Tout le monde a suivi les élections du mois passé, naturellement. Et, dans un élan solidaire et fraternel mais probablement surtout pour l’attrait de la nouveauté, tout le monde est satisfait du nouveau président.
Je pense être le mieux placé pour en parler, puisque le président sortant, c’est mon père. 20 ans exactement qu’il était président d’une association. A l’initiative du projet, puis désigné président volontaire et reconduit chaque année avec un plebiscite qui frôle les extraits d’urne des républiques bananières.
Mon père c’est le plus fort. Mon père il est plus fort que Zorro et que Batman (évidemment c’est mon père). Mon père, il est capable de réparer la chasse d’eau qui fuit pendant que vous êtes en vacances.
Mon père possède d’ailleurs un immense pouvoir, qu’il m’a transmis (au grand dam de ma femme, avouons-le) : il est capable d’ingurgiter des sandwiches pain de mie - camembert - harissa. Cette qualité dont il n’hésite pas à faire partager ses amis lors de soirées mondaines chez l’ambassadeur (au grand dam de ma mère, avouons-le).
Mais la vraie qualité vraie de mon père, qualité que j’admire sincèrement et que j’aurais tant aimé posséder et maîtriser, c’est sa modestie, son sens de l’abnégation, son refus des honneurs.
Attention. Si je pense que les grandes qualités font les grands hommes, je persiste à croire que les qualités trop saillantes sont celles qui écorchent le plus. Sans vouloir jouer aux fins psychologues, j’eusse préféré qu’il garde cette abnégation en dehors du foyer pour nous enseigner le sens des structures.
J’ai régulièrement conseillé à mon père de “lâcher” son rôle de président, malgré le plébiscite récurrent, histoire d’offrir un air frais salvateur aux adhérents. C’est chose faite depuis un mois, au profit d’un homme droit et intègre, lui aussi.
Et bien, voyez-vous, mon père que j’ai toujours connu en retrait, discret, mon père qui a toujours été dévoué mais effacé, mon père a régulièrement tenté de poursuivre son rôle malgré sa retraite. Peut-être est-ce lié à son habituelle envie de rendre service, peut-être par la force de sa seconde nature, peut-être par jalousie.
Moi, je crois plutôt qu’il avait besoin d’exister, encore un peu, dans un subtil et extrême raffinement de vanité. D’imprimer les coeurs et les esprits, de rayonner encore un temps. Mon père avait donc des aspérités à l’égo, des saillances à l’âme, il était humain.
Au lieu de le réprimander ou d’en éprouver une gêne, ce jour-là j’ai ressenti de la fierté. Une fierté saine (toute ressemblance avec une jolie dame drapée de blanc est assez drôle).
Mon père n’est peut-être plus président, mais c’est mon héros.











Maintenant, le fin du fin pour lui serait de monter une assoce concurrente, positionnĂ©e exactement sur le mĂȘme crĂ©neau, juste histoire de couler l’autre et de montrer qu’un prĂ©sident bouffeur de sandwiches camembert-harissa, c’est quand mĂȘme autre chose !
Bon, allez, arrĂȘte de nous faire souffrir : il Ă©tait prĂ©sident de quoi ?
Mais avec ce type de sandwiches, ton pere il ne s’inquiete pas de ta surcharge ponderale?
Yves
Censure ! Moi qui voulais juste dire Ă Yves que ton pĂšre Ă©tait prĂ©sident de l’assoce “Harissa” ?
Saoulfifre > Il est Ă©vident que ce blog se dĂ©grade. AprĂšs la sĂ©lection par l’argent, la censure maintenant !!!
http://www.harissa.com effectivement c’est mon pĂšre !
(et oui TB il y a pensé : http://www.zlabia.com puis http://www.dafina.com)
censure, argent… vous m’avez pris pour un Ă©lecteur de sarko ou quoi ?
Si je comprends bien, c’Ă©tait donc toi qui jouait le rĂŽle de la jolie jeune fille brune dans ce fameux film
Non, j’t'ai pris pour le fils de Chirac ! Mouahahahaha !
Chipie > non moi j’ai plutot jouĂ© le gros avec un gros nez
Freef > arrĂȘte, tu voudrais que le taux de parricide remonte brutalement ?
Je serais pas contre… Gnekgnek !
Epi un parricide venant d’un type dont j’apprĂ©cie le blog, ça n’aurait rien d’Ă©tonnant…
OK je sors.
ha oui il a l’air bien ton pĂšre. Prends exemple hein !
Ouais ouais et mon pere a moi il est pompier alors hein.
Pompier ? Il pue des pieds !