Vous savez, ami(e) lecteur(e), je ne vous en veux pas d’être médiocre.
Il y eut une époque durant laquelle, je l’avoue avec un sourire compatissant et une larmichette au coin du regard sur mes années folles de jeunesse pendant lesquelles j’avais beaucoup plus de souffle pour lire une phrase aussi longue d’un seul trait, il y eut une époque durant laquelle j’ai longtemps cru que j’étais le Messie.
Ne riez pas, crétins et morues, ne riez pas. Mon corps galbé, mes yeux clairs, mon intelligence hors du commun, et la richesse de ma famille m’avaient alimenté en égocentrisme et mégalomanie à doses de cheval. Un dopage au nombrilisme. Mon monde n’était que miroirs et ne tournait qu’autour de moi.
Hautes études scientifiques, femmes qui se jettent sur moi dans la rue, guérison des lépreux dans le métro : tout semblait indiquer que le monde serait enfin délivré du Mal, du ticket de loto qu’on gagne jamais et des coups de téléphone à huit heures le dimanche matin. Et par ma main tendue et mon bras puissant.
Puis j’ai grandi, j’ai pris des claques un peu partout, du gras un peu partout également, et j’ai dû admettre, à mon grand dam (mais probablement au dam de l’humanité toute entière parce que sans déconner je suis un super bon Messie tant pis pour vous), que j’étais un simple quidam, un moins que rien, un péquenot, une fiente de calamar au fond de l’Océan Pacifique (ça m’fait quelque chose de magique).
La suite vous la connaissez ou presque : j’ai ouvert un blog connu mondialement à Sarcelles, j’ai rencontré ou couché avec la plupart de mes lecteur(e)s, pour preuve qu’ils ne sont pas si nombreux et j’ai décidé de perdre hmmhmm kilos dès que ma fille daignera sortir du ventre de sa génitrice.
Et puis, miracle, une lectrice occasionnelle m’a sorti de ma torpeur et de l’anonymat relatif dans lequel je sombrais :
Monsieur,
Votre blog c’est tellement trop de la balouze que je m’en vais le lire illico à la Radio Suisse Romande, trois jours de suite qui plus est.
Amoureusement à la folie,
Brigitte
Alors, les gueux, vous pouvez crever dans l’indifférence certaine du monde libre, plongés que vous êtes dans votre insignifiance astronomique et votre platitude à en renverser les rouleaux compresseurs.
Vous pourrez écouter mes textes messianiques les 25, 26 et 27 juillet sur le lien de l’émission à la RSR (diffusion de 14h à 15h).
(PS : alors Blogbo dans la presse ou Arpenteur qui le vit tout naturellement, je me marre…)











