En ce moment, il fait 23 degrés aux Antilles.
Belle des champs
Le 14/06/2006 - 22:45

Fable dédicacée aux paysans amoureux des bulles

Le coq et la veuve

Tout le monde à la ferme respecte l’animal
A la crête carmin et les ergots dressés
Dans la région l’on y voit un emblême national
Pour lui c’est sa volaille, trop fière et entêtée.

A la ville, la femme baisse la tête pour saluer
Eplorée mais digne, depuis la tragédie
Pour les gens de la ville, c’est une veuve effacée
Pour lui c’est la plus belle qu’il ait vu de sa vie.

Le regardait-elle vous vous doutez que non
Lui le pauvre fermier, sec, rustre, surtout pochtron
Raffolant de champagne et de ses animaux

Il ne tenait qu’à lui, pour conquérir la belle
D’abandonner ses vices de manière officielle
Et décider enfin : veuve ou coq Cliquot.

C’est sûr que si on comprend pas le jeu de mot, on comprend pas la finesse hein…

Brrrrr !
Le 12/06/2006 - 21:26

La vieille dame noire remonte son fichu ocre et se balance encore un peu dans le rocking-chair, à l’air frais du crépuscule. Les enfants autour d’elle ont les yeux écarquillés et attendent, comme chaque soir à cette heure, le conte fabuleux de Mamma Sam.

Elle les regarde, sourit avec la fausse lassitude typique des femmes âgées courageuses, et commence son récit à voix basse.

“Dans notre village, on raconte cette drôle et ancienne histoire. Deux jeunes hyènes s’étaient écartées de leur meute après un festin nocturne et s’étaient égarées près de notre oasis. Parce qu’elles étaient encore insouciantes, elles décidèrent de s’y baigner goulûment.

Non loin de là, derrière un talus, surgirent deux jeunes fées délicates comme le cristal et pétillantes comme une source d’eau vive. Ces jeunes fées, originaires du village voisin, ne possédaient pas de pouvoir magique comme toutes les fées. Car elles avaient été bannies du logis(*) par leur père, le roi des fées, parce qu’elles avaient échoué à leur examen final.

La plus jeune des deux, espiègle, aperçut en premier les deux hyènes qui batifolaient dans la mare. “Viens, suis-moi, on va s’amuser” cria-t-elle à son acolyte en volant déjà vers le bassin d’eau.

- On fait un water-polo, les hyènes ? demanda-t-elle en arrivant. Nous deux contre vous deux. Le premier arrivé à 10.

Les hyènes se regardèrent interloquées, puis avec un rire connivent (de hyène quoi), acceptèrent la proposition.

Le début du match fut amusant, chacun tentant des figures pour marquer des buts dans les cages de fortune (deux palmiers) de l’adversaire. Lorsque le score fut plus serré (7-8 pour les fées), le niveau du jeu changea brusquement et l’ambiance fut plus tendue.

Terminées les révérences et les sourires, les deux équipes employaient tous les moyens pour déstabiliser l’adversaire et remporter le match. A 9-8 pour les fées, les deux équipes étaient dans un état second, de hargne et de haine. Les fées coulaient les hyènes, les hyènes plongeaient les fées sous l’eau, manquant de les étouffer à chaque prise.

Lorsque la jeune fée marqua le dernier but, en profitant de l’occasion pour enfoncer le cou de son ennemi dans la vase, elle hurla de plaisir.
Car ce dernier geste avait deux conséquences : certes, le match était gagné, mais une des hyènes avait probablement péri.

- Et alors, Mamma ? demanda le petit enfant captivé.”

Et alors, c’est la moralité : c’est les deux hyènes et fées qui se coulent !



(*) : Bah oui, les fées du logis !

Suzanne l’Anglaise et l’or en blanc
Le 11/06/2006 - 13:42

La finale de Roland Garros (NON CE N’EST PAS DU FOOTBALL !) va commencer dans une heure environ.

Ah oui, je ne vous ai pas dit ! J’ai acheté une clé USB pas plus grande que mes deux gros orteils collés qui fait décodeur TNT. Pas que je veuille voir la télé régulièrement ou pallier un manque virtuel (je préfère encore m’ouvrir les veines avec un chalumeau), mais Roland Garros + coupe du monde de football + Thalassa le vendredi soir, je ne pouvais pas résister.

Et puis c’est idéal : cette clé USB greffée à mon portable professionnel, et je peux positionner une petite fenêtre dans l’angle supérieur pour regarder, à l’aide de ma vision périphérique, les événements sportifs du mois.

Contrairement à un grand nombre de blogs qui crachent sur le Mondial de foot sans honte, je le dirai une fois pour toute : je hais le football (crétinisation des générations, l’argent mis en jeu déresponsabilise les joueurs, spectacles variables selon les équipes…) mais la Coupe du Monde, c’est quand même adrénalisant.

Ceci étant dit, les matchs de Roland Garros sont quelque treize millions de fois plus excitants que d’envisager 20 crétins qui courent tels des frelons alcooliques (oui les deux goals ne courent pas. Vous n’avez jamais vu de match ou quoi ?).

Sauf que…

  • La même publicité toutes les deux jeux, c’est la plus grande honte pour l’humanité (après se péter la gueule dans l’escalier du métro devant tout le monde)
  • Et les jingles de Roland Garros 2006 ? A tout bout de champ ?
  • Je vais souvent vomir aux toilettes (tous les 3 jeux environ) parce que le réalisateur pour la télévision enchaîne zoom in, zoom out, fading à chaque point…
  • Je voudrais bien occir à l’aide d’un couvercle de boîte de conserve rouillé le spectateur qui hurle à chaque point : “alllleeeeeeeeeeez !”
  • Je hais avec la même énergie un violeur d’enfant et le commentateur qui sévit avec Arnaud Boetch. Il est d’un parti pris ignoble et d’une incompétence crasse, que l’on ne retrouve guère que chez Thierry Roland, c’est pour dire…
  • Je suis un porteur de poisse : à chaque fois que je supporte un joueur (ou une joueuse, ou Amélie Mauresmo), il perd. Je supporte une équipe de foot, hop ! défaite assurée…
  • JE NE SUPPORTE PAS CE PETIT CON DE NADAL. Je trouve qu’il a une face simiesque (c’est mesquin cette remarque hein ?), qu’il crie à chaque coup qu’il frappe comme les gonzesses, que pour chaque point disputé qu’il gagne, il serre le point comme s’il avait abusé le fisc avec succès et surtout… qu’il joue trop bien ce petit morveux
  • Moi j’étais pour Llubijic contre Nadal, et cet enfoiré de commentateur qui prenait parti pour Nadal à tout bout de champ ! J’allais me fendre d’un SMS (47€ + le prix du SMS) pour lui dire “tu vas fermer ta gueule connard ou je te rentre la raquette par les deux bouts ?”

Oui, parce que j’ai une mentalité assez bizarre, je trouve, à propos des équipes ou des joueurs que je supporte.

En effet, lorsque je soutiens un joueur (je lui envoie du fric par exemple) et qu’il gagne “trop”, j’en viens à supporter l’autre, pour rééquilibrer le jeu mais surtout parce que j’ai de la peine pour lui… Une fois que l’autre s’est remis plus ou moins, alors je peux supporter à nouveau mon favori. Je dois être cinglé. Ou alors ma personnalité qui déteste les conflits se révèle encore plus ici…

Côté matchs, j’étais radicalement et unilatéralement pour Gaël Monfils : un Black français (le seul ?) qui s’amuse et amuse les foules au tennis, je suis à fond. Amélie Mauresmo, à fond aussi (on l’a tellement critiquée que je prends évidemment le côté des opprimés. Des opprimés musclés certes). Effet poisse : ils perdent.

Puis j’étais pour Fédérer contre Nadbanjian. Puis lorsque Fédérer est repassé en tête, j’étais pour Nadbanjian (ma personnalité, rappelez-vous). Effet poisse : il abandonne.
Puis j’étais pour Llubijic, parce que j’aime sa tête et qu’il était le challenger contre ce gommeux de Nadal. Effet poisse : Llubijic out.

Alors cet après-midi je suis pour Nadal. ALLEZ NADAL ! ALLEZ NADAL ! ALLEZ !

J’espère que ça suffira pour le faire perdre.

Côté foot, je ne suis en aucun cas pour la France (le chauvinisme débrayé des commentateurs attardés mentaux me dégoûte, je fais un rejet rabbit) mais plutôt pour les équipes atypiques : Côte d’Ivoire et Trinidad.

Et l’Iran aussi pour la déconne.

Demain je vous parlerai de la Coupe du Monde de Cannes-La Boca de Pétanque.

Assure au moins à l’écrit !
Le 11/06/2006 - 00:12

J’écrirai demain.

Entre temps, quatre pages de publicité (qu’on nous a infligées toutes les 7 minutes durant Roland Garros…).





Tranche de jambon et de vie
Le 07/06/2006 - 20:40

S’il y a bien une chose que je ne supporte pas, ce sont les articles qui commencent par “s’il y a bien une chose que je ne supporte pas”.
Waow la mise en abîme !

“Tout est bon dans le cochon” nous confiait, à moi et à quelques clients hagards, le charcutier gesticulant du supermarché le plus proche de chez moi.
J’ai souri, que pouvais-je faire de plus ? L’attaquer pour harcèlement moral, discrimination à la consommation ?

S’il y a bien une chose que je ne supporte pas, ce sont les jeunes personnes qui, lorsqu’elle sont à la caisse devant vous, toutes affaires déballées sur le tapis électrique, séparent leurs achats indigestes des vôtres par ce satané bâton de berger relais sur lequel est indiqué un morne “client suivant”.

Je précise “les jeunes personnes” parce que je comprends parfaitement les vieux qui le font. Les vieux sont excusables parce que souvent ils ne sont plus de ce monde avant l’heure. Et ils ne savent même pas ce qu’est le Wifi.

Les vieux, ils craignent tout. Ils se méfient de la monnaie rendue, ils contestent la promotion de 0,10€ sur les olives noires dénoyautées, ils craignent qu’un déliquant voyou jeune leur arrache leur porte-monnaie pourtant enfoui dans leur sous-veston tricoté par Manman et, comble de l’horreur, qu’une personne mal avisée mélange ses achats avec les leurs sur le tapis en caoutchouc automatique.

Les vieux, je comprends et j’excuse. Mais les jeunes ?

Vas-y mademoiselle j’vais pas te les fourguer mes Knacki !” (à l’intention des étrangers et des pauvres qui me lisent par unités de 100, je précise que les Knacki sont de ridicules saucisses de halouf).

On est toujours pressé à la caisse, n’est-ce pas ? Perdre son temps à décharger puis recharger son chariot devant une caissière souriante comme une tartine, assourdie par les biiiiip incessants des caisses voisines et qui vous dit “bonjour” uniquement quand elle saisit votre premier article, très peu pour moi.

“Ah elle ne marche pas votre carte bleue ! Il faut réessayer !” m’annonce-t-elle sur le ton las d’une repasseuse professionnelle (corporation pour laquelle le taux de suicide est légèrement inférieur à celui de la corporation des ramasseurs de feuilles dans les jardins publics en automne).

La foule gronde derrière moi. Je leur fais un joli doigt, démontrant deux choses : d’abord, faut pas trop me chercher et ensuite, je suis encore capable de mentir à mes lecteur(e)s chéri(e)s.

“Ah ça ne remarche pas. Essayez de la frotter contre votre cuisse !”

Elle me chauffe, la coquine. Dommage qu’elle soit si laide, vieille, inutile, initéressante, pauvre et myope.
Pendant ce temps, la matrone Noire derrière moi a déjà sculpté ma silhouette dans du savon Dove et y enfonce des cure-dents avec furie et véhémence.

- “C’est bizarre, c’est quand même une carte Platinum avec débit infini et protocole TCP/IP intégré” que je lui réponds, tentant vainement de l’embrouiller. Sinon je peux payer en liquide ?
- Même pas en rêve, m’assène-t-elle
- En chèque ?
- Niet !
- En tickets restau (les larmes coulent sur mes joues rosies) ? En chameaux ? En consulting gratuit ? Faire la plonge ?
- Non, non, non et non, bordel de [nous coupons ici les jurons pour épargner les oreilles chastes de nos petits bambins] de ta race !
- Hmm, je vois. Votre maman travaille-t-elle toujours sur la chaussée ? Euh, sinon on peut réessayer ma carte une dernière fois ?
- *Groumf* Allez-y… [suspense insoutenable]

Je vais m’arrêter là d’ailleurs, tiens. Et s’il y a bien une chose que je ne supporte pas…

Ils sont partout
Le 06/06/2006 - 23:39

Ce week-end, c’était le mariage de mon copain Rico (que vous avez pu admirer récemment en train de s’envoyer en l’air avec le grand schtroumpf).

Dans la campagne profonde. Avec des vrais morceaux de vache dedans et tout. Encore quelques kilomètres et je m’attendais à atteindre la ferme de Saoulfifre.

J’ai bien fait de tourner à gauche au rond-point, j’ai atterri chez Abs.

Comment je le sais ? Facile, ces salopards de voisin avaient indiqué le chemin qui mène à sa villa par une pancarte on ne peut plus claire.

- Il est totalement arbitraire ce post ! Pourquoi t’as choisi Abs comme victime ?
- Oui, il est entièrement arbitraire. On est lobby ou on n’est pas lobby ?
- Mais Yaelz elle va pas faire la gueule que tu préfères Abs ?
- Tu déconnes ? Je les aime les deux autant, t’es pour la pédérace paix des races ou quoi ?
- Mais non, le lobby ne fait pas le moine !

Ce jeu de mot vous a été gracieusement offert par Qwoq.

Friends est une série de naze
Le 05/06/2006 - 20:54

Le titre, c’était juste pour le coup de gueule.

Les moins autistes d’entre vous auront remarqué combien, et ô ami(e) lecteur(e) sache combien je le regrette parfois, la qualité et la fréquence de mise à jour de ce blog est dégradée ces derniers temps (disons un mois pour être juste). Allez, là, on dit “mais non, mais non” pour rassurer l’auteur qui, rappelez-vous, n’est pas payé pour toutes les insanités qu’il commet ici régulièrement.

La raison est simple et limpide : je travaille beaucoup. Vous saisirez la nuance avec “j’ai beaucoup de travail”, terme utile aux fonctionnaires pour justifier un arrêt maladie pour harcèlement moral.

Je travaille beaucoup… mais j’aime ça. J’aime mon travail, j’aime ce que je fais, j’aime ma boîte, j’aime mes clients (surtout la grande mannequin), j’aime mon métier en fait.

En quoi consiste mon métier, j’aurais du mal à le définir. Un raccourci autodescriptif qui conviendrait : “Des gens ont des problèmes. Des problèmes parfois identifiés, d’autres souvent enfouis. Parfois les gens sont les problèmes. Mon métier consiste, pour la modique somme d’environ un SMIC par jour, à identifier l’ensemble des problématiques du domaine concerné et d’accoucher d’une solution basée sur la minimisation des contraintes et la maximisation des objectifs.”

En plus raccourci encore, je dirais que je suis à la fois plombier et psy : pour une somme élevée, je suis capable de colmater les fuites physiques (l’informatique) et psychologiques.

Ce que je préfère dans mon full time job, c’est évidemment le côté psy (car je suis un fin psychologue, :fuck: ).

Certaines équipes qui ne se parlent jamais ou qui ont des objectifs antinomiques doivent communiquer pour la réalisation d’un projet commun. Mais comme toujours, communiquer c’est dur !

Transmettre un message à l’autre, cela demande un maximum d’énergie. Malheureusement, qui dit transmission dans un milieu non adiabatique, dit déperdition. En effet, si l’intensité initiale (la volonté) est de 100, l’intensité émise est nécessairement inférieure, disons 80 pour les génies, 50 pour le commun des mortels. A la réception, pareil : celui qui entend reçoit forcément moins d’énergie. Bilan : 100 émis, 10 reçu. Même les lasers du commerce ont de meilleurs rendements !

En traitement du signal (comment j’ai pu me la péter avec mon Mastère en traitement du signal : “oui et toi tu as fait quoi ? Ben moi, Mastère de traitement du signal… Oh purée, ça veut dire quoi ? J’sais pas mais ça en jette…“), la déperdition est liée à la fonction de transfert du canal. Dans le cas du téléphone portable par exemple, le canal c’est l’air ambiant (+ intempéries + interférences électromagnétiques) jusqu’à la borne la plus proche.

Dans le cas de l’humain, on décompose ce canal en trois : le prisme (ou différentiel) entre mon moi intérieur et mon moi extérieur, la parole et le sens des mots (je ne vais pas vous refaire toute la théorie) et le prisme entre le moi intérieur/extérieur de mon interlocuteur.

Comment optimise-t-on la communication ? En optimisant ce canal, bien vu jeune Padawan !

Pour la parole, utiliser des termes précis et descriptifs blablabla. On le sait, on aborde des limitations intrinsèques au langage. Peu d’intérêt.
Mais optimiser le prisme interne, quelle aubaine !

Lorsque l’on fait du conseil, il faut savoir être humble, faire preuve d’abnégation parfois, et connaître ses propres forces et faiblesses en permanence. J’avais déjà expliqué sur ce site l’importance de réduire la membrane entre ce moi intérieur intime, faible et bourré de complexes, et le moi extérieur que l’on offre aux autres, arrogant et sûr de lui (et dominateur si on est juif, d’après le Général) pour exister réellement. Toute disproportion entre l’extérieur et l’intérieur crée l’effet “ballon de baudruche” : on pique un coup et paf ! ça éclate.

Ce travail sur soi permanent est un des axes majeurs de la vie en société (et de la relation de couple !) : connaître exactement ce que j’amène, reconnaître exactement ce qu’on me donne (merci le Talmud !). Pour ma part, je ne dis pas que je réussis à appliquer ce travail, mais je m’y efforce.
Et j’avoue que je suis en permanence tenter d’appliquer cette méthode de “coaching” en clientèle : au lieu d’essayer tant bien que mal d’optimiser le canal intermédiaire (le langage, les écrits), les obliger à se chercher eux-mêmes en réglant certains conflits intérieurs (liés au boulot évidemment : je ne vais pas régler le complexe de surpoids de ma cliente).

Et en les forçant à se dépasser, je m’oblige immanquablement à me dépasser.

Hé oh, être payé pour progresser ? Vous trouvez ça où vous ?

Chaussée aux moines
Le 01/06/2006 - 18:27

J’ai vu X-Men 3 cette semaine. J’ai été assez déçu, même si je suis toujours amoureux de Wolverine.

Ci-dessous la BD qui raconte l’épisode d’une série parallèle, les A-Men.

Pour voir en grand, toi cliquer dedans !