Hier, le chat de ma soeur a eu 5 bébés.
Spam, Spam, Spammeurs, Spammez !
Le 10/04/2006 - 19:07

Ah il était clairvoyant le Souchon !

Je ne sais pas pour toi, ami lecteur, mais pour ma part je vis dans un monde dangereux.

Je ne dis pas ça pour donner de l’importance à ma vie par rapport à ta vie qui m’a tout l’air d’être minable, glauque et inutile. En fait, si. Je dis ça pour donner de l’importance au sujet dont je veux t’entretenir aujourd’hui. Mais si je ne commençais pas par une provocation - honteuse et insensée certes, m’aurais-tu lu jusqu’au bout de la nuit de ce billet ?

Et inversement, maintenant que je t’ai provoqué - de manière honteuse et insensée certes, me liras-tu jusqu’au bout de la nuit de ce billet ? Et enfin, tu n’en n’as pas marre de cet humour de répétition à anéantir Laspalès & Chevalier ? Si oui, me liras-tu jusqu’au bout de la nuit de ce billet ? Si non, quel intérêt de me lire jusqu’au bout de la nuit de ce billet ?

Bon, l’ambiance est posée : le lecteur est énervé, et trouve ce début de billet totalement inutile. Il est donc en situation d’avoir reçu 644 mails bidons et 314 commentaires indésirés.

Je ne sais plus qui préconisait la peine de mort pour les spammeurs, mais je veux bien manifester sur la toile avec lui s’il le faut. Voire à envoyer des mails à tous mes amis pour leur demander de signer des pétitions !

Pourtant, j’ai tout l’attirail de protection. Scaphandre + combinaison spatiale, ceinture et bretelles, fromage et dessert.

Regardez ces images.

La barre de Norton Antispam. Installé par défaut au bureau. Le truc le plus naze du monde, et le plus anti-productif. Impossible de mettre des règles intelligentes, j’ai eu beau déclarer 1000 fois que je ne voulais pas allonger mon organe, il continue à me le proposer (à croire que hein ?) et surtout, surtout, il ne vide pas automatiquement sa cage à spams, il faut aller cliquer sur un bouton spécial. Ouais, j’suis maniaque, ouais.

J’utilise conjointement ce logiciel avec le filtre antispam d’Outlook 2003. Plus souple, sauf UNE règle, pour laquelle j’irais bien moi-même éventrer Bill Gates : par défaut, tous les mails provenant de Gmail sont considérés comme spam. Ok, politique maison anti-concurrentielle. M’en fous : je lui explique que Gmail c’est gentil, il faut faire confiance parfois, on filtrera au cas par cas. Que nenni ! Puisque je possède une adresse Gmail, Outlook m’interdit d’autoriser explicitement Gmail !

Mais je rêve, c’est qui le patron ici ?

Alors ensuite, j’ai le spam du blog.

Au début, je me suis congratulé : des admirateurs secrets m’envoyaient des liens pour améliorer pêle-mêle les performances de mon blog, de mon assurance auto et de mes relations charnelles. Sur le principe, c’est louable c’est vrai. Non, sois honnête ami lecteur, sur le principe c’est gentil d’avoir pensé à moi.

Mais dix par jour, ça devient un peu crevant d’aller visiter tous ces liens… Alors, tous les soirs, je vide ma poubelle (voir ci-dessous).

Evidemment, j’ai eu une idée lumineuse pour contrer ce réseau de spam. J’ai créé une règle automatique : à chaque fois que je reçois un spam, je transfère le mail à tous mes contacts pour les informer que c’est un spam et qu’il faut désormais filtrer l’expéditeur. Ainsi, tout le monde transmettra de proche en proche les adresses de courrier électronique des spammeurs pour mieux les filtrer.

Ami lecteur, veux-tu me donner ton adresse, afin que je t’avertisse régulièrement de mes spa(s)mes ?

Deus Sex Machina
Le 09/04/2006 - 22:57

Quand j’avais environ 15 ans (il y a deux ans), j’étais ami avec Franck.

Franck, c’était même mon meilleur ami depuis quatre ans. Pourtant, rien ne nous prédisposait à devenir cul et chemise.

Retour en classe de sixième. Franck mesurait 1m98, et son poids avoisinait les 120 kg. Durant les deux premiers mois, Franck avait martyrisé les trois petits camarades qui avaient été désignés volontaires pour s’assoir près de lui (bilan : une jambe tordue, un nounours des bras tordus, un esprit tordu).

Précision utile : Franck était doublant.

Alors que j’étais un fayot fini (j’avais toujours été habitué à ce que les profs me cajolent durant ma jeunesse), je ne pouvais que considérer d’une mauvaise augure la décision irrévocable de mon enseignant principal : “David - à l’époque je n’avais pas encore opté pour le pseudo international Byalpel -, dès lundi tu t’assieras près de Franck.”

En fait, pour tout dire, j’ai passé un week-end ignoble. M’assoir près d’un redoublant tortionnaire me faisait le même effet que m’installer dans la même cellule que John Coffey (La ligne verte, un film superbe d’ailleurs).

Lundi matin, après avoir achevé ma prière, mon testament et mon petit-déjeuner, j’ai fixé ma mère dans les yeux et ai prononcé, sur un air funèbre de Chopin : “Maman, tu diras à Papa que je vous ai toujours aimés et respectés. Et que j’ai eu un 0 de conduite une fois en CE2 mais c’était à cause de Serge S.”. Et je me suis retourné, sous le regard incrédule de ma génitrice.

Fatalement, comme dans tout bon film américain de “partenaires que tout oppose”, la rencontre entre les deux futurs potes est toujours explosive, cassante. Cela l’a été surtout pour moi en fait… Il ne parlait pas aux “travailleurs”, je ne parlais pas aux “glandeurs”. Même dans la récréation, on avait nos propres clans. Celui des durs et celui des gringalets (le lecteur fera les associations de lui-même).

Le point d’inflexion de notre relation a été subit, miraculeux. Deus (s)ex Machina : George Michael.

George Michael était notre idole, à tous les deux. Il venait de sortir son album “Faith”, le meilleur album de ma génération. Jonasz confondu. Mais surtout, George Michael était beau, viril, classe. L’idéal de tout adolescent boutonneux et gringalet/ imposant.

Depuis ce jour, nous ne quittions nous plus, à fredonner tous ses tubes à tout bout de chant (ha ha).

“David et Goliath” qu’on nous appelait. Et, par opposition à la tradition, David n’a pas vaincu Goliath. En fait, pour tout dire, il n’y a pas eu de gagnant ou de perdant, mais une synergie étrange entre deux élèves que tout opposait : lui grand et agressif, moi doux et fluet - à l’époque si. Le premier qui recommence avec ma grosseur, j’appelle mon pote Franck -, lui mauvais élève, moi chouchou, lui renfermé, moi extraverti…

Chacun apprenait de l’autre : je l’entraînais en mathématiques, en français et en biologie, et il m’apprenait à être plus humain, plus ouvert. Et il me protégeait surtout. Disons que je n’avais jamais d’occasion ni de raison de me battre, mais il était toujours présent si j’étais en détresse.

On n’était pas amoureux des mêmes filles, ce qui renforçait notre amitié.

Puis la vie a fait son oeuvre, et pas toujours ce qu’elle fait de mieux : nous nous sommes perdus de vue avec les années, croisés aux rendez-vous joyeux (son mariage, le mien) ou douloureux (le décès de son père), puis nous avons replongé de nouveau dans les profondeurs de nos vies respectives…

Avec le temps également, les nouveaux albums de George Michael étaient moins bons ou alors j’étais moins sensible à son style. Mais surtout, ce qui a cassé le mythe, c’est quand j’ai découvert son vrai nom.

Lecteur, si tu es fan, ne lis pas la phrase suivante. Le vrai nom de George Michael est : Georgios Kyriacos Panayiotou. Si.

Depuis que je sais ça, je garde une barbe de 3 jours en signe de deuil tous les jours.

De la violence gratuite !
Le 07/04/2006 - 18:56

Et pourtant on n’est pas chez Bake.

Je propose de monter un commando rapide,à la mission impossible (il faudra que l’un d’entre vous soit noir svp), pour aller défoncer la gueuleà coups de pelle de Shirley et Dino, qui jouent dans Cabaret Paradis.

Chacun se munit de l’arme qu’il désire, pourvu que ça pique, ça écorche, ça irrite, ça tue, ça fasse mal, ça défonce, ça éventre, ça plie, ça tord, ça empale, ça dissèque, ça déchire uname it.

Je sais pas, un coup de phobie.

Moi si j’étais un homme…
Le 06/04/2006 - 23:54

“… je serais capitaine d’un bateau vert et blanc.”

Apprends à conduire une caisse d’abord, grognasse !

[Souffle ! Souffle ! Zen ! (Dans ma benz benz benz !)]

Soyons réalistes un instant s’il vous plaît.

Les femmes ne savent pas conduire parce que depuis qu’elles sont petites elles passent leur temps à jouer à la dinette ou aux Barbie Bratz et à se maquiller.

Alors que nous, les mecs les vrais, on construit des vaisseaux spaciaux en Légo, on joue aux circuits de voiture télécommandées avec double looping et rampe de saut, et on pulvérise les records de Burnout 2 depuis qu’on est pas plus haut que trois noix.

Le jour où on enseignera l’inverse, peut-être que nos fils seront homosexuels comprendront pourquoi leur femme a désespérément besoin de 37,10 minutes pour se maquiller et s’habiller chaque matin. Peut-être également que nos filles auront le goût de regarder un match de foot devant une bonne bière en se grattant les j’ai rien dit.

Mais jamais, ô jamais, elles ne sauront conduire correctement une voiture. Darwin, tu étais un risible. C’est plus fort que la génétique, c’est plus fort que l’inconscient collectif. Plus fort encore que la religion. Plus fort même - j’ose à peine l’écrire - que Jack Bauer.

Bien sûr il y a eu des tentatives en France - émanant de l’Etat parfois - pour résoudre cette grave crise.

La conduite accompagnée par exemple : un projet visant à accompagner chaque femme par un moniteur masculin compétent (pléonasme) lors de ses déplacements en voiture. Sous la pression, le Ministre des transports avait élargi le concept aux jeunes entre 16 et 18 ans (et après ils se plaignent du CPE, les ingrats).

Combien de femmes sont restées scotchées devant des séries ou des émissions de télévision tellement nunuches “qu’un canal s’est pendu” ? Croyez-le ou pas, c’était un coup combiné de l’Etat (France 2, France 3) et de la télévision privée pour aguicher et verrouiller les femelles devant leur poste plutôt qu’elles sortent et conduisent en état de pseudo-ébriété permanente.

Dernier exemple, aussi représentatif : pourquoi les musulmans mettent-ils un tchador à leur femme, même jeunes ? Fanatisme, intégrisme, orthodoxie ? Vous êtes malade ?! C’est le même principe que les oeillères pour les chevaux de traîneau : pour que, au volant, elles se concentrent uniquement sur la route et non sur la multitude de parasites dans les rues de la ville : Zara, H&M, Gucci, Chanel et j’en passe…

Bien sûr, bien avant être arrivés cette ligne, vous aurez tous bondi en hurlant à la mysoginie, la mysophobie, la mysomatose (comparer des femmes à des lapines).

Mais non ! Ecoutez mon expérience, vous qui êtes jeunes et inexpérimentés. Ou qui êtes une femme, c’est pareil.

“Femme au volant, mort au tournant” dit la sagesse populaire. Que j’avais traduit, lors d’un oral en anglais, par “woman driver, death at the corner” (bien sûr, copyright pendant 99 ans comme le sol londonien). Si ça, ce n’est pas une preuve !!

Si vous vous demandez pourquoi je traite de ce sujet ce soir spécialement, c’est bien vous êtes curieux, j’aime ça. Si vous voulez avoir la réponse à votre question, c’est que vous avez de l’assurance, je trouve ça bien aussi mais pas trop. Avant de passer aux insultes, je vais vous répondre :

Aujourd’hui j’ai croisé en scooter une jolie blonde dans une Mini Cooper noire. Je l’ai aperçue faire deux queues de poisson en séquence et piler au feu rouge suivant. Une fois rattrapée, j’ai remarqué que le type de droite dans son Opel Corsa (ou autre voiture deliquescente) s’énervait. Et là, en top classe mondiale, la jolie jeune blonde exhibe magnifiquement un long majeur au vu et au su de toute l’avenue, pour démarrer en trombe quelques microsecondes plus tard.

“D’une élégance rare, et plus fort que les bennes”…

Le renvoi d’ascenseur
Le 05/04/2006 - 21:58

Il y a quand même des cinglés sur terre.

J’en fais partie dès que je suis confronté à un ascenseur (rappelez-vous, j’ai commencé ma thérapie après ce billet).

Voici quatre anecdotes, entièrement véridiques, qui vous conforteront dans l’idée que Byalpel a beau être intelligent, drôle et séduisant, il n’en reste pas moins tordu du bulbe.

Anecdote ouane : le renvoi d’ascenseur

C’est une farce que nombre de comiques ont déjà abondamment traitée, pourtant elle m’est arrivée en vrai live. Un fils de pute de con saligaud avait rôté de toutes ses forces et de toute son âme dans la cabine de l’ascenseur, à un étage situé au-dessus de mon bureau (au 6ème).

Même dans mes grands jours de pétarade anale (cassoulet + loubia -plat typique tunisien à base d’haricots blancs- + choux + tourista), je ne pense pas pouvoir reproduire l’odeur qui régnait dans la cellule étroite. Un mélange de rat seché qui aurait bu de l’ammoniac et bouffé du soufre.

J’aurais pu retenir ma respiration pendant le temps de la descente, et je n’aurais pas raconté l’anecdote sur ce blog. Mais ce qui devait arriver arriva.

Au 5ème étage de mon immeuble s’est établie une honorable agence de mannequins féminins. Guillerettes, agréables, portant bien la toilette. Bonnasses quoi.

Vous avez deviné tout seul : une plantureuse représentante du sexe faible ouvre négligemment la porte au 5ème, étouffe un cri, me regarde dans les yeux d’un air de dire : “mais bon sang, vous devez être le diable en personne pour refouler du ionf1 à tel point !” et referme précipitamment.

J’imagine mon portrait affiché à leur étage, avec la mention “wanted”.

Une des belles hontes de ma vie.

Anecdote tou : superman s’habille en prada

Référence au bouquin féminin “Le diable s’habille en prada” que j’ai offert à ma femme comme cadeau de mariage. Format poche, j’ai du savoir-vivre.

L’autre jour, il pleuvait et pour aller au bureau, j’avais mis un pantalon kway pour me protéger des gouttes et du vent sur mon scooter. Pour optimiser mon temps, j’avais décidé de retirer ce sur-vêtement dans l’ascenseur si j’étais seul, ou à mon bureau dans le cas contraire.

Miracle : je suis seul !

Vas-y que je me congestionne et que je me plie en onze dans le container exigü pour faire glisser de proche en proche la première jambe quand la cabine s’arrête. La porte s’ouvre au quatrième.

Une femme éberluée me regarde de haut en bas, persuadée d’avoir affaire à un exhibitionniste ou pire, à un cinglé qui vient de batifoler pour assouvir un de ses fantasmes. Je la regarde, toujours plié en onze, les yeux implorant sa compassion ou sa pitié, tentant vainement d’articuler une explication tardive.

Blam ! Grillé au quatrième aussi.

Il faisait comment ce con de Superman ?

Anecdote srui : c’est plein !

Elle est courte celle-la.
Je prends un plaisir puéril à contempler, durant quelques secondes mais intensément, la souffrance se peindre sur les visages.
Lorsque je descends du 6ème, que l’ascenseur est plein (à 4), et que la porte s’ouvre au 3ème, j’adore observer l’espoir s’effacer sur les mines progressivement déconfites des deux assistantes, déçues de ne pas gagner trois étages par poulie interposée.

Anecdote fore : ah la conne !

Je prends l’ascenseur au 6ème. Seul.
Il s’arrête au 5ème. Montent deux consultants (je reconnais leur profession à des détails : costume ciré, chaussures vernies, montre en or qui brille, tête de con).
Il s’arrête au 4ème. Mine déconfite de la secrétaire, qui “va prendre l’escalier, tant pis”. Les deux consultants se gargarisent de leur intelligence respective.
Il s’arrête au 2ème. Je pense intérieurement “pour descendre deux étages, ils abusent les mecs !”. Consultant-tête-de-con n°1 lance à haute voix, pour montrer qui est le mec marrant ici : “ah la conne, tu vas voir que c’est une fille qui n’a pas envie de se fouler ça”. Rire gras de Consultant-tête-de-con n°2.

Effectivement, c’est une fille. D’un signe, elle montre qu’elle espère entrer. Les deux consultants devant moi ne bougent pas d’un iota. Elle s’avance, et met en avant ses béquilles. Les deux consultants blêmissent, mais c’est elle qui s’excuse.

La fin du voyage s’effectue en silence.



1 “Refouler du ionf” est une de mes expressions favorites avec, entre autres, “je te chie dans les cheveux”

Tout mégalo vit au dépens de ce qu’il lui coûte
Le 04/04/2006 - 22:45

J’ai fait les comptes. Et je vous les présente en toute transparence.

Comme vous pouvez le constater, je suis déficitaire sur ce mois d’une coquette somme.

Deux raisons à cela :

- L’immobilier, ce n’est plus ce que c’était
- Vous ne payez toujours pas votre abonnement

Evidemment, je vais m’en sortir. Evidemment.

Mes parents me prêteront de l’argent et j’enverrai ma femme chez ses parents quelques temps. Je me nourrirai de pain sale et d’eau sèche (et vice-versa).

Entre temps, j’ai pris un autre job : livreur de pizzas. Histoire d’arrondir les deux bouts en fin de mois.

Hé ! J’en ai profité pour me faire de la pub (pas con le mec) : j’ai collé cette étiquette à l’arrière.

Normalement, demain je devrais crouler sous les commentaires.

PS : il me reste des stickers. Je pense que je vais louer un avion et en balancer un bon millier sur Paris, histoire de relancer le commerce.

Le Maroc fait l’air (et la chanson)
Le 04/04/2006 - 00:45

Pour se mettre dans l’ambiance, la meilleure chanson orientale que j’aime trop : Cheb Mami - mon coeur est au pays des merveilles.


Si je dois résumer en une phrase le Maroc : c’est beau, c’est très beau, mais c’est plein de Marocains.

Si je dois le résumer en un article de blog, je dirais…

Quatre jours : séminaire OCTO (ma boîte), comme chaque année à la même période. Sauf que cette année ce n’était pas au ski, c’était sur quatre jours au lieu de trois, que notre “nouvelle” DRH nous a concocté un voyage aux petits oignons à l’harissa, et que l’on était beaucoup plus nombreux que les précédentes fois.

Quatre jours intensifs (nuits réduites au minimum, voyages en 4×4 sur 300 km de piste - désert, cailloux, rocaille - par jour, soleil de plomb, repas arrosés), mais quatre jours mémorables dans l’esprit de tous. Pour le détail : Paris -> Casablanca -> Agadir -> Zagora -> Ouarzazate -> Marrakech -> Paris.

D’abord, il faut imaginer que l’on voyage avec ses collègues. Non pas ses amis, mais des personnes que l’on cotoie au bureau, et certains sont même vos chefs (ou le directeur). Imaginer donc qu’ils vont vous découvrir -éventuellement pour certains, pour ma part j’essaie d’être en permanence et en même temps David Alia, DAL ou Byalpel- sous des angles que d’habitude vous cachez, comme si un directeur de la photo sadique s’amusait à cadrer selon votre profil le moins avantageux.

Ainsi, mes collègues m’ont découvert en maillot (gros ventre à l’air et grosses fesses saillantes), j’ai dû expliquer à chacun d’eux ou presque pourquoi je ne voyageais pas le samedi (”ah bon c’est chabbat ? Et ça consiste en quoi ? Et c’est toutes les semaines ? Sinon tu te transformes en Gremlins ?“), d’aucuns m’ont certainement croisé en train de dormir avec la bave aux lèvres et sur l’oreiller (et probablement de ronfler), d’autres m’ont aperçu en train de danser sur des musiques orientales (avec mon gros ventre et mes grosses fesses mais pas à l’air). Enfin, certains sont encore persuadés que je négocie les plats à Tajine au Souk mieux que quiconque.

Evidemment, cela m’a permis de mieux connaître -superficiellement pour certains, en profondeur pour d’autres (sans sexualité aucune, je précise pour Epictete)- des humains au-delà des collègues, de les découvrir en maillot, de les croiser en train de dormir avec la bave aux lèvres ou de les apercevoir sur la piste de danse. Et de les voir se confier sur des sujets personnels comme leur situation familiale, leurs ambitions réelles, leurs doutes et leurs joies.

C’est peut-être l’aspect du voyage que j’ai apprécié le plus particulièrement.

Si je dois citer quelques faits anecdotiques de ce séminaire, je dirais en vrac :

  • Notre 4×4 a crevé un pneu en plein désert à 22h30, sans téléphone ni talkie-walkie. Et la roue de secours était également à plat.
  • Lors de notre arrivée dans le bivouac en plein désert à 0h30, des autochtones (à moins que ce ne soient des emmerdeurs) ont joué du tambour en chantant jusqu’à 4h du matin. Sans compter cet emmerdeur (à moins que ce ne soit un autochtone) de Nabil -mon collègue- qui criait mon nom toutes les minutes pour vérifier si je dormais. Je dormais connard, bien sûr que je dormais.
  • Samedi matin, je me suis endormi à la piscine. J’ai le ventre carbonisé. Ce soir ma femme a cuisiné des oeufs au plat à même mon torse pour faire des économies d’énergie
  • J’ai été dans une boîte locale le samedi soir. Je n’avais pas été en boîte, sans mentir, depuis une dizaine d’années, et ça a dû être ma quatrième fois en 31 ans. Le plus choquant : des filles belles comme dans les magazines, délurées comme dans les films, prostituées comme c’est pas permis. Dixit un collègue : “il n’y a que les moches qui ne te demandent pas d’argent !”
  • Ma DRH est vraiment une chic fille, j’ai toujours des rapports amicaux et sincères avec mon directeur, et les gens de ma boîte sont sincèrement des gens supérieurement intéressants (comparé à d’autres contextes de boulot que j’ai connus ou que d’autres me décrivent). Je dis tout ceci sans arrière-pensée, mais si je n’ai pas de prime à la fin de l’année avec toute cette publicité, je veux bien me faire vendeur de babouches au Souk !
  • J’ai perdu mes lunettes de soleil Hugo Boss dans un des 4×4. Par contre, ma boîte m’a offert une casquette bleue. Youpi.

Enfin, bien sûr, le Maroc c’est splendide, des couleurs plein les yeux (le rouge du désert, le vert des cultures de blé, le blanc de la neige sur l’Atlas, le bleu azur du ciel, le marron de la tourista…), des hommes et des femmes d’une générosité et d’une amabilité légendaires, des prix spécialement étudiés touristes, une culture, une tradition et une sensibilité orientales qui font la délicatesse, le charme et parfois la rudesse de ses décors ou de ses habitants. Mais si vous voulez en savoir plus sur ce point, vous achetez le Guide du Routard ou vous y allez. La viriti ci pas cher.

Et rappelez-vous : lorsque vous verrez un marocain, vous lui direz “Nikoumouk”, ça veut dire “longue vie”.

Les curieux qui veulent voir quelques photos, c’est ici.

[Par pure méchanceté, je dévoile ici quelques jeux de mots histoire de vous couper l’herbe sous la babouche : le Maroc qui ne rit, le Maroc aïeux, le Maroc aïe-euh !, le Maroc en bolesque, le Maroc qui un, le Maroc qui deux, le Maroc qui trois, le Maroc qui quatre et le Maroc qui cinq et enfin, le Maroc voisine bien sûr]

Chérie ?
Le 01/04/2006 - 03:23

Chérie je n’arrive pas à te joindre, c’est occupé à la maison et sur ton portable !

Bon ici tout va bien, les gens sont sympas, j’ai fait du chameau.

Par contre, j’ai perdu ma casquette. Dans le désert, donc ne gueule pas je ne pourrai pas la retrouver.

Sinon, t’as appelé ma mère tous les jours ? T’as arrosé les plantes ? T’as repassé ma chemise bleue à rayures, je voudrais la mettre lundi ?

Bon voilà, essaie de me rappeler s’il te plait, tu m’as manqué.

Ah oui, j’allais oublier : j’ai oublié le tupperware avec la charcuterie et les oeufs dans le placard de l’entrée, à mon avis ça a dû pourrir…

Ton petit zorro qui t’aime [Roland Magdane]