En réalité je vous le dis, ce qui est agréable à lire chez les autres, ce sont leurs histoires personnelles, leurs joies et leurs peines, leurs angoisses et leurs doutes. Et les anecdotes fleuries qui parsèment la roseraie de leur vie, avec ses couleurs vives et ses épines naturelles.
Il est 19h43, nous sommes vendredi. Le chabbat, jour consacrĂ© chez les youpins mais surtout chez moi qui passe de sacrĂ©es semaines au boulot en ce moment, on se repose. Lorsqu’on ne passe pas ces 25h chez les parents (ou les beaux-parents), il est de bon ton voire obligatoire voire je me fâche Ă vie si tu ne le fais pas et j’appelle tata Rachel qu’elle t’invite pas au mariage de sa nièce, de s’appeler pour se souhaiter un “bon chabbat” ou “chabbat chalom”. C’est comme “bon appĂ©tit” mais vu tout ce que l’on va ingurgiter, ce serait plutĂ´t “t’as prĂ©parĂ© les Rennie ?”
Je viens d’avoir ma mère au tĂ©lĂ©phone. Hormis les banalitĂ©s d’usage (comment vas-tu ? Et Papa ? Vous mangez quoi ce soir ? Tu peux me prĂŞter 30 000€ pour m’acheter une voiture ? Dis donc, ils ont plus de sang chrĂ©tien pour les galettes de Pâques au magasin etc), ma gĂ©nitrice me confie qu’elle n’a pas eu le temps d’aller voir mon blog cette semaine. Surmenage, avec la fĂŞte qui approche en plus tu sais mon fils je vieillis un jour tu me trouveras raide par terre. Oui maman je sais maman.
La fĂŞte c’est Pâques (Pessah). Qui commence lundi soir prochain. Deux soirs pleins de famille Ă ras bord (deux soirs Ă 22 personnes, on se croirait Ă un mariage des activistes de la GoyPride), alors que ces salops d’israĂ©liens ne fĂŞtent qu’un seul soir, mais c’est une longue histoire.
Ma mère, donc, me confie qu’elle n’a pas eu le temps d’aller voir mon blog mais que, incidemment, elle avait rĂ©ellement cru Ă mon histoire de star dans le mĂ©tro (ici), dans laquelle j’expliquais qu’une fan m’avait dĂ©masquĂ© en plein mĂ©tro dans Paris.
Avec ma mère je peux me permettre, j’ai rapidement dĂ©mystifiĂ©. Mais non maman tu sais, je blaguais c’Ă©tait juste histoire de me gonfler l’Ă©go Ă coups de clavier. Lorsque j’Ă©tais petit je manquais d’amour donc maintenant je compense par une personnalitĂ© extravertie. Et en te disant ça, je dĂ©sire inconsciemment que tu m’aimes plus parce que je te montre que je suis un fin psychologue.
Et là , elle me lâche :
- Ah bon ? Mais moi j’Ă©tais toute fière, je disais Ă toutes mes patientes : vous avez vu mon fils, il a Ă©tĂ© reconnu par une blogueuse dans le mĂ©tro !
Bon sang c’est pas demain qu’on arrĂŞtera les clichĂ©s sur les mères juives.
Chabbat chalom donc, c’est l’heure.












