Parfois je retiens ma respiration pendant 9 secondes.
Web : 2 - Poings : 0
Le 27/01/2009 - 21:44

La plèbe s’extasie régulièrement sur les nombres ronds (qui paradoxalement sonnent “carré”) : 10, 100, 1000 alors que les geeks et les amoureux de la Vérité penchent ostensiblement pour des nombres plus mystérieux comme : 128, 1024, voire 42 pour les plus cultivés.

Ainsi, pour ma part, je ne participe jamais au 10ème anniversaire de Castorama à Garges-les-Gonesse, à la 100ème représentation d’une pièce de Laurent Baffie et rechigne ostensiblement à jouer au jeu des 1000 bornes.

Alors, quand aujourd’hui j’ai écrit mon 512ème article (pour les consultants en marketing ou en ressources humaines qui me lisent, je précise que 512 = 2 à la puissance 11*), j’avoue que mon corps n’a pas longtemps contenu sa joie et sa fierté : hormis une érection somme toute banale pour un jeune homme de mon âge, une petite larmiche a coulé sur ma joue délicatement duvetée d’une barbe naissante dont la texture n’est pas sans rappeler celle de d’où l’érection.

Pour fêter cet anniversaire d’une puissance de deux, je ne vais pas vous conter de jolies histoires bucoliques dont j’ai le secret. Je ne vais pas embrasser la réalité tragique d’un texte dont la profondeur spirituelle vous échapperait probablement. Je ne vais pas non plus montrer mes fesses. Aujourd’hui, je vais vous parler de la puissance maléfique du web.

Tout le monde a lu ou entendu parler de l’article paru sur Le Tigre et des dangers de laisser traîner son froc partout sur Internet 2.0. De quoi se battre avec son patron, sa femme (et partant, ses maîtresses), ses amis et ses lecteurs pour un rien.

Amis de la poésie et des emmerdements, voici en exclusivité deux méthodes supplémentaires pour vous faire tabasser “dans la vraie vie”, rien qu’avec deux morceaux de web.

Première méthode : laissez facebook choisir la publicité pour vous.

Je vous jure que c’est vrai, ceci est une copie d’écran de ce qui est affiché en ce moment sur ma page facebook. Admirez le mix bariolé des couleurs, la saveur bigarrée des genres.

Facebook, sodomie et loubavitchs

Maintenant, c’est sûr : je vais définitivement me fâcher avec les loubavitchs (ce que je ne suis pas) et les nantis sémites (ce que je suis). Pardon, je voulais dire les antisémites. Si les sodomites ne sont pas tous antisémites, ces derniers n’ont quand même qu’à aller se faire enculer. D’où l’érection.

Seconde méthode, toute personnelle, bientôt brevetée :

Envoyez ce mail à votre collègue : “Salut Huguette, t’es au courant pour la dernière réorganisation ? T’en penses quoi ? René“. (note : si vous vous appelez René et que votre collègue s’appelle Huguette, vous êtes probablement dans une maison de retraite ou fonctionnaire. Il n’y a pas de mal, cela confirmera simplement que vous n’avez que ça à foutre).

Si votre adresse mail s’écrit rene.sawidajii@lapeste.fr, paramétrez votre compte mail pour que le champ “Répondre à” soit rene.sawiidaji@lapeste.fr (notez le déplacement du i). Et, subrepticement, créez une liste de diffusion interne du même nom, qui contient les adresses mail de toute votre société, du patron à l’esclave.

Quand Huguette répondra “ah mais je te l’ai toujours dit, ce sont tous des fils de pute dans cette boîte” sans se méfier (l’adresse de réponse étant très proche de l’adresse réelle), elle se fera humilier publiquement, et probablement licencier, voire péter la gueule si votre sujet original était “qu’est-ce que tu penses des Arabes/Noirs/Juifs/petits présidents ?“.

Voilà ami(e)s lecteur(e)s mon point de vue parfaitement étayé sur les réseaux sociaux du web deux-poings-dans-la-gueule zéro.

Bonne année à nos amis Chinois qui fêtent l’année du Buffle, le seul animal qui joue trop bien au poker. Si tu n’as pas compris cette blague, envoie un mail à byalpel@laterreentière.com, il n’y a pas de piège, promis.


(*) en fait c’est 2 à la puissance 10, mais faites comme si de rien n’était, j’essaie de pister les geeks qui lisent ce blog, dont le commentaire cryptique ressemblera probablement à “imho amha rtfm aka ymmv 2.0

Noel, ma mère
Le 24/12/2008 - 16:39

Tard dans la soirée, alors que j’achevais l’emballage des derniers cadeaux pour ma fille avec du tissu bariolé à 8,50€ le mètre (ma fille est encore à l’âge où tout ce qui brille est de l’or), et que ma femme installait stratégiquement le sapin près de la cheminée en marbre de mon salon, j’ai…

Ah ne quittez pas, mon portable sonne.

“Allo ? Ah maman, tu vas bien ? Quoi ? Mais non je ne fête pas Noel, pourquoi tu dis ça ? Ah mais sur mon blog, je plaisante, c’est une licence poétique et… Mais non je te jure qu’on n’a pas de sapin, on n’a pas de cheminée en marbre non plus et… Mais non ne t’ouvre pas les veines ! Mais oui ta belle-fille t’aime beaucoup ! Allez je te laisse maman, j’ai encore du travail. Bisous”

Je reprends. Sur un autre mode sinon je vais avoir le suicide de ma mère sur la conscience malgré moi.

Tard dans la soirée, alors que je faisais un concours de boules avec mon sapin décoré (dont le bilan est sans appel : les miennes sont plus grosses mais beaucoup moins brillantes), entouré de quelques amis gays, dont mon cousin Raphy, j’ai…

Ah mince, ça sonne à nouveau.
“Allo ? Maman encore toi ? Hein ? Mais non Raphy n’est pas homosexuel, c’est une licence poétique et… Mais non je ne suis pas gay non plus ! Mais non ton ulcère ne va pas se déclencher ! Et OUI ta belle-fille t’adore à la folie ! Maintenant je vais raccrocher, si tu t’occupais à réinstaller Linux sur ton ordinateur hein ? Allez bye”

Je reprends. Sur un autre mode sinon je vais commettre un matricide malgré moi.

Tard dans la soirée, alors que j’allumais les bougies de Hanouka avec ma femme qui aime tant sa belle-mère et ma jolie petite fille, j’ai…

Ah non, encore ? Cette fois elle va m’entendre !
“MAMAN, JE SUIS GRAND JE DIS CE QUE JE VEUX ET JE NE FAIS PLUS PIPI AU LIT ! Ah salut Sophie (Sophie c’est ma maîtresse) ! Ce que je viens de dire ? C’est rien, je te faisais une blague pour Noel. Tu… Attends j’ai une deuxième ligne, ne quitte pas. Allo ? MAMAN ? Hein ? Mais non je n’ai pas de maîtresse, c’est une licence poétique ! Et tu espionnes mes conversations téléphoniques ou quoi ? Tu es en train de rendre mon article de plus en plus compliqué à suivre, je te laisse je dois égorger un mouton pour l’Aïd ce soir. Maman ? Maman ?”

Bon ça c’est fait.

Le lecteur avisé notera que je n’ai pas repris la conversation avec ma maîtresse, le lecteur subtil ignorera la remarque du lecteur avisé. Ma femme ignorera les derniers paragraphes, ma mère ignorera cet article.

Alors que j’ouvrais patiemment mes cadeaux d’anniversaire de 34 ans révolus (encore une victoire : j’ai battu Jésus) en pestant contre ceux qui avaient confondu mon tour de taille avec le diamètre de l’écorce terrestre, c’est vrai à la fin j’ai beaucoup maigri depuis…

“(soupir) Mais non maman je mange bien, j’ai maigri parce que j’ai fait un régime…”

Alors que j’écrivais un article de blog auquel une fin prématurée semblait désormais inévitable, je consultais ma montre et “bon sang, mon avion part dans une heure !”

Bonnes fêtes à tous, bonne année 2009 !

(oui maman, toi en premier)

Pilotés par les forts
Le 04/12/2008 - 14:03

(je suis toujours fier lorsque mes titres calembouresques n’existent nulle part ailleurs, si l’on en croit Google…)
(on a les plaisirs qu’on peut hein)

C’est la crise.

Nous allons tous mourir.
Oui toi aussi, petit garçon qui attend sa maman à l’école sous la pluie, toi aussi petite fille qui joue dans les flaques d’eau. Toi aussi l’ouvrier chez Renault qui pointe au chômage partiel. Toi aussi Georgette, boulangère de Montbéliard, chez qui les techniciens de chez Peugeot ne viendront plus conter fleurette ni bécqueter baguette.

Vous aussi Jean, Louis, Etienne. Vous aussi Michèle, Alliot, Marie.

Même moi.

Et croyez-le ou non, c’est là que je ne suis plus trop d’accord.
Que des gueux, des communistes, des femmes, des enfants meurent à cause de la dysenterie, d’une tornade ou d’une crise financière, ça me touche évidemment, j’ai tout de même un coeur (et puis ça fait toujours des lecteurs en moins, donc rentabilité de la publicité en chute libre donc crise financière sur ma famille). Mais bon, il y en aura d’autres pour prendre leur place…

Mais filer la mienne, si chèrement acquise ? Jamais !
Je n’ai pas durement lutté contre mes parents, ma femme, mon patron, le président Sarkozy, contre moi-même pour crever ici et maintenant parce que des banquiers écervelés (flirt avec le pléonasme) ont jonglé avec des contrats immobiliers en feu devant un parterre de patrons banquiers écervelés (avec la langue c’est meilleur) et avides de pognon (oh oui), sans crainte pour leur poste (continue c’est bon) ou leur prime de fin d’année (c’est bon mais prends quand même un chewing-gum Emile).

Et puis il me reste des actions Eurotunnel, merde.

Si on doit crever cette année, à quoi ça sert tout ça ? Tout ça = l’épargne mensuelle, le régime (maigrir avant de mourir, c’est vraiment la loose), l’introspection pour faire éclore l’Adulte et taire l’Enfant Spontané, la religion, Cauet à la télé, l’amour ?
A quoi ça sert si nos patrons, les forts de ce monde, font ce qu’ils veulent de nous parce qu’à la longue, ils gagnent toujours à la fin, comme Starsky et Hutch ?

Woaw, dans deux lignes j’entonne l’Internationale, ma casquette CGT vissée sur le crâne et mon Ricard à la main.

Vive le capitalisme ! Vive la crise ! Vive l’argent, du moment que j’ai ma part ! (mince je vire Ségoléniste).

Le capitalisme, que ce poète libanais avait subtilement illustré par ces tendres mots “si tu n’es pas riche, tu manges des pois chiches” - certes, traduit de l’arabe ça a moins de pêche - nous a rappelés à l’ordre, encore une fois.

4 ans après la crise de 1929, Hitler était élu chancelier allemand. Il paraît que l’histoire se répète.

On va tous mourir, je vous dis. Même moi.

(extrait de mon bouquin à paraître “plus belle la vie, mon cul oui”)

Cabbale filiale
Le 25/11/2008 - 10:28

Je pense que ma fille, 16 mois hier, m’adresse un message. Les pédo-psychiatres disent qu’à son âge, on comprend la causalité des événements, on perçoit les sentiments et les attitudes, et on transforme en série de Fourier.

Mais comment vais-je lui expliquer que c’est la crise et que l’on va tous mourir en avril, en mai pour les plus optimistes ?

(note si ma femme lit cet article : les pédo-psychiatres disent qu’à son âge il ne faut pas trop la contrarier, on devrait peut-être songer à prendre la PS3, tant pis ; si c’est pour son bonheur, on mangera des pâtes crues, des racines de pissenlit et on jouera sur la télé 127cm plutôt que sur le projecteur).

Va au diable, Ertcele !
Le 04/11/2008 - 17:43

Les plus cultivés ou les plus judaïophiles d’entre vous, ami(e)s lecteur(e)s, connaissent le destin et la vision tenace de Théodore Hertzl (prononcer Ertcèle), le père officiel du sionisme, idéologie politique qui prône le retour des Juifs à Sion. Cette thèse a été mainte fois imitée, copiée, plagiée sans susciter toutefois de réelles portées historiques.

Citons pour l’exemple l’organisation chrétienne “Sion Dubois” qui ne laissera dans les annales que de la sciure.
Ou bien cette chanson épique de Julien Clerc (de son vrai nom Mardochée Benhamou) “Sion chantait”, qui a plus fait vibrer les guiboles de ma grand-mère que les oreilles des Jérusalémites.

Bon, pour demain, vous me copierez cent lignes de calembours avec le mot Sion et on va pouvoir passer à autre chose.

C’est le Docteur Eric Berne, père de l’analyse transactionnelle (wikipédiez si vous êtes incultes ou sympathisants du PSG), qui, dans son ouvrage Que dites-vous après avoir dit bonjour ?, introduit le personnage d’Ertcele.

Si vous écoutiez NRJ plus souvent, vous auriez décelé qu’Ertcele se lit Electre en verlan.
Mais, et c’est encore un paradoxe de la vie, à force d’écouter NRJ, vous ne savez pas qui est Electre.

Pour Berne, Ertcele est à Electre ce qu’Epidoe est à Oedipe : l’appropriation inconsciente des sentiments incestueux parent-enfant, père-fille dans le cas d’Ertcele et partant, du mien.

Si ma fille reste la plus intelligente/belle/rigolote des petites filles, pensais-je récemment avec toute l’objectivité de l’homme raide et digne que j’incarne (non pas priapique, juste raide et digne), comment réagirai-je à la naissance de mon prochain enfant ?

Ah oui parce que je ne vous ai pas dit, on attend un deuxième enfant. J’anticipe déjà vos commentaires et je réponds : oui, merci, non, je m’en fous, oui, net(*).

On aime ses enfants, tous, même celui qui endosse le costume de Gaston Lagaffe ou celle qui danse la tectonik. Même, j’ose l’avouer, celle qui taillade le câble RJ-45 de la Freebox sous prétexte qu’il ressemble étrangement à un serpent venimeux.

Mais aime-t-on les suivants comme on aime le premier ? Un père aime-t-il autant son fils que sa fille ? Nourrit-il nécessairement des sentiments glorieux vis-à-vis du fils qui transmettra son nom ? Comment dire à une deuxième fille que “c’est la plus intelligente/belle/rigolote” en toute objectivité d’un père raide et digne ?

C’est ce que vous découvrirez en vous barrant illico sur les forums d’aufeminin.com, ici c’est un blog de mec avec un grand M et un gros Q QI.

Alors au diable Ertcele, je gérerai l’élevage de mes enfants comme je l’ai toujours fait : sans Sion avec pasSion.

Il est carrément naze ce dernier jeu de mot, la prochaine fois, on jouera avec l’anagramme d’Ahmadinejade.

(*)
Sans déc ?
Mazal Tov / Félicitations !
Tu sais si c’est un garçon ou une fille ?
Tu préfères quoi ?
Ca leur fera donc 21 mois d’écart ?
Ton salaire mensuel, c’est 12500€ brut ou net ?

J’ai sifflé la marseillaise et j’en suis fier !
Le 17/10/2008 - 00:04

Siffler la Marseillaise.
La Marseillaise sifflée.

Contrairement à la récupération politique et médiatique de l’affaire, sur ce blog, je l’affirme haut et fort :

J’ai sifflé la Marseillaise et j’en suis fier !


(purée si je ne sors pas premier dans Google avec ce post, je veux bien siffler… une pinte de bière)

Note importante : messieurs des RG, ceci est une vaste blague, merci de ne pas m’emprisonner ni menacer ma famille.

Tentative
Le 03/10/2008 - 09:01

Je reviens après six mois d’absence.
Le problème avec les missions au Mossad, c’est que tu sais quand elles commencent, tu ne sais

Tu mérites de mourir
Le 12/03/2008 - 21:25

“Tu mérites de mourir”.

J’ai été bercé par ce refrain, depuis que j’ai l’âge de cinq ans, depuis que je suis en âge de comprendre la mort et le mérite.

“Tu mérites de mourir. Chaque jour, l’homme est voué à mourir mais sait-on par quel miracle, on se réveille confiant de revoir ceux qu’on aime, confiant de faire ce que l’on avait prévu la veille ou de longue date, confiant de s’endormir et de se réveiller encore et encore.

Mais tout ça peut s’arrêter du jour au lendemain mon fils. Alors n’oublie jamais : tu mérites de mourir, profites-en pour en faire le maximum dans la journée qui vient, peut-être que demain sera trop tard.”

Mon père m’a sermonné chaque matin, entre les tartines et le bol de lait, sous l’oeil approbateur (mais triste ?) de ma mère.

Et regardez maintenant : je suis à la tête d’une des plus grosses entreprises de mon pays, je suis un homme respecté, les hommes d’affaire et les hommes politiques sont tous rassemblés autour de moi ce soir, dans cette immense demeure que je me suis fait construire sur mes terres. A moi, encore à moi : j’ai tout acheté, tout vendu, des hommes que je commande au doigt et à l’oeil sont à mes pieds, je possède tout ce que j’ai toujours voulu, peut-être plus encore.

“Bonsoir M. le Gouverneur, c’est gentil de votre part de vous être déplacés.”

Regardez-les ce soir, il y a même des journalistes, des types du show biz, et au buffet ce n’est pas cette actrice en vogue ? Ca, papa, je te le dois. Un credo qui m’a aiguillonné jusqu’aux cimes de la gloire, jusqu’à ce soir.

J’ai tenté d’appliquer ta recette papa. De transmettre le goût de l’effort à ta petite fille unique. “Tu mérites de mourir”, je le lui ai répété tous les jours entre les céréales et le jus d’orange depuis qu’elle est en âge de savoir.

J’ai tenté d’appliquer ta recette papa, malheureusement je n’avais pas les bons ingrédients.

Ce soir, c’est la veillée funèbre de ma petite princesse. 17 ans c’est un âge auquel on mérite tout sauf de mettre fin à ses jours.

Ce soir papa, je mérite de mourir.



Pas écrit depuis longtemps (le boulot).
Nous sommes allés une semaine au ski sans ma fille, trop petite. Elle me manque, ça doit être ça.
Cet article aurait pu s’intituler “Jamais sans ma fille”.

The little pushed
Le 29/01/2008 - 17:14

- Pose ton cul sur cette chaise et ferme-la !

L’inspecteur Pecks, yeux clairs et frange brune, accent slave et mocassins italiens, le projette sur le tabouret rouillé, essuie ses lèvres d’un revers énergique et assène un coup brutal sur la table d’interrogatoire.

- Maintenant tu vas tout nous expliquer avant que mon collègue et moi, on se fâche pour de bon. Tu m’as compris, salopard ?

Et pour mieux se faire entendre, il lui rugit son insulte au visage, son flingue dégainé

C’est au tour de l’inspecteur Joanozi. D’habitude, il excelle dans la pratique du bon flic. Mais on ne joue pas avec les enfants, oh non, pas les gosses bordel. Il claque la porte massive, repousse d’un coup violent de la hanche le mobilier pour arborer son insigne à quelques centimètres du visage de Rodrigo.

- Tu sais qui on est, enfoiré ? Hein (il hurle maintenant) ? On est le putain de FBI ! Et ici, on a tous les droits tu m’entends ? Tu m’entends ? Ici, c’est nous qui faisons la loi ! Ici, on peut te péter les genoux et personne ne viendra porter plainte, t’as compris ? (il rapproche son insigne métallique de son visage) T’as compris, F-B-I ! Alors tu vas tout nous balancer sans te foutre de notre gueule, c’est vraiment pas le jour, ok ?

Et, sans crier gare, lui décoche son poing gauche en plein thorax. Six ans de boxe amateur, ça aide. Et ça défoule.

Rodrigo crache du sang foncé sur ses haillons délavés, suffoque, essaie de parler. Mais c’est Pecks qui renchérit :

- Parle ! Où t’as mis les gamins ? Hein ? (il le saisit au col de son sweat shirt) Putain de bordel de merde, cinq gamins, qu’est-ce que t’en as foutu ?

- Je.. Je.. Je vous… balbutie-t-il

- Parle plus fort ! hurle Joanozi, à présent presque aussi rouge que sa cravate en soie Hermes.

- Je… Je vous ai déjà tout dit, arrêtez s’il vous plaît (il renifle) je ne sais pas où ils sont, je ne sais pas (il termine sa phrase en levant des yeux suppliants)

Comme l’éclair, le gauche de six ans d’âge. Rodrigo hurle et s’effondre.

- Te fous pas de notre gueule bordel, te fous pas de notre gueule !!! Tes propres gamins ! Espèce d’enfoiré !

Alors qu’il va appuyer ses dires par un poing gros comme une toaster, la porte en bronze s’ouvre violemment.

- Inspecteur ! Venez voir c’est urgent.

Pecks fixe l’interrogé qui a brusquement levé le visage, un mélange de crainte et d’espoir dans le regard. Joanozi sort en maintenant la porte d’une main, semble acquiescer, puis passe la tête par l’embrasure :

- Pecks, on les a retrouvés ! On y va !
- Bon sang, où ça ?
- Devant chez eux. D’après le plus petit, leur père les a volontairement traînés en pyjama et pieds nus en pleine forêt dans l’Oregon sur plusieurs kilomètres pour les abandonner. Mais le gosse a eu l’idée de semer des cailloux derrière lui. Un vrai petit génie ! Allez, viens, on y va.

Pecks se retourne, brandit un index menaçant en direction du père en le fixant droit dans les yeux :

- Toi espèce de salopard, tu perds rien pour attendre. Ouais mon pote, tu vas en prendre pour quinze piges. Quinze piges !

Il maintient son regard pendant quelques secondes qui paraissent une éternité, récupère sa veste en cuir usé d’un mouvement leste et sort précipitamment.

Maintenant, Rodrigo s’affaisse sur le dossier, les yeux dans le vague, les bras sur les genoux.

“Petit con de petit Poucet. La prochaine fois, je le cramerai au chalumeau.”

(cette histoire vous a été contée du Texas à 5h30 du matin, merci le jetlag I mean le décalage howaiwe sowwy…)

Lost in translation
Le 22/01/2008 - 11:49

Petit week-end à Londres en amoureux, ma fille (six mois demain) s’est incrustée à la dernière minute.

Hormis le fait que les Anglais sont idiots (ils conduisent à gauche), mouillés (il pleut tout le temps) et non-francophones (ils parlent anglais les cons… Et cet accent…), Londres est une sacrée belle ville. Comme Paris mais sans Velib.

Du coup, petit jeu intraduisible (ha ha ha).


Nan mais dans cet état, tu ne le vendras jamais…


Tu m’étonnes que tu brades ton camion…

Et hop, dimanche prochain au Texas (pour le boulot, si si !). Si je vois Bush, je lui dirai un message amical de votre part.

PS : dorénavant, j’annonce la couleur. Le prochain article s’intitule “Le petit chapeau rond rouge”.