Une fois, j'ai eu 14 en maths.
Quand on aura 20 ans, en l’an…
Le 29/09/2006 - 00:55

Chroma key : Code de chromaticité, pour modifier les couleurs. Il permet l’incrustation vidéo : un objet est filmé sur un fond uni de couleur pure ; après numérisation, on enlève ce fond par sélection de couleurs et on le remplace par un autre, p. ex. une carte météo derrière un présentateur de télévision. Terme dérivé : chroma keying. On dit « incrustation en chrominance » en français.


Appel à l’aide
Le 27/09/2006 - 11:13

[Ceux qui ont lu le précédent billet savent que je ne m’émeus jamais. Et surtout pas lorsque j’assiste à un concert de violons. Amis parisiens et d’Ile de France, je vous conseille très grandement d’assister au spectacle Corps à cordes qui se joue actuellement au Théâtre de Paris. Ils sont drôles, ils sont talentueux, ils sont émouvants, ils sont exceptionnels. Et si je peux choisir ma prochaine réincarnation, je choisis la contrebasse.]

Ceux qui ont également lu d’anciens billets savent que je ne suis pas du genre à demander de l’aide aux autres. J’suis un mec moi, un vrai. Un peu désespéré aujourd’hui c’est vrai, mais je m’en sortirai tout seul.

– soupir –

D’accord je l’avoue j’ai besoin de vous, ami(e) lecteur(e). Mais toute passivité de votre part sera plaidable devant un tribunal pour “non-assistance à personne en danger”. Et vous aurez probablement mon suicide sur la conscience. Et la peste bubonique, les hémorroïdes purulents et la rétrodiarrhée(*) s’étendront sur vous et votre famille pendant des générations (oui, j’ai relu la Bible récemment).

Croyez-vous en la Providence ?

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma femme. Elle a 25 ans. Elle est toujours aussi belle, drôle, intelligente, douce et accroc des fringues que quand je l’ai connue. Evidemment, un quart de siècle, ça se fête. Enfin, je ne vois pas pourquoi dans ce cas, 24 ans (un cinquième de siècle) ne serait pas fêté avec la même exubérance et la même hystérie mais partons de cet axiome plébéien : “25 ans, ça se fête”.

Pourtant ce matin, à cinq heures précisément, ma femme m’a quitté. Elle est partie en claquant la porte. En me laissant seul, agonisant dans mon lit.

Je fais bien le tragique hein ?

Elle est partie bosser pour trois jours à Lyon. Et moi j’ai un mal de gorge d’enfer. Faut pas dramatiser hein. Et les filles faut pas en profiter pour vous pointer chez moi, ma belle-mère a installé des webcams dans des angles impossibles.

C’est là qu’intervient la Providence, et toi très cher(e) lecteur(e). Trois jours de distance, mon coeur est brisé certes, mais c’est également un délai supplémentaire pour trouver un cadeau d’anniversaire.

Il existe trois passages difficiles dans la vie d’un homme : la circoncision, la bague au doigt, le cadeau d’anniversaire à sa femme. Pour citer à nouveau la Bible : “Et l’Eternel maudit l’Homme parce qu’il avait mangé le fruit défendu : tu gagneras ta vie à la sueur de ton front et ta femme te prendra les trois quarts. Et si tu continues avec tes conneries, je la rendrai susceptible sur son cadeau d’anniversaire. Si J’étais à ta place, Je déconnerais pas.”

On est d’accord les mecs, il a déconné ?

Voilà, j’en suis réduit à mendier votre aide : je vous en supplie, je suis à genoux, je vous conjure de m’aider. Une idée de cadeau d’anniversaire pour ses 25 ans. Il me reste 48 heures de stress et d’angoisse à passer avant qu’elle rentre (elle n’a pas accès à Internet, je peux donc me confier à vous fidèle lecteur(e)).

Proposez-moi des idées, s’il vous plaît. S’il vous plaît. Pas des irréalistes, ni des stupides, ni des trop excentriques. Pour le budget, j’aviserai ensuite (on n’est pas à 5 000 € près). Mais lâchez-vous. C’est une question de vie de couple ou de mort en célibataire.

Celui ou celle qui me fournira la meilleure idée gagnera un cadeau ! Si c’est une fille qui gagne, je referai appel à vous gentil(le)s lecteur(e)s pour m’assister dans le choix du cadeau évidemment. Illustration parfaite de la mise en abîme.

En vous remerciant, comme disent les jeunes (de 25 ans).



(*) : cad, une diarrhée régurgitée

Le livre
Le 25/09/2006 - 13:42

Je m’émeus rarement. Je possède un sas émotionnel qui tempère mes excès extatiques fugaces.

Et puis je refuse l’éducation des sentiments inculquée par la télévision ou les médias : plier les zygomatiques aux rires enregistrés, tirer une larmichette à l’accord de piano plaqué, frissonner lorsqu’une porte claque.

Je connais même des filles qui pleurent si elles découvrent une rose abandonnée à un arrêt de bus.

Et puis j’ai vu le livre.

Le vieux monsieur était assis au rang derrière moi, sur ces bancs de bois de chêne noir d’une époque ancienne. Il était accoudé, les yeux dans le vide, son châle de prière ourlé sur la tête. De ma place, je n’apercevais que son regard triste et bleu, et l’orée de ses cheveux blancs clairsemés ramenés en arrière.

Et puis j’ai vu le livre. Dans ses mains diaphanes, décharnées, dont les veines tellement visibles semblaient vouloir exister au-delà de la chair, un livre en cuir usé, jauni et terne, mais qu’il pressait avec ardeur.

Je ne sais pas combien de temps j’ai fixé ce livre, ou étaient-ce ses mains, lorsque j’ai été interrompu dans mes rêveries par cette voix cristalline : “Tu veux regarder mon livre ?”. Le vieil homme s’était rapproché et me fixait désormais. Des yeux terribles, intenses. Qui masquaient un intérieur tapissé, riche, vivant. Des rides sillonnaient son visage glabre et son front large. Un sourire amical et doux habillait ses lèvres fines. Moi, j’étais hypnotisé, perdu, aboulique. Il m’a alors tendu le livre avec un sourire qui s’élargissait. Et comme si je l’avais demandé à voix basse, s’est assis près de moi et m’a raconté l’histoire de ce bouquin.

Le cuir marron avait viré à l’ocre sur la couverture écornée par l’usage. Les pages étaient gondolées et flétries, ternies par le temps et les mains sales. Certaines d’entre elles étaient plus usées, saturées d’un camaïeu de marron, de cannelle et de safran. Des abbréviations indéchiffrables ou des commentaires au crayon illustraient certains passages. Quelquefois, un fil d’or soutenait encore quelques feuilles qui rêvaient de liberté.

“C’est le nom de votre père ?” ai-je demandé timidement lorsque j’ai aperçu un nom sur la couverture interne. “Non, regarde la date” m’a-t-il répondu doucement.

L’impression de ce livre datait de presque un siècle. J’étais médusé. Il avait appartenu à son aïeul, puis transmis de père en fils comme trésor de famille. Ce livre avait vécu les deux grandes guerres tapi sous les matelas de paille, entendu les joies des naissances et des mariages, enduré les pleurs et les sanglots des fils endeuillés, subi les lamentations et le désespoir des périodes d’oppression, accueilli en silence la ferveur des prières emplies d’espoir et d’amour envers le Créateur. Il avait traversé les mers lors des expulsions, enfoui dans une poche double, préféré aux bijoux et au coffre à photos. Il avait été gage solennel, d’une promesse éternelle entre un père et son fils. Il avait été perdu, abandonné, réduit au silence et aux ténèbres des placards par une génération infidèle. Il avait accepté sans résister les commentaires ésotériques griffonnés année après année, dans des langues, des volutes et des couleurs variées.

J’ai parcouru le livre, et j’ai fermé les yeux. Durant ce bref instant, j’ai vu, j’ai goûté, j’ai ressenti, j’ai souffert et j’ai connu l’histoire de ce livre, de cet homme, de cette famille.

En se levant fébrilement, le vieux monsieur m’a dévisagé d’un coup d’oeil puis m’a serré la main. Fermement. Comme s’il ne voulait plus jamais me lâcher. Il m’a attiré vers lui, vers son regard intense où brillaient les éclairs et la vie et dans un souffle m’a confié : “Ton nom. Ecris ton nom sur ton livre. Tu vivras éternellement.”

Nous sommes restés un temps infini à nous regarder les yeux dans les yeux. Nos âmes communiquaient. Nos passés se mêlaient. Nous remontions le fleuve de l’éternité ensemble, vers les origines de nos vies. Et puis brusquement, sans prévenir, le feu s’est éteint, ses yeux se sont voilés, il a souri de ce sourire poli des vieilles personnes qui s’excusent encore de nous déranger et timidement, est retourné s’assoir sur le banc de chêne noir.

Il avait en main un vieux livre de prières. Et moi la tâche précieuse de construire l’éternité.

Beaux nénés, bonne sans thé !
Le 21/09/2006 - 20:17

Je comptais écrire un article dans la catégorie Plumitif mais ces salopards de juifs ont placé leur nouvel an ce week-end. Du coup, je dois changer mon programme en tant que rédacteur en chef avisé et unique.

J’aime bien l’expression salopards de juifs, ça fait grimper mon page rank sur google.

Donc, en cette nouvelle année hébraïque, je voudrais souhaiter une douce, heureuse et bonne année à tous les hommes, toutes les femmes sur cette planète, les gentils, les méchants, les minces, les gros, les chauves, les barbus, les homosexuels, les hétérosexuels, les chaudasses, les prudes, les drôles, les coincés des fesses, les noirs, les jaunes, les rouges, les blancs, les arabes, les musulmans, les catholiques, les protestants, les hindous, les adeptes de secte, les athées, les jeunes, les vieux, les handicapés, les génies, les hommes mariés, les femmes célibataires, les français, les européens, les israéliens, les libanais qui souffrent aussi merci matthieu, les asiatiques, les africains, les américains, les habitants de la campagne ou de la ville, les travailleurs de nuit, les fonctionnaires, les hommes politiques, les commerçants, les agriculteurs, les sportifs, ceux qui votent à gauche, à droite, aux extrêmes, les lecteurs de ce blog, les lecteurs de bouquin, les dessinateurs, les jeunes à casquette, les vieux à canne, les racistes, les altermondialistes, les libéraux, les cas sociaux, les obsédés, les amorphes, les aveugles, les sourds, les astronautes, les sales, les maniaques, les présidents iraniens, les filles de joie, ma famille, la famille de ma famille, la famille de vos familles, le monde entier.

Je rêve de ce monde où tous ensemble, tous ceux à qui je viens d’adresser mes voeux dansions, main dans la main et le coeur tendu vers les autres, afin que ce monde révèle la meilleure partie de lui-même : l’Amour.

T’imagines, si ensuite chacun s’abonnait à ce blog même à 1€, je serais immensément riche !

Il est de tradition de demander pardon avant la nouvelle année juive. J’aimerais donc publiquement ici m’excuser auprès de ceux que j’ai pu blesser ou offenser par mes commentaires, mes articles ou mes photos. J’espère qu’ils ne m’en tiendront pas rigueur, je regrette si je les ai vexés ou insultés alors qu’ils ne partageaient pas mon opinion ou mes idées. Un autre jour, j’aurais bien rajouté “et je vous emmerde” mais pas avant le nouvel an, j’étais sincère.

Enfin, une petite pensée personnelle pour ma soeur, mon bof et ses trois minots qui ont décidé il y a un mois maintenant d’émigrer en Israel. Cette année nous serons sans vous pour le Séder (le repas traditionnel du soir de la fête), mais on pense à vous. Une pensée d’ailleurs à toute la famille et aux potes en Israel, les anciens et les potes du blog : on vous souhaite une année douce comme le miel, remplie de paix et de joies. Et de paix. Amen.

Un message d’encouragement également à tous les musulmans du monde qui débuteront le ramadan ce week-end. J’espère que vous bosserez un peu en journée bande de fainéants (je déconne là, merci de ne pas m’expédier de fatwa par la poste…).

Sinon, pour les autres, rien de spécial : on se revoit lundi.

Chana Tova !

Idée folle n°16
Le 19/09/2006 - 23:50

Rappel : toutes ces idées sont copyright (you have the right to copy).

Le Sélectoréveil

Il est presque l’heure du crime. Vos pas sont lourds, vos paupières aussi, l’hypnotiseur qui vous assomme est tout naturel : la fatigue d’une longue journée de la fille arabe labeur.

Si vous êtes célibataire, vous vous laissez tomber séance tenante sur votre lit en pleurant toutes les larmes de votre corps de célibataire, et programmez manuellement votre réveil pour le lendemain 7h30. Rien de spécial dans votre vie monotone, laissez tomber, le Sélectoréveil n’est pas pour vous. Rendormez-vous ! Allez, va t’coucher, allez !

Si vous êtes marié(e), ou que vous vivez dans le péché (pas marié(e) donc) ou que vous vivez dans l’ultra-péché (avec une personne du même sexe) ou dans le top-max-sa mère-péché (vous vivez avec un homme politique), ce produit miracle tout droit issu de ma folie coutumière vous ravira.

Il est l’heure du crime désormais, vous êtes sous la couette bien au chaud hé oh ! Vous arrêtez avec vos cochonneries ça va un temps ! et il est l’heure de rejoindre Morphée et sa clique dans ce qui ressemble le plus au paradis sur terre : les chiottes un sommeil doux et réparateur entouré(e) des bras de votre conjoint(e). De vos conjoint(e)s si vous êtes légèrement pervers(es).

- Chéri(e), tu mets le réveil ?
- Ca y est chéri(e), il est mis !
- Ok alors bonne nuit grosse vache !
- Bonne nuit sale porc !

Demain vous commencez à onze heures, votre femme à neuf. Ami(e) lecteur(e), toi qui est vif et perspicace, tu auras compris que le réveil va sonner à 7h, et du coup te niquer toute la grasse mat’ que tu espérais kiffer ta life. Pourquoi ? Parce que tu n’as pas utilisé le Sélectoréveil !!

En effet, le Sélectoréveil est composé d’une base (le réveil, avec l’heure, les boutons compliqués de réglage, et tout ce qui en fait un appareil de geek bien customisable), et deux couples de boules Quiès électroniques (les SélectoQuiès).

Vous programmez, à même la base, votre horaire de réveil (9h30) et celui de votre conjoint(e) (7h00), vous enfilez les boules SélectoQuiès et vous traitez l’autre affalé(e) des noms d’oiseaux les plus croustillants, de toutes façons il ou elle n’entend plus rien.

Lorsque le réveil sonnera à 7h00, les SélectoQuiès de votre femme s’activeront et ne filtreront plus les perturbations sonores extérieures. C’est le réveil assuré. Et vous de poursuivre votre sommeil de bébé jusqu’à 9h30, sans scrupules ni angoisses. Et un léger sourire sadique aux lèvres, en pensant qu’elle va se lever toute seule dans le noir cette fois, et c’est bien fait.

V2 : le modèle de famille (5 SélectoQuiès inclus) avec la possibilité de ne pas filtrer les cris de bébé (pour les parents vraiment peureux ou les baby-sitters payées au noir).
V3 : Le BougeoQuiès qui vous conserve endormi malgré le remue-ménage que crée votre conjoint(e) en se levant du lit, parce qu’elle a vu pointer votre sourire sadique.

Merci qui ?

Licence to kill !
Le 17/09/2006 - 22:09

Je vous parle d’un temps que seul le moteur de recherche de ce site peut connaître : Paris, en ce temps là..

Vous avez tout intérêt à lire ce billet (drôle et bien écrit, déjà) pour comprendre celui d’aujourd’hui. Pour résumer pour les fainéants et les connexions bas-débit, deux policiers zêlés m’ont infligé un retrait de 7 points sur mon permis de conduire, menaçant par-là ma fébrile stabilité routière (j’ai péché dans ma jeunesse, et ce procès-verbal risquait furieusement de m’imposer le statut dégradant de piéton).

Ca a payé. Pour le Ministère de l’Intérieur, s’entend.

Depuis un mois, c’est le calvaire que je vis. Obligé de restituer mon permis à l’agent de la préfecture, comme si je rendais ma nationalité française. Obligé d’emprunter le transport en commun, avec la plèbe, le bruit, les odeurs, les sales gueules, le temps de trajet, les correspondances… Obligé de laisser ma femme faire les courses toute seule pour rapporter quelque trentaines de kilos lorsqu’elle embarque de la lessive dans son caddie cassé.

Bref, donc, je n’ai plus de permis. Depuis trente jours exactement et pour encore cinq long mois.

Les railleurs penseront “enfin un danger de la route” mis hors d’état de nuire. Pas de bol, j’ai encore un vélo. Et un fusil mitrailleur AK-47 sur le guidon.

Oh et puis, je me plains… Je profite des transports en commun comme personne. Je lis mes livres en un temps record, je me fais régulièrement interpeler par un grand Noir qui me rappelle que Jésus est mon sauveur, je respire les aisselles des ouvriers, je suis comprimé contre les poitrines opulentes des grands-mères (et jamais la grande blonde, jamais)… Et puis je n’ai pas encore vécu ma première grève à l’âge adulte.

J’avais aussi oublié qu’il était techniquement possible mais humainement désespérant de parcourir mille fois les mêmes publicités navrantes dans les couloirs de métro. La plupart pour du matériel informatique bradé, ou pour des pièces de théâtres toutes crevées de l’Académie Française.

Et si vous avez remarqué, vous le peuple, pour qui les progrès scientifiques représentent pourtant un dû, une évidence, une fin en soi, que les couloirs de métro hébergeaient en leur sein le déshonneur, la déchéance et probablement la plus grande menace pour la survie de l’humanité : l’escalator.

L’escalator est probablement l’invention la plus époustouflante que l’homme ait façonnée, soyons honnête : au lieu de déambuler les yeux hagards à huit heures du matin les 400 km (à cette heure, on le sait grâce à la théorie de la relativité restreinte, les distances apparaissent plus longues) des mornes couloirs, vous pouvez filer à 9 km/h si vous avez la chance de transiter par la station Montparnasse-Bienvenüe ! Bonjour le réveil, sans caféine !

Mais, et c’est le revers de la médaille, l’escalator mènera l’humanité - parisienne du moins - à sa perte quand on voit le nombre de grosses larves qui ne veulent pas BOUGER LEURS GROSSES FESSES CHARNUES ET MONTER LES QUELQUES ESCALIERS QU’IL RESTE A PARCOURIR, TOUT CA EN NE SERRANT PAS A DROITE !

L’escalator engloutira les pays industrialisés européens (sauf l’Angleterre, qui a su créer un fossé entre son subway et les autres métros européens : mind the gap ! Je pourrais me suicider après cette blague et partir au top de ma gloire, c’est vrai…) dans l’opprobre, l’anathème et l’infamie parce que le jour où vous partez en week-end, ce jour précis où, acculé à tirer cette foutue valise lourde comme deux enclumes dans ce métro torride parce que vous n’avez plus de permis la purée de leur mère, CE SALOPARD EST EN REPARATION VEUILLEZ NOUS EXCUSER POUR LA GENE OCCASIONNEE BIEN FAIT POUR TA GUEULE !

Enfin, l’escalator mènera le monde entier au chaos, à l’anarchie et à l’insubordination parce que, à l’heure de pointe, lorsque même les tourniquets d’entrée sont submergés de monde, il existe toujours un couple d’attardés trop pressés (notez l’effet de style, c’est pas tous les jours) POUR VOUS COINCER ENTRE DEUX MARCHES DE L’ESCALATOR, EN EQUILIBRE INSTABLE PENDANT PLUS DE VINGT SECONDES, manquant de renverser la pile des voyageurs d’en-dessous tels des dominos usés. QUAND TU TE COINCES PAS LE MOCASSIN TOUT NEUF SUR LA RAMBARDE FRAICHEMENT REPEINTE !

Parfois je rêve même d’escalators…

Cinq mois. Il me reste cinq mois. Courage.

Nine eleven, et après ? Thirteen ?
Le 12/09/2006 - 20:53

Avant-hier, c’était le onze septembre.

A la radio, on nous a encore gavés de commentaires les plus divers, de la femme qui pleure en parlant de son fils mort sous les décombres des tours jumelles à l’analyste glacial pour qui, “l’Amérique sait depuis lors qu’elle ne sera plus jamais en sécurité sur son propre sol”. C’est lassant, c’est lassant…

On parle d’anti-américanisme primaire chez nous les Français. Ben on n’est pas loin, et pas dans les couches inférieures de la société, “la France d’en bas”, la lie de l’éducation non non. Des gens bien éduqués, avec la chemise, la cravate et le balai où je pense qui vous assène des vérités comme “les Américains, ils sont tous …”.

Ils sont tous quoi ?

Bénis oui-oui ? Rigides ? Patriotes ? Obèses ?

Combien de bêtises j’ai pu entendre lors de conversations mondaines, dans le métro. Ou sur mon lieu de travail.

“Ah mais attends, les films américains, Hollywood et compagnie, c’est pauvre, ils nous imposent un modèle et…”. Je veux pas dénoncer mais je me demande où sont les grands films français depuis cinq ans, comparés à ceux qui sont sortis aux Etats-Unis ? La grande époque du cinéma français est derrière nous, c’est pas avec Lorent Deutsch ou Pascal Légitimus qu’on fera une ombre aux palmarès américains. Evidemment qu’ils sortent régulièrement des monuments de cadavres cinématographiques pré-emballés. Mais je troquerais pas un Ray ou un Batman begins pour tous les films français des deux dernières années… Effroyables jardins, ça date de 2002 quand même.

Et puis étendons la lutte, parce que je cause des américains, mais tous les schémas englobants me mettent hors de moi. “Ah mais les Indiens, ils sont particuliers, ils sont tous…” ou “les Africains” ou “les Juifs” ou “les Arabes” ou… Bon j’arrête on tombe dans les banalités que je dénonce.

Une fois un copain m’a dit : “c’est normal que tu sois pro-américain, toi”. Je m’étonne. “Ben oui, poursuit-il, vu leur position avec Israel”.

Coupable de pro-américanisme primaire, voyez-vous donc. “Ben non, que j’lui réponds, j’ai pas du tout aimé Los Angeles”.

Et puis tout ça, c’est de la gnognotte. Les pois chiches dans le couscous. Les français sont anti-américains primaires (tiens, moi aussi je généralise), les américains sont anti-français primaires… C’est sûr que c’est le bon terreau où fermentent de bonnes guerres, mais ça reste des préjugés “passifs”. Idiots mais pas agressifs (personne n’a été agressé en France parce qu’il est Américain. Physiquement en tout cas).

Mais prenons Christophe Alévêque, le comique, qui n’a de point commun avec l’extrême-droite que sa moustache hitlérienne et l’appartenance à un mouvement politique extrême lui aussi (”à babord toutes !”). Attention je n’ai rien contre l’extrême-gauche. “Il faut de tout pour faire un monde” chantait l’imbécile heureux dans le générique d’Arnold et Willy. Alors il faut aussi des gens très maladroits, dits d’extrême-gauche, voilà.

J’ai vu son premier spectacle au Trévise, je me suis fait pipi dessus. C’était mi-2001. Puis je l’ai revu, à moindre coût, il passait dans la ville où habitent mes parents. Soucieux de me poiler un soir de pluie et de renflouer les caisses de ma ville -communiste, j’aurais dû faire le lien à l’époque-, je fonce admirer l’artiste. Qui se la pète, cela dit, pas sympa pour deux prunes, mais là n’est pas le débat. Ca dégouline d’anti-capitalisme marxiste, ça suinte l’alter-mondialisme rebelle, mais c’est très drôle, encore.

Et puis j’ai acheté le DVD, que je me suis empressé de visionner sur mon grand écran de riche capitaliste mais qui emmerde tout le monde, je l’ai payé à la sueur de mon front. Et là, il me calme. Au bout de vingt minutes de spectacle, ce malotru prétend se moquer des Etats-Unis en rappelant le 11 septembre 2001. D’un goût douteux certes (on entend les murmures dans la salle) mais il a le droit, c’est vrai. Mais c’est bien plus visqueux quand il en rit, d’un air de dire : bien fait pour votre gueule, ça me fait trop marrer que ça vous arrive à vous (si vous ne me croyez pas, faites-vous prêter le DVD ou téléchargez-le, je paierai votre amende et je prierai pour votre salut en prison).

Bien sûr, il est bête, il ne sait pas. La dépersonnification des victimes, forcément, ça permet de prendre un recul morbide. Mais quand même. Quand même.

Et pour finir sur du poncif 100% d’origine, je dirais que tous les peuples, civilisations, races, nations ont des qualités et des défauts (sauf les juifs évidemment. Va falloir vous rentrer dans le crâne un jour qu’on est le peuple élu, bordel).

Remarque, je dis ça, les Italiens c’est tous des grandes gueules qui font qu’à nous provoquer pour qu’on leur mette des coups de boule dans le thorax…

Confessions
Le 10/09/2006 - 20:20

Ce soir je n’avais pas envie d’écrire, j’avoue. Mal de crâne, fatigue, j’ai écouté Jack Lang à la télé, bref pas l’ambiance d’un article savamment dosé entre humour et psychologie.

Je me dois toutefois de faire une confession sur ce blog. Elle est toute personnelle, puisqu’elle ne vise que ma femme. Mais les voyeurs, vous pouvez rester.

Ce soir, chérie (ma femme donc), tu étais exténuée de ton séminaire et tu t’es endormie délicatement sur notre petit pouf du salon. Tu étais superbe vraiment, et tu le sais que tu es la plus merveilleuse des femmes.

J’ai l’air de prendre des gants ou quoi ?

Avant de t’assoupir, tu m’as demandé de réchauffer des borekas au fromage, pour manger “quelque chose de bon”. Les borekas - prononcez borékasse - (je n’en ai mangé qu’en Israel alors j’imagine que c’est leur pays d’origine - si vous pensez que non, exprimez-vous) sont de délicieux petits canapés (en fait c’est de la pâte feuilletée) fourrés au fromage, aux pommes de terre, aux champignons, aux lardons, au choix. Au petit-déjeuner touristique mais équilibré que je m’enfourne lors de mes séjours au pays du Mur, c’est-à-dire lait au chocolat local, pain toasté local + cottage local + fromage jaune en tranches local + melon sucré local, j’ajoute invariablement deux ou trois borekas. Locaux donc.

Ce soir, j’ai sorti douze petits borekas au fromage (les meilleurs à mon goût) du congélateur, je les ai passés au four et dix minutes plus tard, un parfum suave et irrésistible avait envahi mon salon, ma chambre, la chambre d’amis et probablement les dix autres pièces de notre 250 m².

Je crie, derrière la cloison légère de la cuisine : “chérie, c’est prêt !”. Pas de réponse. J’insiste, car le son circule chez moi à la vitesse d’un cheval au galop : “chérie, les borekas sont prêts !”. Tiens, aucune réaction. J’enjambe les affaires sales en attente d’un bon coup de lessive, je me glisse jusqu’au salon et là, chérie, tu dormais paisiblement.

Pour ne pas te déranger, je me suis chargé d’étendre le linge prêt à sécher en fermant la double-porte du couloir, tout en engouffrant régulièrement un des six borekas qui me revenait de droit.

Puis, je suis venu te caresser les cheveux pour te demander doucement si tu préférais manger ou que je te laisse dormir. Je t’ai même précisé que les borekas étaient prêts. Je les ai délicatement approchés de ton visage pour qu’ils exhalent leur senteur sucrée pour que tu puisses les apprécier en émergeant doucement de ton sommeil las. Mais tu étais trop fatiguée, visiblement. Tu as refermé les yeux, dans un souffle.

Mais contrairement à ce que je t’ai fait croire quand tu t’es réveillée une heure plus tard, tu ne m’as jamais soupiré, les yeux mi-clos : “non, c’est bon, mange-les toi, je n’ai pas faim”.

Je veux écrire un bouquin !
Le 06/09/2006 - 22:43

C’est d’une partie assez obscure de ma vie dont j’aimerais vous causer aujourd’hui. Mais après tout, un blog, c’est fait presque pour ça.

Il y a près de trois ans, alors que je n’étais pas encore marié, je suis allé visiter la charmante ville de Nîmes qui, d’après les informations diffusées par certains hebdomadaires racoleurs, abrite le lycée le plus violent de France. Charmante pourtant, car fraîchement ensoleillée, des autochtones accueillants, une architecture originale.

A cette époque, j’étais célibataire je le précise. Cela peut vous étonner, évidemment, après que vous avez constaté de visu ou par l’intermédiaire de ce blog le physique appétissant, le charme fou, l’humour débridé et le gros bide de l’auteur de ces lignes. Et pourtant, c’est vrai. Lors de ce week-end, j’étais venu me morfondre dans une ville inconnue, tout désabusé d’une histoire d’amour qui a fini mal, en général.

Les yeux hagards ce matin-là, je scrutais attentivement pourtant l’opuscule touristique de la ville afin de trouver quelque occupation qui me sortirait de ma torpeur. Soudain, mes yeux se hérissent et mes poils s’écarquillent. J’avais trouvé l’activité ultime dans cette ville, ouverte un dimanche matin sur ma mobylette : le musée artisanal du djinn.

Des démons à Nîmes ? Yallah, je fonce ni une ni deux à l’adresse mentionnée muni de mon pieu enduit d’ail, de ma croix en forme d’étoile de David et en argent pur, et de mon appareil-photo, on ne sait jamais. J’avais également acheté à la pharmacie du coin un suppositoire rempli d’eau bénite, histoire de leur foutre le suppo. de Satan (ce calembour est déposé à la Chambre de Commerce de Paris, chez Maître Goujon, huissier à Asnières).

Quelle déception, chers amis, quelle déception ! Il s’agissait évidemment (car vous êtes cultivés) d’un tout autre musée : celui du jean original, de Nîmes (d’où denim hein). Tous mes espoirs s’étaient évaporés, un goût amer emplissait mon gosier. J’avais l’impression d’avoir terminé un bouquin de Marc Levy.

Alors, évidemment, j’étais dedans, j’avais payé… J’ai décidé de ne pas sortir et poursuivre la visite, poussé par ma curiosité naturelle et mon avarice de juif, finger ta gueule ! (*). Woaw, super, les six premiers jeans originaux produit par l’usine locale. O-ri-gi-naux, ouais ! Les vrais, les uniques ! Tu vois pas, tout un musée pour ça…

Ah, mais attends, je ne vous ai pas dit : la marque, c’était Levi’s encore un juif, finger ta gueule ! (*). J’ai failli défaillir. C’était trop pour moi : les six jeans originaux, dans la marque la plus vendue au monde, rassemblés ici, à Nîmes, sous mes yeux de parigot ignare des jolies choses, dans un musée artisanal…

Pourtant, je le redis : c’était nul, nul et nul.

La moralité aussi, tiens, histoire de coller avec le thème : les six étaient vrais, de marque Levi’s : c’est nul.

Comment ça, vous aussi, vous avez l’impression d’avoir lu un de ses livres là ?



(*) pour comprendre, lire les commentaires ici ou chez abs.

Iles grenadines, couleur menthe à l’eau
Le 05/09/2006 - 05:06

[Merci à tous pour vos commentaires durant mon absence j’ai vraiment bien rigolé en les lisant. Mais il y en a beaucoup trop, considérez que je vous ai répondu par un de ces aphorismes humoristiques dont j’ai le secret. Et bienvenue les nouveaux qui ont commenté !]

Tant de souvenirs de ce magnifique voyage peuplent ma tête que je ne puis qu’en dresser une liste énumérée, désolé du style pauvre. Comme toujours, ce sont les mauvais souvenirs qui reviennent en premier, comme des cadavres remontent à la surface.

Ceux qui n’aiment pas lire peuvent regarder un court album photo ici (au total j’ai ramené 1200 photos et 20 vidéos, merci le numérique !).

  • J’ai failli crever la première semaine, en croisière sur un catamaran. J’ai cumulé une gastro, le mal de mer, une insolation, une déshydratation, un manque de sommeil flagrant (des micro-siestes de deux heures), des coups de soleil, une migraine ophtalmique, une hipoglycémie, des boutons de moustique et probablement un cancer des cheveux. J’étais allongé sur le sol en teck du bateau, en train de cracher ma bile (au sens propre et figuré), avec l’intérieur de ma tête qui tapait sur des bambous. J’avais l’impression d’être allongé sur un immense trampoline de la taille du Stade de France et que tous les spectateurs sautaient dessus à pieds joints.
  • Les moustiques d’ici ressemblent à ceux du sketch Koumak de Patrick Timsit : ils ne te piquent pas, ils t’empalent. 24h sur 24. Baygon ou pas. Nos jambes ressemblent à un terrain de cross pour insectes inventifs.
  • En une après-midi, j’ai écouté l’intégrale des plus grands tubes de tous les temps repris en reggae. Ca casse un peu le mythe…
  • Dans les îles, la vie est lente. Les animaux, les autochtones, le temps, l’air, tout est lent. L’eau ne bout pas à 100°, elle bout “si elle n’est pas twop fatiguée”
  • Les cons, ils roulent à gauche !
  • J’ai mangé ma dose de poissons grillés pour trois vies. J’ai même mangé du barracuda (c’est cacher le barracuda, étonnant non ?) que j’ai pêché le matin-même. Ca a une patate ces bestioles ! D’ailleurs on l’a mangé au barbecue avec des patates.
  • On a nagé avec les dauphins, les tortues, les poissons clowns, les barracudas, les serpents de mer, les requins dormeurs, les crabes jaunes, les poissons coffre (pratique pour les billets de banque) et les raies manta. Seigneur, que les fonds sous-marins sont superbes ! Quand on ne vomit pas dedans…
  • On a visité l’île Moustique, où les plus grandes stars du monde possèdent une barraque splendide (Mike Jagger, Shania Twain, Bryan Adams, mon père etc…). J’ai même fait pipi sur la plage de Tommy Hilfiger. La classe.
  • Je peux enfin rayer un de mes fantasmes de la liste : faire pipi à 90°. Il suffit de se tenir debout à l’avant d’un bateau qui fonce à 13 noeuds, vent de travers, et de faire pipi vers l’avant. Le résultat est extatique. Moins pour les passagers à l’arrière en fait.
  • J’ai battu une équipe de Marseillais à la pétanque. C’est comme tenter d’apprendre le couscous-boulettes à une grand-mère tunisienne ou d’expliquer le cinéma à Pierre Tchernia. C’est un fameux coup de bol.
  • On a évité de peu l’ouragan qui a sévi récemment sur le Mexique et le sud des Etats-Unis. On s’est quand même pris deux heures de déluge, bloqués sur une île déserte… L’eau était tellement glaciale et la pluie tombait tellement dru que nous nous sommes protégés… dans la mer !
  • La télé à la maison : non ! En vacances : rarement. Sauf quand on est sur le même fuseau horaire pour regarder le tournoi de l’US Open en direct, après la douche. Agassi - Baghdatis en 5 sets, un match d’anthologie.
  • Partir en groupe est à double tranchant : cela met du piment dans le voyage, mais parfois le piment reste en travers de la gorge. Coup de chance, notre co-équipage était génial, hormis “Georges et Georgettes” (le surnom leur restera), parangons d’avarice, qui nous ont gâché quelques soirées. J’aimerais toutefois leur ressembler : à 70 piges, plonger masque et tuba dans une mer enragée, faut le faire.
  • C’était une intuition, c’est une certitude : les français sont chiants en tant que touristes. Surtout Georges et Georgettes.
  • Je n’aime pas la bière en général, mais la bière locale “Piton” se boit comme du petit lait. Caillé.
  • J’ai enquillé quatre bouquins lors du voyage dont un très drôle : God save la France de Stephen Clarke que je vous conseille grandement. Ca m’a donné envie d’écrire un livre, depuis le temps que ça me trotte dans le crâne. Et puis je me sens tellement nul à côté des auteurs que je lis ou découvre que je remets ça encore et encore… Peut-être que si je lisais du Nothomb / Levy, ça me redonnerait confiance ?

Je vous avais même préparé une petite vidéo, ci-dessous. Comme quoi on déconnecte jamais complètement…


Il vous reste l’album photo ici si vous cherchez des photos pour votre fond d’écran… Et moi je repars au boulot, avec le sourire : je suis encore au rythme des îles…