En préambule, je tiens à préciser que ce billet sera culturellement orienté, autrement dit il ne “parlera” pas à tout le monde. Ce n’est pas tant lié à l’ouverture d’esprit qui te caractérise, ami(e) lecteur(e), mais plutôt à des attachements traditionnels qu’il est difficile de retranscrire par écrit (du moins pour moi).
Hier soir, se tenait la soirée annuelle d’une association d’entraide aux enfants (et par extension aux adultes) israéliens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Le quotidien de Méir Panim (le nom de l’association, qui signifie “éclairer le visage”) est de préparer des milliers de repas par jour pour ces personnes en difficulté.
Chaque année, une soirée est organisée pour récolter des fonds pour faire fonctionner l’association, composée entièrement de bénévoles en Israël mais également dans toutes les “filiales” de la diaspora, et notamment la France, dont la présidente est la mère de mon copain Tony (que vous avez déjà pu écouter/voir ici).
L’année dernière par exemple, c’était le spectacle de Dany Boon. Cette année, le thème était moins grand public : deux chanteurs israéliens revisitaient les chants du rabbin Shlomo Carlebach, accompagnés par l’orchestre philharmonique de la République Tchèque (35 musiciens en live) et dirigés par le chef d’orchestre mondialement connu (sauf de moi) M. Yaffé. Les noms des chanteurs ne parleront qu’à quelques-uns d’entre vous/nous : Avi Tolédano (mon père écoutait ses disques quand j’avais 6 ans, assis en tailleur sur la moquette du salon) et Avraham Fried.
Avraham Fried, c’est un type avec une voix et un entrain formidables qui est le plus connu des chanteurs hassidiques. C’est-à-dire qu’il a une longue barbe de patriarche, une kippa sur la tête et qu’il prononce Oye Oye Oye toutes les quatres phrases de ses chansons. Et d’une humilité époustouflante. A ma connaissance, il y a peu de mariages juifs [typiques] dans lesquels on ne danse pas sur une de ses chansons. J’avoue chanter à tue-tête ses “tubes” dans ma voiture (en alternant avec George Michael, un barbu d’un autre style).
Enfin, Shlomo Carlebach, c’est “le rabbin à la guitare” ou “le rabbin chantant” comme ils l’appelaient à l’époque. C’est le premier rabbin qui a démocratisé, il y a une trentaine d’années, la musique liturgique juive. Très connu dans le monde ashkénaze (et par voie de conséquence aux Etats-Unis), il est rarement évoqué dans les communautés sépharades (pourtant mon père était carrément fan. Il était enchanté de venir hier soir). Pour ma part, j’ai découvert et j’aime. C’est pas du Jonasz dans le genre complainte mais j’aime.
La soirée se tenait à l’Unesco. Alors que j’accablais cette organisation récemment, j’ai repris confiance en l’humanité en apprenant que la superbe salle de conférences avait été prêtée gracieusement.
Tant mieux : Unesco 1 - Byalpel 1
A l’entracte toutefois, j’ai avisé monsieur l’ambassadeur israélien auprès de l’Unesco au sujet du fameux poster ahébraïque. Bien qu’il ne fut pas au courant, il ne semblait pas étonné. Et, désabusé, de répondre : “vous savez, ça ne m’étonne pas, l’Unesco est une organisation pas très claire”.
Bien fait : Unesco 1 - Byalpel 2
J’ai rarement les cheveux qui se hérissent et les larmes qui montent, mais admirer de mes yeux et de mes oreilles un orchestre classique fait partie de ces rares moments de bonheur pur. En coulisse, j’ai même sympathisé avec un violoniste qui a demandé à recevoir les photos par mail. Enfin je crois, il parlait dans une langue balkane barbare et m’a montré l’appareil photo puis le mail sur sa carte. Version 21ème siècle de Tarzan…
Les photos de la soirée sont dans un album à part : vous pouvez les consulter ici.
Si vous voulez vraiment écouter ce que peut donner un concert hassidique, n’écoutez pas ce qui suit (c’est mal enregistré et ce n’est pas le morceau le plus parlant). Je le diffuse ici pour la postérité only (au cas où vous écoutez quand même, c’est lent à démarrer mais ça accélère au premier tiers).
Enfin, comme tout événément dont Israel est un thème en arrière-plan, la soirée s’achève sur l’hymne national israélien, la tikva (l’espoir). Interprétée par la plus belle voix française et je le pense sincèrement, c’est pas parce que … que … : Daniel Levi.
La vidéo est là (on ne le voit presque pas, je n’avais pas payé assez cher pour être juste devant). Nos amis lecteurs les plus simplistes penseront “communautarisme”, les plus sémites objecteront “ça fait du bien dis donc”.
Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye.











Très très émouvant…
Ça n’intéresse personne, mais nous avons perdu tous nos CDs, vinyles, cassettes dans un incendie. Le vinyle que je regrette le plus est un disque de musique yiddish absolument extraordinaire. Cette musique me parle, elle a un côté universel qui vient de très loin, très profond…
C’est marrant, je suis justement en train de convertir un CD de musique yiddish pour mettre dans ma radio blog.
J’aime aussi beaucoup ce type de musique.
Je comprends ton émotion, c’est vrai, c’est très beau !
C’est superbe les chants Yiddish, surtout très émouvant. C’est moi ou la chanson que tu passes merdouille à la fin ?
Je partage l’avis général : tous ces oye oye oye oye, ça m’émeut, même si je ne suis qu’un pauvre goy oye oye oye oye oye oye oye oye oye oye oye oye oye oye !
CA FAIT DU BIEN DIS DONC !!!!
Au fait c’est bien que tu rappelles qu’il y a , O surprise (!) des israeliens pauvres ..y en a , ils croient qu’ils sont tous docteurs.
ByBy, je t’aime ! (calmos, ceci n’est pas une decla ration d’amour, c’est un cri communautaire !)
PS: daniel lévi il chevrote un peu ? non ?
“Un jour passé sans donner est un jour perdu ” (tradition hindoue).
Saoulfifre >> Non ca m’intéresse moi. Si tu as les références, je peux peut-être te retrouver ça…
Bakemono >> Et une raison de plus pour que je vienne chez toi régulièrement
Twig >> Voilà.
Seb >> Oh l’ot, il est dans son élément
TB >> Oye oye oye oye tu es pauvre oye oye oye oye tu es pauvre oye oye oye moi aussi je suis pauvre oye oye oye s’il vous plait madame, pas travail pas famille oye oye
Abs >> AH VOILA UN VRAI COMM DE ABS !!! Daniel Levi il chevrote de la bombe baby. PS : moi aussi je t’aime communautariste !!
Yves >> Excellent proverbe. De là, la chanson de my love Jonasz : “une seule journée passée sans elle est un instant perdu”. Oye Oye Oye bien sûr.
Un violon sur le toit du blog….merci pour ce concert très privé et très prisé..
Dans la région aussi , venant d’Aurillac, tourne un groupe de musique Yiddisch :” Glick”, très talentueux , que j’ai déjà eu le plaisir d’entendre..toute la musique que j’aime .. Oye oye oye..
Mamascha >> Bienvenue ! Si les grands de ce monde (la blogosphère du moins) lisent -et commentent- mes articles, je vais vraiment rougir (et accumuler la pression).
Je trouve que la musique yiddishe porte en elle une douleur sourde, mais vivante paradoxalement. Capable de nous arracher des larmes ou de nous extraire de notre torpeur quotidienne par une agilité musicale fascinante.
Mais c’est bien résumé : oye oye oye.
PS : mes amitiés à votre gendre
il est vrai que cette soiree fut trop sympathique mais il me semble que les musiciens etaient au nombre de 70 et non 35…
vous deviez etre placé a une extremitée ( ou l autre d ailleurs) de la salle pour n y voir que la moitiee…
T’as payé ta place toi ? Moi je l’ai payée “cent vingt centimes…” !!
Chalom
Je me demandais où étaient passés mes frères et soeurs Ashkénazes
dois je y rajouter le prix de l amie Cotine?
c est un peu vague ou… niais?
bon faut que j y ailles
missile qu on fuse…
ps: putain g les fesses qui me grattent, j ai due m assoir sur un milier de fourmis vertes!