Parfois je retiens ma respiration pendant 80 secondes.
Au secours !
Le 26/09/2007 - 05:58

Vite. Je profite que mon mari dort pour vous écrires, ami(e)s lecteur(e)s.

Aidez-moi. Je n’en peux plus. Je n’en dors plus. Il est devenu insupportable. IN-SUP-POR-TABLE. Depuis cette singulière journée de Roch Hachana (le nouvel an des feujs comme il l’écrit), le jeudi 13 septembre 2007.

Il faut que je vous raconte. Lui ne le peut pas : d’abord et principalement à cause du syndrôme Pierre et le loup. Mais je soupçonne également autre chose de bien plus exécrable.

Jeudi dernier, une jolie jeune femme lui sourit à distance. Il s’approche, la discussion s’engage. Quant à moi, persuadée qu’il s’agissait d’une de ses anciennes amies, je m’immisce dans la conversation.

Et l’improbable, l’incroyable, l’inénarrable s’est produit : une fan avait reconnu “le célèbre blogueur Byby” (je la cite) en pleine rue, en pleine journée, en plein dans le mille. Yeux verts pétillants dissimulés sous des lunettes de soleil Gucci, un petit ensemble Zara de la collection été 2003-2004 et des chaussures Eram marron en cuir retourné, pour sûr elle avait la classe ; j’en aurais presque été jalouse si elle n’avait pas arboré pas cette faute de goût évidente : le collier de perles H&M à 7,99€.

Je le sais parfaitement, mon mari ça paraît gros mais cela s’est véridiquement déroulé sous mes yeux. Elle portait réellement le collier de perles H&M à 7,99€. Et surtout, elle avait prononcé celui-dont-on-doit-taire-le-nom-en-public : Byby.

Depuis ce jour, ma vie est un calvaire, mes journées un enfer, mes nuits un supplice. Depuis ce jour, quelque chose a changé dans son attitude, de manière imperceptible pour vous autres, humains ordinaires (mince, voilà que je mimétise) mais cette façon de nous toiser, ma fille et moi, cette propension à utiliser la première personne du pluriel pour se désigner, ce ton de condescendance quand il s’adresse à ses collègues deviennent difficiles à supporter au quotidien.

Evidemment, j’ai essayé de le raisonner : mais enfin Marcel (oui dans l’intimité je l’appelle Marcel, en hommage à celui qui “me fend le coeur”), sois réaliste. Elle a sûrement été payée par un mécène, ton patron ou Marcel Bellivaut. Une fan qui te reconnaît dans la rue, ça n’arrive que dans tes articles.

Niet. Il prétend être le messie du blog.

Assurément, j’ai essayé de le menacer : mais enfin Mahmoud (oui quand je le menace, j’en réfère au colporteur d’insanités perse) tu veux que j’arrête de te nourrir ?

Walou. Il persiste et signe. Des autographes imaginaires.

Aidez-moi. Pitié. Il perd la raison, son temps et mon argent. Vous autres, ses lecteur(e)s cotisants, avez peut-être en réserve des idées que je n’aurais pas encore explorées. S’il vous plaît, expliquez-lui que cette aventure si rocambolesque soit-elle ne justifie pas son adhésion à “Top bloggers magazine” ou sa candidature à poser nu pour “les Dieux du Blog”.

Et soyez sympas : quitte à le sermonner, demandez-lui de mettre ses chaussettes sales dans le bac à linge avant de dormir bordel.

Interlude
Le 17/09/2007 - 09:34

Ce n’est pas du tout l’habitude de ce blog de faire de la politique votez à droite mais aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres votez à droite.

Ce matin, j’entends à la radio que Lionel Jospin, le grand morse des banquises du PS (où le climat est sec et glacial votez à droite), vla-t-y-pas qu’il nous sort un bouquin où il pulvérise la sémillante et médiatique Ségolène.

Mon sang n’a fait qu’un tour, la petite aiguille de ma montre n’en a même pas eu le temps. J’ai foncé sur le clavier de l’ordinateur principal, fouillé et fouillé dans mes archives, et banco !

Je vous ai concocté ce petit jeu, rien que pour vous amis lecteurs et amies lectrices, de gauche ou de droite peu importe. L’intelligence est la chose la mieux partagée au monde, il est grand temps de démontrer qu’elle n’a pas de frontière politique.

Sur l’image ci-dessous, le gérant de la boutique, un peu étourdi, a oublié la ponctuation. Sauras-tu la replacer correctement sans t’esclaffer ?

Ceci est un interlude avant le prochain article. L’image est une photo prise par votre serviteur, à la sortie de la maternité il y a deux mois. Un oeil sur ma fille, un autre sur ma femme, un troisième sur mes articles.

Pot d’âne
Le 12/09/2007 - 18:59

Finalement, le hasard existe-t-il ?

Ce matin, aux toilettes, je tombe sur cette définition triviale aux mots croisés : “charge de baudet” en quatre lettres.

Ce soir, et pour deux jours, c’est le nouvel an des feujs.

Et je n’arrête pas de bosser comme un âne et ce, pour un bon nombre de jours dorénavant.

Alors, destin ou coïncidence ?

En tout cas, je vous souhaite à tous, comme à moi visiblement, une excellente et heureuse ânée !

(que ceux qui défilent à la goypride ne se sentent pas exclus. Comme on dit chez les ch’tis : “toute bénédiction est bonne à prendre, du moment qu’il y a de la bière !”)

Note : ne pas confondre la Pâque juive, durant laquelle on se tape des litres de sang d’enfant chrétien avec le nouvel an des feujs, Roch Hachana, durant lequel on complote contre l’humanité en se répartissant les richesses.

Note 2 : à tous les potes musulmans, un bon ramadan qui commence ces jours-ci.

Tain rien que de l’écrire, ça me donne une de ces faims…

La routine
Le 06/09/2007 - 14:02

Elle l’entend s’approcher dans la pénombre, froissant les draps de soie avec ses godillots sales. Et elle déteste ça.

Elle le voit la mater d’un oeil torve, malsain, animal. Et elle déteste ça.

Elle sent sa sueur sale, son haleine tabagique, son odeur répugnante se déposer sur les meubles, sur sa peau, sur son âme. Et elle déteste ça.

Il effleure sa moustache mal taillée, se frotte les mains dans un élan rapide puis les essuie sur son pantalon tâché et poussiéreux. Et elle déteste ça.

Il renifle bruyamment et enfourche son genou sur le plumard, à demi-nu, un matelas velu dépassant de son caleçon. Et elle déteste ça.

Comme un vulgaire objet, il la pousse, la monte, la brutalise, et attend qu’elle parle, qu’elle crie, qu’elle hurle. Et elle déteste ça.

Il ronfle sur son épaule, son énorme pate sur sa poitrine découverte, un filet de bave au coin de la lèvre. Et elle déteste ça.

Alors elle enfonce la lame dans sa jugulaire d’un geste sûr et précis et le regarde mourir ce porc obscène, les yeux révulsés et le sexe turgescent.
Elle rejette le drap d’un geste rapide, enfile ses vêtements mécaniquement, franchit la porte sans se retourner au râle agonisant de son contrat du jour.

Et elle se dit qu’elle adore ça.