Les femmes peuvent parler 1 minutes sans s'arrêter
Le 04/08/2006 - 19:29

J’inaugure une nouvelle rubrique, encore, cette semaine : “souvenirs, souvenirs”.

L’été, les tubes des années 80 qui font peur


Mes parents habitaient dans la banlieue de Paris, dans un petit pavillon de 2000 m² tout propret, tout mignon. Avec petit jardin tout autour, un très méchant petit chien (il portait bien son nom : Samson !) qui est mort depuis, écrasé par une bagnole libératrice de tous les maux de notre avenue (on peut raisonnablement comparer l’évasion de mon chien à celle d’un lion affamé, blessé et testostéroné), et de jolies fleurs au balcon, et pâques aux tisons.

Cette splendide villa trônait parmi les autres maisonnettes, vétustes et sales de mon quartier, pile poil à l’arrêt des bus 168, 150a, 150b et 350. Coïncidence ou cadeau du ciel, ces mêmes bus passaient par la gare centrale de ma ville, où faisaient une halte, dans un cri strident à réveiller Beethoven de sa tombe, les RER D provenant de Paris tous les quarts d’heure.

Le modeste manoir de mes parents étant situé à huit minutes à pied de la gare, je descendais la rue chaque matin à 7h20 pétantes pour attrapper le train de 7h31. Je me laissai trois minutes de marge pour les cas de réveils difficiles, lavages de dents de dernière minute, et possibilité de croiser la voisine à la poitrine opulente, de 3 ans mon aînée.

Le soir toutefois, lorsque je rentrais de l’Université ou d’un des nombreux cours que je donnais à des imbéciles enfants en difficulté, riches de surcroît (ils habitaient tous des hôtels particuliers dans le seizième arrondissement de Paname), j’étais fourbu, cassé, usé. Les tempes battantes, le coeur à plat, le moral à zéro. Et Zinedine Zidane n’était pas encore connu.

Je décidais donc, parfois, d’attendre patiemment l’un des bus qui me conduirait calmement à la maison, afin de reposer mes jambes, mon esprit et ma conscience (d’avoir piqué 200 balles à des richards pour un cours de CM1, véridique).

A mon grand dam, le plus souvent.

En effet, vers les huit heures du soir, ne circulaient plus beaucoup de bus dans ma petite ville. Et faire le pari d’attendre pouvait me coûter bien plus cher que les 10 minutes de remontée pédestre. Et puis une fois qu’on a attendu dix minutes bêtement, on veut rentabiliser son investissement : hors de question de repartir à pied !

Lorsque parfois, excédé, je décidais de remonter la rue brinquebalant, mon enclume-sac à dos sur l’épaule, neuf fois sur dix je voyais immédiatement filer à toute allure un bus, MON bus ! Evidemment, je vociférais des imprécations maléfiques contre, pêle-mêle, le sort, le conducteur et la RATP mais rien n’y faisait : le bus n’allait pas se planter dans un platane comme je l’avais souhaité.

J’avais alors élaboré une technique pour décider si, oui ou non, j’allais attendre le bus. Je comptais jusqu’à un certain nombre, qui possédait impérativement la propriété d’être premier (un nombre premier Abs, c’est un nombre qui n’est divisible que par un et par lui-même, hein. Par exemple, 3, 17 ou 29…). Selon l’heure, je décidais arbitrairement d’augmenter ce nombre, pour me laisser une chance, quand même.

Je scandais les numéros à voix haute, un par seconde. Comme une prière, une incantation, un enchantement. Je fermais les yeux, pour attirer sur moi la puissance du hasard.

Et ben, croyez-moi si vous le voulez, mais ça n’a jamais marché.

11 commentaires

  1. 1
    Bof...etc. nous dit :

    Ah d’accord, on va les dĂ©velopper, les langues Ă©trangĂšres. Auve ‘na votz que conneisse plan: ‘qu’es ‘quella de SF que ven marendar chatz nos. Va far de las migas. Se ‘las son pas bonas, en conneisse que van se far ensurtar, fuec de DiĂč!

  2. 2
    antenor nous dit :

    c’est le dĂ©but d’une nĂ©vrose obsessionnelle ou je ne m’y connais pas… youpi !

  3. 3
    antenor nous dit :

    c’est le dĂ©but d’une nĂ©vrose obsessionnelle ou je ne m’y connais pas… youpi !

  4. 4
    Tant-Bourrin nous dit :

    Quel nigaud tu fais, hein ! Tout le monde sait que les bus RATP ne s’arrĂȘtent qu’aux multiples de 92 !

  5. 5
    bakemono nous dit :

    200 balles pour un cours de cM1?! La vérité, comme tu les as bien dépouillés!

  6. 6
    ab6 nous dit :

    J’le savais pour les nombres premiers (j’ai eu 16 au bac -de lettres-) grace Ă  ça…:)
    je crois que je vais adorer cette nouvelle rubrique !

  7. 7
    Pascal nous dit :

    200 FF pour un cours de CM1
    et 200 raisons de ne pas payer la cotisation !
    Tiens voici le bus 465482463820 !

  8. 8
    Xquise nous dit :

    D’ou l’intĂ©ret d’etre prof par correspondance.

  9. 9
    Badibuh nous dit :

    37! Je valide.

  10. 10
    Byalpel nous dit :

    Bof > Ok, mais rendez-vous devant le resto alors !

    Antenor > J’en connais mĂȘme qui sont devenus marĂ©chal/chauds !

    Antenor 2 > Et comme névrose de cliquer 2 fois, tu connais ?

    TB > C’est toi le nigaud : multiple de 92 c’est seulement dans les hauts de seine !

    Bakemono > La vĂ©ritĂ© comment tu croyais que j’ai payĂ© mon appartement sur les champs cash ?

    Abs > Ah ouais ? 192863721 est-il premier, alors, si tu fais la fiĂšre-Ă -bras ?

    Pascal > Ouais mais euh… c’Ă©tait avant. Et faut bien que je trouve de nouveaux pigeons !!! Allez, paie !

    Xquise > (welcome) Ben j’ai Ă©tĂ© prof de tennis par correspondance et tu me croiras si tu veux, mais ça n’a pas marchĂ© non plus.

    Badibuh > PurĂ©e j’ai encore ratĂ© le 37 !!! Je vais attendre le 41.

  11. 11
    dragibus nous dit :

    c’est sur “y a des gens qui sont stricts” Ă  la RATP aussi ….