J'ai essayé, impossible de lever plus de 430 kg tout seul
Noel, ma mère
Le 24/12/2008 - 16:39

Tard dans la soirée, alors que j’achevais l’emballage des derniers cadeaux pour ma fille avec du tissu bariolé à 8,50€ le mètre (ma fille est encore à l’âge où tout ce qui brille est de l’or), et que ma femme installait stratégiquement le sapin près de la cheminée en marbre de mon salon, j’ai…

Ah ne quittez pas, mon portable sonne.

“Allo ? Ah maman, tu vas bien ? Quoi ? Mais non je ne fête pas Noel, pourquoi tu dis ça ? Ah mais sur mon blog, je plaisante, c’est une licence poétique et… Mais non je te jure qu’on n’a pas de sapin, on n’a pas de cheminée en marbre non plus et… Mais non ne t’ouvre pas les veines ! Mais oui ta belle-fille t’aime beaucoup ! Allez je te laisse maman, j’ai encore du travail. Bisous”

Je reprends. Sur un autre mode sinon je vais avoir le suicide de ma mère sur la conscience malgré moi.

Tard dans la soirée, alors que je faisais un concours de boules avec mon sapin décoré (dont le bilan est sans appel : les miennes sont plus grosses mais beaucoup moins brillantes), entouré de quelques amis gays, dont mon cousin Raphy, j’ai…

Ah mince, ça sonne à nouveau.
“Allo ? Maman encore toi ? Hein ? Mais non Raphy n’est pas homosexuel, c’est une licence poétique et… Mais non je ne suis pas gay non plus ! Mais non ton ulcère ne va pas se déclencher ! Et OUI ta belle-fille t’adore à la folie ! Maintenant je vais raccrocher, si tu t’occupais à réinstaller Linux sur ton ordinateur hein ? Allez bye”

Je reprends. Sur un autre mode sinon je vais commettre un matricide malgré moi.

Tard dans la soirée, alors que j’allumais les bougies de Hanouka avec ma femme qui aime tant sa belle-mère et ma jolie petite fille, j’ai…

Ah non, encore ? Cette fois elle va m’entendre !
“MAMAN, JE SUIS GRAND JE DIS CE QUE JE VEUX ET JE NE FAIS PLUS PIPI AU LIT ! Ah salut Sophie (Sophie c’est ma maîtresse) ! Ce que je viens de dire ? C’est rien, je te faisais une blague pour Noel. Tu… Attends j’ai une deuxième ligne, ne quitte pas. Allo ? MAMAN ? Hein ? Mais non je n’ai pas de maîtresse, c’est une licence poétique ! Et tu espionnes mes conversations téléphoniques ou quoi ? Tu es en train de rendre mon article de plus en plus compliqué à suivre, je te laisse je dois égorger un mouton pour l’Aïd ce soir. Maman ? Maman ?”

Bon ça c’est fait.

Le lecteur avisé notera que je n’ai pas repris la conversation avec ma maîtresse, le lecteur subtil ignorera la remarque du lecteur avisé. Ma femme ignorera les derniers paragraphes, ma mère ignorera cet article.

Alors que j’ouvrais patiemment mes cadeaux d’anniversaire de 34 ans révolus (encore une victoire : j’ai battu Jésus) en pestant contre ceux qui avaient confondu mon tour de taille avec le diamètre de l’écorce terrestre, c’est vrai à la fin j’ai beaucoup maigri depuis…

“(soupir) Mais non maman je mange bien, j’ai maigri parce que j’ai fait un régime…”

Alors que j’écrivais un article de blog auquel une fin prématurée semblait désormais inévitable, je consultais ma montre et “bon sang, mon avion part dans une heure !”

Bonnes fêtes à tous, bonne année 2009 !

(oui maman, toi en premier)

Pilotés par les forts
Le 04/12/2008 - 14:03

(je suis toujours fier lorsque mes titres calembouresques n’existent nulle part ailleurs, si l’on en croit Google…)
(on a les plaisirs qu’on peut hein)

C’est la crise.

Nous allons tous mourir.
Oui toi aussi, petit garçon qui attend sa maman à l’école sous la pluie, toi aussi petite fille qui joue dans les flaques d’eau. Toi aussi l’ouvrier chez Renault qui pointe au chômage partiel. Toi aussi Georgette, boulangère de Montbéliard, chez qui les techniciens de chez Peugeot ne viendront plus conter fleurette ni bécqueter baguette.

Vous aussi Jean, Louis, Etienne. Vous aussi Michèle, Alliot, Marie.

Même moi.

Et croyez-le ou non, c’est là que je ne suis plus trop d’accord.
Que des gueux, des communistes, des femmes, des enfants meurent à cause de la dysenterie, d’une tornade ou d’une crise financière, ça me touche évidemment, j’ai tout de même un coeur (et puis ça fait toujours des lecteurs en moins, donc rentabilité de la publicité en chute libre donc crise financière sur ma famille). Mais bon, il y en aura d’autres pour prendre leur place…

Mais filer la mienne, si chèrement acquise ? Jamais !
Je n’ai pas durement lutté contre mes parents, ma femme, mon patron, le président Sarkozy, contre moi-même pour crever ici et maintenant parce que des banquiers écervelés (flirt avec le pléonasme) ont jonglé avec des contrats immobiliers en feu devant un parterre de patrons banquiers écervelés (avec la langue c’est meilleur) et avides de pognon (oh oui), sans crainte pour leur poste (continue c’est bon) ou leur prime de fin d’année (c’est bon mais prends quand même un chewing-gum Emile).

Et puis il me reste des actions Eurotunnel, merde.

Si on doit crever cette année, à quoi ça sert tout ça ? Tout ça = l’épargne mensuelle, le régime (maigrir avant de mourir, c’est vraiment la loose), l’introspection pour faire éclore l’Adulte et taire l’Enfant Spontané, la religion, Cauet à la télé, l’amour ?
A quoi ça sert si nos patrons, les forts de ce monde, font ce qu’ils veulent de nous parce qu’à la longue, ils gagnent toujours à la fin, comme Starsky et Hutch ?

Woaw, dans deux lignes j’entonne l’Internationale, ma casquette CGT vissée sur le crâne et mon Ricard à la main.

Vive le capitalisme ! Vive la crise ! Vive l’argent, du moment que j’ai ma part ! (mince je vire Ségoléniste).

Le capitalisme, que ce poète libanais avait subtilement illustré par ces tendres mots “si tu n’es pas riche, tu manges des pois chiches” - certes, traduit de l’arabe ça a moins de pêche - nous a rappelés à l’ordre, encore une fois.

4 ans après la crise de 1929, Hitler était élu chancelier allemand. Il paraît que l’histoire se répète.

On va tous mourir, je vous dis. Même moi.

(extrait de mon bouquin à paraître “plus belle la vie, mon cul oui”)

Va au diable, Ertcele !
Le 04/11/2008 - 17:43

Les plus cultivés ou les plus judaïophiles d’entre vous, ami(e)s lecteur(e)s, connaissent le destin et la vision tenace de Théodore Hertzl (prononcer Ertcèle), le père officiel du sionisme, idéologie politique qui prône le retour des Juifs à Sion. Cette thèse a été mainte fois imitée, copiée, plagiée sans susciter toutefois de réelles portées historiques.

Citons pour l’exemple l’organisation chrétienne “Sion Dubois” qui ne laissera dans les annales que de la sciure.
Ou bien cette chanson épique de Julien Clerc (de son vrai nom Mardochée Benhamou) “Sion chantait”, qui a plus fait vibrer les guiboles de ma grand-mère que les oreilles des Jérusalémites.

Bon, pour demain, vous me copierez cent lignes de calembours avec le mot Sion et on va pouvoir passer à autre chose.

C’est le Docteur Eric Berne, père de l’analyse transactionnelle (wikipédiez si vous êtes incultes ou sympathisants du PSG), qui, dans son ouvrage Que dites-vous après avoir dit bonjour ?, introduit le personnage d’Ertcele.

Si vous écoutiez NRJ plus souvent, vous auriez décelé qu’Ertcele se lit Electre en verlan.
Mais, et c’est encore un paradoxe de la vie, à force d’écouter NRJ, vous ne savez pas qui est Electre.

Pour Berne, Ertcele est à Electre ce qu’Epidoe est à Oedipe : l’appropriation inconsciente des sentiments incestueux parent-enfant, père-fille dans le cas d’Ertcele et partant, du mien.

Si ma fille reste la plus intelligente/belle/rigolote des petites filles, pensais-je récemment avec toute l’objectivité de l’homme raide et digne que j’incarne (non pas priapique, juste raide et digne), comment réagirai-je à la naissance de mon prochain enfant ?

Ah oui parce que je ne vous ai pas dit, on attend un deuxième enfant. J’anticipe déjà vos commentaires et je réponds : oui, merci, non, je m’en fous, oui, net(*).

On aime ses enfants, tous, même celui qui endosse le costume de Gaston Lagaffe ou celle qui danse la tectonik. Même, j’ose l’avouer, celle qui taillade le câble RJ-45 de la Freebox sous prétexte qu’il ressemble étrangement à un serpent venimeux.

Mais aime-t-on les suivants comme on aime le premier ? Un père aime-t-il autant son fils que sa fille ? Nourrit-il nécessairement des sentiments glorieux vis-à-vis du fils qui transmettra son nom ? Comment dire à une deuxième fille que “c’est la plus intelligente/belle/rigolote” en toute objectivité d’un père raide et digne ?

C’est ce que vous découvrirez en vous barrant illico sur les forums d’aufeminin.com, ici c’est un blog de mec avec un grand M et un gros Q QI.

Alors au diable Ertcele, je gérerai l’élevage de mes enfants comme je l’ai toujours fait : sans Sion avec pasSion.

Il est carrément naze ce dernier jeu de mot, la prochaine fois, on jouera avec l’anagramme d’Ahmadinejade.

(*)
Sans déc ?
Mazal Tov / Félicitations !
Tu sais si c’est un garçon ou une fille ?
Tu préfères quoi ?
Ca leur fera donc 21 mois d’écart ?
Ton salaire mensuel, c’est 12500€ brut ou net ?

J’ai sifflé la marseillaise et j’en suis fier !
Le 17/10/2008 - 00:04

Siffler la Marseillaise.
La Marseillaise sifflée.

Contrairement à la récupération politique et médiatique de l’affaire, sur ce blog, je l’affirme haut et fort :

J’ai sifflé la Marseillaise et j’en suis fier !


(purée si je ne sors pas premier dans Google avec ce post, je veux bien siffler… une pinte de bière)

Note importante : messieurs des RG, ceci est une vaste blague, merci de ne pas m’emprisonner ni menacer ma famille.

Tentative
Le 03/10/2008 - 09:01

Je reviens après six mois d’absence.
Le problème avec les missions au Mossad, c’est que tu sais quand elles commencent, tu ne sais

Taxons plus pour payer moins
Le 24/10/2007 - 18:24

Taxons plus pour payer moins, tu ne rêves pas, lecteur incrédule mais à qui on ne la fait pas. Surtout si tu as voté à gauche aux élections récentes qui ont rappelé, s’il en était besoin, que la France est une immense vache à lait, et que ça ne peut aller que de mal en pis.

Si le jeu de mot t’échappe, ami communiste ou adolescent, je te conseille la lecture de “Calembour pour les maires” (à ne pas confondre avec “camembert pour les lourds”), excellent ouvrage avec des beaux dessins. Et en plus c’est écrit gros.

Taxer plus pour payer moins relève du paradoxe, évidemment. Pour qui n’était pas présent aux Rubans de Mobius 2006, parce que marxiste ou boutonneux, je rappelle en toute humilité que j’ai été nommé “Paradoxe de platine à titre post-thunes” (puisque j’ai payé après avoir reçu le prix) par des membres du jury tout aussi éminents que Xavier Bertrand pour le travail, ma mère pour la famille et Manu Katché à la batterie.

En effet, chers électeurs, je propose de taxer une partie de la population française, sur des critères définis très précisément pour éviter les abus, afin que d’autres concitoyens plus honnêtes soient soulagés, en contrepartie, d’une part de leur contribution civique.

Ainsi, par exemple :

  • Ceux qui prennent l’ascenseur pour monter au premier ou au deuxième étage. Tu raques 10€ si t’es ni handicapé, ni vieux, ni enceinte. Et 20€ sur tu arrêtes l’ascenseur pour descendre depuis le premier ou le deuxième étage.
  • Les responsables des publicités qui tutoient les chalands : “n’écoute que toi”, “écoute ta soif”, “crois en toi”, et autres idioties débilisantes.
  • Les mères qui frappent leur enfant dans le supermarché.
  • Ceux qui te niquent la fin du film à haute voix.
  • Ceux qui invoquent le principe du “vous imaginez si tout le monde faisait comme vous ?”. Connard, c’est parce que personne ne fait comme moi que je peux me permettre de le faire !!! Alors laisse-moi griller la queue pour Space Mountain, et ferme-la.
  • Ceux qui oublient les anniversaires des copains, 10€. De leur copain d’enfance, 20€. De leur femme, c’est toléré mais c’est limite. De leurs enfants, 1500€. Par année de l’enfant.
  • Ceux qui ne respectent pas la queue aux attractions Disney.
  • Ceux qui reniflent dans le bus ou le métro, 10€. Ceux qui reniflent par grandes inspirations nasales, 20€. Et 50€ s’ils avalent.
  • Les femmes qui ne me regardent pas dans la rue (une lubie, ok)
  • Les femmes qui me regardent dans la rue (une lubie de ma femme)
  • Ceux qui t’envoient des mails avec des présentations powerpoint pas drôles qui pèsent plus de 5 Mo et qui datent des années 85
  • Ceux qui ne cèdent pas leurs places aux personnes âgées ou enceintes dans le bus. Plutôt qu’une taxe je propose un traitement homéopathique et dégénérescent. La StarAc’ en boucle oui pourquoi pas.
  • Ceux qui exposent leur livre philosophique du moment bien en évidence sur leur bureau. Pour que tous les collègues sachent bien que ce névropathe bouquine dans le métro des insanités comme “Socrate contre BHL : deux gros zéros”.

Ca c’est pour commencer. Ensuite on peut imaginer des avancées sociales et civiques spectaculaires, comme taxer :

  • ceux qui ne sont pas circoncis
  • ceux qui ne sont pas français
  • ceux qui n’ont pas voté comme moi
  • ceux qui ne sont pas d’accord avec moi

Du coup, elle me fait un peu peur ma réforme. Oui, finalement, elle m’hallucine : c’est l’halluuuuu-euh finaaaale-euh.

(si ce dernier trait d’esprit te déçoit ami(e) lecteur(e), tu peux toujours te plaindre au parti, du moment que tu viens pas me casser les miennes)

Pot d’âne
Le 12/09/2007 - 18:59

Finalement, le hasard existe-t-il ?

Ce matin, aux toilettes, je tombe sur cette définition triviale aux mots croisés : “charge de baudet” en quatre lettres.

Ce soir, et pour deux jours, c’est le nouvel an des feujs.

Et je n’arrête pas de bosser comme un âne et ce, pour un bon nombre de jours dorénavant.

Alors, destin ou coïncidence ?

En tout cas, je vous souhaite à tous, comme à moi visiblement, une excellente et heureuse ânée !

(que ceux qui défilent à la goypride ne se sentent pas exclus. Comme on dit chez les ch’tis : “toute bénédiction est bonne à prendre, du moment qu’il y a de la bière !”)

Note : ne pas confondre la Pâque juive, durant laquelle on se tape des litres de sang d’enfant chrétien avec le nouvel an des feujs, Roch Hachana, durant lequel on complote contre l’humanité en se répartissant les richesses.

Note 2 : à tous les potes musulmans, un bon ramadan qui commence ces jours-ci.

Tain rien que de l’écrire, ça me donne une de ces faims…

Histoire d’eaux
Le 31/08/2007 - 18:09

Ma soeur, d’une intelligence pratique et d’une créativité aux insultes frisant l’insanité, m’envoie ce doux mail hier matin. Je le reproduis tel quel, je trouve l’histoire hilarante dans son intégralité.

Info contextuelle : ma soeur a de la fièvre depuis quelques jours. Je veux dire, en plus de son état déjà fébrile.

hey Doune

a 3 heures du matin, les yeux au plafond et le thermometre dans le derriere, j’ai pensé a un super article genre de blog
oui je sais t’as pas envie de lire mais t’es obligé

“La serveuse au traumat”

“Je n’en reviens pas d’être ici, dans cet univers tout blanc et aseptisé. Moi qui est toujours grandi au grand air…
Je ne peux m’empecher d’appréhender l’opération.
Voila que l’on vient me chercher, on me lave presque avec sympathie, et puis ca y est, je les vois, les instruments scintillant sous le néon, tous plus tranchants les uns que les autres. Je ne dois pas y penser ! De toutes facons dans quelques minutes je ne sentirai plus rien.
Deja j’ai l’impression de ne plus sentir mes membres inferieurs, comme ces magiciens que l’on découpe en rondelles.
Ah quelle sensation ennivrante que ce liquide qui se repand et améne la serenité, je peux fermer les yeux.”

“Allez les enfants A table ! En entrée, tomate à la vinaigrette !!”

Oui je sais pas pourquoi ces 10 derniers jours je suis obsédée hopitaux…

Plus étonnant toutefois, j’avais pensé il y a longtemps à une histoire du même acabit mais je n’avais jamais osé la publier. Je profite du ridicule de ma soeurette adorée pour me lancer.

YEeeeahaaaaaaah ! Je vooole !! Ah ça, ils avaient raison, la Terre vu d’aussi haut c’est magnifique.
C’est fou on voit tout : les champs de maïs sont verts, les champs de luzerne sont… oh purée ce vent, il me déporte. Jusqu’où il m’emmène ? Je ne vais tout de même pas me prendre le clocher sur le toit ??
Ah cette vitesse ! C’est grisant, j’en suis toute humide ! 3000 mètres de descente à 1g, c’est pas tout le monde qui peut se le permettre…
Sauf que… Mais c’est qui toutes ces folles autour de moi ? C’est un saut en groupe ou quoi ? Hey ! Hey ! Ca va ? C’est de la folie cette chute hein ? On s’éclat…

[PLOC !]

Enfin, coïncidence ou signe du destin, une dernière histoire d’eaux chez Arpenteur cette semaine. Paraît qu’aujourd’hui c’est le Blog Day.

Alors mon message à tous les blogueurs de la planète : allez vous faire enc chabbat chalom !

Tête et chevilles
Le 24/07/2007 - 15:13

Vous savez, ami(e) lecteur(e), je ne vous en veux pas d’être médiocre.

Il y eut une époque durant laquelle, je l’avoue avec un sourire compatissant et une larmichette au coin du regard sur mes années folles de jeunesse pendant lesquelles j’avais beaucoup plus de souffle pour lire une phrase aussi longue d’un seul trait, il y eut une époque durant laquelle j’ai longtemps cru que j’étais le Messie.

Ne riez pas, crétins et morues, ne riez pas. Mon corps galbé, mes yeux clairs, mon intelligence hors du commun, et la richesse de ma famille m’avaient alimenté en égocentrisme et mégalomanie à doses de cheval. Un dopage au nombrilisme. Mon monde n’était que miroirs et ne tournait qu’autour de moi.

Hautes études scientifiques, femmes qui se jettent sur moi dans la rue, guérison des lépreux dans le métro : tout semblait indiquer que le monde serait enfin délivré du Mal, du ticket de loto qu’on gagne jamais et des coups de téléphone à huit heures le dimanche matin. Et par ma main tendue et mon bras puissant.

Puis j’ai grandi, j’ai pris des claques un peu partout, du gras un peu partout également, et j’ai dû admettre, à mon grand dam (mais probablement au dam de l’humanité toute entière parce que sans déconner je suis un super bon Messie tant pis pour vous), que j’étais un simple quidam, un moins que rien, un péquenot, une fiente de calamar au fond de l’Océan Pacifique (ça m’fait quelque chose de magique).

La suite vous la connaissez ou presque : j’ai ouvert un blog connu mondialement à Sarcelles, j’ai rencontré ou couché avec la plupart de mes lecteur(e)s, pour preuve qu’ils ne sont pas si nombreux et j’ai décidé de perdre hmmhmm kilos dès que ma fille daignera sortir du ventre de sa génitrice.

Et puis, miracle, une lectrice occasionnelle m’a sorti de ma torpeur et de l’anonymat relatif dans lequel je sombrais :

Monsieur,

Votre blog c’est tellement trop de la balouze que je m’en vais le lire illico à la Radio Suisse Romande, trois jours de suite qui plus est.

Amoureusement à la folie,

Brigitte

Alors, les gueux, vous pouvez crever dans l’indifférence certaine du monde libre, plongés que vous êtes dans votre insignifiance astronomique et votre platitude à en renverser les rouleaux compresseurs.

Vous pourrez écouter mes textes messianiques les 25, 26 et 27 juillet sur le lien de l’émission à la RSR (diffusion de 14h à 15h).

(PS : alors Blogbo dans la presse ou Arpenteur qui le vit tout naturellement, je me marre…)

Ma femme n’est pas une matheuse
Le 27/06/2007 - 12:38

Hypothèses


Toutes les unités de mesure sont en mètre sauf indication contraires.

Soit une pièce parallépipédique (L = 1.7, l = 1.3, H = 2.5) de coefficient d’aération CAE = 0.0001 (négligeable).
Soit un chauffe-eau disposé dans la pièce à mi-hauteur, représenté par un cylindre (R = 0.35, h1 = 1.6) de coefficient d’absorption CAB = 0.013 dans les conditions atmosphériques normales.
Soit un trône de toilettes en porcelaine blanche (valeur de liquéfaction VL = 3.56 mol/l) approximé par un cône (r = 0.30, h2 = 0.5) posé au sol, au centre de la pièce.
Soit un sol en carrelage (coefficient de diffraction considéré comme nul) dont la capacité absorbante à chaud est négative la nuit (CAC = -45.89 tb/g/l).

Soit un homme beau et intelligent et gros imposant (taille = 1.75, poids = 65 en arrondissant un peu). On supposera les frictions négligeables dans cet exercice. Les vêtements ne sont également pas pris en compte, la situation évoquée étant le matin au réveil.

Enfin, soit un désodorisant cylindrique (Rd = 0.04, h3 = 0.23) de pression interne 8 atmosphères muni d’un gicleur opto-senso-tamère de force millimétrée (F = 12 N). On supposera, pour simplifier, que la bombe de désodorisant est pleine de gaz à base de H10Na3Cl2O6Mn++ (du sent bon) de variabilité inférieure à 12% centigrades et de convergence fluidifiesque CF = 0,34 par unité de volume.

On considéra la pression sur le gicleur comme application directe des gaz parfaits (PV = nRT) avec un coefficient de lavage machine Gamma = 1.

Enoncé du problème

A partir des données précédentes, quelle pression doit-on appliquer sur le gicleur du désodorisant pour que les toilettes sentent bon la vanille (ou l’océan, ou le grand air mais par pitié pas la lavande) après l’attaque à l’étron1 ?

Résolution

En appliquant la formule d’Edmond Cussay d’Upoulay, on obtient trivialement :

“Il suffit de presser une fois pendant 4 secondes.”

Seulement, MA femme qui ne comprend rien aux maths me rétorque :

“T’auras beau vider deux, trois, quatre, DIX bombes de désodorisant ça puera toujours autant mais c’est pas vrai c’est une infection mais qu’est-ce que t’as encore mangé à midi ? Du rat ou quoi ? T’as un égoût dans l’estomac ? Ah mais ferme-moi cette porte je vais vomir ou alors je vais déféquer2 chez les voisins ah si je t’avais pas épousé je n’en serais pas là et de toutes façons ta mère elle cuisine mal et …”

Alors la parité dans les sciences, prout.



1 : subtile isnt’ it ?
2 : les femmes disent déféquer, les hommes disent se repoudrer le nez