Les femmes peuvent parler 33 minutes sans s'arrêter
Histoire d’eaux
Le 31/08/2007 - 18:09

Ma soeur, d’une intelligence pratique et d’une créativité aux insultes frisant l’insanité, m’envoie ce doux mail hier matin. Je le reproduis tel quel, je trouve l’histoire hilarante dans son intégralité.

Info contextuelle : ma soeur a de la fièvre depuis quelques jours. Je veux dire, en plus de son état déjà fébrile.

hey Doune

a 3 heures du matin, les yeux au plafond et le thermometre dans le derriere, j’ai pensé a un super article genre de blog
oui je sais t’as pas envie de lire mais t’es obligé

“La serveuse au traumat”

“Je n’en reviens pas d’être ici, dans cet univers tout blanc et aseptisé. Moi qui est toujours grandi au grand air…
Je ne peux m’empecher d’appréhender l’opération.
Voila que l’on vient me chercher, on me lave presque avec sympathie, et puis ca y est, je les vois, les instruments scintillant sous le néon, tous plus tranchants les uns que les autres. Je ne dois pas y penser ! De toutes facons dans quelques minutes je ne sentirai plus rien.
Deja j’ai l’impression de ne plus sentir mes membres inferieurs, comme ces magiciens que l’on découpe en rondelles.
Ah quelle sensation ennivrante que ce liquide qui se repand et améne la serenité, je peux fermer les yeux.”

“Allez les enfants A table ! En entrée, tomate à la vinaigrette !!”

Oui je sais pas pourquoi ces 10 derniers jours je suis obsédée hopitaux…

Plus étonnant toutefois, j’avais pensé il y a longtemps à une histoire du même acabit mais je n’avais jamais osé la publier. Je profite du ridicule de ma soeurette adorée pour me lancer.

YEeeeahaaaaaaah ! Je vooole !! Ah ça, ils avaient raison, la Terre vu d’aussi haut c’est magnifique.
C’est fou on voit tout : les champs de maïs sont verts, les champs de luzerne sont… oh purée ce vent, il me déporte. Jusqu’où il m’emmène ? Je ne vais tout de même pas me prendre le clocher sur le toit ??
Ah cette vitesse ! C’est grisant, j’en suis toute humide ! 3000 mètres de descente à 1g, c’est pas tout le monde qui peut se le permettre…
Sauf que… Mais c’est qui toutes ces folles autour de moi ? C’est un saut en groupe ou quoi ? Hey ! Hey ! Ca va ? C’est de la folie cette chute hein ? On s’éclat…

[PLOC !]

Enfin, coïncidence ou signe du destin, une dernière histoire d’eaux chez Arpenteur cette semaine. Paraît qu’aujourd’hui c’est le Blog Day.

Alors mon message à tous les blogueurs de la planète : allez vous faire enc chabbat chalom !

Mchaikoubaralik
Le 29/08/2007 - 10:58

Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une insulte de chantier. Ni le nom d’une ville exotique sub-saharienne.

Mchaikoubaralik, c’est le surnom de ma fille. Enfin, pas celui que je lui donne, mais celui que la grand-mère de ma femme lui donne.

D’ailleurs, si j’hésite à le rajouter sur sa carte d’identité, c’est simplement à cause du nombre de cases imposé sur le formulaire rouge jaune vert de l’état.

Durant ces reposantes (tu parles !) vacances dans les Alpes-Maritimes, c’est-à-dire en province quoi, durant lesquels quelques afficionados ont pu admirer mon gros bide et mon double menton sur cette vidéo qui fera date, j’ai partagé ma fille Mchaikoubaralik avec notre immense famille, médusée autour d’elle comme si c’était le saint Graal.

Ou l’équivalent chez les Juifs, un beau billet mauve de 500€.

Ces vacances ont été l’occasion pour moi de ne rien faire, comprendre : je n’ai rien pu faire avec cette Mchaikoubaralik qui a son propre rythme tout au long de la journée. Nous avons tout de même profité de deux heures de son sommeil nocturne pour dévaliser le casino de Cagnes sur Mer, ma chance légendaire jouant la fidèle. Du coup, un saint Graal en poche, nous avons foncé chez le premier magasin pour enfants, afin d’habiller dignement cette Mchaikoubaralik qui ne s’en sortait plus avec ses 18 bodies, 47 robes, 23 pyjamas et 30 paires de chaussettes.

Mais ce que l’Histoire retiendra de ces vacances, ou du moins, ce que nous retiendrons ma femme et moi-même, c’est la visite de la plus gracieuse, de la plus jolie et de la plus talentueuse des blogueuses (après [mets ton nom ici] évidemment), Abs, de son vrai nom Mchaikoubaralik également (coïncidence ?). Elle était accompagnée de son acolyte des quatre cents coups, copsréelle.

Ce n’est pas tant sa grâce, sa beauté ou son talent qui m’ont touché, mais plutôt sa joue lorsqu’elle m’a fait la bise. Et, au détour de quelques banalités sous le parasol près de la piscine, elle s’est mise à pleurer, à chaudes larmes, m’a tendu un lourd paquet bariolé et, les yeux mi-clos, m’a lâché dans un souffle : “tiens, c’est pour ta fille”.

Un cadeau pour ma fille ? J’en tombe des nues et de ma chaise en tek sur les gravillons acérés.

Premier réflexe : j’imagine une liasse de saint Graals (Graux ? Toi-même !).

Diantre non. Outre les superbes effets de toilette offerts à Mchaikoubaralik, il y avait au fond du sac ceci :

Les chaussures de Diam’s ! Elle avait osé, me faire ça à moi !

Du coup, je l’ai remerciée et rapidement reconduit aux limites de notre domaine, nos coeurs encore pleins d’émotion et d’amitié explicite, nos oreilles emplies des chansons de l’autre folle.

Moralités :

1) Si, comme Abs, vous désirez faire un cadeau à ma fille, y’a pas de souci
2) Si, comme Abs, vous vous demandez ce que signifie Mchaikoubaralik, y’a pas de souci. Mchaikoubaralik est un mot arabe qui signifie à peu de choses près : “que je meure pour toi !”. Le truc qui détend quoi.
3) Et si, comme Abs, vous voulez être mille fois remerciée par moi-même pour sa gentillesse et sa fraîcheur malgré son âge avancé, voir n° 1)

Papa ravvi
Le 15/08/2007 - 19:28

On ne peut plus être tranquille.


Psssit : si vous aimez les polars, le dernier Lehane “Prière pour la pluie” est tip top.

Lettre à ma voisine
Le 01/08/2007 - 09:56

“Madame,

Je suis votre voisin du dessous et je vous écris cette lettre à propos d’un sujet qui me tient particulièrement à coeur.

C’est la plus belle fille au monde que j’ai eu à tenir dans mes bras. Ses mouvements sont gracieux, la texture de sa peau si douce, son parfum naturel tellement envoûtant. Ses yeux, encore bleus, me fixent avec interrogation alors que les miens coulent d’amour pour elle.

Cette merveille, c’est ma fille.

Probablement la plus sensationnelle princesse anonyme de tous les temps. La fanfare qui l’accompagne résonne en moi à chaque seconde : entendez ces gazouillements mêlés aux cantiques, écoutez les berceuses sous cet hymne à la joie.

Son battement de coeur c’est désormais le mien. Sa respiration commande dorénavant mon thorax. Sa tension, sa température, sa faim sont maintenant mes propres indicateurs. Ensemble, à l’unisson, à jamais.

Le saviez-vous, madame, je n’ai pas pleuré à sa naissance. Ni depuis, d’ailleurs. Même lors de ses premiers cris, son premier bain, sa première tétée. Ni lorsque je l’ai endormie au creux de mes bras, balancée par le rythme d’une chanson en arabe que chantait ma grand-mère. Ni lorsque je l’ai changée, seul, dans la nuit pour économiser les ressources de ma femme.

Pourtant, tout mon corps déborde d’émotion, d’affection, de tendresse pour ma fille. Je me coule dans ses mains, je me fonds dans ses lèvres, je me love dans ses orteils : mon être entier est en sa possession et à son service.

Elle n’a qu’une semaine mais elle existe depuis des milliards de secondes. Chacune donne encore plus de sens à ma vie, à mon couple, à l’univers. Et une seule passée sans elle est une souffrance, pour citer le poète.

A chaque instant je m’imagine me sacrifier pour elle, pour qu’elle existe et qu’elle vive. A chaque instant de son sommeil je guette sa respiration, ses gémissements et ses rêves houleux.

C’est ma fille et je l’aime à la folie.

C’est pourquoi, madame, vous comprendrez aisément que je vous demande de cesser de passer l’aspirateur 3000W toute la journée de vendredi, samedi et dimanche chaque semaine1, pour notre bien-être à nous trois.

Cordialement,
Famille Byby”



1 : authentique