Par arrêté judiciaire, ce blog doit verser 56 814 $ de dédommagement aux stars photographiées sans autorisation
A taaaaable !
Le 18/01/2007 - 22:33

Au menu d’aujourd’hui.

Petit déjeuner

Byby   MA Femme
Bol de Muesli avec du lait   Un verre de jus d’orange Tropicana (et une rose)

Coût : insignifiant

Déjeuner

Byby   MA Femme
3 yahourts Taillefine Vanille 0,9% matière grasse, devant mon écran comme un michkine(*)   Un bar grillé et une tuile aux framboises (repas clientèle, madame)

Coût : 1,95€ / gratuit (payé par la société)

Dîner

Byby   MA Femme
Fricassée de champignons et son oeuf mollet   Foie gras au torchon, asperges et griottes
Pavé de boeuf sauce aux cinq poivres, mousseline à l’ancienne   Tournedos (rossini) de veau, gratin dauphinois et asperges
Crème brûlée “Catalane”
Vin : Bordeaux - Haut du gravas

Coût : trois chiffres, bon pour l’ISF

Et la soirée n’est pas finie !



(*) michkine, pour ceux qui ne parlent pas encore l’arabe constantinois : “le pauvre”. Exemple, “michkine, il me fait de la peine à manger tout seul pour les fêtes. La vérité je l’aurais bien invité mais j’peux pas, j’ai ma mère à la maison.”

Ami(e)s blogueur(e)s, en ce moment vous ne me voyez pas beaucoup sur votre blog. C’est normal, on n’a pas Internet dans ma mission actuelle pour le moment… Mais pas de panique : I’ll be back, comme disait Mitterand ou Schwarzy je confonds toujours.

L’expérience interdite
Le 16/01/2007 - 19:59

Je savais que cette expérience serait délicate. Ce n’est pas tous les jours que j’affronte de telles missions, surtout avec elle.

Elle, elle est superbe. Encore aujourd’hui, je la regarde comme aux premiers jours de notre collaboration. Et pas que pour la science, croyez-moi. Lorsque nous avons commencé cette coopération plus qu’active, son CV était déjà impressionnant et ses pairs la décrivaient comme une des plus expérimentées de la place. “Elle coûte cher mais elle vaut le coup” m’avait-on confié.

Elle est donc là, devant moi, à tenter l’impossible. Moi je n’y crois plus, je suis assis sur un vilain banc les mains sur le visage déprimé, démoralisé. Mais elle, elle continue, elle y croit, elle se battra jusqu’au bout.

Elle ne va jamais s’arrêter cette radio poussée au maximum ? Ca déconcentre tout le monde, bon sang. Elle nous vomit ses variétés “you’re beautiful you’re beautiful you’re beautiful it’s true“.

Examen systématique des formes mises en jeu, adéquation colorimétrique des composants, inspection visuelle des résidus ou des impuretés, ajustement méthodique des boutons : tout y passe. C’est elle l’experte, moi “je suis trop vieux pour ces conneries” comme il dit dans l’Arme Fatale.

Je soupire, ça ne finira jamais.

Mais elle sourit en bousculant les autres chercheuses près d’elle. Elle me regarde, en confiance. Elle sait qu’elle va y arriver. Qu’on va y arriver.

Elle compare encore, mesure toujours, identifie davantage. Elle enfile les bottes une par une en me regardant lascivement. Enfin, je l’imagine ainsi, presque affalé sur le banc misérable. Je souris bêtement. Elle poursuit la manoeuvre.

Je sais que c’est une mission tendue. On se l’est répété, comme à chaque fois, avant d’entreprendre ce qui est pour nous un challenge toujours renouvelé. Mais je sens que je craque, la pression est trop forte. Et le volume de cette satanée radio aussi “you’re beautiful it’s true“.

Je veux sortir maintenant, j’étouffe ici, j’ai l’impression d’être assis depuis des heures, à contrôler, à acquiescer, à valider dans cette pièce étroite et suréclairée.

Elle revient vers moi, le regard satisfait. L’air d’une femme qui est heureuse du travail bien fait. Dans un dernier élan, elle me repose la question.

Et là j’explose : “mais oui bordel il est bien ce manteau ! Prends tout ce que t’as acheté et on fonce à la caisse j’en peux plus moi !”

Silence.

Et la radio de conclure “Chééériiiie efffffffffèèèèèèmmmmme“.

(oui ce dimanche j’ai fait les soldes avec ma femme)

Bonne année Deux James Bond !
Le 02/01/2007 - 21:30

Mieux que le discours de Chirac, dis !


(mon ordi est cassé, c’est pas gagné pour les vidéos…)

Je ne suis pas prêt…
Le 27/12/2006 - 19:43

Delanoé, j’ai une meilleure idée pour vider Paris de ses voitures ! Faut appliquer le code de la route à la lettre !

(j’suis pas prêt, j’suis pas prêt)

Ma femme est une actrice
Le 14/12/2006 - 20:57

Que le Saint béni soit-Il octroie une longue vie à MA femme, et qu’Il lui offre cette chance incomparable de la passer auprès de moi encore très longtemps.

Je le pense et je le dis.

C’est vraiment une chance de vivre auprès de moi jusqu’à la fin de ses jours.

Non vraiment j’aime ma femme de tout mon coeur, et j’espère sincèrement passer ma vie auprès d’elle encore longtemps.

(Petit aphorisme horrible, que j’inventais chez notre chère Huguette récemment : “dans un couple, mourir c’est comme ronfler. Pour ne pas souffrir, mieux vaut commencer en premier”. Cassage d’ambiance hein…)

Si vous êtes un habitué de ce blog, ou que vous avez simplement un sens aigu et affiné de la psychologie, vous vous doutez qu’il y anguille sous roche, voire baleine sous gravillon.

En effet. En effet.

J’avais prévu de vous faire un petit film ultra rigolo comme à mon habitude (si vous êtes un habitué de ce blog ou que vous avez un sens aigu et affiné de la psychologie de la susceptibilité, tiens salut abs, vous acquiescerez) et pour cette fois uniquement, j’avais besoin de ma douce, ma moitié, ma tendre épouse.

J’avais besoin qu’elle énonce un texte tellement simple qu’un débutant de la StarAc’ aurait pu prétendre au Molière de la meilleure interprétation en le formulant. J’avais besoin qu’elle filme un mouvement sur quelques mètres, action d’une facilité tellement déconcertante qu’elle éclabousserait de pureté technique les plus grands travellings de Claude Lelouche ou de Sergio Leone.

Par décence. Par humilité. Par une recherche permanente de médiation et d’aboutissement dans le couple. Par un besoin constant et dynamique de paix des races du ménage et d’amour conjugal. Par peur d’assujettir mon dos à un canapé rigide pendant plusieurs nuits. Et par peur de représailles de ma famille et belle-famille. Je ne vous présenterai pas le film qui a été réalisé (et je ne préciserai ni le nombre de prises de cinéma, ni le nombre de prises de bec). Je vous laisse le soin de passer à la Fnac ou chez Virgin le commander pour Noël.

(et là, vous faites OOoohhhhhhhhhh…..)

MAIS. Car il y a toujours un MAIS comme disait ma grand-mère :

- Mon fils, mange mes mets !
- Mais mémé !!??
- Y’a pas de mais mémé mange mes mets non mais !

MAIS comme je suis généreux, opulent (j’ai pas dit GROS) et que il y a quand même de quoi se foutre de sa gueule se marrer un coup, je vous ai concocté le Director’s Cut du film Byalpel’s dort.

Si vous êtes producteur de cinéma (ou mannequin aussi, je prends) (après relecture, ma femme dit qu’on ne prend pas), vous avez mes coordonnées. NOS coordonnées pardon.


PS : ce texte a été testé et approuvé par MA femme qui vous interdit de vous moquer (mais au moins vous, vous dormirez dans un lit au chaud)

Le titre original de l’article était “Byalpel’s d’or” mais je l’ai renommé récemment pour être encore plus drôle. Si on connaît le film original évidemment.
La Goy Pride
Le 11/12/2006 - 17:31

Goy Pride : manifestation mondiale organisée chaque année par des Goys souhaitant affirmer dignement leur fierté de ne pas être juif. Cette expression a (probablement) été inventée par Tant-Bourrin, sur ce blog. Rendons-lui hommage mais n’envoyez pas d’argent, s’il vous plaît un peu de décence pour les artistes.

Lors de la goypride, les manifestants sont souvent habillés de manière folklorique : pas de papillotes, pas de chapeau noir, pas de redingote.
L’an dernier, Nicolas Sarkozy a même décidé de créer une “rupture” en appelant à la kasherisation des banlieues.

Choisis ton camp camarade.

Les (milliers de) bonnes raisons d’être juif

  • Tu as la main mise sur tous les médias, les banques, les cabinets d’avocat et les cabinets de médecin du monde
  • T’es jamais pauvre. Ou alors t’es pas vraiment juif
  • Si un jour tu sens que tu vas être pauvre, le lobby te fournira toujours de l’argent à profusion tellement il en engrange sur le dos des non-juifs
  • Tu va avoir un ego gros comme une maison ou les oreilles qui sifflent vu qu’on parle en permanence de toi
  • A 8 jours, tu te feras ôter une légère surcharge pondérale phallique gratuitement (si tu es un mec)
  • Tu vas évidemment acheter tous tes vêtements en gros, donc moins cher. Chez un de tes oncles du Sentier. Et donc tu seras encore plus riche
  • Grâce aux fantasmes de l’inconscient collectif, tout le monde croira que tu es vingt ou trente fois plus nombreux que la réalité
  • Chaque année, à Pâques, tu pourras déguster le “Beaujolais nouveau” : du sang d’un enfant chrétien encore frais
  • Tu vas développer un sens de l’alerte, de la paranoïa et de la méfiance réellement comparable à celui de Spiderman
  • Tout le monde te soupçonnera d’appartenir au Mossad. Et ce sera vrai
  • Tu peux voler, tuer, médire, pirater des divx sur Internet et prêter sans usure à outrance et un jour par an, par miracle, t’es blanc comme neige
  • En temps de guerre, tu peux même faire la star
  • Amuse-toi, tu peux aussi en trouver !

Les quelques bonnes raisons d’être goy (ou de se convertir au goyisme)

  • Tu as le droit de ne pas avoir des doigts et un nez crochus
  • Tu peux manger du cochon sans complexe (si tu es juif et que tu manges du porc, merci de te dénoncer aux enfers le plus proche)
  • Tu peux être tranquillement assis sur ton banc au Parc des Princes en scandant des slogans pour une équipe qui perd en permanence
  • Tu n’es pas obligé de parler fort et avec les mains, de gesticuler, de dire “la vérité” à la fin de chaque phrase. D’ailleurs personne vient te faire “poy poy poy” ou singer “la vérité si je mens” quand il se moque de toi
  • Si tu es un mec déjà désavantagé par la nature, tu peux essayer de conserver ta dignité en évitant d’aggraver ton cas par une circoncision
  • Tu n’es pas obligé de rougir que ta communauté soit celle de Rika Zaraï ou de Phil Barney, ou quand tu entends parler sérieusement Enrico Macias
  • En général, après 35 ans, ta mère évite de te demander si tu as suffisamment mangé ce soir, et pourquoi t’es pas encore marié, et pourquoi ta femme vient jamais chez ta mère, et pourquoi tu viens pas à la bar-mitsva du fils de Tata Rachel
  • On aura le droit de parler de toi sans que tu accuses systématiquement quiconque d’antigoyisme (ou de goyophobie)

Finalement, les avantages d’être goy sont bien maigres… Ô combien je comprends votre besoin de manifester. D’ailleurs, je vais même faire un geste : je vous fais les banderoles pour pas cher.

Info de dernière minute : quatre extrémistes juifs ont failli faire foirer la goy pride de cette année. Voir ici.



Petite note technique de rappel : goy, en hébreu, signifie nation. Goyim au pluriel. Ce terme est utilisé péjorativement par les goyim eux-mêmes, bizarrement. Ce terme est pourtant essentiellement utilisé dans le langage yiddish et/ou chez les ashkénazes, sans connotation négative. Les sépharades disent plutôt “les Gentils” ou “les adorateurs d’étoiles” ou “les enfoirés de leur race” mais seulement quand ils sont très énervés.

Un exemple à suivre
Le 04/12/2006 - 20:55

Merci du fond du coeur à Jérémie N. de Montreuil qui a pris une initiative ô combien louable, responsable et civique.

On clique quand on est myope ou qu’on n’est pas l’homme qui valait 3 milliards.

Non mais.

Tribune pestilentielle
Le 27/11/2006 - 18:31

[Cet article est long mais grave. Prenez votre temps. Je n’écrirai pas pendant quelques jours de toutes façons.]

Je vais vous la jouer comme Beckham classique : j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle, je commence par laquelle ?

87 % des sondés préfèrent commencer par la bonne, estimant que l’endorphine sécrétée par icelle atténuera la tristesse de l’annonce de la mauvaise. Nous allons tenter l’expérience.

La bonne nouvelle

J’étais au fameux match PSG - Hapoel Tel Aviv du jeudi 23/11 dernier. Dans la tribune collée à celle d’Auteuil. Alors pour les néophytes du football (dont je faisais partie il y a encore quelques jours), on distingue au Parc des Princes deux types de gros cons tarés écervelés : le kop de Boulogne, crâne rasé, bras droit tendu, ce sont les nazillons dont la presse a abondamment parlé. La tribune d’Auteuil, à l’autre extrémité du stade, ce sont les gentils supporters, concons mais gentils. Ils sautillent en chantant gaiment des chansons, ils insultent l’équipe extérieure mais après tout, on est au foot.

La bonne nouvelle est donc maigre, mais elle m’a terriblement ravi : Hapoel Tel-Aviv bat le PSG par quatre buts à deux, quatre buts magnifiques devant une équipe du PSG fébrile voire inexistante. Hapoel Tel-Aviv, à poil PSG !

La mauvaise nouvelle

La mauvaise nouvelle, c’est que ce que vous a raconté la presse est ignoblement faux. FAUX. Et je pèse mes mots volontairement.

La presse a voulu nous et vous faire croire que le “dérapage” mortel de jeudi dernier était dû à la violence nauséabonde (car brutale mais surtout raciste) d’un groupe de hooligans du kop de Boulogne. Certains titres sur le net fleurissent sous la bride “hooliganisme”.

Ceci, amis lecteurs, est FAUX. Je le redis encore une fois, ceci est archi-faux et quelqu’un se devait de le dire. Je pense que nombre de spectateurs dans le stade le feront également sur les médias idoines, mais je profite du support de mon blog pour l’affirmer encore une fois : le match de jeudi dernier ne s’est pas conclu par un affrontement entre des hooligans cinglés et furieux et un pauvre juif, aidé courageusement par un policier martiniquais providentiel.

Ce match était le plus grand déferlement de haine anti-juive qu’il m’ait été donné de voir en direct live. Je le redis parce que vous devez écarquiller vos yeux en ce moment : ce match était le plus grand déferlement de haine anti-juive qu’il m’ait été donné de voir en direct live.

Tout d’abord une précaution. Ceux qui me lisent régulièrement interpréteront ce qui va suivre, j’en suis sûr, positivement. Que les lecteurs ponctuels ou instables me permettent de préciser qu’il a toujours été prôné et vanté ici le respect entre les peuples, et principalement le respect entre les hommes (ou femmes) quels qu’ils soient. Enfin, que cet article n’est ni un acte de propagande ni une histoire pour faire peur aux enfants lorsqu’ils sont trop bruyants. Juste un témoignage vrai et douloureux.

Peut-être que tout ceci n’aurait pas eu lieu si le PSG avait gagné. Pour ma part, que cette équipe gagne ou perde, je m’en bats les roubignolles comme dit mon beau-frère, 22 ans, fan du PSG et présent le soir du match. Peut-être, admettons. Pourtant…

Nous étions un groupe de dix, deux filles, deux séniors, une rimbambelle de jeunes échelonnée de 35 à 18 ans. L’un d’entre nous avait apporté un drapeau israélien, que nous avons agité timidement lors des deux derniers buts.

Juste derrière nous, la tribune Auteuil. En haut des gradins, des jeunes avec des drapeaux palestiniens et libanais exhibés avec fierté. Qu’est-ce qu’ils font là ? Qui comptent-ils narguer ?

Mais restons factuels. Pendant le match, je vois les insultes fuser entre le balcon haut et le balcon bas. Des doigts d’honneur à tout bout de champ. Les supporters juifs français sont désignés, j’entends vociférer des trucs incroyables, tellement incroyables que la sécurité du stade est intervenue de manière préventive pour empêcher des types de franchir des barrières pour jouer des coudes et des poings.

Le match se termine dans une minute. En sortant à la dérobée, vous avez bien lu, nous avons dû sortir avant la fin du match, nous nous scindons en deux petits groupes pour ne pas attirer l’attention. Les supporters “modérés” partent également. Nous accélérons la cadence. Nous sommes dehors, tribune G, à deux cents mètres du métro. La foule commence à grossir, le match est terminé. Des commentateurs de fortune pestent contre l’équipe pourrie et l’entraîneur qui devrait démissionner. La place est peu éclairée, en retrait des routes principales. Nous baissons la tête et nous nous écartons des endroits sombres.

Et puis, ça a dégénéré.

On entend crier “Palestine“, “Ils sont où vos drapeaux maintenant ?” ou “Allez les juifs, vous faites moins les malins maintenant !“. Les types sont derrière moi. Une écharpe du PSG autour du visage ou du cou, ils cherchent l’altercation. Les embrouilles, la castagne comme on dit. Sauf que la castagne, ça peut être pour ma gueule vu qu’ils sont juste sur mes talons.

Vous êtes où les juifs hein ?” continuent-ils à brailler. C’est un groupe de jeunes arabes qui s’approchent d’une fille, probablement juive, qui téléphone et qui lui balancent une claque dans la figure. “Ils sont où vos drapeaux hein ?“, je les entends dans mon oreille, je rentre la tête dans mon blouson, je m’écarte sans courir et me dirige vers le métro. Sur toute la route, pas un policier. PAS UN.

L’autre moitié de notre groupe avait avancé séparément. Un père avec ses deux enfants (18 et 20 ans), et ses deux gendres. A quelques mètres de la police, à la porte de Saint-Cloud, Anthony (20 ans) se fait happer par un groupe de 4 jeunes. Ce ne sont pas des fachos, des skin heads, des lepénistes, non. Ce sont des fans moyens du PSG, arabes, haineux et déchaînés. Anthony se prend des coups au visage et dans le ventre. La famille le récupère tant bien que mal et se précipite vers la police, immobile, inactive. Ils sont attérés.

Je rentre chez moi par le bus, je me cache. Je le redis encore une fois : en 2006, en France, dans un bus public, je me cache d’être juif de peur de me faire prendre à parti (terme politiquement correct pour bastonner). Vous allez me dire : mais ce n’est pas écrit sur ta figure que tu es juif ! Erreur, lourde erreur. D’abord j’ai un gros nez. Ensuite, j’apprends par un collègue qui était au match, non-juif mais supporter inconditionnel du PSG, que certaines personnes qui portaient le maillot PSG mais “d’allure juive” ont également été frappées.

La bête est revenue, chantait l’ami Pierre Perret. En pensant étroitement aux fachos et leur tête pensante à l’oeil de verre. Mais l’hydre a plusieurs têtes, et ce soir-là, c’était un visage horrible que j’ai reconnu, celui de la haine sans concession d’acteurs du paysage français que nous cotoyons quotidiennement. Ceux que les médias appellent les jeunes ou les racailles, qui entretiennent et vouent une haine inconditionnelle à ceux que les médias pointent délicatement sous le terme “d’Israélites”.

Vous ne le savez peut-être pas, ami(e) lecteur(e), mais depuis quatre jours, je n’ai pas entendu un seul juif, PAS UN SEUL, qui n’ait pas parlé de ce match, qu’il y ait été présent ou non. C’est une vraie déchirure, un vrai traumatisme que toute la communauté a ressenti depuis la semaine dernière et si les informations de 20h ou votre journal favori n’en parlent pas, il est grand temps que la vérité éclate. A travers de nombreux témoignages comme le mien que vous trouverez probablement sur le net ou en vous adressant au juif le plus proche de chez vous.

Que faire alors ? Fuir, se barrer en Israel, au Canada, aux Etats-Unis ? Résister et se battre avec des gars du Bétar ? Vivre la tête baissée dans sa capuche, honteux ? Vous me croyez si je vous dis que j’ai une boule dans l’estomac et un noeud dans le coeur depuis quatre jours ?

Et le pompon sur le gâteau : à la sortie du match, j’entends un supporter éclairé déclamer “quels sales juifs, ils nous ont mis 4 buts”. Quelle ironie, ce ne sont pas des Juifs qui ont joué mais des Israéliens. Et les buts ont été inscrits par deux joueurs Arabes, ne serait-ce que pour prouver que cette vie harmonieuse est possible, et de surcroît dans le sport.

Ben finalement j’aurais peut-être dû commencer par la mauvaise nouvelle tiens. Ca nous aurait laissé un peu d’espoir sur la fin.

Parce que là, l’espoir…

C’est marrant le blog
Le 18/11/2006 - 23:07

C’est marrant le blog.
Ca fait maintenant pas mal de temps que je mets ma vie entre vos yeux, ami(e)s lecteur(e)s sur ce modeste site. Autrefois, je pensais que ce blog était mien et uniquement mien. Mais je sais bien qu’il m’a échappé depuis longtemps. Lui et la vie que je dissémine en lui régulièrement. Il fallait bien qu’à un moment, il grandisse, mûrisse et vive sa propre vie comme un adolescent trop longtemps materné. Que je suis peut être resté, qui sait.

C’est marrant le blog.
Ca crée des liens et des contacts que l’on aurait jamais supposés, jamais. Je n’ai jamais été aussi réel que dans ce monde virtuel, paradoxalement. J’ai rencontré des gens formidables d’autres milieux culturels et sociaux que je soupçonnais à peine, du bout des doigts rivés à mon clavier. Je me suis découvert une soeuw en Israel, alors que ma vraie soeur vient d’y émigrer. J’ai déjeuné avec certains, invité d’autres chez moi, réalisé une interview vidéo à distance avec des stars timides. Moi, petit byalpel de rien.

C’est marrant le blog.
Des gens que tu n’as jamais vus ni côtoyés qui t’écrivent pour se moquer de toi, te traitent de gros parce que tu as eu la naïveté (ou le courage) d’en rire toi-même. Alors qu’ils ne savent même pas s’ils me transpercent le coeur avec leurs mots saillants, persuadés que la couche de graisse me protègera de leurs piques.
Et puis il y a ceux qui t’écrivent sans te connaître, qui t’aiment sans amour, qui veulent que tu continues encore, encore, oui encore, fais-nous rire, écris sans relâche, sors-là ta semence cérébrale mais vite parce qu’on veut jouir de tes mots, ton talent, ta joie de vivre. Alors que je ne demande qu’à être oublié, et qu’on me fiche la paix parce que je suis nul et que je me fous de l’amour des autres.

C’est marrant le blog.
Mes beaux-parents qui trouvent certains articles vulgaires. Peut-être bien.
Et ma femme qui trouve mon article “sympa” mais “moins bien qu’avant”. Qui ne sait pas combien ça me tue de l’entendre dire ça, elle ma muse, ma prophétesse, ma première fan. Bien sûr qu’elle le sait. Elle sait lire en moi comme dans un blog ouvert mais alors pourquoi ne m’admire-t-elle pas hein ?

C’est marrant le blog.
Les commentateurs qui s’en donnent à coeur joie parce qu’ils veulent montrer combien ils sont intelligents. Ou désintéressés. Ou combien ils manquent d’amour plus que moi. D’amour, ou de commentateurs sur leur propre testament-blog.

C’est marrant le blog.
Les lecteurs te cataloguent vite. Certains te cataloguent avant même de te lire. Et ils te le disent. Mais les pires sont sûrement ceux qui t’ont catalogué après t’avoir lu, après t’avoir pratiqué. Qui pensent que tu pourras voir le verre plein pour eux, que tes délires masquent ta souffrance et ta tristesse et donc la leur, que tu sais rire de tout et avec tout le monde parce que ton blog c’est la joie. Que tu n’as pas le droit d’être mal dans ta peau, que tu n’as pas le droit de te sentir naze, nul, insignifiant, bon à rien. Que les événements de la vie me passent par-dessus la jambe et la tête parce que toujours un bon mot, parce que toujours avenant, parce qu’après tout, tu n’es pas là pour être aimé.

C’est marrant le blog.
C’est même très marrant le blog. J’aurai beau crier ma haine et ma détresse ici, à la faire résonner comme dans un parking la nuit, qui m’entendra ? Qui prendra mes peines et mes douleurs au sérieux ? Personne. Les commentaires de ceux qui me connaissent seront pauvres, de ceux qui s’en foutent seront provoquants ou cyniques. Parce que les carapaces des clowns sont résistantes. Mais où est le clown, s’il vous plaît ? OU EST LE CLOWN ?

Je n’ai pas de vie moi ? Je n’ai pas de sentiments ? D’amertume ? De larmes ? OU EST LE CLOWN ?
Qui vous érige en amis, en camarades de chambrée, en acolytes des quatre cents coups pour me cracher à la figure vos sarcasmes vaseux, votre ironie mal-placée ou votre amitié collante de cynisme et de chafouinerie alors que tous mes espoirs sont dirigés ici, où David cède à Byalpel, au quotidien, le temps d’un amour éphémère mais que j’espérais réciproque.

Mais non non ! Non ! Pour vous je ne suis qu’un passe-temps un amuseur un fou du roi de l’ère moderne. Dont la coiffe à clochettes a cédé la place au clavier. A clochettes. Je pensais personnifier ce blog mais vous m’avez déshumanisé. Et contre toute attente, vous m’avez déshumanisé virtuellement et réellement. Je n’existe plus. David est mort. Docteur Jekyll aussi. Vive Byby. Et advienne que pourra.

C’est marrant le blog.
Très marrant.

Balzac 00 01
Le 27/10/2006 - 01:39

“C’est bientôt les pubs, ça va être à moi. Comme d’habitude, j’entre en scène en fanfare. Tintin tintintintintin… Je l’adore cette musique. Elle fait sursauter tout le monde mais j’adore.

Ah voilà c’est à moi. Bon, allez hop ! Zou ! J’arbore mon sourire le plus niais et je grimpe sur mon tapis volant. Aujourd’hui j’ai envie de battre mon record. Départ arrêté, dans l’espace intersidéral jusqu’à l’écran. 17 secondes et 43 centièmes est mon record. Mais c’est à cause de cet imbécile de chapeau qui s’envole à chaque fois, je dois le tenir avec ma main encore libre, je suis sûr que ça me ralentit mais le producteur dit que non, que c’est dans la tête tout ça.

Allez hop ! Zou ! Yeeeehaaaaa ! C’est parti ! Descente en folie sur des montagnes russes aux dénivelés intenses ! Tu vas voir qu’un jour je vais me péter la gueule ça va pas rater. Olééé ! Oh merde, le tournant ! De justesse, encore une fois. Je vais vraiment me péter la gueule si ça continue. Et puis cette envie de gerber, qui me reprend à chaque fois. Et obligé de sourire comme un con, avec mon chapeau melon qui vole et mon outil dans la main. J’te jure c’est pas un métier ça.

Ah voilà on arrive à Broadway, je vois les tours et les lumières des projecteurs. Oh mince ça redescend sec, je vais dégueuler, tu vas voir je vais dégueuler ça va pas louper. Souris mec, souris. Pense à ton salaire.

Ah voilà la porte d’entrée. Faut pas que je la rate. A cette vitesse, je m’écarte d’un centimètre et mon sourire niais va se terminer en rictus édenté sur la porte en verre. Ah la honte devant tout le monde. Allez vise mon Jeanjean, vise !

Ouf j’suis passé. Je me suis fait une accélération de 5g pour arriver jusqu’à la salle, je vais tout dégobiller, j’ai la tête qui tourne j’ai l’impression d’avoir avalé une enclume.

Ah les portes de la salle s’ouvrent. Tu vas voir ce que je vais lui envoyer dans la gueule au producteur. Marre ! Marre ! Marre !

Marre de leur connerie où je me tape toute la descente comme une fusée pour sourire comme un âne drogué, pour retenir ce satané chapeau à bout de bras, éviter de justesse les portes meurtrières d’en bas et me jeter à corps perdu et à toute allure dans cette salle sombre dans laquelle, si ça se trouve, je n’intéresse vraiment personne.

Tu vas voir ce que je vais lui envoyer dans la gueule. Une pioche. Une bonne pioche dans sa gueule et il la ramènera moins le producteur. Ah Monsieur est sur les Champs-Elysées ? Oh la la, ma chère dites donc… Imbécile va, c’est moi qui risque ma vie à chaque instant à naviguer sur un ticket volant. Une bonne pioche dans ta figure, voilà ce que tu vas prendre.

Jean Mineur, mes fesses ouais.”