amateurs de Grany Smith. Alors qu’Edouard Balladur passait pour un mou dépassé et sourdingue (le fameux “le monsieur te demande…”). Les animateurs des Guignols eux-mêmes reconnaissent l’impact fort qu’ils ont sur le public grâce à leurs “caricatures”.

Qu’elle n’a pas été ma surprise de découvrir, il y a deux ou trois ans, un Ben Laden cynique mais drôle, intégriste mais intégré, terroriste mais légitimé (contre l’hégémonie américaine). Le fameux “ispice di counasse” que reprend mécaniquement la jeune génération, à l’instar du “j’t'ai cassé” du Brice provençal.

Enfin, le triste sire de l’humour noir/Noir, Dieudonné qui crache sa bile et sa rage à qui veut l’entendre en stigmatisant les juifs (et les sionistes, on n’est plus à un amalgame près) alors qu’il est l’archétype même du pauvre gars qui se trompe de colère, pour citer le poète moustachu.

Quel lien fais-je entre ces trois exemples ? Où veux-je en venir ? A quelle heure on mange [Note : parce que je suis dans le train qui revient de cette ville triste qu’est Lyon et que je meurs de faim, cette question est bien plus légitime que celles qui la précédent]

Le lien me paraît plus ou moins évident : liberté d’expression, la possibilité de “rire de tout mais pas avec tout le monde” et autres fadaises.

Aujourd’hui, les gens hurlent pour revendiquer leur droit à la liberté d’expression. Le droit. Je pouffe.

D’abord, prenons conscience s’il vous plaît que cette revendication est un luxe de gosse de riche, enfin de pays riche. Allez demander aux gamins du Soudan, de Cuba, d’Egypte, du Vietnam, d’Iran, du Tchad etc. ce qu’ils pensent de leur liberté d’expression. Alors un peu de respect.

Ensuite, démocratie et liberté d’expression sont deux concepts distincts et sûrement pas bijectifs [ce n’est pas le terme mathématique idoine mais il ne me vient pas à l’esprit alors que j’écris. Si une âme charitable veut bien m’aider, qu’il soit béni]. A mon sens, la liberté d’expression implique de manière souvent immédiate la présence d’un régime démocratique ; alors qu’il existe des régimes démocratiques dans lesquels la liberté d’expression reste un concept. Le Hamas a été élu démocratiquement par exemple et je ne veux pas faire de procès d’intention, mais bon… On imagine mal des palestiniens faire ce que font les extrême-gauchistes du mouvement “La paix maintenant” (chalom akhchav) en Israel…

Ceci pour dire que la liberté d’expression est un luxe que ne se partage pas l’ensemble de la planète. Au passage, mais ce n’est pas mon sujet, un type intelligent, sur le “forum” de Matthieu, avait pointé du doigt les événements de mai 68 comme point de départ de cette revendication actuellement “excessive” de la liberté d’expression.

Ensuite, au simplificateur “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde” desprogien, utilisé souvent à tout bout de champ pour justifier un terrorisme intellectuel ou psychologique (je connais des types qui harcèlent sexuellement des filles en se cachant derrière un “oh bah ça va on peut rigoler !”) rarement avoué.

“On peut rire de tout”. Reprenez vos cours de philo (j’ai eu 15 au bac je vous l’avais dit ?). Alors, pouvoir c’est “avoir le droit” ? “Avoir la capacité” ? “Être en mesure de” ?

Le droit. Je pouffe-pouffe repouffe. Actuellement, tout le monde revendique son “droit” à quelque chose. J’ai le droit au chômage, j’ai le droit à des aides, j’ai le droit de gueuler sur mon professeur s’il me parle mal, j’ai le droit de faire emprisonner mon père s’il m’a frappé, j’ai le droit de… On a tous le droit d’avoir des droits.

Mais alors, les devoirs, merci bien. On ne veut pas payer d’impôts, on ne veut pas cotiser aux organismes sociaux, on ne veut pas respecter ses professeurs ou ses parents, on ne veut pas trop se fatiguer pour trouver du boulot etc etc.

Je ne crois pas que “on peut rire de tout” signifie “on a le droit de rire de tout”. Sinon Patrick Timsit n’aurait pas été devant les tribunaux pour son sketch (fort goûteux) sur les handicapés et ne se serait pas excusé auprès d’une association les représentant en indiquant qu’il ne mesurait pas à l’époque la dureté de son propos.

Vous allez me dire : “aaah mais c’est pour cela que l’aphorisme conclut par mais pas avec tout le monde” ! Et vous aurez raison. probablement. Il vaut mieux garder ses blagues blessantes, ou racistes, ou violentes, ou vulgaires pour un public conquis. Ou neutre. Ou indifférent. Dans ce cas alors, il parait difficile de revendiquer une liberté d’expression où l’on peut “rire de tout” dans un journal national à fort tirage ou à la télévision.

Pour ma part, je préfère une version dans laquelle “on peut rire de tout” signifie “on a la capacité à rire de tout”. Dans la potentialité. Et pas uniquement à rire, mais à écrire, critiquer, remuer, chercher, douter, remettre en question sinon c’est la mort de l’esprit, c’est la stagnation.

Néanmoins, seule notre conscience doit déterminer si l’on peut balancer des grosses blagues grasses sur la Shoah ou sur les trisomiques dans Libération ou sur TF1 en prime time. Ou se moquer de l’Islam dans un journal danois. [Attention, je justifie ici uniquement pour la transition. J’ai déjà répondu sur la portée de ces caricatures dans la genèse]

Vous allez me dire : ah mais les trisomiques ils y peuvent rien, la Shoah est une douleur universelle, mais la religion ils l’ont choisie alors on peut se moquer. Je réponds : bof, si la religion n’est pas sacrée pour vous (cf. dico : “sacré : à quoi l’on tient par-dessus tout”), elle ne l’est peut-être pas pour d’autres et dans ce cas, on retombe sur ma potentialité.

Et cela nous mène tout droit vers mon tome 3 : des religieux à notre siècle de lumière, comment est-ce possible ? [Teaser : lampadaire ou projecteurs ?]



Au passage, il y a encore des naïfs qui considèrent la démocratie comme l’ultime régime pour le genre humain. Bah, ça fera rire nos arrière-petits-enfants comme nous rions encore des monarchies…

Suicide (allégorie)
Le 13/02/2006 - 02:02

On clique ici pour écouter :

- Il est gonflé Byalpel ! Il nous fait un article dans lequel il se met à la place des musulmans et maintenant il se fout de leur gueule !
- Allumer une mèche sur sa tête, non mais ! Ca n’en fait pas un article pour autant ! Et cette musique de fou, tu l’as écoutée sa musique de fou ?
- Il paraît qu’elle fait partie de la B.O. du film Sheitan avec Vincent Cassel. Il en a parlé au moins du film ?
- Même pas. Il se moque de ses frères musulmans sans faire d’article. Je boycotte !
- Moi aussi je boycotte ! Et si ça se trouve, il est danois !

La vie sans mort
Le 12/02/2006 - 01:25

Les deux brancardiers accompagnaient le chariot dans les dédales du bâtiment en ruine. Ils trimballaient la carcasse d’un vieil homme Noir dont le regard sec et vide indiquait le trépas récent.

Tout en sifflotant, le plus âgé des deux installa le cadavre froid sur la table mortuaire en marbre éclairée par deux néons usés. Le plus jeune se chargea de lui ôter ses habits fripés, ses lunettes sales et ses chaussures vernies pour les incinérer. Lorsqu’il secoua les poches de l’imperméable usé, un papier gris froissé papillonna pour s’éteindre sur le sol en lino.

Machinalement, le jeune homme déplia et lut :

“Monsieur,

Suite au décret Poulsen du 30/04/78 rendant la mort non obligatoire, nous avons l’honneur de vous informer que vous êtes éligible à la préparation pour l’immortalité temporaire.

Veuillez noter la date de votre rendez-vous à l’hôpital le plus proche pour subir votre intervention :

Date : 21/12/02
Lieu : Hôpital Trendzeng

Pour plus d’informations, consultez notre site Internet en cliquant ici.”

- 21 décembre. A deux jours près, il n’a pas eu de bol le gars…
- Tu l’as dit, mon vieux. Et toi, c’est quand ?
- 19 ans et des poussières… Je crèverai avant, c’est sûr !
- Bah, 117 ans, t’as encore de la marge ! Ne te fais pas renverser par un taxi, c’est tout. Allez, aide-moi, on le brûle et on rentre dormir. Je ne vais pas faire de vieux os ici.

Le jeune brancardier sourit, révélant une dentition parfaite, haussa les épaules et jeta négligemment le papier dans la corbeille qui trônait là, emplie de papiers gris.



Le titre de ce billet est également le titre d’une excellente chanson -as usual- de Michel Jonasz

ACPMPR
Le 11/02/2006 - 03:21

ACPMPR : Association Contre les Petites Merdes dans les Plats au Restaurant.

Cette semaine, nous avons dîné ma femme, mes parents et moi-même dans un petit restaurant de la capitale (La tour d’argent, un petit bistrot typique près des quais de Seine) pour fêter un heureux événement : cela faisait deux semaines que je n’avais pas vu ma mère.

Confortablement installés dans les fauteuils norvégiens Louis Kéa, nous nous laissions aller à quelque discussion sans grand intérêt certes mais qui réchauffe les coeurs après tant de temps de séparation quand, fatalement, le serveur de noir vêtu nous demanda avec insistance : “Alors ?”.

Que répondre à un homme gominé, avec la raie au milieu et des chaussures mal cirées qui vous plaque sèchement un “Alors ?” empli d’arrogance et de désintérêt pour vos goûts culinaires ?

C’est mon père qui, fort de son expérience de 40 ans de survie dans un milieu hostile, lui répondit avec diplomatie : “Alors quoi bâtard ?”

Lors, nous devisions gaiement, sur l’actualité, le prix des jeans qui a encore chuté, le mercure dans les thermomètres également. Avec l’arrivée de l’autre intellectuel aux cheveux transpirant le gel de bas étage, on se serait cru chez un coiffeur à Belleville.

Gnocchi al dente pour madame, Penne al arrabiata pour monsieur, Pesca di salmone pour madame et Fusilli di gorgonzolla pour monsieur. Bon appétit bande de cons !”

C’en était trop, ce sauvageon n’aurait pas les 15€ de pourboire que nous laissons habituellement aux serveurs des restaurants de notre ville.

Soudain, le drame. Une tragédie que nous n’aurions jamais osé imaginer subir dans un tel établissement. Le malaise, les vapeurs, les yeux révulsés, l’envie folle de tuer, de vomir, de pleurer.

Ils avaient saupoudré des petites feuilles de j’sais-pas-quoi sur mes fusilli. Partout, sur toute la surface.

Ma mère était blême, mon père rouge de colère. Ma femme, verte de peur. Avec les pâtes, on se serait vraiment cru en Italie. Et si je n’avais pas patiemment et une à une ôté ces pénibles feuilles-accessoires décoratifs de mon plat, Sodome et Gomorrhe auraient fait pâle figure devant l’ampleur de la colère divine sur ce misérable boui-boui crasseux.

Oui, je sais invoquer la colère divine à volonté grâce à une technique infaillible : je dessine un type barbu avec une bombe en guise de couvrechef et je colle mon chef-d’oeuvre sur la vitrine. Le colis suspect est livré en 24h chrono, plus vite que la Redoute.

- Oh tu vas bien reprendre un dessert, me dit mon père.
- Non chéri, non ! Tu es déjà bien trop gros !
- Mais non mon fils tyé beau prends un dessert !
- Alleeez, insiste mon père, c’est moi qui offre !
- Bon ben, si tu me prends par les sentiments… acceptai-je sous l’oeil furieux de ma femme.

La conversation courait sur des sujets anodins (pour ou contre la peine de mort, l’avortement post-natal, les femmes au volant…) quand Monsieur Meuble, tronche de premier de la classe bien peigné m’apporta de cuisine le dessert réputé par-delà les océans : la tarte aux pommes caramel, glace vanille saupoudrée de noisettes.

Il y a eu des évasions d’Alcatraz pour ce dessert. Des femmes ont accouché prématurément en pensant à ce dessert. Mon père a payé 8,50€ pour ce dessert.

Comprenez mon émoi lorsque je découvrai, délicatement posée sur le bord de l’assiette, une feuille de menthe grande comme une agrafeuse, empiétant littéralement sur mes morceaux de noisettes et adhérant incidemment à ma boule de glace vanille.

Il y a des hommes qui ne respectent vraiment rien.

Demain, sous les décombres encore fumants, je passerai déposer une gerbe. Une feuille de menthe. Il y a une justice.

Bientôt, je vous parlerai de mon autre association ACDRCMG (Association Contre la Diffusion de Radios Culturelles dans les Magasins de Fringue).

La déprime de l’homme d’affaire (*)
Le 10/02/2006 - 00:26

Il circule beaucoup d’anecdotes sur nos anciens “grands hommes”. Léon Blum, le Général de Gaulle, Mahmoud Ahmajkdhfdjfhhade, Jean Jaurès…

Tiens, prenons Jean Jaurès. Cet homme politique et philosophe français était également un homme d’affaires particulièrement mauvais, parce que particulièrement intègre. Et les individus intègres sont souvent les plus imprévisibles. Cette anecdote -véridique- en témoigne.

Dans la petite ville minière de Carmaux dont il était le député au début du vingtième siècle, Jean Jaurès était très courtisé par les lobbys miniers dans une région où la récolte de houille, de ferrite et de manganèse assurait la survie d’une petite population ouvrière.

Pour obtenir ses faveurs, le responsable du syndicat principal l’avait maintes fois sollicité par des moyens aux limites de la légalité, ce que le philosophe français avait toujours considéré comme un outrage à sa dignité, à la cause ouvrière toute entière et au peuple français dans son ensemble.

Mais le chef des mineurs avait plus d’un tour dans son chariot : il convia M. Jaurès à une soirée sportive inaugurale qui se déroulait au stade municipal, un soir d’été. Ce dernier déclina poliment l’offre, mais son interlocuteur se fit pressant.

- Ecoutez-moi bien, Roger, vous me promettez que vous ne tenterez rien pour me soudoyer ni me corrompre !
- Monsieur le député, bien sûr que non, c’est une soirée sportive !
- Dans ce cas je viendrai. Et je paierai ma place.
- M. Jaurès, en temps normal, vous auriez cru à une filouterie de ma part si je vous offrais la place à un opéra. Mais il ne s’agit que d’une soirée sportive, laissez-moi vous inviter.
- Hmm. D’accord, dans ce cas, je paierai la moitié, pour m’assurer que vous n’êtes pas un filou fini.

C’était le temps où les hommes avaient des valeurs, et où d’autres n’en avaient cure.

Une fois toute la foule installée, les gradins et la piste illuminés par les projecteurs puissants sous une nuit calme, une trentaine d’athètes firent leur apparition sous une salve nourrie d’applaudissements. Une fois le premier tour effectué, ils se tinrent au garde à vous devant la loge d’honneur. Et, dans un mouvement parfaitement synchronisé, sortirent de leur tricot de grandes feuilles de papier soigneusement pliées. Une fois à leur taille naturelle, et agrippées comme des piquets de grève, on pouvait lire le message suivant :

M. JAURES, PROTEGEZ LES MINEURS !

Rouge de rage, Jean Jaurès se leva et secoua le chef mineur : “N’avez-vous pas honte, Monsieur, d’une telle infamie ? Ne souffrez-vous donc point que certains aient un honneur, un code éthique, une déontologie ? Sachez, Monsieur, que vous êtes d’une bassesse abominable. Maintenant, je veux que vous m’éteignez cette piste immédiatement, et que toute cette population rentre chez elle, la soirée est annulée !”

- Mais, Monsieur Jau..
- Eteignez-moi cette piste, vous avez compris ? Eteignez-moi cette piiiiste tout de suite !

Jean Jaurès était un mauvaise homme d’affaire, et cela lui valut une longue déprime.

Moralité : Jaurès voulut éteindre la piiiiiiiiiiste !

(*) aka Le blues du Businessman

Blog à logo
Le 09/02/2006 - 00:55

Il est étonnant de remarquer combien les blogs persos pullulent sur la toile. Et gratuitement en plus.

“Ce qui est gratuit est bas de gamme !” déclarait Beethoven lors d’une interview sur LCI la semaine dernière. Quel génie !

Pour cette raison naturelle, je vous avais demandé récemment de payer votre abonnement à ce blog. Les contrevenants s’exposant à une restriction d’accès, fermeture de leur compte en banque voire enfermement dans une chambre avec Dieudonné.

Il se trouve que, jusqu’à présent, seuls 3 personnes se sont acquittées de leur obligation : ma mère, ma femme et ma belle-mère (en tarif famille nombreuse en plus).

Je me vois contraint de mettre la clé sous la porte et d’arrêter ce blog.

Au revoir (à la Giscard d’Estaing).

Comme je vous entends insister derrière votre écran, je veux bien tenter une dernière expérience pour financer ce blog (et la nouvelle coque de mon iPod à 29,90€ les enfoirés de leur race).

J’ai remarqué que sur tous les sites à forte fréquentation grouillent de nombreux logos en bas, en haut, à gauche, à droite (lève les bras, balance-toi). Des logos plus ou moins incompréhensibles, plus ou moins hideux, plus ou moins publicitaires.

Pour relancer le commerce (et par excès de mégalomanie), j’ai créé des logos identitaires (pas des caricatures !) qui, une fois placés sur votre site, me feront de la publicité gratuite. Evidemment, n’oubliez pas le lien qui va avec.

Si vous voulez indiquer votre préféré, n’hésitez pas.

Panne d’essence - la genèse
Le 08/02/2006 - 01:54

“Entrez donc mes amis, c’est la tempête dehors ! Asseyez-vous près de l’âtre, et buvez cette tisane chaude. Le temps que ça se calme.” (Byalpel Atarte, Le vieil homme et sa mère, Grassouillet - 1998)

Quand je constate l’ampleur du raz-de-marée de bêtise et de violence qui déferle sur la planète ces derniers jours, je m’interroge. Sur plusieurs points.

D’abord, comment ne pas sombrer irrémédiablement dans l’anti-islamisme ? Voire dans l’anti-Islam (notez la différence de casse) primaire ?

Ensuite, comment interpréter la réaction quasi-unanime de la planète ? Qui revendique haut et fort la liberté d’expression dans un premier temps. Puis qui, tantôt bafouille et s’excuse auprès des musulmans, tantôt incrimine et décrie l’ensemble des religions ?

Enfin, comment replacer la religion, non au sens identitaire du terme mais dans son caractère intrisèquement culturel et cultuel, dans une époque aussi évoluée que la nôtre. Et moi-même, qui suis-je dans cette tourmente ?

Je voudrais, en remarque préliminaire, préciser deux points :

- Le sujet est vaste, bien trop vaste pour le traiter sur un article de blog et bien trop vaste pour ma petite tête. Je couperai fatalement des branches, taillerai parfois des pans entiers, omettrai certainement - volontairement ou pas - des idées ou des concepts corollaires.
- Même si l’on aborde des sujets de manière détachée, je m’implique forcément dans mes textes en général et peut-être plus dans ceux qui touchent à une partie de mon moi. Tout auteur encaisse les critiques personnelles de manière variable, soyez indulgents et/ou diplomates…

Je vais tenter de répondre à la première question rapidement. Sombrer dans l’anti-islamisme : c’est une nécessité. Je veux dire par là que cet intégrisme qui nous touche désormais directement doit être combattu. Avec des armes s’il le faut. C’est violent, mais comme au bac à sable, ce n’est pas moi qui ai commencé. Et je préfère filer un coup de pelle plutôt que me retrouver sous le sable.

Pour l’anti-Islam, je vais devoir m’étendre un peu. Mais la conclusion, pour les plus pressés, est la suivante : je serai musulman s’il faudra défendre leur foi, avec l’esprit ou avec les mains. Maintenant je m’explique, avant que ma famille lise cette dernière phrase et s’inflige la punition du perroquet qui se marre (l’ara qui rit).

Imaginez une caricature publiée en Nouvelle-Guinée représentant, pour la déconne top délire, une image de Moïse en train de sacrifier un bébé catholique (afin d’obtenir un far 100% breton). Et, juste au-dessous, une image de Moïse aux cheveux blonds ondulés, torse halé, surf waxé sur l’épaule, entouré de deux nanas callypiges, mer ouverte en deux et un super slogan fluo pour un préservatif.

C’est mon avis, bien entendu, mais j’aurais été indigné de la première. Et la seconde m’aurait fait marrer, avec un petit pincement au coeur sûrement (pour les deux nanas). La raison est simple : dans le premier cas, mon identité a été rabaissée en public puisque cette image accable spontanément tous les juifs (ou alors il faut vraiment être de mauvaise foi). Dans le second, cette publicité imaginaire cible tous les beaux gosses comme moi qui pouvaient draguer jusqu’à pas d’heure quand ils n’étaient pas mariés n’importe qui en utilisant l’individu Moïse comme support.

Pour l’autre qui n’est pas moi, cette identité juive est une “étiquette”, une catégorie, une propriété. “Tiens, Moyché tu es juif ? Marrant. Et sinon, t’as vu quoi hier à la télé ? Tu me passes le pain s’il te plait ?”.

Bien heureusement.

Sauf que. Sauf que cet étiquetage banal se transforme souvent en code-barre. A ne voir que la boîte, on en oublie le contenu. On métonymise. En raccourci, c’est le fameux “t’es marocain ? j’adore le couscous” de Gad Elmaleh.

Alors qu’il existe des racines ancestrales, profondes dans l’histoire, la culture, la souffrance et inéluctablement à l’origine, la religion, la foi.

Pour l’autre, dire que “Tiens, Moyché tu es juif. Marrant.” ne l’engage à rien. Sauf à faire gaffe à ne pas se faire fourguer des stocks jeans pas chers (la vérité).

Mais dire “Tiens, Moyché, tu es juif parce que c’est une religion ancestrale qui est au coeur de ta vie et je respecte ce choix”, c’est très différent. C’est très différent parce qu’à notre époque, cela oblige l’un ET l’autre (on cause de personnages avec une tête bien faite) à admettre que leurs “vérités” ou leurs valeurs respectives ne sont pas supérieures les unes aux autres, ni meilleures. [Evidemment, ceci est un exemple flagrant d’idéalisme tordu. Couper la main d’un voleur est loin de mes valeurs, humanistes s’entend].

Je précise “à notre époque” parce qu’il y a moins de 800 ans en Espagne, dans une ère prospère et stable, aux disputations de Barcelone où les juifs et les chrétiens discutaient “pour la beauté de la chose” ont succédé les premiers pogroms anti-juifs. La beauté de la chose avait un prix, et dans le temps visiblement, les juifs ne rigolaient pas avec les prix, déjà. Ou alors je n’ai pas tout compris.

Ignorer (ou feindre d’ignorer) que les musulmans ont des valeurs, une sensibilité, une dignité, une âme, c’est les considérer comme des codes-barres. Dessiner un Mahomet avec une bombe sur la tête, c’est les considérer comme des codes-barres. Et assimiler l’Islam au terrorisme, c’est du terrorisme.

“Mais, ce n’était qu’une petite caricature de rien du tout !” diriez-vous avec une petite voix de chatte (en fait j’ai traduit en humain sinon ça ne vous parlerait pas). La caricature de Mahomet au paradis, ah oui, c’est un régal. C’est mon Moïse-Brice-de-Nice de tout à l’heure. Mais Mahomet enturbanné d’une bombe, il est difficile de faire passer cela pour de l’humour gras. Le bébé et le far breton idem.

Alors quoi, quand on traitait votre mère de pute au collège, vous ne vous leviez pas vous prendre un pain filer un pain à l’outrecuidant ? Evidemment que si. Parce qu’au fond de vous, vous aimez votre mère. Même pute.

Les musulmans aiment leur religion, leur foi, comme on aime sa mère. Même avec ses défauts (*). Railler leur mère, c’est railler le fond d’eux-mêmes.

Alors quoi me direz-vous et vous aurez raison, on n’aurait pas le droit de discuter de certains sujets, de se moquer ou de critiquer l’essence des religions ?

Ce sera dans la suite de cet article, dans un prochain épisode, pour laisser place à de la détente parce que la polémique, ça va deux minutes.



(*) : Puis, quand vous avez grandi, le proviseur vous a expliqué le stratagème :
- Est-ce que votre mère est une pute ?
- Oui manque de bol Ben.. non !
- Alors pourquoi tu te sens vexé ?
- Ben ce n’est pas gentil, m’sieur !
- Ce n’est pas gentil, mais ce n’est pas vrai. Tu n’as qu’à répondre une remarque intelligente plutôt que te battre. Et être plus sûr de toi.

Et ça fonctionnait. Sauf pour les islamistes qui visiblement n’ont pas été à l’école OU dont la mère est vraiment une pute. C’est peut-être la raison psychanalytique pour laquelle ils s’en vont chercher une consolation chez 70 vierges au paradis.

La paix des races
Le 07/02/2006 - 00:47

Tout (ou presque) a été dit concernant les caricatures, la liberté d’expression, la religion avec son emprise sur la société, les 25 ans d’expérience de Nutella qui feront toujours la différence etc.

Alors comme une image vaut 976,8 mots (la Bourse ce n’est plus ce que c’était), je vous propose ici 1960 mots (pour deux images achetées, 6,7 mots offerts).

Je ne connais pas l’origine de la première image, je l’ai récupérée sur ExtremeCentre, un site bien radical pour une telle dénomination. Je vous laisse choisir la conclusion que vous désirez. Moyennant le fait que ce ne sont pas TOUS les musulmans qui pensent ainsi, loués soient-ils, loué soit le Seigneur, loué soit le poulet.

La seconde est faite maison. Elle nous rappelle que Mahmoud Ahmaajkdjfkdhfjfdjfahade s’appelle en réalité Moïse Ben Khalifa Choukroun.

L’anecdote véridique qui illustre le texte de la photo :

A une jeune dameà l’air innocent qui posait une question plus ou moins tordue pour ne pas dire sotte, du genre : “Dans le judaïsme, a-t-on le droit de se lever du pied gauche un mardi matin avant le lever du soleil après le solstice d’été ?1“, le rabbin Elie Lemel (un petit rabbin beau gosse) avait levé les yeux au ciel en inspirant profondément (d’un air de dire “que t’ai-je fait Seigneur pour que tu m’infliges la 11ème plaie d’Egypte ?”) puis rétorqué en soupirant :

- Madame, connaissez-vous le 11ème commandement ?
- Euh.. non, balbutie-t-elle, visiblement gênée de son ignorance
- Je vais vous le dire. C’est : “Ne sois pas un imbécile !”

Demain, la vraie réflexion sur le sujet. Ca va chier des bouillottes.



1 : cette question est sotte puisque l’interdit de se lever du pied gauche un mardi matin avant le lever du soleil ne concerne que les unijambistes dont la prothèse droite est issue d’une matière organique non recyclable.

Inspiration - Expiation
Le 06/02/2006 - 00:58

C’est drôle quand on y pense, mais en y regardant de plus près, je me rends compte que je parle, je parle, je parle… Je n’arrête pas de parler sans vous laisser en placer une.

Ca va vous ?



J’ai honte. Mais j’ai peu de temps pour des articles à fort contenu. Alors entre temps je meuble…
Rappel : n’oubliez pas de m’envoyer vos chansons du bateau !