Le titre, c’était juste pour le coup de gueule.
Les moins autistes d’entre vous auront remarqué combien, et ô ami(e) lecteur(e) sache combien je le regrette parfois, la qualité et la fréquence de mise à jour de ce blog est dégradée ces derniers temps (disons un mois pour être juste). Allez, là, on dit “mais non, mais non” pour rassurer l’auteur qui, rappelez-vous, n’est pas payé pour toutes les insanités qu’il commet ici régulièrement.
La raison est simple et limpide : je travaille beaucoup. Vous saisirez la nuance avec “j’ai beaucoup de travail”, terme utile aux fonctionnaires pour justifier un arrêt maladie pour harcèlement moral.
Je travaille beaucoup… mais j’aime ça. J’aime mon travail, j’aime ce que je fais, j’aime ma boîte, j’aime mes clients (surtout la grande mannequin), j’aime mon métier en fait.
En quoi consiste mon métier, j’aurais du mal à le définir. Un raccourci autodescriptif qui conviendrait : “Des gens ont des problèmes. Des problèmes parfois identifiés, d’autres souvent enfouis. Parfois les gens sont les problèmes. Mon métier consiste, pour la modique somme d’environ un SMIC par jour, à identifier l’ensemble des problématiques du domaine concerné et d’accoucher d’une solution basée sur la minimisation des contraintes et la maximisation des objectifs.”
En plus raccourci encore, je dirais que je suis à la fois plombier et psy : pour une somme élevée, je suis capable de colmater les fuites physiques (l’informatique) et psychologiques.
Ce que je préfère dans mon full time job, c’est évidemment le côté psy (car je suis un fin psychologue,
).
Certaines équipes qui ne se parlent jamais ou qui ont des objectifs antinomiques doivent communiquer pour la réalisation d’un projet commun. Mais comme toujours, communiquer c’est dur !
Transmettre un message à l’autre, cela demande un maximum d’énergie. Malheureusement, qui dit transmission dans un milieu non adiabatique, dit déperdition. En effet, si l’intensité initiale (la volonté) est de 100, l’intensité émise est nécessairement inférieure, disons 80 pour les génies, 50 pour le commun des mortels. A la réception, pareil : celui qui entend reçoit forcément moins d’énergie. Bilan : 100 émis, 10 reçu. Même les lasers du commerce ont de meilleurs rendements !
En traitement du signal (comment j’ai pu me la péter avec mon Mastère en traitement du signal : “oui et toi tu as fait quoi ? Ben moi, Mastère de traitement du signal… Oh purée, ça veut dire quoi ? J’sais pas mais ça en jette…“), la déperdition est liée à la fonction de transfert du canal. Dans le cas du téléphone portable par exemple, le canal c’est l’air ambiant (+ intempéries + interférences électromagnétiques) jusqu’à la borne la plus proche.
Dans le cas de l’humain, on décompose ce canal en trois : le prisme (ou différentiel) entre mon moi intérieur et mon moi extérieur, la parole et le sens des mots (je ne vais pas vous refaire toute la théorie) et le prisme entre le moi intérieur/extérieur de mon interlocuteur.
Comment optimise-t-on la communication ? En optimisant ce canal, bien vu jeune Padawan !
Pour la parole, utiliser des termes précis et descriptifs blablabla. On le sait, on aborde des limitations intrinsèques au langage. Peu d’intérêt.
Mais optimiser le prisme interne, quelle aubaine !
Lorsque l’on fait du conseil, il faut savoir être humble, faire preuve d’abnégation parfois, et connaître ses propres forces et faiblesses en permanence. J’avais déjà expliqué sur ce site l’importance de réduire la membrane entre ce moi intérieur intime, faible et bourré de complexes, et le moi extérieur que l’on offre aux autres, arrogant et sûr de lui (et dominateur si on est juif, d’après le Général) pour exister réellement. Toute disproportion entre l’extérieur et l’intérieur crée l’effet “ballon de baudruche” : on pique un coup et paf ! ça éclate.
Ce travail sur soi permanent est un des axes majeurs de la vie en société (et de la relation de couple !) : connaître exactement ce que j’amène, reconnaître exactement ce qu’on me donne (merci le Talmud !). Pour ma part, je ne dis pas que je réussis à appliquer ce travail, mais je m’y efforce.
Et j’avoue que je suis en permanence tenter d’appliquer cette méthode de “coaching” en clientèle : au lieu d’essayer tant bien que mal d’optimiser le canal intermédiaire (le langage, les écrits), les obliger à se chercher eux-mêmes en réglant certains conflits intérieurs (liés au boulot évidemment : je ne vais pas régler le complexe de surpoids de ma cliente).
Et en les forçant à se dépasser, je m’oblige immanquablement à me dépasser.
Hé oh, être payé pour progresser ? Vous trouvez ça où vous ?