A ce jour, il me reste 78 092 euros sur mon compte en banque.
Ma femme n’est pas une matheuse
Le 27/06/2007 - 12:38

Hypothèses


Toutes les unités de mesure sont en mètre sauf indication contraires.

Soit une pièce parallépipédique (L = 1.7, l = 1.3, H = 2.5) de coefficient d’aération CAE = 0.0001 (négligeable).
Soit un chauffe-eau disposé dans la pièce à mi-hauteur, représenté par un cylindre (R = 0.35, h1 = 1.6) de coefficient d’absorption CAB = 0.013 dans les conditions atmosphériques normales.
Soit un trône de toilettes en porcelaine blanche (valeur de liquéfaction VL = 3.56 mol/l) approximé par un cône (r = 0.30, h2 = 0.5) posé au sol, au centre de la pièce.
Soit un sol en carrelage (coefficient de diffraction considéré comme nul) dont la capacité absorbante à chaud est négative la nuit (CAC = -45.89 tb/g/l).

Soit un homme beau et intelligent et gros imposant (taille = 1.75, poids = 65 en arrondissant un peu). On supposera les frictions négligeables dans cet exercice. Les vêtements ne sont également pas pris en compte, la situation évoquée étant le matin au réveil.

Enfin, soit un désodorisant cylindrique (Rd = 0.04, h3 = 0.23) de pression interne 8 atmosphères muni d’un gicleur opto-senso-tamère de force millimétrée (F = 12 N). On supposera, pour simplifier, que la bombe de désodorisant est pleine de gaz à base de H10Na3Cl2O6Mn++ (du sent bon) de variabilité inférieure à 12% centigrades et de convergence fluidifiesque CF = 0,34 par unité de volume.

On considéra la pression sur le gicleur comme application directe des gaz parfaits (PV = nRT) avec un coefficient de lavage machine Gamma = 1.

Enoncé du problème

A partir des données précédentes, quelle pression doit-on appliquer sur le gicleur du désodorisant pour que les toilettes sentent bon la vanille (ou l’océan, ou le grand air mais par pitié pas la lavande) après l’attaque à l’étron1 ?

Résolution

En appliquant la formule d’Edmond Cussay d’Upoulay, on obtient trivialement :

“Il suffit de presser une fois pendant 4 secondes.”

Seulement, MA femme qui ne comprend rien aux maths me rétorque :

“T’auras beau vider deux, trois, quatre, DIX bombes de désodorisant ça puera toujours autant mais c’est pas vrai c’est une infection mais qu’est-ce que t’as encore mangé à midi ? Du rat ou quoi ? T’as un égoût dans l’estomac ? Ah mais ferme-moi cette porte je vais vomir ou alors je vais déféquer2 chez les voisins ah si je t’avais pas épousé je n’en serais pas là et de toutes façons ta mère elle cuisine mal et …”

Alors la parité dans les sciences, prout.



1 : subtile isnt’ it ?
2 : les femmes disent déféquer, les hommes disent se repoudrer le nez

Ca dégénère…
Le 24/06/2007 - 22:43

Ils m’ont rendu mon permis : je vous laisse découvrir avec horreur la tête que je me paie.

J’ai l’impression qu’à chaque nouveau permis, j’ai une tête qui dégénère.

Ci-joint.

Ca me rappelle l’image classique de l’évolution du singe vers l’homme, sauf que moi c’est à l’envers.

J’ai peur que la prochaine fois que je récupère mon permis (ardok), j’aurai cette tête-là…

Le temple de la réflexion
Le 19/06/2007 - 10:24

A la télévision, on nous abreuve d’idées préconçues et de préjugés. Idée : jouez avec vos enfants pour en trouver dix en une minute.

Pour ma part, j’ai toujours cru que les moines du Tibet avaient l’exclusivité de la méditation, de l’introspection et de la lévitation, retirés dans leur temple sur la montagne, depuis que j’ai vu “L’enfant du Tibet” avec Eddie Murphy à quinze ans. On a les films qu’on peut, hein.

Et puis, en grossissant mûrissant, j’ai découvert que le temple de la réflexion était plus proche de nous qu’on ne voudrait nous le faire croire.

Premier réflexe scatologique, j’ai immédiatement pensé aux toilettes. Et puis, à la réflexion (vous voyez que ça marche), j’ai compris que chaque endroit dans lequel on était isolé, physiquement et mentalement, pouvait servir à nos desseins spirituels : les toilettes, la salle de bain, une chambre noire, une île déserte…

Sauf que, pour en profiter, il faut posséder des toilettes que votre femme ne peut atteindre en maugréant derrière la porte, invariablement : “tu n’as pas encore fini ?”. Et une douche que votre femme ne peut atteindre en maugréant derrière la porte, invariablement : “mais c’est pas vrai, t’as pas encore fini ?”. Pour la chambre noire, il faut tirer ses photographies soi-même et pour l’île déserte, il faut se faire tirer par un photographe.

Difficile alors de trouver l’endroit idéal où clapoterait notre cervelle, baignée de calme et de sérénité, isolée du monde matériel et de ses soucis mesquins. J’exclue évidemment la province, on ne va pas se geler les miches chez des cons de provinciaux juste pour réfléchir sur la condition humaine. Zeeeeen, zeeeen.

Et pourtant, cet endroit de rêve je l’ai trouvé. Il existe, pas que notre fantasme collectif, pas au fin fond de notre coeur, non. A deux minutes de Paris : à la préfecture de Nanterre.

Pour initier la séance de méditation, appuyez sur le bouton. Vous dégotez un ticket numéroté, disons le 623 (c’est le numéro de ticket que je viens effectivement de tirer, j’écris depuis la préfecture en ce moment. Merci les forfaits 3G illimités - ça c’est pour faire raler les collègues). Pur réflexe matérialiste, vous comparez votre numéro à la loterie qui s’affiche sur le panneau en bois : génial, vous n’êtes qu’à 26 numéros du gros lot.

Jusqu’au moment fatidique où votre numéro s’affichera sur l’annonceur insonorisé (encore un mécanisme de vicieux : on est obligé de garder les yeux sur le panneau en permanence), entrez en hibernation ! En effet, personne ne s’occupe de vous, ne vous renseigne, ne vous regarde, ne vous considère. Vous n’êtes rien en ce bas monde, moins que de la viande sur une chaise, juste un numéro sur un méchant papier.

Profitez de ce moment intime pour penser à la misère humaine, à écrire sur votre blog et à renouer avec votre haine enfouie du fonctionnaire.

Et après 1h20 d’attente, après avoir récupéré votre papier adoré (mon permis le cas échéant), pleurez. De vraies larmes de joie, lâchez-vous. Et parlez, parlez à quiconque dans la rue pour vous re-familiariser avec le monde réel, le monde de la matière et de la chair fraîche.

Et rejetez ces idées vaines et basses du grand bras d’honneur en quittant les lieux : ce serait vraiment indigne de votre séance de réflexion. Et c’est puni par la loi, les cons.

Chewing Bom !
Le 13/06/2007 - 13:59

Les terroristes, qu’on le veuille ou non, sont des méchants.

Je reprends une définition connue : les terroristes s’attaquent systématiquement à des civils. Rien que ça, ça sent la lâcheté plutôt que le courage, l’agression plutôt que la résistance, le désir de mort plutôt que le désir de vie.

Pourtant, les terroristes se ressemblent sur un point et, grâce au Ciel et au producteur de la série 24 heures (que le nom de Jack Bauer soit loué sur 10 générations), il est très facile de les identifier par ce motif récurrent : ils usent des technologies dernier cri pour faire passer un sale quart d’heure aux gentils. Et un quart d’heure par épisode d’une heure, ça fait carrément chier, on a vraiment envie que Jack Bauer les étrangle avec son PDA.

Valises nucléaires, bombes artisanales mais quand même, lance-roquettes dissimulé dans un sucre d’orge : tous les terroristes emploient, à de viles fins, des méthodes et des outils révolutionnaires. Autrement dit, le coût d’entrée à l’école des terroristes n’est vraiment pas donné, et si M. Sarkozy s’emploie à élever les frais de scolarité à l’Université, assistera-t-on de notre vivant au déclin de cette discipline de pointe ? (Amen).

C’était sans compter sur l’aide humaniste de mécènes reconnus, dont le plus célèbre, Ah Mama dîne avec le Diable, fier de ses couleurs comme un supporter parisien, entretient et soutient bon nombre d’apprentis-sorciers de la planète. Dans les milieux autorisés, on se laisse dire que cet homme s’emploierait à développer l’arme nucléaire, pour la déconne.

L’arme nucléaire les amis, ça c’est du sérieux, ça c’est du lourd. Ca pourrait déclencher la troisième guerre mondiale, ca pourrait tous nous anéantir d’un coup de bouton “sans bouger les oreilles”, ça pourrait nous ramener des milliers d’années en arrière. Et pourtant…

Pourtant, l’arme ultime, je l’ai découverte hier soir en rentrant chez moi. Un génie inconnu, que je maudis amoureusement, a découvert l’attentat parfait. Pas de traces, pas de bavures, pas de dommages collatéraux et pas de preuves. La panacée du crime, le parangon du vice.

Alors que je rentrais chez moi mécaniquement, par les quais de Seine, sur mon fidèle destrier noir 125 cm3, toutes voiles dehors et toutes manettes tournées, les cheveux dans le casque mais les dents dans le vent, qu’aperçois-je au loin ? Un feu rouge. Rien d’extraordinaire pour toi ami(e) lecteur(e) qu’un feu rouge sur les quais de Seine (encore que, as usual, je l’enfoncerais bien dans un orifice dilatable d’un célèbre maire parisien mais ça lui ferait probablement trop plaisir) mais, pour un repris de justesse justice, feu rouge rime avec “freine putain sinon ta vie sera un enfer”.

Donc je freine, donc je m’arrête. Habitude oblige, je m’incline un tantinet (un tantinet = 2 degrés) vers la droite afin de déposer ma béquille organique sur le bitume, c’est-à-dire mon pied droit. Et là, stupeur : ma semelle reste collée au plancher du scoot. Je tire, je rage, je peste : rien à faire. Et l’engin qui poursuit son inclinaison mortelle. Il me reste trois secondes avant la chute (un tantinet c’est déjà beaucoup finalement) et ma chaussure ne bouge pas d’un pouce, malgré mes efforts répétés.

Réflexe de mâle, je crie “la putain d’sa mèèèèère” avant de m’affaler sur le tarmac. Deuxième réflexe de mâle, j’appelle la mienne (de mère, pas de putain). Entre temps, mon pied s’est libéré et je prends le temps de faire l’état des dégâts : aucun, si ce n’est ma fierté et mon langage châtié.

Et bien croyez-le ou non, le type qui m’avait eu, c’était MacGyver, pas un vulgaire agent du MI6 ou un quelconque terroriste surentraîné. Le type qui m’avait eu avait collé un chewing-gum sur le plancher de mon scoot.

Je ne peux pas vous dire quelles armes seront utilisées pour la troisième guerre mondiale, mais je peux vous dire que la quatrième se fera avec des lances et des pierres.” - Albert Einstein.

Et des chewing-gums Albert, des chewing-gums.

Zen
Le 06/06/2007 - 09:06

Au secours j’étouffe ! papa, maman, j’étouffe ! je hurle mais vous n’entendez pas à travers le liquide qui m’enveloppe ! mon cordon me serre trop fort, l’eau dans mes poumons me comprime n’écoutez pas les livres qui disent que tout ça c’est normal j’étouffe au secours je tape du pied contre les parois du ventre mais vous riez, riez, jouez, poussez au secours j’ai la tête en bas le corps trop large pour sortir tout va se casser à la sortie ça secoue trop j’ai peur moi aussi j’ai peur très peur trop peur pourquoi prend-elle les escaliers ? une seule marche ratée et c’est la catastrophe prends l’ascenseur arrête avec ces frayeurs… et la voiture ? tu roules trop vite, même à l’arrêt cette ceinture te comprime au secours j’étouffe je suis écrasée ne prends pas la voiture je t’en supplie les gens sont fous ils roulent trop vite chaque tour de roue contracte ton corps et ma fille crie au secours au secours ne prends plus la voiture ne dors pas sur ton ventre ne marche pas quand il fait chaud ne marche pas tout court et si ma fille naissait prématurée 35 semaines ? une petite crevette j’aime pas les crevettes ne me fais pas ça allonge-toi ne réponds plus au téléphone ça crée des ondes maléfiques ne lève pas ces assiettes c’est moi qui débarrasse tu veux tuer notre fille ou quoi je serai l’ombre de ton ombre l’ombre de ta main reste allongée au secours les volets fermés au secours mon cordon me serre je ne peux rien faire mon bébé au secours je vais sortir et je vais faire mal à maman je ne peux rien faire mon bébé au secours au secours au secours.



- Alors comment tu la vis la grossesse de ta femme, toi ?
- Tu me connais : zen, comme d’habitude.

Le nouveau Président
Le 01/06/2007 - 21:31

Tout le monde a suivi les élections du mois passé, naturellement. Et, dans un élan solidaire et fraternel mais probablement surtout pour l’attrait de la nouveauté, tout le monde est satisfait du nouveau président.

Je pense être le mieux placé pour en parler, puisque le président sortant, c’est mon père. 20 ans exactement qu’il était président d’une association. A l’initiative du projet, puis désigné président volontaire et reconduit chaque année avec un plebiscite qui frôle les extraits d’urne des républiques bananières.

Mon père c’est le plus fort. Mon père il est plus fort que Zorro et que Batman (évidemment c’est mon père). Mon père, il est capable de réparer la chasse d’eau qui fuit pendant que vous êtes en vacances.

Mon père possède d’ailleurs un immense pouvoir, qu’il m’a transmis (au grand dam de ma femme, avouons-le) : il est capable d’ingurgiter des sandwiches pain de mie - camembert - harissa. Cette qualité dont il n’hésite pas à faire partager ses amis lors de soirées mondaines chez l’ambassadeur (au grand dam de ma mère, avouons-le).

Mais la vraie qualité vraie de mon père, qualité que j’admire sincèrement et que j’aurais tant aimé posséder et maîtriser, c’est sa modestie, son sens de l’abnégation, son refus des honneurs.

Attention. Si je pense que les grandes qualités font les grands hommes, je persiste à croire que les qualités trop saillantes sont celles qui écorchent le plus. Sans vouloir jouer aux fins psychologues, j’eusse préféré qu’il garde cette abnégation en dehors du foyer pour nous enseigner le sens des structures.

J’ai régulièrement conseillé à mon père de “lâcher” son rôle de président, malgré le plébiscite récurrent, histoire d’offrir un air frais salvateur aux adhérents. C’est chose faite depuis un mois, au profit d’un homme droit et intègre, lui aussi.

Et bien, voyez-vous, mon père que j’ai toujours connu en retrait, discret, mon père qui a toujours été dévoué mais effacé, mon père a régulièrement tenté de poursuivre son rôle malgré sa retraite. Peut-être est-ce lié à son habituelle envie de rendre service, peut-être par la force de sa seconde nature, peut-être par jalousie.

Moi, je crois plutôt qu’il avait besoin d’exister, encore un peu, dans un subtil et extrême raffinement de vanité. D’imprimer les coeurs et les esprits, de rayonner encore un temps. Mon père avait donc des aspérités à l’égo, des saillances à l’âme, il était humain.

Au lieu de le réprimander ou d’en éprouver une gêne, ce jour-là j’ai ressenti de la fierté. Une fierté saine (toute ressemblance avec une jolie dame drapée de blanc est assez drôle).

Mon père n’est peut-être plus président, mais c’est mon héros.