A ce jour, il me reste 93 644 euros sur mon compte en banque.
Ah ça non !
Le 11/03/2006 - 01:01

Je roule près de chez moi. D’un oeil alerte, je saisis au vol les informations visuelles de mon entourage. C’est-à-dire à 90% de la publicité.

Cette fois, je tombe sur un tract accroché fébrilement à un feu rouge.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! En voilà une association qui va me plaire (je sais Tristan, tu vas gueuler). Hors de question de leur filer du fric, mais au moins voir ce qu’ils proposent. Pas con le mec.

Je me gare sur le côté, plisse les yeux et fronce les sourcils pour essayer d’appréhender le texte depuis l’intérieur de ma voiture.

Horreur ! Malheur ! Ouiiiiiii, c’était Belzébuth ! Ceci était un tract du Front National !

Mais c’est pas vrai, ils sont partout ces gens-là ! Et ils vont râcler les électeurs où ils peuvent. Jusque dans les couloirs de bus.

“Les racistes sont des gens qui se trompent de colère” disait Brassens.

Moi je suis en colère contre Delanoë, mais je ne veux pas être raciste. Surtout qu’il n’est ni Noir, ni Arabe, ni que dalle. Homosexuel certes, mais rien n’a prouvé jusqu’à présent que c’était la raison pour laquelle il avait saboté Paris.

Alors, puisque c’est comme ça, et pour faire chier le FN, je vais rouler dans Paris de 8h30 à 9h30 et de 18h à 19h rue de Rivoli avec ma voiture, pendant une semaine, en martyre pour la cause anti-fasciste.

Et vous, par solidarité, vous vous engagerez à militer de manière visible comme moi contre “la bête” de Pierre Perret. Vous vous peindrez tous en noir.

Bravo à vous. Bravo pour votre combat pour la France libre. Bravo pour votre dévouement pour votre patrie. Bravo pour votre guerre contre la connerie nationaliste. Bravo pour votre union contre les dates de péremption (je ne sais pas qui est l’enfant d’imbécile qui a inventé les dates de péremption sur les aliments mais faut vraiment être tordu) : celle de Jean-Marie -et de sa connerie- est déjà dépassée.

Idée folle n°13
Le 10/03/2006 - 02:48

Rappel : toutes ces idées sont copyright (you have the right to copy).

Idée n°13 : Le Prédécoupoeu.

Faire un bon gâteau ? Il vous faut des oeufs.
Goûter une bonne omelette ? Il vous faut des oeufs.
Tremper ses mouillettes ? Il vous faut des oeufs.
Ecrire les mots “cheveu”, “dégénère”, “mêlée”. Il vous faut des E.

Tout simplement, les oeufs occupent une place importante dans notre vie quotidienne.

Mais comment ouvrons-nous les oeufs, primitifs que nous sommes ? La majorité des fois, c’est un grand coup à 45° sur l’angle d’un verre ou d’un saladier. Et pour les mouillettes, il suffit de tapoter en variant subtilement la puissance avec sa cuillère sur le haut de l’ovale. Dire qu’ils effectuaient le même geste il y a des millions d’années !

De toutes façons, la plupart du temps, cela se termine par des éclats un peu partout dans la cuisine : éclats sur le plan de travail mais surtout éclats de voix de la part de votre femme.

Avec le Prédécoupeu, ouvrir un oeuf est un jeu d’enfant : grâce à sa languette intégrée, il suffit de tirer sur le “fil rouge” (comme pour la vache qui rit) pour ouvrir proprement et sobrement le corps ovoïde par le haut. Utile pour les mouillettes également.

V2 : le Prédécoupeu permet de séparer les jaunes des blancs au sein de la coquille-même. Permet également ainsi de conserver le jaune ou le blanc pour une utilisation ultérieure.

Merci qui ?

Je l’ai coiffé, Opodo !
Le 09/03/2006 - 01:00

Ca faisait longtemps que je n’avais pas posté de billet de geek…

La semaine dernière, je préparais mon voyage pour rejoindre la Terre Sainte (non, ce n’est pas Las Vegas) à la mi-avril. Mi-avril puisque ce sont les fêtes de la pâque juive comme on dit chez les Gentils, les fêtes de Pessah comme on dit chez les méchants Juifs et les fêtes de Pichah comme on dit dans la langue déformée chez les constantinois.

En causant de constantinois tiens, lors de mon pélérinage dans un hôtel de luxe près de la mer à Tel-Aviv, je compte bien rencontrer celle que l’on surnomme dans le monde entier : La Croqueuse (the cornichon’s crokeuz comme disent les anglophones). Pour lui offrir un voire deux verres d’eau, comme je l’ai promis maintes fois sur son blog.

Il faut que je vous explique quelque chose maintenant. Pour obtenir un billet d’avion pour Israel aux périodes “de pointe” (juillet-août, toutes les fêtes juives, les fêtes de fin d’année) à des tarifs accessibles aux non-imposables à l’ISF, il faut (les choix sont cumulables) :

  • Prendre ses billets neuf ans à l’avance (c’est une moyenne statistique)
  • Prier tous les matins au Mur des Lamentations. Si non disponible, se lamenter tous les matins au Mur des Prières (la porte de la salle de bains : “je t’en supplie, dépêche-toi je vais être en retard !”)
  • Diffuser des informations fausses à vos coreligionnaires pour les inciter à rester (”il paraît qu’ils mettent des bombes de test dans les avions, tu savais ?”, “t’es pas au courant, il faut se mettre tout nu dans les avions maintenant…”, “ouais, ils t’obligent à manger de la carpe farcie dans l’avion !”
  • Contacter chaque matin les rabbinats mondiaux pour les forcer à décaler les dates des fêtes selon les zones, comme les vacances scolaires

Fort de ce constat, j’ai tenté de réserver deux billets pour LES dates déjà surbookées par excellence sur opodo, le site pour trouver des billets d’avion. Après mille et une tentatives, je trouve des prix raisonnables (tant pis, je ne mangerai pas la semaine prochaine) et des dates qui vont bien.

Je fais le total des deux billets : 1 000 € (ce n’est pas le vrai chiffre, c’est pour fixer les idées).

Là, lueur d’intelligence et d’espièglerie : il me semble qu’il existe des bons de réduction opodo quelque part sur le net… Clic-clac : je trouve 15€ de réduction avec le code “ESCALE”, sur ce site (on va lui faire de la pub, il m’a fait gagner de l’argent).

Et voilà, mon voyage à 975 € ! J’allais faire clic pour payer quand je me suis pris une belle claque : et si je prenais deux billets séparément, pour rejouer deux fois mon code de réduction ?

Cli, clic, clic, clic : mon billet est pris à 500 - 15 = 475 €.

Suivant : clic, clic, clic ? Hmm ?? Ce turlupin d’opodo me répond : “vous avez déjà utilisé ce code !“.

Ta mère ouais. Je recommence : clic, clic, clic. “Vous avez déjà utilisé ce code et vous commencez à me gonfler“.

Et c’est là qu’intervient le geek. Puisque “ESCALE” était un code générique, il devait être réutilisable par d’autres internautes. Je vous la fais courte mais la seule façon dont opodo pouvait savoir que je réutilisais ce code était un cookie sur mon navigateur.

Or, je possède sur mon portable de bureau DEUX navigateurs : Firefox (par défaut) et Internet Explorer. Sachant que les deux navigateurs n’exploitent pas les cookies de la même façon, je pourrais berner opodo en utilisant Explorer pour commander.

Clic, clic, clic, clic : “merci d’avoir utilisé ce code - et je suis une merde, je n’ai rien vu passer“.

Moralité : 30 € de réduction, grâce à une astuce de geek. Maintenant, vous saurez.

Trucs marrants que j’ai découvert :

- le logo opodo se lit de la même façon à l’endroit et renversé (pour symboliser les voyages aller-retour peut-être ?)


- le slogan sur les pochettes des billets est, contrairement Ã� l’affichage ci-dessus, “c’est vous qui voyagez” : ben oui connard, c’est moi qui voyage ! Déjà c’est moi qui paie ! [A moins que ce ne soit une allusion au sketch “c’est vous qui voyez” ??? Naaaaaaan !]

Enfin, et vous l’aurez remarqué, il y a des erreurs de calcul dans ce billet.

Il est beau le lavabo
Le 08/03/2006 - 01:12

… chantait ce cinglé de Lagaffe.

N’empêche, je me pose des questions sur les lavabos ou, plus précisément, sur les robinets.

Hormis les concepteurs de robinet, chacun de nous utilise le robinet de manière systématique. Le matin au réveil pour se laver les dents ou prendre une douche, le soir pour nettoyer les endives (si, si il faut nettoyer les endives bande de dégueulasses) ou se laver les dents (si, si il faut se laver les dents le soir bande de dégueulasses).

Ce qui m’a violemment frappé la semaine dernière, hormis cette maudite étagère placée trop basse mais c’est de la faute de ma femme elle m’a dit ok ok c’est parfait ici, alors moi forcément je lui fais confiance et je perce le mur avec ma chignole et après c’était trop tard pour changer l’étagère de place sauf que voilà maintenant quand je me relève brusquement je m’entrouvre le crâne d’où jaillit mon sang bouillonnant tel un geyser.

Qu’est-ce que je disais déjà ?

Ce qui m’a violemment frappé la semaine dernière, c’est le fait de réaliser que nous avions une chance inouïe, ma femme et moi, de posséder des robinets avec un mitigeur pour tous les lavabos.

Les animaux et les décérébrés qui lisent ce blog ne savent peut-être pas ce qu’est un mitigeur. En voici une belle photo :

En effet, les humains ont attendu des millions d’années pour comprendre l’intérêt primordial d’un tel mécanisme : découpler la puissance du jet (axe vertical) de la chaleur du jet (axe horizontal).

En effet : à tribord toute, c’est froid. A babord toute, c’est chaud putain t’es malade ou quoi ? Si je lève à fond la manette, j’ai plus d’eau. Si je ne lève pas à fond, j’ai moins d’eau (je défie toute intelligence terrestre de faire des phrases plus cons que celles-ci).

Et ce découplage a permis quoi mesdames et messieurs les scientifiques ? De mémoriser une position axialo-thermique idéale pour la douche du matin : -128° dans le sens trigonométrique ! C’est pas trop du kif de la vibe ça ?

Et je me faisais cette réflexion lors d’une de mes croisades professionnelles : dans les toilettes du Ministère de [pas le droit de dire]. Historiquement, j’avais décidé ce jour-là de me laver les mains en sortant. Un coup de folie. Ma femme et moi sommes allés au restaurant le soir-même, pour vous dire.

Et comble de l’horreur, que vois-je comme robinet ? Le gros bouton rond monotherme (la température de l’eau est imposée). Pour les animaux et les imbéciles heureux, il s’agit d’un bouton poussoir, voir figure 2 :

Je hurle de rage, trépigne, me cogne la tête contre l’étagère trop basse mais rien n’y fait : je me glace les doigts pour être un brin hygiénique. “Merde, j’ai oublié le savon !” Bon ben ça attendra ce soir…

Et ce robinet a été ma madeleine de Proust : je me suis rappelé, chez mes parents, les deux robinets de chaque côté, un pour le chaud et un pour le froid. J’espère pour toi, ami lecteur, que tu n’as pas ce vieux débris archaïque dans une de tes salles d’eau. C’est vraiment trop trop la honte (lahchouma comme on dit en arabe).

Pour moi, non seulement la honte mais je ne sais pas encore pas comment j’ai pu me laver le visage toute ma jeunesse avec une main droite transie et une main gauche brûlée au troisième degré.

Pour ces emmerdeurs d’animaux et de rappeurs stériles, je cause de ça voir figure 3.

Puis je me suis évanoui sur le sol, brutalement. Un centième de seconde plus tôt, j’ai imaginé ceux qui possédaient ce type de robinet :

La semaine prochaine, je vous parlerai des lacets de chaussure en nylon.

De l’importance de la syntaxe
Le 07/03/2006 - 01:25

Dimanche matin, j’ai joué au tennis. Comme tous les dimanche matins.

La première heure contre mon copain Manu. J’étais exténué. Puis, le terrain étant disponible pour l’heure suivante, j’ai proposé à deux joueurs qui quittaient le cours d’à côté de faire un double.

T-shirt blanc est maussade, mine grise et renfrognée. Bougon même. T-shirt rouge, plus âgé que T-shirt blanc d’une décennie au moins, est souriant, alerte, ouvert.

T-shirt blanc consent à jouer en ronchonnant. Je propose que les équipes soient faites par affinité (Manu et moi contre eux-deux) mais que je redoute un peu leur niveau (T-shirt blanc servait vraiment fort). T-shirt blanc me rassure sans desserrer les dents : “Mais non, on joue comme ça. De toute façon ne vous inquiétez pas mon partenaire est nul.” T-shirt rouge acquiesce. Ou encaisse, je ne cherche pas à creuser.

Bonjour l’ambiance.

Ambiance conservée tout au long du match : ils mènent 3-0 en quelques minutes à peine. Et comme d’habitude, ils se déconcentrent et perdent du terrain. Nous remontons à 5-3. T-shirt rouge s’en prend plein la gueule par son partenaire (”mais bouge !”, “mais qu’est-ce que tu fous ?”), qui ne joue pas mieux mais qui a une plus grande gueule. Et ne décroche jamais un sourire. Alors que T-shirt rouge encaisse. Ou acquiesce.

Le match se termine par 8-6 pour Manu et votre serviteur. T-shirt rouge nous serre la main sportivement. T-shirt blanc nous assomme d’un “merci de nous avoir endormi”.

Vous connaissez ces types, toujours énervés, méchants, imbus, lourds, cons, chiants ? Qui attendent tout de tous mais ne donnent rien d’eux-mêmes ? Jamais avenants, jamais reconnaissants ? J’avais le même de l’autre côté du filet.

Par manque évident de confiance en lui, ou par pure peur du ridicule qu’il n’a pas su surmonter même à l’âge adulte, cet homme rabrouait sans cesse son partenaire. Et j’en suis persuadé son épouse, ses enfants, ses élèves, ses collègues…

Le genre de type qui, lorsqu’on le présente à un homme puissant, conclue sa phrase par une sentence laconique : “Elle ? C’est ma femme, mais elle ne comprend rien à la chimie des matériaux !”. Si le puissant est dans la chimie des matériaux. Le besoin viscéral de rabaisser. Tout le temps. Pour se sentir plus fort. Tout le temps.

Dans un autre genre, avez-vous remarqué comment certaines personnes ne comprennent jamais rien de ce que vous leur dites ? Exprès. Et pas seulement de ce que vous racontez, ce que tout le monde leur raconte leur paraît obscur. C’est clair ce que je dis là ?

Le genre de type qui fronce les sourcils et arbore une mine simiesque, comme pour dire : “mais je ne vois pas du tout ce que tu veux dire par là”. A chaque fois. Soit pour vous destabiliser et prendre un ascendant psychologique sur la discussion, soit par pure arrogance - le reflet inversé de ce manque de confiance en soi décrit chez T-shirt blanc.

Ces gars m’écoeurent. Les canaux de communication sont par principe fermés, la supplication ou l’auto-dépréciation sont de mise pour valoriser l’interlocuteur, parce que les efforts à fournir sont toujours du même côté, et sûrement pas le sien. Et j’en connais. Et j’en ai marre.

A l’école, on m’avait expliqué que la place de l’adjectif devant ou derrière le nom modifiaient le sens de la locution. L’exemple fourni était “un homme grand” et “un grand homme”.

J’ai compris cet exemple en jouant dimanche matin. J’ai compris la différence entre “un mauvais joueur” et “un joueur mauvais”.

Les diamants sont éternels - au secours !
Le 06/03/2006 - 01:26

Note : sur ce billet, je vais faire mon Matthieu mais en beaucoup moins bien. Voilà, vous êtes prévenus. Ce billet devait être publié vendredi soir dernier, mais… manque de temps.

Aujourd’hui, je passe sur Yahoo France pour consulter les actualités :

- Les médecins vont gagner plus de fric (tant mieux, mes parents et beaux-parents sont médecins)
- Les poupées Barbie se vendent moins que Bratz (merde, mes actions vont baisser - mais c’est grâce à Yaelz ?)
- Fofana va enfin être extradé (j’attends qu’il soit en taule et je desserre les nerfs)
- …

Puis d’un coup d’oeil magistral (je vous défie : saurez-vous reproduire un coup d’oeil aussi magistralement que moi ?), j’imprime ma rétine des informations disparates de la page :

- Mémoires d’un Geisha, elle raconte tout (même pour les affaires louches du RPR)
- Castings : des centaines d’offre en ligne (faut que je pense à laisser mon CV pour les rôles de Bud Spencer)
- Britney (j’adore mater les blondasses !)
- Diams : la boulette son nouveau clip

Bordel ! Elle a récidivé [c’est la folle qui chantait : “j’suis pas une blonde platine, ni une bombe latine DJ”]. Et sur un sujet qui me touche particulièrement : les boulettes du couscous. Surtout qu’on est vendredi.

La preuve en image. Le trait en rouge illustre mon coup d’oeil magistral.

Vas-y que je clique, ma curiosité naturelle l’emportant sur mon travail qui s’empile. Et que vois-je ô Seigneur de l’Univers qui a créé les mouches, les enc**leurs d’icelles (merci mon D.ieu de m’avoir permis de placer ce mot une fois dans ma vie) et les critiques musicaux ? Ce texte :

Ce texte en image tiens (le paradoxe c’est toute ma vie) :

“Je kiffe la vibe”. Donc.

Moi-même issu d’un peuple qui a beaucoup souffert de la banlieue et du flex, j’ai pris sur moi d’offrir une chance et de juger positivement l’éditorialiste qui avait osé “kiffer la vibe” en plein sur Yahoo France. Je clique en profondeur sur l’article [si tu me crois pas, c’est ].

Je vous la fais courte, je vous cite les meilleurs passages :

  • La princesse est décalée, très tôt, elle a compris tout un tas de trucs. : Youpi, une nouvelle Einstein !
  • … tous les ingrédients qu’ils ont adorés dans la recette Diam’s sont à nouveau réunis mais à la puissance 10 : des ingrédients à la puissance 10 ça veut dire que tu peux faire un couscous-méchoui géant sur le terrain de foot
  • Ce qui arrive dans vos oreilles, c’est de la Boulette. : Le problème c’est que ça dégénère toujours en combats de boulettes (du couscous)…
  • choc avec NTM : “j’appuie sur la gâchette” mon classique incontesté…. c’est l’année où je rentre en internat, je suis en 4ème. : Au début je croyais qu’elle était interne en médecine. Quelle désillusion. Sinon le classique de NTM, je trouve ça bien comme titre. Peut-être un peu trop obséquieux…
  • je tente d’appeler la radio Générations pour lâcher un freestyle en direct à l’émission de Kemar. Il kif et me propose de venir le lundi suivant en direct à l’antenne… : Kemar, c’est le surnom d’Eve Ruggieri sur France Culture.
  • Et j’en passe…

Je me demandais le jour où je deviendrais vieux con. Peut-être cela a-t-il commencé. N’empêche, je ne veux pas me la jouer DJ Finkielkraut, mais ce “parler banlieue” est bigrement repoussant. Certes, j’utilise (comme vous tous j’en suis sûr) l’expression séculaire “je kiffe ma mère” qui contrairement à sa signification littérale (j’apprécie vraiment ma génitrice) indique un enthousiasme certain pour la situation que je vis en ce moment-même. Mère ou pas.

Mais parfois, je flippe ma race.



Si vous voulez vous poiler sur “la vibe”, “le flex” et le “dance floor”, je ne le répéterai jamais assez : ami lecteur, emprunte, achète, vole, pirate, télécharge, fais-toi offrir le dernier DVD de Gad Elmaleh !

Réveil en douceur
Le 05/03/2006 - 05:26

Il est à peine sept heures. Le dimanche matin, le soleil darde ses rayons jaunâtres à travers les volets fermés, seuls les oiseaux pépient au dehors. Les bétonnières et les marteaux-piqueurs se sont tus, faute de travailleurs dominicaux.

Je garde les yeux fermés pour goûter le silence avec mes sens. Je sens la douceur des draps sur ma peau. J’entends la respiration cadencée de ma femme près de moi. J’hume son parfum sucré, encore meilleur mélangé avec la sudation nocturne.

Un faisceau lumineux illumine mon visage mais je persiste à conserver mes yeux clos, pour savourer ces instants de douceur, près de ceux que j’aime.

Puis elle s’approche. Se blottit contre mon épaule. Ronronne. Enfonce sa tête contre mon cou.

Je frémis.

Elle love son visage contre ma joue, puis passe sa bouche sur mon front, mes yeux, mes oreilles.

Mes sens s’aiguisent, pour ainsi dire.

Elle sort sa langue râpeuse, mordille mon lobe droit pour attirer mon attention et…

“Putain, elle est con cette chatte elle m’a encore mordu l’oreille !”

(ce merveilleux instant de fraîcheur a été griffonné mardi matin lors du débat SOA chez Tibco)

Fierté bien placée
Le 03/03/2006 - 01:32

Karim est algérien. De Constantine, plus précisément. Il est fier de ses origines, et légèrement susceptible comme tous les immigrés, mais surtout comme tous les constantinois.

Aujourd’hui, au match de foot de sa classe, Karim a marqué deux buts. Son équipe était fière de lui et l’a porté en triomphe dans les vestiaires. Une fois les congratulations effectuées à toute l’équipe, l’entraîneur est sorti en criant : “allez, direction les douches et en classe !”.

Après s’être lavé avec tous ses copains, Karim enfile rapidement son caleçon. Un caleçon large, bouffant, rouge avec des photos du désert imprimées tout autour.

Evidemment, tous ses camarades s’esclaffent en pointant du doigt le bas-ventre du buteur. Sans hausser le ton, ce dernier se contente de répondre :

“Vous savez, ce caleçon a une histoire.”

Les rires s’éteignent, les regards sont curieux, tout le monde s’approche. Devant son auditoire de fortune, Karim reprend, la tête haute.

- Oui, ce caleçon a une histoire. Il y a deux ans, je me suis battu dans ma cité contre un type qui avait insulté mon pays. Un raciste primaire, un imbécile.
- Ah bon ? Il t’a dit quoi ?
- Que nous, les immigrés, on piquait le travail des français. Qu’en Algérie, on était tous des feignasses, qu’on s’habillait à l’ancienne avec des djellabahs, et j’en passe…
- Quel cinglé ! Et tu lui mis une raclée ?
- Au début oui. Et puis je me suis dit : pas la peine de s’énerver pour ça. J’ai dégrafé ma ceinture, descendu mon jean jusqu’au genoux, et exhibé ce caleçon que vous voyez.
- Et alors ?
- Et alors, je lui ai dit : on ne sait pas s’habiller en Algérie ? Fais voir ton caleçon à toi, minable ! C’est facile de moquer des apparences n’est-ce pas ? Mais fais voir ce que tu caches, voilà un défi que tu n’oserais pas relever hein ? Allez, fais voir ton caleçon !
- Et alors ?
- Eh ben, croyez-moi ou pas, il s’est dégonflé et a déguerpi en courant. Depuis, quand on me cherche en se moquant de l’Algérie, je montre mon superbe caleçon en signe de défi !

Un “waow” de fierté a empli la salle, et tous ont montré leur caleçon chacun leur tour, sous le rire ensoleillé de Karim le brave.

Moralité : Le caleçon joli, défi de mon pays.

Laï Laï Laï Laï Laï Laï, Laï Laï Laï Laï !



Note : Enrico Macias, l’auteur de la chanson que vous aurez reconnue, est constantinois. Si le héros s’appelle Karim, c’est que j’aime ce prénom. Si vous êtes constantinois et que vous vous appelez Karim et que vous voulez porter plainte, je vous montre mon caleçon.

Je suis orgueilleux, j’ai des préjugés
Le 02/03/2006 - 00:28

Il y a un mois environ, ma femme et moi-même avons visionné “Orgueil et préjugés” dans notre cinéma de quartier. Si je n’avais pas lu le bouquin de Jane Austen (la femme de Steeve, qui vaut trois milliards), je doute que je me serais fendu de Keira Knightley pendant deux heures.

Pourtant elle est jolie Keira.
Et le film est tout de même prenant, la drague séduction est parfaitement rendue entre les acteurs principaux.

En sortant de la salle, j’avais un arrière-goût étrange. Difficile de mettre le doigt dessus précisément, je sentais qu’une ombre planait mais impossible de la localiser. De fait, je me suis immédiatement confié à celle qui me connaît le mieux : ma mère mon blog ma femme :

- C’est bizarre, il m’a perturbé ce film. Pas toi ?

Elle me dévisage, pour interpréter ma question, puis répond :

- Je crois que je vois ce que tu veux dire. Mais perturbée, je ne dirais pas ça. C’est juste que c’est bien interprété, alors ça nous touche.
- C’est vrai, mais il y a quelque chose de plus. Comme un manque. Je veux dire : ce jeu de séduction, cette fierté qui fait mal à chacun des deux, les déceptions pour mieux se retrouver… C’est fini tout ça pour nous : on n’a plus besoin de ça…
- Tu veux dire, le fameux “Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis” ? Et ça te manque ?
- Oui. Euh non. En fait… Disons que je n’en ressens pas le manque, je suis très heureux avec toi évidemment. Mais je repense avec nostalgie à ces moments perdus, en sortie d’adolescence, où je prenais un plaisir fou au jeu de l’Amour et du Hasard.

Ma femme a souri, pour m’encourager à développer. C’était un terrain glissant (les femmes sont comme les falaises : le paysage est magnifique mais il ne faut pas s’emballer. Un pas de trop, et c’est le gouffre) mais j’avais confiance en moi. Et en elle.

“Tu sais les moments dont je veux parler. Les regards en cachette, ou les regards qui se cherchent. Et qui se détournent précipitamment. La lourdeur des premiers instants, des premières phrases. La classicité de l’abordage “vous avez l’heure s’il vous plaît ?” ou “je peux vous ramener si vous voulez”.

Tout ça me ramène violemment des années en arrière. A repenser à toutes les filles que j’ai aimées avant à mes moments intenses de satisfaction. Ou de désespoir. A ma confiance démesurée lorsqu’elle répondait à mon sourire. Ou à mes pulsions lacrymales lorsqu’elle coupait court à mes vélléités.

Avec le recul, je savoure encore ce plaisir masochiste de la “séduction par le risque”. Comme tous les sports extrêmes, il amène sa dose d’adrénaline et de pression qui filent le frisson, mais de manière plus imprévisible, plus brusque, et aussi bizarre que ça puisse l’être, plus mortelle.

En effet, j’ai beau le clamer sur ce blog à qui veut le lire, je ne suis pas aussi beau que je veux bien l’écrire. Quand j’étais plus jeune, j’avais un peu de succès avec les filles certes, mais ceci était principalement lié au fait que je savais trouver les mots pour faire rire, pour émouvoir, pour aguicher. Et parfois j’y mettais tout mon coeur, dans cette damnée séduction, persuadé que ma sincérité serait perçue comme une marque de dévotion. Qu’elle était l’enzyme nécessaire à toute relation chimique amoureuse.

Lourde erreur. A cet âge, la sincérité c’était de la faiblesse. Et les filles n’aiment pas les faibles. Surtout lorsqu’elles se blindent par des jugements hâtifs. Les faibles, elles les méprisent et elles les cassent. C’est toujours très dur de se prendre une gifle - orale - par une personne à qui l’on déclare si ouvertement sa flamme… Surtout quand on est dans sa classe toute l’année…

Comme disait Jean-Claude, on ne peut pas tout miser sur notre physique. Et le physique, c’est quand même la première interface que l’on a avec les autres…

Ainsi, je n’ai jamais dragué en boîte de nuit (je n’y suis allé que quatre fois dans ma vie, il faut dire) ni sur les plages. Ce sont des endroits où il faut LE physique et/ou une totale confiance en soi (à la plage, c’était mon copain J. qui, beau et sculpté comme une statue grecque, effectuait le rabattage. Une fois les morues dans les filets, je pouvais balancer ma verve, chapitre 3 paragraphe 2).

Ensuite, c’était les petits billets doux, les lettres enflammées refaites mille fois, les infarctus latents à chaque rencontre, le décodage en temps réel de chaque phrase ou regard ou soupir (ou claque)… Les phrases assassines jetées simplement pour tester notre pugnacité, notre entêtement ; et au bord du suicide, le sourire ravageur qui balaie la tempête des mauvais jours…

Cette époque, ce contexte me manquent, voilà tout.”

Ma femme a mis son casque, est montée à l’arrière du scooter et m’a murmuré dans l’oreille : “Toi je t’aime parce que tu es beau parleur. Et que tu es beau tout court. Voilà tout.”

Lorsque j’ai démarré, l’adrénaline emplissait allègrement mes veines.

Hyperion
Le 01/03/2006 - 22:08

DJO (mon ex-collègue dont c’est l’anniversaire demain. Bon anniv’ mon grand et :fuck: pour la route) m’avait conseillé il y a bien longtemps ce bouquin de SF que tout le monde avait déjà lu sauf moi la honte.

Fini les tomes 1 et 2. C’est vraiment pas mal, l’univers créé est étonnant (malgré de légères incohérences parfois).

J’ai trouvé l’écriture assez difficile (surtout le tout début) et le format de poche est dense, peut-être trop.

Dans les grandes aventures intergalactiques, je reste quand même fidèle à Fondation d’Asimov. C’est moins bien écrit, mais ça reste la référence selon moi (si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à conseiller. TB > ailleurs, je ne sais plus où tu conseillais Sheckley mais je n’ai pas trouvé chez Virgin, tu as des titres ?)