La plèbe s’extasie régulièrement sur les nombres ronds (qui paradoxalement sonnent “carré”) : 10, 100, 1000 alors que les geeks et les amoureux de la Vérité penchent ostensiblement pour des nombres plus mystérieux comme : 128, 1024, voire 42 pour les plus cultivés.
Ainsi, pour ma part, je ne participe jamais au 10ème anniversaire de Castorama à Garges-les-Gonesse, à la 100ème représentation d’une pièce de Laurent Baffie et rechigne ostensiblement à jouer au jeu des 1000 bornes.
Alors, quand aujourd’hui j’ai écrit mon 512ème article (pour les consultants en marketing ou en ressources humaines qui me lisent, je précise que 512 = 2 à la puissance 11*), j’avoue que mon corps n’a pas longtemps contenu sa joie et sa fierté : hormis une érection somme toute banale pour un jeune homme de mon âge, une petite larmiche a coulé sur ma joue délicatement duvetée d’une barbe naissante dont la texture n’est pas sans rappeler celle de d’où l’érection.
Pour fêter cet anniversaire d’une puissance de deux, je ne vais pas vous conter de jolies histoires bucoliques dont j’ai le secret. Je ne vais pas embrasser la réalité tragique d’un texte dont la profondeur spirituelle vous échapperait probablement. Je ne vais pas non plus montrer mes fesses. Aujourd’hui, je vais vous parler de la puissance maléfique du web.
Tout le monde a lu ou entendu parler de l’article paru sur Le Tigre et des dangers de laisser traîner son froc partout sur Internet 2.0. De quoi se battre avec son patron, sa femme (et partant, ses maîtresses), ses amis et ses lecteurs pour un rien.
Amis de la poésie et des emmerdements, voici en exclusivité deux méthodes supplémentaires pour vous faire tabasser “dans la vraie vie”, rien qu’avec deux morceaux de web.
Première méthode : laissez facebook choisir la publicité pour vous.
Je vous jure que c’est vrai, ceci est une copie d’écran de ce qui est affiché en ce moment sur ma page facebook. Admirez le mix bariolé des couleurs, la saveur bigarrée des genres.

Maintenant, c’est sûr : je vais définitivement me fâcher avec les loubavitchs (ce que je ne suis pas) et les nantis sémites (ce que je suis). Pardon, je voulais dire les antisémites. Si les sodomites ne sont pas tous antisémites, ces derniers n’ont quand même qu’à aller se faire enculer. D’où l’érection.
Seconde méthode, toute personnelle, bientôt brevetée :
Envoyez ce mail à votre collègue : “Salut Huguette, t’es au courant pour la dernière réorganisation ? T’en penses quoi ? René“. (note : si vous vous appelez René et que votre collègue s’appelle Huguette, vous êtes probablement dans une maison de retraite ou fonctionnaire. Il n’y a pas de mal, cela confirmera simplement que vous n’avez que ça à foutre).
Si votre adresse mail s’écrit rene.sawidajii@lapeste.fr, paramétrez votre compte mail pour que le champ “Répondre à ” soit rene.sawiidaji@lapeste.fr (notez le déplacement du i). Et, subrepticement, créez une liste de diffusion interne du même nom, qui contient les adresses mail de toute votre société, du patron à l’esclave.
Quand Huguette répondra “ah mais je te l’ai toujours dit, ce sont tous des fils de pute dans cette boîte” sans se méfier (l’adresse de réponse étant très proche de l’adresse réelle), elle se fera humilier publiquement, et probablement licencier, voire péter la gueule si votre sujet original était “qu’est-ce que tu penses des Arabes/Noirs/Juifs/petits présidents ?“.
Voilà ami(e)s lecteur(e)s mon point de vue parfaitement étayé sur les réseaux sociaux du web deux-poings-dans-la-gueule zéro.
Bonne année à nos amis Chinois qui fêtent l’année du Buffle, le seul animal qui joue trop bien au poker. Si tu n’as pas compris cette blague, envoie un mail à byalpel@laterreentière.com, il n’y a pas de piège, promis.
(*) en fait c’est 2 à la puissance 10, mais faites comme si de rien n’était, j’essaie de pister les geeks qui lisent ce blog, dont le commentaire cryptique ressemblera probablement à “imho amha rtfm aka ymmv 2.0“










