Les femmes peuvent parler 32 minutes sans s'arrêter
Idée folle n°17
Le 29/11/2006 - 19:05

[Difficile d’effectuer une transition après le précédent article. Cependant, puisque vous m’avez habitué à un nombre très important de commentaires, il va falloir désormais tenir le rythme. Exceptionnellement, il n’y aura pas de femmes nues dans cet article.]

Rappel : toutes ces idées sont copyright (you have the right to copy).

Le D.A.C.E.C.S.B.

- “Mais qu’est-ce que tu fous ? Accélère !!”
- “T’es malade ? Freine ! Freine !”
- “Allez, le feu est vert là, démarre plus vite !”
- “Mais si, tu passes là ! Pourquoi t’es molle comme ça ?”

Ah, mes amis, les tragédies quotidiennes lorsque nos femmes prennent le volant… Silence les greluches, on écoute.

Depuis que je n’ai plus mon permis (histoire dûment racontée sur ce blog), je passe mon temps à corriger la conduite de ma femme, pas toujours patiemment d’ailleurs, mais pour son bien, son éducation, l’élévation de sa dimension intérieure.

Comme moi j’en suis sûr les mecs, les gars, les virils, les supporters d’équipe de foot, vous avez vécu, ponctuellement peut-être, ces déboires de la “conduite accompagnée”, c’est-à-dire l’accompagnement de votre femme lorsqu’elle conduit.

Vous auriez pensé, comme moi, comme n’importe quel rationnaliste des temps modernes, comme tout être humain intellectuellement bien formé qu’elles vous en remercieraient les larmes sur les joues, les yeux brillants, un amour indicible voire plus si affinités (mais attendez de vous garer dans ce cas) (et aidez-là pour le créneau sinon l’excitation va vite retomber).

Que nenni. Elles râlent ces garces. Elles hurlent de rage, prétextant que le taux d’accident (et du coup, le prix des assurances) est ridiculement faible pour les femmes. Que ça ne sert à rien de changer de file puisque “le feu est rouge à 300 mètres”. Ou que “si t’es pas content, t’as qu’à le faire toi”.

Et dans mon cas personnel, de renchérir “oui mais moi au moins j’ai mon permis”. Saviez-vous qu’une femme meurt tous les trois jours de brutalité conjugale(*) ?

Qui a tort, qui a raison ? De manière objective, on a envie de crier “les hommes bien sûr”. Mais les nouvelles lois fabriquées par les socialistes des juristes ignares rendent ce type de manifestation grégaire non recevable devant un juge. Qui plus est un juge des divorces.

Heureusement, vous trouverez la solution ici :

Le D.A.C.E.C.S.B. (Départageur Automatisé de Conduite Entre les Couples Sans Biais)

Il s’agit d’un stage effectué en auto-école, devant un moniteur agréé. Comme dans les jeux de café, deux simulateurs de conduite sont placés côte à côte, un pour l’homme et un pour la femme. Les deux participants roulent sur le même parcours avec les mêmes conditions. Le but : se rendre d’un point A à un point B. Tout bêtement.

Un grand nombre de paramètres entrent alors en ligne de compte pour évaluer le meilleur conducteur. On peut déjà dénombrer, pour la première version, et de manière non exhaustive :

  • Le temps de parcours
  • Le nombre de voitures doublées. +10 si frôlées avec succès
  • Le nombre de fois où le participant se regarde dans le rétroviseur (-5)
  • Le temps de freinage lorsque les voitures de devant freinent putain freiiiiiinent (-10)
  • Le nombre de fois où le participant modifie le volume du chauffage chaud froid chaud froid tiède chaud froid tiède chaud… (-5)
  • La propension à toujours repasser en première (-5)
  • Le temps de démarrage au feu rouge/vert
  • Le sexe (+10 si c’est un homme, -5 si c’est une femme)
  • Etc

A la fin du stage, un certificat officiel sera remis aux deux participants et pourra être annexé à la carte grise (au cas où elle aurait encore des doutes la ptite).

V2 : le stage peut être remboursé par la Sécurité Sociale si un médecin confirme et certifie votre opression
V3 : Le même que la V1 ou V2 mais en moins mysogine.

Merci qui ?



(*) j’en rigole ici, mais c’est vrai et c’est terrible.

Tribune pestilentielle
Le 27/11/2006 - 18:31

[Cet article est long mais grave. Prenez votre temps. Je n’Ă©crirai pas pendant quelques jours de toutes façons.]

Je vais vous la jouer comme Beckham classique : j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle, je commence par laquelle ?

87 % des sondĂ©s prĂ©fĂšrent commencer par la bonne, estimant que l’endorphine sĂ©crĂ©tĂ©e par icelle attĂ©nuera la tristesse de l’annonce de la mauvaise. Nous allons tenter l’expĂ©rience.

La bonne nouvelle

J’Ă©tais au fameux match PSG - Hapoel Tel Aviv du jeudi 23/11 dernier. Dans la tribune collĂ©e Ă  celle d’Auteuil. Alors pour les nĂ©ophytes du football (dont je faisais partie il y a encore quelques jours), on distingue au Parc des Princes deux types de gros cons tarĂ©s Ă©cervelĂ©s : le kop de Boulogne, crĂąne rasĂ©, bras droit tendu, ce sont les nazillons dont la presse a abondamment parlĂ©. La tribune d’Auteuil, Ă  l’autre extrĂ©mitĂ© du stade, ce sont les gentils supporters, concons mais gentils. Ils sautillent en chantant gaiment des chansons, ils insultent l’Ă©quipe extĂ©rieure mais aprĂšs tout, on est au foot.

La bonne nouvelle est donc maigre, mais elle m’a terriblement ravi : Hapoel Tel-Aviv bat le PSG par quatre buts Ă  deux, quatre buts magnifiques devant une Ă©quipe du PSG fĂ©brile voire inexistante. Hapoel Tel-Aviv, Ă  poil PSG !

La mauvaise nouvelle

La mauvaise nouvelle, c’est que ce que vous a racontĂ© la presse est ignoblement faux. FAUX. Et je pĂšse mes mots volontairement.

La presse a voulu nous et vous faire croire que le “dĂ©rapage” mortel de jeudi dernier Ă©tait dĂ» Ă  la violence nausĂ©abonde (car brutale mais surtout raciste) d’un groupe de hooligans du kop de Boulogne. Certains titres sur le net fleurissent sous la bride “hooliganisme”.

Ceci, amis lecteurs, est FAUX. Je le redis encore une fois, ceci est archi-faux et quelqu’un se devait de le dire. Je pense que nombre de spectateurs dans le stade le feront Ă©galement sur les mĂ©dias idoines, mais je profite du support de mon blog pour l’affirmer encore une fois : le match de jeudi dernier ne s’est pas conclu par un affrontement entre des hooligans cinglĂ©s et furieux et un pauvre juif, aidĂ© courageusement par un policier martiniquais providentiel.

Ce match Ă©tait le plus grand dĂ©ferlement de haine anti-juive qu’il m’ait Ă©tĂ© donnĂ© de voir en direct live. Je le redis parce que vous devez Ă©carquiller vos yeux en ce moment : ce match Ă©tait le plus grand dĂ©ferlement de haine anti-juive qu’il m’ait Ă©tĂ© donnĂ© de voir en direct live.

Tout d’abord une prĂ©caution. Ceux qui me lisent rĂ©guliĂšrement interprĂ©teront ce qui va suivre, j’en suis sĂ»r, positivement. Que les lecteurs ponctuels ou instables me permettent de prĂ©ciser qu’il a toujours Ă©tĂ© prĂŽnĂ© et vantĂ© ici le respect entre les peuples, et principalement le respect entre les hommes (ou femmes) quels qu’ils soient. Enfin, que cet article n’est ni un acte de propagande ni une histoire pour faire peur aux enfants lorsqu’ils sont trop bruyants. Juste un tĂ©moignage vrai et douloureux.

Peut-ĂȘtre que tout ceci n’aurait pas eu lieu si le PSG avait gagnĂ©. Pour ma part, que cette Ă©quipe gagne ou perde, je m’en bats les roubignolles comme dit mon beau-frĂšre, 22 ans, fan du PSG et prĂ©sent le soir du match. Peut-ĂȘtre, admettons. Pourtant…

Nous Ă©tions un groupe de dix, deux filles, deux sĂ©niors, une rimbambelle de jeunes Ă©chelonnĂ©e de 35 Ă  18 ans. L’un d’entre nous avait apportĂ© un drapeau israĂ©lien, que nous avons agitĂ© timidement lors des deux derniers buts.

Juste derriĂšre nous, la tribune Auteuil. En haut des gradins, des jeunes avec des drapeaux palestiniens et libanais exhibĂ©s avec fiertĂ©. Qu’est-ce qu’ils font lĂ  ? Qui comptent-ils narguer ?

Mais restons factuels. Pendant le match, je vois les insultes fuser entre le balcon haut et le balcon bas. Des doigts d’honneur Ă  tout bout de champ. Les supporters juifs français sont dĂ©signĂ©s, j’entends vocifĂ©rer des trucs incroyables, tellement incroyables que la sĂ©curitĂ© du stade est intervenue de maniĂšre prĂ©ventive pour empĂȘcher des types de franchir des barriĂšres pour jouer des coudes et des poings.

Le match se termine dans une minute. En sortant Ă  la dĂ©robĂ©e, vous avez bien lu, nous avons dĂ» sortir avant la fin du match, nous nous scindons en deux petits groupes pour ne pas attirer l’attention. Les supporters “modĂ©rĂ©s” partent Ă©galement. Nous accĂ©lĂ©rons la cadence. Nous sommes dehors, tribune G, Ă  deux cents mĂštres du mĂ©tro. La foule commence Ă  grossir, le match est terminĂ©. Des commentateurs de fortune pestent contre l’Ă©quipe pourrie et l’entraĂźneur qui devrait dĂ©missionner. La place est peu Ă©clairĂ©e, en retrait des routes principales. Nous baissons la tĂȘte et nous nous Ă©cartons des endroits sombres.

Et puis, ça a dégénéré.

On entend crier “Palestine“, “Ils sont oĂč vos drapeaux maintenant ?” ou “Allez les juifs, vous faites moins les malins maintenant !“. Les types sont derriĂšre moi. Une Ă©charpe du PSG autour du visage ou du cou, ils cherchent l’altercation. Les embrouilles, la castagne comme on dit. Sauf que la castagne, ça peut ĂȘtre pour ma gueule vu qu’ils sont juste sur mes talons.

Vous ĂȘtes oĂč les juifs hein ?” continuent-ils Ă  brailler. C’est un groupe de jeunes arabes qui s’approchent d’une fille, probablement juive, qui tĂ©lĂ©phone et qui lui balancent une claque dans la figure. “Ils sont oĂč vos drapeaux hein ?“, je les entends dans mon oreille, je rentre la tĂȘte dans mon blouson, je m’Ă©carte sans courir et me dirige vers le mĂ©tro. Sur toute la route, pas un policier. PAS UN.

L’autre moitiĂ© de notre groupe avait avancĂ© sĂ©parĂ©ment. Un pĂšre avec ses deux enfants (18 et 20 ans), et ses deux gendres. A quelques mĂštres de la police, Ă  la porte de Saint-Cloud, Anthony (20 ans) se fait happer par un groupe de 4 jeunes. Ce ne sont pas des fachos, des skin heads, des lepĂ©nistes, non. Ce sont des fans moyens du PSG, arabes, haineux et dĂ©chaĂźnĂ©s. Anthony se prend des coups au visage et dans le ventre. La famille le rĂ©cupĂšre tant bien que mal et se prĂ©cipite vers la police, immobile, inactive. Ils sont attĂ©rĂ©s.

Je rentre chez moi par le bus, je me cache. Je le redis encore une fois : en 2006, en France, dans un bus public, je me cache d’ĂȘtre juif de peur de me faire prendre Ă  parti (terme politiquement correct pour bastonner). Vous allez me dire : mais ce n’est pas Ă©crit sur ta figure que tu es juif ! Erreur, lourde erreur. D’abord j’ai un gros nez. Ensuite, j’apprends par un collĂšgue qui Ă©tait au match, non-juif mais supporter inconditionnel du PSG, que certaines personnes qui portaient le maillot PSG mais “d’allure juive” ont Ă©galement Ă©tĂ© frappĂ©es.

La bĂȘte est revenue, chantait l’ami Pierre Perret. En pensant Ă©troitement aux fachos et leur tĂȘte pensante Ă  l’oeil de verre. Mais l’hydre a plusieurs tĂȘtes, et ce soir-lĂ , c’Ă©tait un visage horrible que j’ai reconnu, celui de la haine sans concession d’acteurs du paysage français que nous cotoyons quotidiennement. Ceux que les mĂ©dias appellent les jeunes ou les racailles, qui entretiennent et vouent une haine inconditionnelle Ă  ceux que les mĂ©dias pointent dĂ©licatement sous le terme “d’IsraĂ©lites”.

Vous ne le savez peut-ĂȘtre pas, ami(e) lecteur(e), mais depuis quatre jours, je n’ai pas entendu un seul juif, PAS UN SEUL, qui n’ait pas parlĂ© de ce match, qu’il y ait Ă©tĂ© prĂ©sent ou non. C’est une vraie dĂ©chirure, un vrai traumatisme que toute la communautĂ© a ressenti depuis la semaine derniĂšre et si les informations de 20h ou votre journal favori n’en parlent pas, il est grand temps que la vĂ©ritĂ© Ă©clate. A travers de nombreux tĂ©moignages comme le mien que vous trouverez probablement sur le net ou en vous adressant au juif le plus proche de chez vous.

Que faire alors ? Fuir, se barrer en Israel, au Canada, aux Etats-Unis ? RĂ©sister et se battre avec des gars du BĂ©tar ? Vivre la tĂȘte baissĂ©e dans sa capuche, honteux ? Vous me croyez si je vous dis que j’ai une boule dans l’estomac et un noeud dans le coeur depuis quatre jours ?

Et le pompon sur le gĂąteau : Ă  la sortie du match, j’entends un supporter Ă©clairĂ© dĂ©clamer “quels sales juifs, ils nous ont mis 4 buts”. Quelle ironie, ce ne sont pas des Juifs qui ont jouĂ© mais des IsraĂ©liens. Et les buts ont Ă©tĂ© inscrits par deux joueurs Arabes, ne serait-ce que pour prouver que cette vie harmonieuse est possible, et de surcroĂźt dans le sport.

Ben finalement j’aurais peut-ĂȘtre dĂ» commencer par la mauvaise nouvelle tiens. Ca nous aurait laissĂ© un peu d’espoir sur la fin.

Parce que lĂ , l’espoir…

Je fume, vous fûtes
Le 23/11/2006 - 23:26

La rupture, un terme repris au compte de la politique avant-gardiste post-moderne (comprenez : rien de nouveau), a quand même du bon.

Elle permet déja de relativiser, de prendre du recul sur sa propre condition (organique, intellectuelle etc.) et par l’analyse des fiertés et des douleurs associées, de déduire les schémas structurants de l’avenir. Ce que, dans l’informatique-des-gens-intelligents on nomme des patterns.

Dans le monde politique et social, les patterns sont souvent exclusifs lorsqu’ils appartiennent à “la droite” ou “la gauche”. Pour la droite, le crédo est “libéral pas social”. Pour la gauche, c’est l’inverse.

Quelle connerie. Il y a quand même des patterns plus importants que les divisions droite/gauche, rendues floues depuis longtemps par les hommes politiques d’aujourd’hui (Mitterand et Fabius, c’est pas les plus grands gauchos purs du siècle quand même).

Prenons par exemple l’écologie. Plus précisément, le principe de produire en limitant la pollution : cela devrait être transverse, supra-industriel, voire universel et pas l’apanage ou le fer de lance des “verts”.

Mais quittons la politique politicarde et conservons le thème de la rupture, je vais balancer un sujet qui me tient à coeur : la cigarette.

Lutter contre les fumeurs est, selon moi, un pattern naturel, atavique, inné pour les gouvernements et les messieurs/dames qui nous gouvernent. Fumer tue. FUMER TUE, bordel, c’est marqué partout. Alors on arrête l’hypocrisie en maintenant la vente de tabac en paquets mortels, même pour grapiller quelques millions d’euros de taxes qui iront combler notre dette déjà astronomique ou renflouer les caisses d’un député peu scrupuleux. Interdire à des millions de personnes de fumer en public est une solution démagogique ou, je l’espère, transitoire.

Et puis en réalité, je m’en foutrais si la cigarette ne polluait pas. La cigarette pollue probablement l’atmosphère, je laisse le soin au lecteur de le démontrer (ou de l’infirmer) à titre d’exercice. Mais elle me pollue ma vie, mon entourage, mes poumons. Et ceux de ma famille.

D’abord, fumer tue, mais surtout fumer pue. Fumer PUE. L’odeur des palais nicotinés me donne la gerbe (le lecteur se demande à ce stade : mais euh… t’embrasses beaucoup de gens dans le palais ou quoi ? Je ne répondrai pas à ces basses attaques). Un type qui me souffle dans les naseaux ses effluves tabagiques infâmes engendre en moi des pulsions primaires voire australopithèques de sauvagerie. Un type ou une femme, hein. Quand on me refile de la mort, je ne suis pas sexiste. Alors que quand on me refile de l’amour, j’ai une préférence avouée pour les femmes. Mais ma femme a une préférence très prononcée pour que ma préférence lui revienne.

Rajoutez à charge le mélange tabac + café serré sans sucre, dès le matin à l’arrivée au boulot. De quoi provoquer des grossesses nerveuses spontanées.

Et les odeurs sur les vêtements ? Tu sors ton beau costume de bar-mitsva pour une soirée dans un bar à la mode, tu peux immédiatement le passer à la Javel. Pas uniquement parce que ton voisin de table a tout dégobillé son cocktail au curuçao et noix de cajou.

Fumer tue, on ne le répétera jamais assez. Mais fumer tue d’abord l’entourage, on ne le répétera jamais assez. La preuve tiens.
Une superbe publicité diffusée à la télévision (il me semble, je l’ai vue au cinéma pour ma part) montrait une petite fille qui, à 7 ans, avait déjà fumé plus de 5000 cigarettes, par tabagisme passif.

Ma femme a arrêté de fumer il y a plus d’un an, béni soit ce jour fatidique.

Je t’en prie, ami(e) lecteur(e), jette-moi cette merde dans le caniveau : clope, paquet, cartouche. C’est par pur altruisme que je te le demande (dernière semonce avant que je te materazze). Parce que, pour plagier la réplique de Kurt Russel dans BackDraft : “tu tombes, on tombe”. Tu meurs, on meurt. Et perso, je préfère que tu meurs tout seul. Par pur altruisme hein.

Des dents dehors
Le 22/11/2006 - 06:21

Il fleurit des chaînes partout en ce moment sur Internet, et ça vous irrite, ça vous oppresse, ça vous étouffe. Je sais. Je comprends.

Mais du calme.

Pour lutter contre l’ennemi vaporeux, rien ne vaut un bon coup de boule un large sourire. Large et beau. Avec des dents bien droites. Et un nez aryen.

Je propose de lutter contre les chaînes par une autre chaîne moins risquée et plus ouverte (l’homéopathie d’Internet passera par moi) : la chaîne du sourire. Mais elle ne se passera que sur MON blog, c’est à dire vous m’envoyez une photo de votre sourire et je l’affiche ici. Si vous voulez récidiver sur VOTRE blog, c’est votre droit.

C’est votre droit, moins ceux de l’auteur évidemment (5% de marges arrières svp).

On va corser le jeu pour motiver les intellectuels et les femmes. Vous m’envoyez un sourire ET un slogan. Celui qui gagne (le jury est composé de ma femme et moi-même) remporte au choix :

  • mon visage complet lorsque je souris (pour faire peur à vos enfants)
  • un dentifrice UltraBrite (le pot familial, ouais ! S’il existe aux noisettes, je vous offre aussi les noisettes ! On dira pas ensuite que les juifs sont radins !)
  • un ticket de la Française des Jeux. Si vous gagnez, j’en serai vraiment heureux. Je vous maudirai certes, mais je serai vraiment heureux.

C’est parti ! Allez faites pas la gueule !

D’ailleurs, je commence par la mienne. De gueule.

Vous noterez l’espacement régulier, la couleur lumineuse et fraîche, l’alignement quasi-militaire, le galbe des canines. Tout est là, il n’y a rien à dire.

Mon slogan nul (vu que je ne veux pas gagner, je suis assez riche comme ça) : “Moins il y a de rats, plus je souris !


Abs : “Même quand elles se déchaussent mes dents ne puent pas des pieds !”


Tant-Bourrin : “Faites comme moi, votez bouche !”


Br’1 : “SOURIRE OU MOURIR”


Bakemono : “Mona Lisa c’est moi”


Yves : “Et vous trouvez ça facile de se prendre le pif en photo avec un téléphone portable ?”


Nathalie (qui a triché) : “No comment


Pascal : “Tu l’as bien cherché !”


Yael : “Depuis mon relooking, je souris a la vie a pleine dents.”


Huguette : “Le névropornopathe ne sourit jamais la bouche pleine.”


Caelle : “Tant que t’as des dents, souris.”


Manou : “J’ai pas pu m’empêcher :)


MA femme : “Admirez mes courbes parfaites !”


Khalid : “Avant : à ma sortie de tazmamart… jubilant de joie / Après”

Les nouveaux, vous trouverez mon mail sur cette page.

Radicalement contre
Le 20/11/2006 - 17:35

Quel est le meilleur incubateur à billets de blog, et probablement à toutes les plus merveilleuses idées de la planÚte ? Quelle est la capsule magique au sein de laquelle les plus grandes décisions ont été tranchées, de la guerre en Irak à la carte scolaire en passant par les couloirs de bus parisiens ?

Les toilettes, bingo. Je vois que je ne suis pas le seul.

Dans ma belle cellule fortement aromatisĂ©e Ă  la vanille-citron (ma femme a probablement pris des dĂ©cisions importantes un peu avant moi), les bras croisĂ©s, la tĂȘte en l’air, alors que je sentais descendre en moi l’irrĂ©ductible masse, je sentais Ă©galement poindre l’affolante constatation.

En poussant fort, j’en suis arrivĂ© Ă  cette constation : le mot “contre” est dingue, vous ne trouvez pas ?

Dingue parce que, selon les cas d’utilisation de ce mot, il n’a pas du tout le sens commun de “contre”. Sens commun que j’ai dĂ©jĂ  du mal Ă  dĂ©finir en rĂ©alitĂ©. Et je suis persuadĂ© que les acadĂ©miciens des siĂšcles prĂ©cĂ©dents, jonchĂ©s sur leur trĂŽne acadĂ©mique, ont dĂ» se faire bien chier Ă  trouver une dĂ©finition correcte de ce mot.

Bien sĂ»r, je ne parle pas des exemples simples. “Je suis assis contre le radiateur” ou “excusez-moi, vous ĂȘtes assis contre ma tĂȘte” sont probablement des phrases courantes pour vous mais ne sont pas trĂšs dĂ©monstratrices de la subtilitĂ© de ce mot.

Pourtant, on passe lĂ  Ă  cĂŽtĂ© de raffinements inĂ©galĂ©s de la sĂ©mantique…

En effet, remarquez que l’on dit : “vous dites”. Mais “vous contredisez”.
Magie ou pas ? Hop ! Un verbe dont la conjugaison terrorise les enfants de moins de 11 ans rentre dans la norme grĂące Ă  ce simple prĂ©fixe : “contre”.

Continuons. Le courant, c’est de l’Ă©lectricitĂ© 220V bi-phase alternative etc. Ben, mets ton doigt dans la prise Ă  contre-courant, tu verras que ça ne crĂ©e pas de courant nul ! En tĂ©moignent ta coupe relookĂ©e new-wave et ton teint cireux.

L’expression “je prends mon pied” est parfaitement rĂ©vĂ©latrice d’un bien-ĂȘtre que l’on Ă©prouve qu’aux toilettes, dans un lit ou derriĂšre un ordinateur. HĂ© bien, un “contre-pied” ça ne veut pas dire que tu es constipĂ©, que la fille/le mec est frigide ou que ta connexion ADSL est tombĂ©e. Fou non ?

Dans le mĂȘme genre : pour moi, la danse, c’est le trĂ©moussement Ă©nergique de superbes corps, si possible sur une musique de Britney Spears ou de Joseph Haiden. Ben la contredanse, ce n’est pas l’immobilitĂ© sur ladite musique. Quoique… Sur Paris, tu peux rester immobile dans ta voiture Ă  Ă©couter de la musique, tu te prends quand mĂȘme une contredanse.

Tiens ! Dans le monde du show biz : on entend souvent que Louise Attaque. Et pourtant, c’est tout l’Empire qui contre-attaque !

Et ça pourrait continuer sans fin :

- pĂ©terie : idĂ©al dans les incubateurs Ă  idĂ©e / contre-pĂšterie : ben non, ce n’est pas un bouchon…
- plongĂ©e : masque, tuba, eaux profondes / contre-plongĂ©e : on eĂ»t supputĂ© parachute, nuages, oiseaux. Non, on se fait des films…
- mesure : 1 cm, 240 m sont des mesures / contre-mesure : des dimensions nĂ©gatives ? Non, Ă  mon avis, ce mot est un leurre…
- espionnage : le fait de chercher Ă  dĂ©couvrir ce que fait l’entreprise ou l’Ă©tat d’Ă -cĂŽtĂ© / contre-espionnage : ben… c’est aussi de l’espionnage en fait. Contre est l’Ă©lĂ©ment neutre de l’espionnage. A ne pas confondre avec l’agent double (mais je ne veux pas imaginer ce qu’est un contre-agent double).

Ca aurait pu continuer sans fin donc, mais le dĂ©sodorisant vanille-citron ne faisant plus effet, j’ai rĂ©cupĂ©rĂ© mes esprits. Et maintenant que je relis, je vous en fiche mon billet que vous allez me trouver cinglĂ©.

Bah, je m’en contrefiche.

C’est marrant le blog
Le 18/11/2006 - 23:07

C’est marrant le blog.
Ca fait maintenant pas mal de temps que je mets ma vie entre vos yeux, ami(e)s lecteur(e)s sur ce modeste site. Autrefois, je pensais que ce blog était mien et uniquement mien. Mais je sais bien qu’il m’a échappé depuis longtemps. Lui et la vie que je dissémine en lui régulièrement. Il fallait bien qu’à un moment, il grandisse, mûrisse et vive sa propre vie comme un adolescent trop longtemps materné. Que je suis peut être resté, qui sait.

C’est marrant le blog.
Ca crée des liens et des contacts que l’on aurait jamais supposés, jamais. Je n’ai jamais été aussi réel que dans ce monde virtuel, paradoxalement. J’ai rencontré des gens formidables d’autres milieux culturels et sociaux que je soupçonnais à peine, du bout des doigts rivés à mon clavier. Je me suis découvert une soeuw en Israel, alors que ma vraie soeur vient d’y émigrer. J’ai déjeuné avec certains, invité d’autres chez moi, réalisé une interview vidéo à distance avec des stars timides. Moi, petit byalpel de rien.

C’est marrant le blog.
Des gens que tu n’as jamais vus ni côtoyés qui t’écrivent pour se moquer de toi, te traitent de gros parce que tu as eu la naïveté (ou le courage) d’en rire toi-même. Alors qu’ils ne savent même pas s’ils me transpercent le coeur avec leurs mots saillants, persuadés que la couche de graisse me protègera de leurs piques.
Et puis il y a ceux qui t’écrivent sans te connaître, qui t’aiment sans amour, qui veulent que tu continues encore, encore, oui encore, fais-nous rire, écris sans relâche, sors-là ta semence cérébrale mais vite parce qu’on veut jouir de tes mots, ton talent, ta joie de vivre. Alors que je ne demande qu’à être oublié, et qu’on me fiche la paix parce que je suis nul et que je me fous de l’amour des autres.

C’est marrant le blog.
Mes beaux-parents qui trouvent certains articles vulgaires. Peut-être bien.
Et ma femme qui trouve mon article “sympa” mais “moins bien qu’avant”. Qui ne sait pas combien ça me tue de l’entendre dire ça, elle ma muse, ma prophétesse, ma première fan. Bien sûr qu’elle le sait. Elle sait lire en moi comme dans un blog ouvert mais alors pourquoi ne m’admire-t-elle pas hein ?

C’est marrant le blog.
Les commentateurs qui s’en donnent à coeur joie parce qu’ils veulent montrer combien ils sont intelligents. Ou désintéressés. Ou combien ils manquent d’amour plus que moi. D’amour, ou de commentateurs sur leur propre testament-blog.

C’est marrant le blog.
Les lecteurs te cataloguent vite. Certains te cataloguent avant même de te lire. Et ils te le disent. Mais les pires sont sûrement ceux qui t’ont catalogué après t’avoir lu, après t’avoir pratiqué. Qui pensent que tu pourras voir le verre plein pour eux, que tes délires masquent ta souffrance et ta tristesse et donc la leur, que tu sais rire de tout et avec tout le monde parce que ton blog c’est la joie. Que tu n’as pas le droit d’être mal dans ta peau, que tu n’as pas le droit de te sentir naze, nul, insignifiant, bon à rien. Que les événements de la vie me passent par-dessus la jambe et la tête parce que toujours un bon mot, parce que toujours avenant, parce qu’après tout, tu n’es pas là pour être aimé.

C’est marrant le blog.
C’est même très marrant le blog. J’aurai beau crier ma haine et ma détresse ici, à la faire résonner comme dans un parking la nuit, qui m’entendra ? Qui prendra mes peines et mes douleurs au sérieux ? Personne. Les commentaires de ceux qui me connaissent seront pauvres, de ceux qui s’en foutent seront provoquants ou cyniques. Parce que les carapaces des clowns sont résistantes. Mais où est le clown, s’il vous plaît ? OU EST LE CLOWN ?

Je n’ai pas de vie moi ? Je n’ai pas de sentiments ? D’amertume ? De larmes ? OU EST LE CLOWN ?
Qui vous érige en amis, en camarades de chambrée, en acolytes des quatre cents coups pour me cracher à la figure vos sarcasmes vaseux, votre ironie mal-placée ou votre amitié collante de cynisme et de chafouinerie alors que tous mes espoirs sont dirigés ici, où David cède à Byalpel, au quotidien, le temps d’un amour éphémère mais que j’espérais réciproque.

Mais non non ! Non ! Pour vous je ne suis qu’un passe-temps un amuseur un fou du roi de l’ère moderne. Dont la coiffe à clochettes a cédé la place au clavier. A clochettes. Je pensais personnifier ce blog mais vous m’avez déshumanisé. Et contre toute attente, vous m’avez déshumanisé virtuellement et réellement. Je n’existe plus. David est mort. Docteur Jekyll aussi. Vive Byby. Et advienne que pourra.

C’est marrant le blog.
Très marrant.

Souffrir, c’est mourir un peu
Le 14/11/2006 - 13:13

C’est follement tendance en ce moment de souffrir.

Je vous épargne les souffrances des populations du monde, liées à la guerre, la famine, le terrorisme, la sécheresse, l’indigence culturelle (certains ne connaissent même pas Woody Allen !) et la dictature.

Je vous cause de la souffrance tangible, proche de nous, réelle. Des gens simples comme vous et moi, surtout vous. Vous croyez que ça ne me crève pas le coeur (et parfois les oreilles) de lire et d’entendre Abs, Yael, Matthieu et bientôt huguette (si si) geindre, gémir sur leur micro en plastique, le casque sur les oreilles tels des Aznavour de pacotille interprétant “Pour toi, Arménie”, dans la misère et l’abnégation la plus totale ?

Je souffre de vous découvrir apathiques, irrésolus, comme des zombis errants dans les pires séries B de la chaîne M6. Je souffre, dans mon coeur et dans mon âme. Mais pas dans mon corps nan, faut pas déconner.

J’ai souffert dans mon corps beaucoup plus jeune. A une époque où, sur mon visage, les boutons l’y disputaient aux poils de duvet. A une époque où, sur les bancs de classe, les intégrales différentielles avaient plus de sens pour moi que le comportement des filles. A une époque où je ne commettais pas cette erreur puisqu’on dit “à une époque durant laquelle”. Ah c’était le bon temps, Yves (à bicycleeeeetcheuuu) !

J’ai souffert parce qu’avec trois autres indigents du bulbe, nous jouions au bourreau. Le jeu le moins cher de l’humanité et pourtant le plus cruel immédiatement après “action ou vérité”, quand il s’agit d’embrasser la grosse Georgette sur les boutons d’acné purulents. Même en fermant les yeux, c’était comme machouiller un chewing-gum au vomis.

Le bourreau

Ingrédients (Manou style) :

- 4 adolescents heureux de vivre (remplacer par des adultes attardés si indisponibles)
- Une feuille A4
- Un stylo
- Tous les objets de torture du quotidien d’écolier que vous trouverez à portée de main : feutres, règles, cutter, compas, colle UHU, Typpex…

Pliez la feuille A4 en 49. Si vous n’y parvenez pas, déchirez quatre morceaux de la taille d’un pouce et inscrivez respectivement sur chacun d’eux :

- Evadé
- Police
- Juge
- Bourreau

Pliez les petits papiers soigneusement pour qu’il n’y ait pas de triche. Jetez-les en l’air après les avoir mélangés entre vos mains rassemblées. Chacun se précipite et lit discrètement son rôle.

La police se déclare à voix haute. Elle scrute les autres comparses de ce jeu débile et doit deviner qui est l’évadé. Si elle désigne la bonne personne, le juge établit une sentence que le bourreau appliquera sur l’évadé. Si elle se trompe, que le Ciel la préserve, le juge tranche pour une peine que le bourreau se réjouira d’accomplir sur le policier désoeuvré. Ils n’ont rien inventé à Prison Break !

Quand je vous ai dit que c’était un jeu con mais cruel, vous ne me croyiez pas hein ? Ben voilà, tout réside en réalité dans l’imagination fertile des juges. Et, comme moi, vous êtes convaincus de l’inspiration féconde d’adolescents bourrés d’hormones et d’idéaux révolutionnaires. Certes, vous êtes convaincus mais cela n’a rien à voir ici. Je faisais surtout référence à l’inépuisable réserve de sadisme et de férocité enfouie en chacun de nous.

Pour l’exemple, et pour la postérité (ne faites pas lire ceci à vos enfants), un florilège des peines les plus tordues :

  • graver le nom de l’ado sur sa main à l’aide d’un compas (s’il n’y a pas de sang, ça ne compte pas)
  • le sceau du BIC : frotter très rapidement la pointe d’un stylo Bic sur une table, et apposer sur la main d’un évadé récalcitrant ou d’un policier véreux. Les chevaux et les vaches se sentent enfin compris.
  • racler les deux joues avec un double-décimètre ébréché
  • colorer les ongles avec du Typpex (pour les filles essentiellement)
  • écrire des insanités au marqueur sur le front (de mémoire on peut citer “une pièce pour manger SVP”, “je hais l’école” et “ce marqueur ne marche pas”)
  • faire avaler un mélange mystérieux (Paic citron + colle UHU = mort aux rats mais pas aux ados visiblement)
  • embrasser la grosse Georgette sur les boutons avec la langue

L’intérêt pour ce jeu ne se tarit jamais. Il peut même être exalté lorsque le bourreau est pratiqué en plein cours d’histoire, avec Barbarian comme professeur.

Ce jeu se joue-t-il avec des filles ? Evidemment, elles adorent ça ! Enfin euh… je crois. Comment savoir merde ? On m’a toujours appris qu’une fille qui hurle et se débat est “super contente” ?

Le temps a passé, ces premiers moments de ma vie adolescente sont derrière moi et j’y repense avec un sourire niais de vieux papi satisfait.

Du coup, je souffre moins. C’est toujours ça de pris.

Tunisie amie !
Le 12/11/2006 - 17:22

Ils sont fous ces publicistes. Ou alors géniaux. Difficile de trancher lorsqu’on regarde la publicité pour les ipods (exceptionnellement belles) et celles pour les destinations touristiques, la Tunisie notamment, avec ce slogan tout ce qu’il y a de plus cinglé : Tunisie Amie !

Elle devait être bien fraîche le jour où ils ont brainstormé pour trouver ce slogan…

Et pourquoi pas ne pas cobrander (je, tu, il cobrande, nous cobrandîmes, vous cobranderez) ces deux spots publicitaires pour en tirer la quintessence, la substantifique moelle, le nec plus ultra des publicités modernes ?

J’imagine bien un jour ce spot à la télévision.


Tunisien ou “Tune” : habitant de Tunisie.

Si tu n’es vraiment vraiment pas geek, alors ce lien t’aidera.

Genèse de génocide
Le 10/11/2006 - 12:43

- Espèce de salaud ! hurla-t-il.

Et il le gifla. Une fois. Deux fois. Trois fois.

Il était rouge de colère et la haine le galvanisait tant que ses larmes étaient retenues prisonnières. Il serrait les poings désormais, dévisageant son jeune fils d’un regard torve.

- Espèce de salaud, répéta-t-il pour lui-même. Tu ne te rends pas compte de l’atrocité que tu as commise, probablement parce que tu es trop puéril ou trop gâté. Je te déteste, comprends-tu ? Je te déteste pour toujours, et je ne te le pardonnerai jamais. Le monde entier ne pourra te pardonner, éternellement. Comment pourrait-il en être autrement désormais ?

Il renifla nerveusement, décochant brièvement un regard en biais. Son fils, les yeux embués de larmes et toujours rivés au sol, respirait péniblement. Son visage oblong, maladroitement affublé d’un fin duvet, était blême.

- Imagines-tu la désolation et la détresse de ta mère ? Imagines-tu la déchirure et la souffrance que tu as semées en nous, tes parents ? Imagines-tu cette rage et cette fureur que tu as déclenchées en moi et qui ne s’éteindront probablement jamais ? JAMAIS ?

L’enfant, que les maigres guiboles ne retenaient pratiquement plus, se laissa choir sur la terre, les yeux dans le vide. Il suffoquait à présent. Le regard frénétique mais déchirant de son père l’avait anéanti. Pitié, voulait-il crier. Pitié ! Ne continue pas, tais-toi père je t’en supplie !

- Tu sais ce que signifie fratricide ? Tu sais ce que signifie génocide ?

Il avait craché ces mots savants comme de la bile.

- Non tu ne le sais pas, tu es bien trop arrogant, trop centré sur ta petite personne. Fratricide : cela signifie que tu as tué ton propre frère ! Mon propre fils ! Génocide : cela signifie que tu as détruit un peuple entier ! Un peuple entier !

Il criait à présent. Sa véhémence le rapprocha de son fils, assis par terre, les mains levées comme pour se protéger.

“Un quart de la population mondiale, poursuivit-il les yeux levés au ciel, à présent mouillés mais vides d’expression. Un quart du monde a disparu par ton seul acte. C’est un génocide. Mon fils est mort assassiné par son frère. C’est un fratricide. Je n’arrive pas à croire que je prononce ces mots devant toi, mon fils. Je n’arrive pas à accepter cette fatalité, je voudrais mourir mille fois mais ne pas subir cette souffrance. De ne pas affronter le regard éteint de ta mère.

Et puis non, je voudrais te tuer, là, maintenant, tellement je souffre. Passer ma hargne contre toi comme tu l’as fait toi-même, tel un animal. Et s’il ne restait plus que toi, Caïn, pour construire l’humanité, je l’aurais déjà fait. Je l’aurais déjà fait.”

Pourquoi l’humanité a-t-elle été créée à partir d’un seul homme et d’une seule femme ? Pour t’apprendre ceci : celui qui sauve une vie sauve un monde entier“. Talmud de Babylone, traité Sanhedrin.



Question étonnante : et si Adam et Eve avaient été stériles hein ?

60 secondes de terrorisme
Le 08/11/2006 - 00:33

Dans un souci d’homogénéiser et de niveler par le haut la palette de lecteurs qui errent ici régulièrement dans l’espoir illusoire de berner leur chef au bureau et leur propre conscience, j’ai cédé à la tentation de poursuivre une chaîne en justice.

Ce turlupin de Alain m’incite à vomir ici ma haine, à éructer mon courroux, à cracher ma bile et à régurgiter mon ire putain avec la choucroute que je viens de manger, je vais dégueuler là, et pas que ma rage et ma furie. Avec des morceaux de chou pas digérés dedans. Tu sais, avec les trucs de genièvre là.

La minute de violence que ça s’appelle, qui m’octroie des droits exceptionnels : je peux défouler une tempête de rogne légalement, sans prévenir. Et je peux taper sur qui je veux. Bonnard.

Alain a eu l’intelligence et la finesse d’écrire une minute d’anti-violence puisqu’il vit dans une région dans laquelle on en a vraiment vraiment marre de la violence (et en plus ils souffrent aussi, spéciale dédicace à qui de droit). Ou alors c’est une tapette. Alain hein, pas le type de la spéciale dédicace.

Si j’ai la faiblesse de croire que les anti-violents viscéraux (dont je fais partie) sont des imbéciles, je persiste à penser que les violents congénitaux sont de sacrés crétins. Je pense même, et surtout, qu’il n’y a pas de règle établie, à chaque cas sa solution adaptée : parfois il faut discuter, parfois il faut cogner. Il n’y a pas de règles. D’ailleurs, comme me l’annonçait ma collègue récemment tombée enceinte, “s’il y a une règle à retenir, c’est qu’il n’y a pas de règles”.

Alors, allons-y, cassons du Canderel (régime oblige) sur diverses échines :

  • Le trophée en or est décerné à Ahmadinejad. Comme dab. Ce n’est pas tant que je sente sa menace en permanence sur ma gueule (ou celle de ma famille, mes amis, mon peuple, l’occident etc), c’est juste qu’il ouvrirait moins sa grande gueule avec un missile nucléaire bien carré au fond de l’anus. Avec une belle dédicace en hébreu “si je t’oublie Jérusalem…”
  • Je ne comprends pas qu’on puisse mâcher du chewing-gum en public. Rétablissons la peine du chewing-gum dans les cheveux pour les fouteurs de trouble maxillaires !
  • Il faut rendre au moins cette gloire à José Bové (que j’aimerais voir enfin empalé sur un épi de maïs pur OGM) : il n’est violent qu’avec des plantes. Alors que ces fils de fennecs puants qui brûlent des bus avec des vraies femmes dedans et bombardent des pompiers, non. Et pourtant ils passent tous au 20h à la télé. C’est MA minute de violence je dis ce que je veux hein. Hé ben, Bové il brûle les champs de maîs, les pompiers ils devraient laisser cramer ces sales cons dans leur cité. Sans jugement ni tambour. Moi je suis pour la peine de mort (et pour la peine, je mords). Mais avec souffrance hein. Pas avec des seringues stérilisées ou des décharges de 450 000 volts. Non, un bon brasier à sorcières, comme au bon vieux temps…
  • Je ne pense pas ce que j’ai écrit au paragraphe d’avant, mais ça fait du bien d’être violent pour rien. Mais faut quand même trouver une solution pour ces sales racailles/jeunes/fils de rats d’égoût parce que la population commence à trembler en France (si tu ne vois pas de jeu de mot ici, consulte ton orthophoniste agréé).
  • Dernier cri de hargne : c’est quand je n’ai plus de permis qu’on m’envoie dans des missions au bout du monde à gauche ! Bordel de merde de zob ! J’ai vécu pendant 1300 ans à 0,02 km de Saint-Denis et toutes mes missions se sont déroulées à Versailles, Saint-Quentin en Yvelines etc. Histoire de bien se foutre de ma gueule. Hé ben récidive, maintenant que j’habite dans le Sud-Ouest de Paris, ils me renvoient à Saint-Denis les malins. Tremblez (en France !), il parait que je dois aider des électriciens et des métallurgistes. Si vous observez des coupures intermittentes dans les prochains jours, consultez votre orthophoniste agréé. Si ce sont des petites coupures de 10€, rendez-vous au parking du centre commercial La Basilique, à 23h, deuxième sous-sol comme convenu.

Bon voilà, j’ai fait ma petite crise idiote de violence. Il y a des milliers de sujets plus sérieux qui méritent qu’on s’y penche et qu’on se révolte (la participation de la France au génocide rwandais, les magouilles de nos élites ici et ailleurs -notamment en Irak, les surendettements permanents et catastrophiques des pays soi-disant industrialisés, la suppression irresponsable de mon permis et j’en passe…). Mais trop de violence tue la violence, comme on dit par chez moi. A Saint-Denis.

Puisqu’il s’agit d’une chaîne (shtouille en anglais), il faut la refiler. Je déteste être désobéi, mais je prends le risque : Pascal, Manou et Yves, au boulot. Les autres aussi, si vous le désirez.

Ah ? On me dit qu’il me reste 3 secondes de violence à cramer…

Vous êtes tous des gros cons, voilà. C’est pas tous les jours qu’on peut se permettre cette familiarité avec toi, lecteur pourri hein ?