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Mofo
Le 03/09/2006 - 05:16

(Petite dédicace à Pascal, depuis le temps que je lui parle de cet article…)

J’ai souvent rêvé d’être Noir.

Mais pas un quelconque Noir hein. Pas un mec de la cité des 4000 à la Courneuve. Ben non, quitte à cumuler les difficultés, juif et Noir, autant rêver d’être une star. Miles Davis l’a déjà fait remarque et lui, comble de comble, était borgne.

Bon, alors va pour la cité des 4000. Encore que… j’aurais une préférence pour les ghettos américains. D’abord, je trouve le style des ces “blacks” rigolo (qui oserait, en France, porter une cagoule avec des nattes en pleine rue ?). Et leur façon de parler… Un régal ! Incompréhensible, pour les américains eux-mêmes. Mais quelle mélodie à écouter…

Il y a longtemps sur ce blog, je m’étais demandé pourquoi il n’y avait pas plus de bons acteurs Noirs en France (ie, exit Mouss Diouf et Legitimus). Je ne rentrerai pas dans ce débat déjà abordé (s’il vous intéresse, il y a un moteur de recherche sur ce site et il fonctionne bien). Mais je suis déjà plus satisfait d’apercevoir qu’un an après, un beau jeune homme Noir présente les infos de 20 heures sur TF1. Les esprits de nos “vieux” décideurs sont-ils éclairés par de jeunes et intégrés personnages ? Qui sait.

Le problème de toutes façons est biaisé, quoi qu’il advienne. Vous connaissez l’histoire du type à qui la mère offre deux cravates ? Le type met la bleue et sa mère lui dit : “et pourquoi pas la rouge, elle te plaît pas ?”.

Pareil pour la discrimination positive, à mon sens. Pas de Noir à la télé, on gueule. On les favorise un peu histoire d’amorcer la pompe, on gueule. Merde à la fin. Parfois je rêve de m’exiler à Londres pour leur “ouverture” face à la diversité. Et puis je repense à ce qu’il bouffe.

Par contre, à les Etats-Unis, ils en ont des acteurs Noirs, et des bons. Mon préféré, en ce moment, c’est Jamie Foxx. Je peux presque avouer que je trouve ce type extraordinaire : il est beau, il joue superbement bien pour un Noir (souvenez-vous Ray), il chante du feu (pour qui aime la bonne R&B, suffit de passer sur son site)…

Mon film préféré avec plein de Noirs des ghettos américains dedans ? Celui-ci, en exclusivité. Les dialogues originaux sont issus d’une série excellente The Wire dont j’ai déjà talked about sur ce blog. L’interprétation - magistrale - est encore toute fraîche.

Mais si je devais être Noir et parler le black fucking ghetto, alors j’aurais aimé être un de ces gars.


Je rentre demain, si tout va bien. A bientot, mofos !



Mofo : mother fucker, pour les intimes.

Suzanne l’Anglaise et l’or en blanc
Le 11/06/2006 - 13:42

La finale de Roland Garros (NON CE N’EST PAS DU FOOTBALL !) va commencer dans une heure environ.

Ah oui, je ne vous ai pas dit ! J’ai acheté une clé USB pas plus grande que mes deux gros orteils collés qui fait décodeur TNT. Pas que je veuille voir la télé régulièrement ou pallier un manque virtuel (je préfère encore m’ouvrir les veines avec un chalumeau), mais Roland Garros + coupe du monde de football + Thalassa le vendredi soir, je ne pouvais pas résister.

Et puis c’est idéal : cette clé USB greffée à mon portable professionnel, et je peux positionner une petite fenêtre dans l’angle supérieur pour regarder, à l’aide de ma vision périphérique, les événements sportifs du mois.

Contrairement à un grand nombre de blogs qui crachent sur le Mondial de foot sans honte, je le dirai une fois pour toute : je hais le football (crétinisation des générations, l’argent mis en jeu déresponsabilise les joueurs, spectacles variables selon les équipes…) mais la Coupe du Monde, c’est quand même adrénalisant.

Ceci étant dit, les matchs de Roland Garros sont quelque treize millions de fois plus excitants que d’envisager 20 crétins qui courent tels des frelons alcooliques (oui les deux goals ne courent pas. Vous n’avez jamais vu de match ou quoi ?).

Sauf que…

  • La même publicité toutes les deux jeux, c’est la plus grande honte pour l’humanité (après se péter la gueule dans l’escalier du métro devant tout le monde)
  • Et les jingles de Roland Garros 2006 ? A tout bout de champ ?
  • Je vais souvent vomir aux toilettes (tous les 3 jeux environ) parce que le réalisateur pour la télévision enchaîne zoom in, zoom out, fading à chaque point…
  • Je voudrais bien occir à l’aide d’un couvercle de boîte de conserve rouillé le spectateur qui hurle à chaque point : “alllleeeeeeeeeeez !”
  • Je hais avec la même énergie un violeur d’enfant et le commentateur qui sévit avec Arnaud Boetch. Il est d’un parti pris ignoble et d’une incompétence crasse, que l’on ne retrouve guère que chez Thierry Roland, c’est pour dire…
  • Je suis un porteur de poisse : à chaque fois que je supporte un joueur (ou une joueuse, ou Amélie Mauresmo), il perd. Je supporte une équipe de foot, hop ! défaite assurée…
  • JE NE SUPPORTE PAS CE PETIT CON DE NADAL. Je trouve qu’il a une face simiesque (c’est mesquin cette remarque hein ?), qu’il crie à chaque coup qu’il frappe comme les gonzesses, que pour chaque point disputé qu’il gagne, il serre le point comme s’il avait abusé le fisc avec succès et surtout… qu’il joue trop bien ce petit morveux
  • Moi j’étais pour Llubijic contre Nadal, et cet enfoiré de commentateur qui prenait parti pour Nadal à tout bout de champ ! J’allais me fendre d’un SMS (47€ + le prix du SMS) pour lui dire “tu vas fermer ta gueule connard ou je te rentre la raquette par les deux bouts ?”

Oui, parce que j’ai une mentalité assez bizarre, je trouve, à propos des équipes ou des joueurs que je supporte.

En effet, lorsque je soutiens un joueur (je lui envoie du fric par exemple) et qu’il gagne “trop”, j’en viens à supporter l’autre, pour rééquilibrer le jeu mais surtout parce que j’ai de la peine pour lui… Une fois que l’autre s’est remis plus ou moins, alors je peux supporter à nouveau mon favori. Je dois être cinglé. Ou alors ma personnalité qui déteste les conflits se révèle encore plus ici…

Côté matchs, j’étais radicalement et unilatéralement pour Gaël Monfils : un Black français (le seul ?) qui s’amuse et amuse les foules au tennis, je suis à fond. Amélie Mauresmo, à fond aussi (on l’a tellement critiquée que je prends évidemment le côté des opprimés. Des opprimés musclés certes). Effet poisse : ils perdent.

Puis j’étais pour Fédérer contre Nadbanjian. Puis lorsque Fédérer est repassé en tête, j’étais pour Nadbanjian (ma personnalité, rappelez-vous). Effet poisse : il abandonne.
Puis j’étais pour Llubijic, parce que j’aime sa tête et qu’il était le challenger contre ce gommeux de Nadal. Effet poisse : Llubijic out.

Alors cet après-midi je suis pour Nadal. ALLEZ NADAL ! ALLEZ NADAL ! ALLEZ !

J’espère que ça suffira pour le faire perdre.

Côté foot, je ne suis en aucun cas pour la France (le chauvinisme débrayé des commentateurs attardés mentaux me dégoûte, je fais un rejet rabbit) mais plutôt pour les équipes atypiques : Côte d’Ivoire et Trinidad.

Et l’Iran aussi pour la déconne.

Demain je vous parlerai de la Coupe du Monde de Cannes-La Boca de Pétanque.

Chantal et le lobby
Le 31/05/2006 - 15:01

Le titre de ce billet est un jeu de mot, une boutade, un calembour que nombre d’entre vous comprendront aisément s’ils connaissent l’animatrice phare du groupe Les Nuls. Mais certain(e)s le comprendront plus que d’autres, parce qu’il existe un calembour caché mais pas trop, et qui en fera rire plus d’un(e)s.

Vous savez, en ce moment, on parle beaucoup des juifs. Il y a 10 ans aussi, tu me diras. Il y a 100 ans aussi, tiens. Oh ben dis donc, il y a 1000 ans aussi !

Jusqu’à pas plus tôt que ce matin, je pensais que c’était justifié. Je veux dire par là que, évidemment, il existe un lobby caché qui contrôle pêle-mêle et de manière non exhaustive les gouvernements occidentaux, la météo, les chiffres du loto, la circulation (et les bouchons) des grandes villes mondiales et… le poker.

Autant pour les premiers points, vous avez des preuves évidentes tous les jours autour de vous, autant pour le poker vous doutiez. Vous doutiez comme je doutais jusqu’à pas plus tôt que ce matin, pour boucler la boucle de ma phrase précédente.

Mais, que vois-je sur ce lien ? Ami(e) lecteur(e), si tu veux comprendre la suite, je te conseille vivement de cliquer.

Je vois-je les noms des plus grands joueurs français de poker. Qui participent aux tournois internationaux s’entend. Parce que c’est pas pour dire, mais mon grand-père, il les aurait tous matés ces petits couillons avec leurs lunettes de soleil en toc et leur casquette en tweed. D’ailleurs, je ne vais pas le dire, tiens.

Et, si nous lisons ensemble et à haute voix les dix lady les dits putain ça s’écrit comment ? ces noms, nous retrouvons : Bruno Fitoussi, Patrick Bruel, David Binyamine, Claude Cohen, Michel Abecassis et Robert Cohen. Et Patrick Gross et Serge Kammerer pour lesquels j’ai un doute mais tout de même une forte présomption sur la circoncision avérée.

9 joueurs sur 11 !

Certains fervents défenseurs du pauvre et de l’opprimé rétorqueront : “et alors ? Coïncidence !”.

Personnellement, je n’y crois pas. Vous connaissez mes liens étroits avec le Mossad depuis longtemps, vous qui suivez les épisodes de ma vie dans les méandres arabesques (au sens de sinueux, hein, pas chez les arabes) de l’espionnage international.

Je pense sincèrement, et je vous invite à diffuser cette information autour de vous, qu’il s’agit d’un complot organisé par ces joueurs, pour emmagasiner le plus d’argent possible en jouant aux cartes, afin de dominer le monde et imposer des lois absconses comme : la circoncision pour tous les mâles, un jour par an où tout le monde s’excuserait et ne mangerait rien de la journée, l’obligation de vendre des jeans ou des fourrures à des prix de gros, ou encore l’interdiction de manger des salsifis sans sauce (sans déconner, c’est vraiment trop dégueulasse).

Evidemment, vous pouvez me taxer d’antisémite, et appeler à la rescousse les autorités des douanes idoines.

Bon déjà si vous me taxez, c’est que la conversion s’opère, vous êtes en bonne voie.
Et puis de toutes façons, ce genre de plaintes, en ce moment, cela passe plus ou moins pour de la propagande.

N’en déplaise au Nouvel Obs, qui ne voyait dans la démonstration de force de la Tribu Spéciale K (facilitent le transit intestinal donc) qu’une simple revanche sur les groupuscules dits extrémistes Bétar et Ligue de Défense Juive, des gars armés de massues qui déboulent dans un quartier populaire réputé pour abriter un quartier juif et qui hèlent les passants par “y’a-t-il des juifs qui veulent se battre ici ?”, ce n’est pas de la propagande. Ce sont des faits avérés, en plein Paris, et qui ont de violents reflux malodorants tout de même.

Ces faits, qui ne me choquent guère après le douloureux passage d’Ilan Halimi de vie à trépas, sont tout de même préoccupants s’ils ne sont pas fustigés comme il se doit par la presse pour éviter de donner des idées à d’autres dieudonnistes mal réveillés.

Quand Yaelz et Tony m’écrivent ou m’appellent d’Israel pour me décrire le contenu du reportage Envoyé Spécial de la veille : 30 minutes de douleur sur les guerres et la famine en Afrique, 30 minutes sur les gros richards français qui ont réussi aux Amériques, et que dans le même ratio que les 9/11, on retrouve -volontairement à mon avis- des Maurice Benhamou, des Paul Guez ou des Serge Bénaïm qui se vantent d’avoir acheté la dernière Porsche à leur fille pour son anniversaire, dans un accent pied noir à la limite de la parodie, je m’interroge sur le bien-fondé du programmateur de cette émission. D’autant plus que, sur le site de France 2 pour ceux qui ont cliqué sur le lien ci-dessus, le deuxième sujet censé être abordé était “les petites soeurs de Cannelle”. Pas assez vendeur (de jeans), probablement…

Ce n’était pas le sujet de mon article évidemment, mais vous savez, les juifs, ils se plaignent tout le temps… Ou alors, ils bluffent.

Pour ceux qui veulent rire aux larmes, je vous conseille cette petite chansonnette pimpante qui circule sur le net. J’ai pas pu aller jusqu’à la fin, vous me raconterez.


L’as en Sion
Le 25/05/2006 - 23:13

Non, c’était juste pour la placer celle-là, en ce jour saint.

Vous avez été nombreux à participer au grand jeu du “tu peux sonner ma cloche” (the ring-my-bell cyclone-des-assholes tour). Je ne vous remercierai jamais assez pour votre formidable contribution, ne serait-ce que pour le fait qu’elle soit gratuite.

Dans l’ordre des soumissions :

Yves
Yves, dont je trouve la voix vraiment agréable, n’a pas respecté les contraintes édictées, et alors ? Il nous présente une jolie version de Dactylo Rock, des Chaussettes Noires (avec un grand blond). Ca ne nous rajeunit pas tout ça.


Les paroles originales sont .

Samouyel et Laurie
Non plus, pas de respect pour les contraintes, mais une version édifiante de Septembre du célèbre group Terre, Vent et Feu. J’ai brûlé ma chemise un million de fois sur cette chanson. On reconnaît bien là les familles de musiciens…


Les paroles originales sont .

Abs
La moins geek de tous s’est lancée dans les effets sonores, sur une merveilleuse chanson de Cindy la peur, Vraies Couleurs. C’est beau, c’est pur, c’est 100% orange juice. C’est Abs.


Les paroles originales sont ici.

Tant-Bourrin
Il avait promis de ne jamais chanter en public, il nous aurait privés de cette exxxxcellente version de “J’aime aimer”. Number one au top ten Numéro un au haut dix. Tina Charles a déja dû se retourner dans sa tombe.


Les paroles originales sont .

Yaelz Laine On
Aucun respect des règles, une voix sensuelle et badine, Yaelz nous interprète la version originale (oui, la version originale est franco-israélienne) de Ainsi soit-il des Scarabées, que d’aucuns auraient probablement incorrectement traduit par Laisse le être (ah y’aura toujours des cons).


Les paroles originales sont .

Yaelz Jacks On
Non seulement elle ne respecte pas les règles, mais elle soumet deux chansons ! Elle est vraiment méchante comme dirait l’autre vert-de-gris Michael mon fils, j’t'en prie, va ouvrir la porte, y’a Jacques ton frère qui a sonné ! Jackson.


Les paroles originales sont .

Tristan et Véro
Total respect pour le tube interplanétaire de Kim-la-sauvage Wilde revisité par les deux artistes du moment (surtout du côté de Gare du Nord) : Les ados d’Amérique.


Les paroles originales sont ici.

Encore une fois merci à tous, vous avez démontré au monde entier que le ridicule ne rend pas plus ridicule qu’on est déjà ridicule.

Vous voir plus tard, alligator et vous voir bientôt, le babouin !

… que ces cons d’anglais traduisent approximativement par “see you later, alligator and see you soon, baboon”.

16 blogs
Le 28/04/2006 - 15:00

Peut-être certains d’entre vous, ami(e)s lecteur(e)s, ont récemment assisté à la projection cinématographique du film “16 blocs” dont Bruce Willis est le héros.

Pour ma part, je ne manque jamais un film avec Bruce Willis, puisque je m’identifie immédiatement à cette masse de muscle, ce sourire inégalable et ce crâne rasé qui rend jaloux tous les skinheads de nos facs d’antan.

L’affiche française est sobre, je l’affiche ici pour mémoire.

La première fois que j’ai aperçu l’affiche sur nos charmants panneaux publicitaires du périphérique, j’avais lu “16 blogs”. 16 blogs, Bruce Willis, je ne voyais pas trop le rapport. La preuve d’ailleurs, il n’y en avait pas. Et mon opticien, non content de me fourguer une nouvelle paire de lunettes à 1400€, de renchérir : “vous avez bien fait de venir me voir : pour votre lourdeur je ne peux rien faire, mais les yeux c’est mon métier (la vérité)”.

Toutes choses étant égales par ailleurs (je pourrais arracher, sans sourciller un instant, muni d’une pince à épiler, les ongles des pieds des imbéciles qui prononcent cette phrase), l’idée avait germé dans mon cerveau. 16 blogs. Bruce Willis. Bruce Willis. 16 blogs.

Banco : j’ai réalisé cette affiche.

Les décors sont de moi (rappelez-vous ici), le beau gosse qui court, c’est… moi. Le beau gosse qui se prend pour Bruce Willis, c’est… encore moi.

J’ai profité pour faire de la pub pour 16 blogs, il me semble en avoir oublié quelques-uns. Ne vous formalisez pas : après une heure de travail je n’avais pas envie de tout recommencer… (Et puis je ne suis pas payé pour faire ça, alors du calme).

On clique si on veut profiter de l’affiche en grand format.

Unesco 1 - Byalpel 2
Le 28/03/2006 - 12:47

En préambule, je tiens à préciser que ce billet sera culturellement orienté, autrement dit il ne “parlera” pas à tout le monde. Ce n’est pas tant lié à l’ouverture d’esprit qui te caractérise, ami(e) lecteur(e), mais plutôt à des attachements traditionnels qu’il est difficile de retranscrire par écrit (du moins pour moi).

Hier soir, se tenait la soirée annuelle d’une association d’entraide aux enfants (et par extension aux adultes) israéliens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Le quotidien de Méir Panim (le nom de l’association, qui signifie “éclairer le visage”) est de préparer des milliers de repas par jour pour ces personnes en difficulté.

Chaque année, une soirée est organisée pour récolter des fonds pour faire fonctionner l’association, composée entièrement de bénévoles en Israël mais également dans toutes les “filiales” de la diaspora, et notamment la France, dont la présidente est la mère de mon copain Tony (que vous avez déjà pu écouter/voir ici).

L’année dernière par exemple, c’était le spectacle de Dany Boon. Cette année, le thème était moins grand public : deux chanteurs israéliens revisitaient les chants du rabbin Shlomo Carlebach, accompagnés par l’orchestre philharmonique de la République Tchèque (35 musiciens en live) et dirigés par le chef d’orchestre mondialement connu (sauf de moi) M. Yaffé. Les noms des chanteurs ne parleront qu’à quelques-uns d’entre vous/nous : Avi Tolédano (mon père écoutait ses disques quand j’avais 6 ans, assis en tailleur sur la moquette du salon) et Avraham Fried.

Avraham Fried, c’est un type avec une voix et un entrain formidables qui est le plus connu des chanteurs hassidiques. C’est-à-dire qu’il a une longue barbe de patriarche, une kippa sur la tête et qu’il prononce Oye Oye Oye toutes les quatres phrases de ses chansons. Et d’une humilité époustouflante. A ma connaissance, il y a peu de mariages juifs [typiques] dans lesquels on ne danse pas sur une de ses chansons. J’avoue chanter à tue-tête ses “tubes” dans ma voiture (en alternant avec George Michael, un barbu d’un autre style).

Enfin, Shlomo Carlebach, c’est “le rabbin à la guitare” ou “le rabbin chantant” comme ils l’appelaient à l’époque. C’est le premier rabbin qui a démocratisé, il y a une trentaine d’années, la musique liturgique juive. Très connu dans le monde ashkénaze (et par voie de conséquence aux Etats-Unis), il est rarement évoqué dans les communautés sépharades (pourtant mon père était carrément fan. Il était enchanté de venir hier soir). Pour ma part, j’ai découvert et j’aime. C’est pas du Jonasz dans le genre complainte mais j’aime.

La soirée se tenait à l’Unesco. Alors que j’accablais cette organisation récemment, j’ai repris confiance en l’humanité en apprenant que la superbe salle de conférences avait été prêtée gracieusement.

Tant mieux : Unesco 1 - Byalpel 1

A l’entracte toutefois, j’ai avisé monsieur l’ambassadeur israélien auprès de l’Unesco au sujet du fameux poster ahébraïque. Bien qu’il ne fut pas au courant, il ne semblait pas étonné. Et, désabusé, de répondre : “vous savez, ça ne m’étonne pas, l’Unesco est une organisation pas très claire”.

Bien fait : Unesco 1 - Byalpel 2

J’ai rarement les cheveux qui se hérissent et les larmes qui montent, mais admirer de mes yeux et de mes oreilles un orchestre classique fait partie de ces rares moments de bonheur pur. En coulisse, j’ai même sympathisé avec un violoniste qui a demandé à recevoir les photos par mail. Enfin je crois, il parlait dans une langue balkane barbare et m’a montré l’appareil photo puis le mail sur sa carte. Version 21ème siècle de Tarzan…

Les photos de la soirée sont dans un album à part : vous pouvez les consulter ici.

Si vous voulez vraiment écouter ce que peut donner un concert hassidique, n’écoutez pas ce qui suit (c’est mal enregistré et ce n’est pas le morceau le plus parlant). Je le diffuse ici pour la postérité only (au cas où vous écoutez quand même, c’est lent à démarrer mais ça accélère au premier tiers).


Enfin, comme tout événément dont Israel est un thème en arrière-plan, la soirée s’achève sur l’hymne national israélien, la tikva (l’espoir). Interprétée par la plus belle voix française et je le pense sincèrement, c’est pas parce que … que … : Daniel Levi.

La vidéo est là (on ne le voit presque pas, je n’avais pas payé assez cher pour être juste devant). Nos amis lecteurs les plus simplistes penseront “communautarisme”, les plus sémites objecteront “ça fait du bien dis donc”.


Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye.

8ème heure : mauvaise nouvelle
Le 19/03/2006 - 18:05

Je le disais en commentaire, je le redis ici : cette semaine va être triste et sérieuse.

Pour vous habituer en douceur, voici déjà une première mauvaise nouvelle.

Dans la saison 5 de 24 heures, au 8ème épisode, cette :boom: de Kim Bauer revient.

On a instauré des jours de deuil pour moins que ça.

L’arrêt au port
Le 22/02/2006 - 01:53

Ah voilà l’bateau.

Si cette phrase n’évoque rien pour vous, ce billet vous éclairera sûrement.

Après un long périple, le bateau est enfin amarré. Et l’ancre solidement enfoncée dans les sables marins où les crabes primesautiers et frivoles se repaissent de plancton et de mazout.

Les remerciements

Je voudrais d’abord remercier intensément (difficile de décrire des remerciements intenses. Hmm… Imaginez que vous êtes aux toilettes en train de pousser violemment. Ôtez les odeurs et l’objectif pour lequel vous êtes dans cette pièce, vous obtenez l’intensité. Rajoutez “merci !” et vous y êtes) tous ceux qui ont collaboré à ce projet.

Et je les cite volontiers : Abs, le fils de Abs, Sébastien, Epictete, Caelle, Tant-Bourrin, Saoulfifre, Macache, Manu, Julia, Ramon, Stéphanie, Jérémie, mon père, ma mère (et pas mes frères et mes soeurs wohhwohhoo).

Mes excuses (dixit l’autre cinglé)

Malheureusement, et j’en suis vraiment désolé, je n’ai pas pu intégrer les versions de certains d’entre vous. C’est injuste, honni sois-je, à qui le dis-tu, ainsi soit-il.

Je mets donc vos exploits ici, en vrac.

Epictete (avec preuve d’appel) - 0:24

Saoulfifre (mimétisme avec tes poules ?) - 0:14

Seb (je suis dég, la mélodie est top mais impossible à caser) - 0:14

Mon père (mais vous avez déjà eu la bombe atomique) - 0:16

Caelle (trop dur aussi à caser, la musique surchargeait trop) - 0:09

La pochette

Parce qu’un bon album se vend si et seulement si la pochette est évocatrice.

Et maintenant, musique !

Je préviens juste que :

  • La musique dure 7:13 (ah oui c’est long)
  • Le fichier fait 13,1 Mo si vous comptez le télécharger (ah oui c’est long)
  • Le son est délibérément fort, pour vous éviter de vous coller aux enceintes. De toute façon, cette musique doit être écoutée à tue-tête !
  • Je me suis fait plaisir, il se peut que cette musique ne plaise qu’à moi…

Le bateau (original pure sound radio edit mix) - 7:13

Pour le télécharger, c’est ici.

Le bêtisier

Et vous avez raté ça…

Julia - premier essai - 0:06

Julia - deuxième essai - 0:13

Manu is Bruce Springsteen - 0:06

Le bateau est mort ce soir - 0:52

Oh oui découpe-moi (t’es con version) ! - 0:08

Oh oui découpe-moi (connard version) ! - 0:08

Oh oui découpe-moi ! - 0:15

Le bateau du PSG - 0:13

Tant-Bourrin se bouche le nez et imite Beethoven - 0:14

Le gnome de Abs - 0:05

Abs tambourrine (Attention, nouveau talent !) - 0:16

Mort à l’étouffée
Le 27/01/2006 - 18:00

Le mort c’est moi, l’étouffeur c’est mon boulot. Cette semaine et celle qui suit sont particulièrement chargées, puisque début de nouvelle mission.

Histoire de se connaître mieux : il s’agit toujours de conseil informatique, pour un géant international de la fabrication et la distribution de verres de lunettes. La mission : planifier et encadrer l’architecture d’un nouvel outil de prise et suivi de commandes.

Donc, on parle d’informatique c’est sûr. Mais nous effectuons des visites pour mieux se figurer le métier. Visite au call-center. Ce matin, visite au centre de réalisation des verres (ceux de vos lunettes). Un des plus grands centres mondiaux, en banlieue parisienne.

C’est toujours impressionnant la production, c’est plein de robots et de machines partout, des fils qui traînent, des câbles qui pendent… Mais tous, à l’usine, sont gentils, doux, courtois. On ne se croirait plus à Paris !

Le seul hic lorsque je visite ces endroits, ou que je vois des ouvriers en pleine construction d’immeuble, par 3° dehors, pluie, neige ou vent en option, c’est que je fais quand même un métier de riche.

Je veux dire, mon taux de facturation journalier (le prix que paie la société qui a besoin d’un conseil à ma société, OCTO Technology) correspond en moyenne, à une pondération proche de l’unité près, au SMIC. C’est à dire que, chaque jour, une société paie ma société avec le salaire mensuel d’un de ses employés. Hors Taxes.

Et il est clair que je ne suis pas, et tous les conseilleurs ne sont pas toujours productifs à 100%. Il y a des moments où, pour maturer une idée, pour la faire surgir, pour sortir du brouillard, il faut fumer du shit laisser le temps au temps. Alors qu’un gars à l’usine n’a pas le temps d’appeler sa femme au bureau, de regarder le blog de [put-your-blog-name-here] ni de gérer son compte en bourse…

Bref, j’ai toujours ce petit pincement au coeur. Mais dans l’ensemble, la vie est bien faite, je reste riche, ils restent pauvres, et je parie mes 450 000€ de salaire annuel que dans dix ans, on y sera encore…

Dans la voiture, en revenant de Nantes du site de production, Jean-Marie Bigard s’exprimait sur Inter chez Stephane Berne (il me semble avoir reconnu sa voix doucerette).

Soyons clairs, pour moi Bigard, c’était l’archétype du mec marrant cinq minutes, puis après ça sombrait dans le crade et le graveleux. Par association d’idées et par un préjugé fort je l’avoue, Bigard je le trouvais naze, limité. Malgré ses études de philo ou je sais pas quoi. Moi j’ai eu 15 en philo au bac et je me la pète pas. Sauf maintenant ouais. Mais c’était un bac C, donc coeff 1. Alors que je n’utilise plus mes calculs sur le gyroscope, je réfléchis toujours à “la valeur du travail”. Passons…

Donc Bigard expliquait très sincèrement d’ailleurs, et voici le lien avec cet article, qu’il assurait, par son argent et son temps personnels, le couvert et/ou le gîte des SDF de sa rue. Marrant comment une côte de popularité et d’estime peut remonter illico. Et hop, +10 !

Il expliquait également que la valeur de la famille était perdue ou négligée, que l’éloignement entre enfants et parents était tel que l’éducation et le respect de base (”bonjour”, “merci”, “nique ta mère”…) étaient en chute libre. Qu’on demandait désormais aux écoles, dont ce n’est pas le rôle, de se charger de cette mission. Et hop, +50 ! Si vous venez régulièrement, vous savez ce que je pense de l’essentialité (au sens philosophique du terme pour le coup, c’est-à-dire le propre de) de l’éducation au sein de notre société.

Enfin, il terminait en expliquant que s’attaquer à des dérives de la société en mettant un frein à certaines pratiques, ou simplement en se retroussant les manches était une preuve de courage, de détermination et de volonté qu’il fallait saluer. Et de citer Nicolas Sarkozy. Hmm… +5 on va dire. Je suis ni pour ni contre Sarkozy, mais je ne suis pas de ces détracteurs faciles qui le dénigrent pour hurler avec l’émeute la meute.

Aujourd’hui, c’était une journée sociale. J’ai rencontré des pauvres, j’ai écouté des riches à la radio. Et de mon appartement avec vue sur la Tour Eiffel (de loin en se penchant par la fenêtre avec des jumelles par temps clair), je me dis : c’est beau une ville, au crépuscule ! (rappelez-vous : 15 en philo au bac !)

Gnargna chapitre 1 : la roumaine, la sorcière et le trafiquant
Le 18/01/2006 - 19:43

Il y a des périodes où les spectateurs, à défaut d’être emballés par les films en salle, sont emballés par leur compagne engoncée dans les fauteuils épais des cinémas. Ou ils quittent précipitamment la salle pour rejoindre celle qu’ils vont emballer sur une fourrure épaisse, au coin de la cheminée et des clichés cinématographiques régulièrement desservis.

Etonnament, cette froide période est propice à la récolte des films intelligents et beaux. Intelligents parce qu’ils adressent des sujets simples ou complexes sans condescendance ni compromis. Beaux parce qu’ils sont éblouissants, rafraîchissants. Et sains.

Je vous trouve très beau

En voilà un film sur lesquels je ne fondais aucun espoir, ataviquement ancré à mes préjugés sur les paysans, Isabelle Mergot et les roumains. Et, comme tout religieux qui se respecte, j’ai combattu mon instinct et j’ai été.

Il y en a pour tous les goûts au cinéma bien sûr. Mais ce film est réellement une réussite. Le thème, une histoire d’amour sur fond de tracteurs et de poules, et le scénario ne sont pas si simplistes qu’ils en ont l’air. Les acteurs sont authentiques, toute la dimension bourrue mais vivante d’un agriculteur moyen transparaît dans un Michel Blanc fabuleux, l’actrice principale est épatante de sincérité et de vitalité.

Et puis c’est drôle, aussi.

Good bye and good luck

Encore un film superbe. Noir & blanc intégral, plans rapprochés et coupés typiques, ambiance des années 60 reproduite à la perfection (je m’en souviens parfaitement). Le directeur de la photo a été parfait.

Le thème est abordé en douceur mais le message qui passe est très fort : la télévision n’a pas pour rôle unique le divertissement et l’isolation.

Je ne peux qu’abonder dans ce sens, moi-même qui ne possède pas la télé. Mais j’abaisserais tout de même d’un ton le discours : dans ce film, il est bien montré qu’il n’existe que très peu de chaînes de télévision, que le “choix” des émissions n’est pas encore très varié et que les journalistes en place sont très professionnels, quitte à “jouer leur peau” sur leurs reportages.

Je suis désolé, mais j’ai la rude impression qu’on ne vit plus du tout dans la même époque, et ce message doit être complété.

Actuellement, il faut divertir toujours plus fort (merci Michael Youn), informer toujours plus vite (merci l’AFP), piailler toujours plus haut (merci les blogs). L’esprit de la pythie est corrompu et la devise olympique trahie. Dans cette tourmente, les éditeurs, les journalistes, les producteurs, les écrivains, les chanteurs, tous d’un accord tacite favorisent la quantité à la qualité. Et moi, le premier (sinon j’écrirais une fois par semaine).

Le journalisme de l’époque était travaillé (le reportage de Murrow était diffusé une fois par semaine), analysé, revu et commenté par toute une équipe. Actuellement, des stagiaires en sous-culture, partisans et illettrés rédigent les billets doux parsemés de par le monde et estampillés vrais. L’AFP est devenu le Label Rouge de l’information. Alors qu’il n’en est rien, et pas forcément par activisme convaincu (je litotise), mais par l’avidité grandissante et goulue d’informations dans un monde qui grouille.

Et ce qui a renforcé le quatrième pouvoir, bien plus qu’à l’époque du film, ce sont fatalement les conflits d’intérêts démultipliés (nationaux et internationaux), la possibilité technique de manipuler l’information et l’habitude tragique des générations à la violence et aux moeurs douteuses. Habitude qui fournit un nouveau coup de manivelle à la spirale vicieuse de la course à l’information insolite et choquante.

Comme disent les jeunes et les comiques : mais où s’arrêteront-ils ?

Note : le sujet du McCarthysme, sous un angle absurde mais tragique, a été abordé par Woody Allen (c’est tendance en ce moment) dans le film “The Front” (Le prête-nom).

Lord of war

Encore un troisième film intéressant. Le sujet : comment un type est devenu le plus gros trafiquant d’armes du monde.

Le générique de début est saisissant, Nicolas Cage reste mon héros après Batman, et certaines phrases sont assassines, dans tous les sens du terme.

“Je vends juste des armes, ce sont eux qui se tirent dessus” résume en substance l’acteur principal.

J’ai juste un regret : le thème du film (”la guerre c’est caca !”) est toujours difficile à traiter sans tomber dans le banal et le cliché. Coup de bol, ce film vole beaucoup plus haut mais emprunte parfois des méthodes légèrement teintées de démagogie.

Attention, sur une échelle de 100, ma critique ne vaut qu’un ou deux points, contre les 98 ou 99 restants entièrement positifs. Mais (après l’euphorie de la saga Intel, on bascule) : montrer des enfants explicitement tués n’apporte pas plus au message, mais joue sur notre souffrance et notre douleur de voir des enfants maltraités. Enfin… exterminés.

Et d’autre part, le film conclut que ce sont les grandes puissances (hormis la Russie) au Conseil de Sécurité qui vendent le plus d’armes au monde. Ok, conclusion ? Le réalisateur n’en donne pas mais dans la tête du client, c’est toute l’absurdité du sytème qui est mise en valeur.

Oui, mais. Soyons heureux mais pas innocents, les pays et les présidents qui nous gouvernent sont rarement (je litotise encore bon sang !) philanthropes. Donc si ce ne sont pas eux qui vendent les armes, ce seront d’autres et illégalement, et encore moins contrôlés.

Et encore, il n’y a pas que des pays qui agressent, il y a des pays qui se défendent. C’est simpliste certes, mais à une ère où Ahflfdjsfioezanhinade épate le Conseil de Sécurité au point que ce dernier n’ose entreprendre de sanction contre lui, par peur de représailles pétrolières, je me dis : épate, épate oui mais… Et puis rappelez-vous Munich, Hitler que l’Europe a laissé faire et qui a interprété ce silence comme une faiblesse…

C’est sûr que dans le film, la majeure partie des armes vendues va illico en Afrique. Où la densité de pétage de gueule peer-to-peer avoisine l’unité [formule alambiquée pour dire que tout le monde se bousille en Afrique] et que le monde entier se gave sur leur dos, en éclatant le sens du verbe gaver.

Beaucoup m’ont annoncé, après avoir vu le film : “Bien fait pour la gueule à Bush ! Et comme pour l’Irak où il a voulu imposer son modèle de démocratie juste pour prendre contrôle du territoire et du pétrole”.

Ben moi, même pas peur, j’ai soulevé les épaules et j’ai rétorqué : “C’est vrai que la France, avec la merde qu’elle a foutu en Afrique, elle est aussi blanche que les Africains du Sud”.

La guerre, ce sera toujours caca. Toujours. Mais autant le Bien est borné, autant le Mal est têtu et sans limites. Alors pour éviter les champignons -surtout les atomiques, rien de tel qu’un traitement homéopathique : le mal contre le mal, à petites doses.


Et Narnia dans tout ça ? Emmenez vos enfants et prenez un bon bouquin.