Les femmes peuvent parler 21 minutes sans s'arrêter
De l’importance de la syntaxe
Le 07/03/2006 - 01:25

Dimanche matin, j’ai joué au tennis. Comme tous les dimanche matins.

La première heure contre mon copain Manu. J’étais exténué. Puis, le terrain étant disponible pour l’heure suivante, j’ai proposé à deux joueurs qui quittaient le cours d’à côté de faire un double.

T-shirt blanc est maussade, mine grise et renfrognée. Bougon même. T-shirt rouge, plus âgé que T-shirt blanc d’une décennie au moins, est souriant, alerte, ouvert.

T-shirt blanc consent à jouer en ronchonnant. Je propose que les équipes soient faites par affinité (Manu et moi contre eux-deux) mais que je redoute un peu leur niveau (T-shirt blanc servait vraiment fort). T-shirt blanc me rassure sans desserrer les dents : “Mais non, on joue comme ça. De toute façon ne vous inquiétez pas mon partenaire est nul.” T-shirt rouge acquiesce. Ou encaisse, je ne cherche pas à creuser.

Bonjour l’ambiance.

Ambiance conservée tout au long du match : ils mènent 3-0 en quelques minutes à peine. Et comme d’habitude, ils se déconcentrent et perdent du terrain. Nous remontons à 5-3. T-shirt rouge s’en prend plein la gueule par son partenaire (”mais bouge !”, “mais qu’est-ce que tu fous ?”), qui ne joue pas mieux mais qui a une plus grande gueule. Et ne décroche jamais un sourire. Alors que T-shirt rouge encaisse. Ou acquiesce.

Le match se termine par 8-6 pour Manu et votre serviteur. T-shirt rouge nous serre la main sportivement. T-shirt blanc nous assomme d’un “merci de nous avoir endormi”.

Vous connaissez ces types, toujours énervés, méchants, imbus, lourds, cons, chiants ? Qui attendent tout de tous mais ne donnent rien d’eux-mêmes ? Jamais avenants, jamais reconnaissants ? J’avais le même de l’autre côté du filet.

Par manque évident de confiance en lui, ou par pure peur du ridicule qu’il n’a pas su surmonter même à l’âge adulte, cet homme rabrouait sans cesse son partenaire. Et j’en suis persuadé son épouse, ses enfants, ses élèves, ses collègues…

Le genre de type qui, lorsqu’on le présente à un homme puissant, conclue sa phrase par une sentence laconique : “Elle ? C’est ma femme, mais elle ne comprend rien à la chimie des matériaux !”. Si le puissant est dans la chimie des matériaux. Le besoin viscéral de rabaisser. Tout le temps. Pour se sentir plus fort. Tout le temps.

Dans un autre genre, avez-vous remarqué comment certaines personnes ne comprennent jamais rien de ce que vous leur dites ? Exprès. Et pas seulement de ce que vous racontez, ce que tout le monde leur raconte leur paraît obscur. C’est clair ce que je dis là ?

Le genre de type qui fronce les sourcils et arbore une mine simiesque, comme pour dire : “mais je ne vois pas du tout ce que tu veux dire par là”. A chaque fois. Soit pour vous destabiliser et prendre un ascendant psychologique sur la discussion, soit par pure arrogance - le reflet inversé de ce manque de confiance en soi décrit chez T-shirt blanc.

Ces gars m’écoeurent. Les canaux de communication sont par principe fermés, la supplication ou l’auto-dépréciation sont de mise pour valoriser l’interlocuteur, parce que les efforts à fournir sont toujours du même côté, et sûrement pas le sien. Et j’en connais. Et j’en ai marre.

A l’école, on m’avait expliqué que la place de l’adjectif devant ou derrière le nom modifiaient le sens de la locution. L’exemple fourni était “un homme grand” et “un grand homme”.

J’ai compris cet exemple en jouant dimanche matin. J’ai compris la différence entre “un mauvais joueur” et “un joueur mauvais”.

12 commentaires

  1. 1
    Pascal nous dit :

    preums…aussi
    pour avoir frequente “ce milieu” je partage ta colere…entre les insultes et les types qui ne veulent pas serrer la main, been there, done that. J’espere que vous avez gagne 45 a 43 au Tie-break !

  2. 2
    Tant-Bourrin nous dit :

    Pascal, t’es vraiment qu’une grosse tâche en tennis : il t’a dit qu’ils avaient gagnĂ© 8-6, il n’y a donc pas eu de tie-break, tu comprends vraiment rien à rien ! T’es en-dessous de tout !
    Ouais, j’ai bien compris ce que tu veux dire dans ton billet. Ça serait d’ailleurs dur de ne pas comprendre, vu le niveau basique de ta prose digne du cafĂ© du commerce. Franchement, ton blog, il vaut pas un clou. Bref, disais-je, oui, je suis d’accord : c’est insupportable ces gens qui passent leur temps à dĂ©nigrer les autres ! ;)

  3. 3
    Salomé nous dit :

    Comme quoi, l’Ă©ducation nationale a encore du boulot. On devrait y faire plus de sport… :-)

  4. 4
    antenor nous dit :

    encore un qui agresse indirectement le MarĂ©chal PrĂ©sident à Vie… mais Il en a l’habitude. ton billet est puĂ©ril et manque complètement de structuration de l’unitĂ©. Enfin bon : c’est sans prĂ©tention et tu y arrives plutot bien !

  5. 5
    Twig nous dit :

    oh toi, tu as jouĂ© au tennis avec mon oncle Fernando. Est ce qu’il avait une petite moustache? Oui? C’est bien lui alors.. Comment ça non? Dans ce cas c’est mon oncle JosĂ©. Le monde est petit quand mĂŞme.

  6. 6
    Saoulfifre nous dit :

    La logique ce cette attitude de “supĂ©rieur à tout prix”, c’est le gars qui a empoisonnĂ© au TĂ©mesta les adversaires de ses enfants… Avec un mort à la clĂ©. Les winners lourds sont.

  7. 7
    Bakemono nous dit :

    Bizarre, on n’utilise pas le mĂŞme vocabulaire. J’aurais dit sale con moi pour T-Shirt blanc. Et je me demande si je n’aurais pas essayĂ© de l’empaler sur sa raquette. Oh, juste pour dĂ©conner hein, on a bien le droit de s’amuser un peu.

  8. 8
    ab6 nous dit :

    le tennis rĂ©vèle la nature intresinquement irascible de l’homme petit.

    (p’tin t’as vu je fais des comms obscurs..)

  9. 9
    Pascal nous dit :

    TB: je te remercie de tes compliments qui me vont droit au coeur. Je suis trĂ©s sensible à ce genre de remarque, et je sais que dans le futur je pourrai compter sur ton support, ta patience, et ta comprĂ©hension. Je dois avouer que depuis ma naissance, je n’ai pas eu beaucoup de chance et franchement lorsque je vois combien des gens comme toi sont si tolĂ©rants et plein d’amour à 5h39 du matin, je me dis que les journĂ©es doivent ĂŞtre plaisantes en ta compagnie. Que ta journĂ©e soit aussi douce et relax que possible.
    Un ami qui ne te veut que du bien.

  10. 10
    Byalpel nous dit :

    Pascal >> Ouaip, et c’est pas tant le monde du tennis que je dĂ©cris, c’est mon boulot, les gens, la vie…

    TB >> Fais gaffe, je vais me la jouer Yaelz et irenisme :-)

    SalomĂ© >> C’est clair : si je dĂ©missionne (et que je perds 40 kg), je fais prof de respect/sport…

    Antenor >> C’est si bon de se faire ridiculiser par un MarĂ©chal !

    Twig >> JosĂ© ? Fernando ? Ben la voilà la filière portugaise !!! La prochaine fois que je joue avec eux, je leur demande qu’ils m’en filent un peu.

    Saoulfifre >> Bien dit. Et plus ce besoin de winner est intellectuel, plus il est raffinĂ© dans la mĂ©chancetĂ©…

    Bakemono >> J’y ai pensĂ© à l’empalement pour le plaisir avec la raquette. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© la boĂ®te de balles.

    Abs >> Et la singularité de la petitesse humaine est inhérente au combat des humains quel que soit le terrain (moi aussi)

    Pascal bis >> T’as qu’à forwarder le colis d’Al-QaĂŻda que je te destinais, c’est note pote commun !

  11. 11
    Yaelz nous dit :

    Ce qui est surprenant, avec ce genre de personnes, c’est qu’ils sont toujours accompagnes de gens aimables et ultra-tolerants a l’egard de leurs caprices et coup-de-sang.
    Pauvre T-sirt rouge, va!

    p.s. si tu crois que le coup de l’irenisme m’a echappe, tu te fous le doigt dans l’oeil, mon gars.

  12. 12
    Byalpel nous dit :

    Yaelz >> C’est un paradigme classique : la belle et la moche, la gentille et la mĂ©chante, etc… Ils s’attirent, à mon avis, par besoin mutuel de combler des vides ou des manques antagonistes.

    ps : j’espère bien qu’il ne t’a pas Ă©chappĂ©, c’Ă©tait un hommage magistral

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