Le 11 février de cette année, je m’en souviens comme si c’était il y a plus d’un mois, j’avais décidé de monter une association : l’ACPMPR. Et vous êtiez prêts à me soutenir, financièrement et moralement.
Désormais, je vous propose une nouvelle association : l’ABIIPP. L’Association pour Baillonner les Incompétents en Informatique qui Parlent en Public.
L’autre jour, en faisant la queue pour emprunter de nouveaux livres à la bibliothèque municipale de ma ville (ouverte le dimanche : que le Seigneur, Chirac et la CIA protègent mon maire André Santini pendant 79 ans encore), alors que je vaquais à enfoncer un cure-dent dans l’épaule de ma femme pour vérifier si elle était toujours vivante, j’entends distraitement une conversation derrière moi.
Quand je dis “j’entends distraitement”, je minimise. Je litotise. Un grand dadais d’une trente-cinquaine d’années tenait par la main sa petite fille d’une cinquaine d’années, et braillait dans le mégaphone (à moins que ce ne soit sa bouche) à sa femme drôlement jolie - si elle consentait enfin à pratiquer l’islam intégriste et à se voiler le visage :
- … et alors, tu sais ce que j’ai fait chérie ? J’ai bien vu que j’avais un virus sur l’ordinateur. Hé ben hop ! j’ai débranché la prise réseau immédiatement pour éviter d’être entièrement contaminé.
A ce stade de la conversation, je m’agenouille et lève les bras au ciel : merci Seigneur de me donner de telles joies dans une journée dominicale qui s’annonçait mal (Champion, Darty, Ikea ou équivalent).
Et le type renchérit, sa femme d’acquiescer en silence :
- … et comme le disque dur était infecté j’ai dû d’abord vider la mémoire. J’ai lu sur Internet qu’il fallait éteindre l’ordinateur et enlever les barrettes du socle pour vider complèment la mémoire [véridique !] alors …
Pendant que j’urinais discrètement dans un gobelet en plastique à force de rire, l’hôtesse d’accueil me fait signe d’avancer. Je termine mes trois petites gouttes et je m’exécute. Le type derrière avait besoin de briller. Il conclut :
- … le truc le plus galère, c’était de booter sur une disquette saine, alors que je n’ai pas de lecteur de disquettes. Tu sais comment j’ai fait [dit-il sur un ton : attention, je vais sûrement la breveter cette idée !] ? J’ai été chez Abraham/Isaac/Jacob [il n’y en a que pour Pierre/Paul/Jacques sinon] et j’ai branché le disque dur en esclave. Et là, hop, avec son antivirus, il m’a tout assaini !
Quand les services secours sont arrivés, j’étais encore sur lui avec mon pic à glace proche de son oeil droit.
A-t-on le droit de laisser parler de telles personnes ? En public ? Devant sa femme et sa gamine ? Non ! Alors, comme moi, adhérez à l’ABIIPP !
Les lecteurs geeks auront compris que :
- retirer le câble ne sert à rien. Peut-être a-t-il bestialement transposé l’image du coïtus interruptus ? Bémol, cela sert lorsque le virus envoie par mail des fichiers infectés mais à son niveau de connerie, ce n’était pas l’essentiel de son discours.
- Ôter les barrettes : ahahah, je retourne aux toilettes deux secondes…
- Il y avait plus simple, pov tâche ! Et les CD de boot tu connais pas ?
Ah vous non plus ?












