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Le 28/12/2005 - 13:40

L’inspiration provient de multiples sources : une conversation entendue dans un café, un article de journal, une expérience personnelle trépidante (ou un bon plagiat).

Créativité et inspiration sont des ingrédients de luxe qui ne sont pas l’apanage de tout un chacun. Et je ne vous parle même pas de la suite : maîtrise de la technique, régularité dans l’effort etc. Et puis le talent…

Pour s’ouvrir les veines l’esprit, il existe toutefois une technique communément appelée “the nonsense technique” ou “la technique de l’absurde”. Cette méthode, pratiquée par nombre d’écrivains qui souffrent du syndrôme de la feuille blanche, consiste à choisir trois termes au hasard, sans rapport les uns avec les autres, et de les accoler pour faire surgir une idée.

Par exemple : loterie - ciseaux - lait.

Il suffit ensuite de trouver un lien hypothétique (et qui constituera la trame de l’histoire) entre ces trois mots. On peut imaginer, par exemple :

Un type tente d’ouvrir une brique de lait avec des ciseaux mais se coupe et en cherchant dans la boîte à pharmacie, découvre un billet de loterie.

Mouais. Il y avait sûrement plus fort comme thème; à titre d’exercice, je te laisse rédiger cette trame, ami lecteur.

Ceci étant dit, je me suis rendu compte que pour écrire tous les jours sur un blog “perso” sans éternellement raconter sa vie (”alors ce matin en me levant prendre du lait, je me suis coupé avec les ciseaux et vous savez ce que j’ai trouvé dans la boîte à pharmacie ?“) ni ressasser les mêmes idées (”comme je vous le disais hier, avant-hier et l’année dernière dans un post…“), il en fallait de la créativité.

A ce stade du texte, le lecteur se dit : “attends il se la pète pas sa mère là ?“.

A cela, je réponds : “parfois le lecteur me prête des intentions qui ne sont pas les miennes, simplement parce qu’il est jaloux négatif, comme je le décrivais dans un post récent et stupide“.

A ce stade du texte, le lecteur se dit : “attends c’est à moi qu’tu parles comme ça bâtard ?“.

A cela, je réponds : “Nan, c’est à ta mère. Bon laisse-moi terminer maintenant !“.

Le geek qui sommeille au fond de moi hier soir m’a finalement décidé à livrer au monde l’outil de générateur de Nonsense, au format Excel s’il vous plaît, pour que tout le monde puisse avoir de l’inspiration sans consommer de substances illicites. Ou alors faîtes ce que vous voulez mais pas chez moi, je ne veux pas d’ennuis avec la police.

Ci-joint donc un fichier Excel (zippé) qui contient dans la colonne A vengeresse masquée l’ensemble des noms communs du dictionnaire [il existait une base de données disponible sur le web que j’ai importée]. A chaque manipulation, trois noms aléatoires sont générés.

A l’instar des videurs de boîtes de nuit louches ou de Sarko, Excel ne laisse exécuter aucun(e) macro s’il n’est pas approuvé par la sécurité sociale, le parrain de la mafia, Bill Gates en personne et ma mère. Moralité : je n’ai pas pu créer de bouton qui génère aléatoirement ces trois noms. Pour rafraîchir les noms générés donc, c’est très simple : il suffit de double-cliquer entre les colonnes B et C (comme pour redimensionner la colonne). Pas propre certes mais ce n’est pas moi qui ai commencé.

Voilà quelques résultats alléchants :

  • Catin - Vicomtesse - Engueulade
  • Topographie - Fourchette - Musiciennes
  • Ypérite (gaz moutarde) - Cancers - Huile
  • Racketteurs - Télécabines - Timing

Incidemment, ce post m’a été inspiré par les mots : “foutre gueule lecteurs”. Etonnant, non ?

Attached Files:


Le 23/12/2005 - 14:16

L’année dernière à cette même époque, je voyageais (pour la première et unique fois) à New-York, la ville où on est tête en l’air.

J’avais ramené de superbes photos et un film que j’avais retravaillé avec soin pour le dévédéiser.

Ci-dessous deux photos.

La première, l’original : Times Square.
La seconde, le template pour le menu DVD.

Dans le template DVD, notez les trois emplacements publicitaires en noir. Ils sont remplacés par trois vidéos distinctes. Le petit “néon” rouge sur l’emplacement du fond correspond à la sélection dans le menu.
La barre blanche transversale : elle fait défiler un texte (au lieu des habituels stock quotes).

Le lecteur impatient questionnera : “mais à quoi sert ce post bon sang ?”.
Eh ben il patientera jusqu’à dimanche.

Entre temps, bonnes “fêtes” à tous ceux qui fêtent Noël. Les autres, bon week-end (et/ou chabat chalom).

Le 10/12/2005 - 23:32

Impossible de faire fonctionner la version 4.1.5 de mySQL sur mon PC pour mettre à jour mon blog.

Erreur continuelle : “Client does not support authentication protocol requested by server; consider upgrading MySQL client“.

Solution (remplacer les valeurs nécessaires) :

c:>mysql -u root -p
mysql> UPDATE mysql.user
SET password=OLD_PASSWORD(’lepasswordduuser’)
WHERE user=’leuserachanger’
AND host=’localhost’;
Query OK, 1 row affected (0.00 sec)
Rows matched: 1 Changed: 1 Warnings: 0

mysql> flush tables
Query OK, 0 rows affected (0.00 sec)
mysql> flush privileges
Query OK, 0 rows affected (0.00 sec)
mysql> quit
Bye
c:>

Et voilà, on peut faire du geek tranquille.

Le 29/11/2005 - 15:05

Ami lecteur, je te conseille d’aller jusqu’au bout de cet article, même si le début te paraît un peu obscur.

Dans les programmes informatiques, il existe un mode de fonctionnement (un pattern pour les plus avertis) qui permet de ne lancer qu’une seule instance d’un processus en mémoire.

Je m’explique.

Il existe des opérations “coûteuses” en programmation, et qui ne doivent être effectuées une seule fois, quel que soit le nombre d’utilisateurs qui utilisent ces opérations.

Pour donner un exemple de la vie de tous les jours, imaginez que vous montez une armoire. Le processus est le suivant :

  • Vous prenez votre tournevis dans la boîte à outils sous l’évier
  • Vous assemblez les planches de la nouvelle armoire
  • Vous vissez comme un forcené en maudissant IKEA
  • Vous posez l’armoire contre le mur et vous soupirez

Si vous êtes plusieurs à monter des armoires, chacun effectue le même processus (les quatre étapes) de la même façon.
Mais si les armoires sont dans la cave ?

Dans ce cas, seules les 3 dernières actions sont répétées par chacun des monteurs. Pour la première, vous allez être intelligents et emporter une fois pour toutes la boîte à outils avec vous plutôt que chaque gars se tape les huit étages pour récupérer son tournevis à chaque nouvelle armoire à construire…

Voilà M. Jourdain, vous venez de découvrir l’idée du pattern Singleton.

Ami lecteur, fais-moi confiance, continue encore un peu, le jeu en vaut la dentelle.

Toutefois, il arrive qu’un programme ne fasse pas exactement ce qu’on lui demande, cela s’appelle un bug. Ce bug peut provenir de différentes origines : soit c’est le programme (codé avec les mimines) qui déconne, soit c’est la machine qui héberge le programme (votre Windows, votre Mac, votre serveur d’applications etc.) qui pète les plombs.

Dans le cas présenté plus haut, c’est à peu près la même chose : soit vous avez mal codé votre singleton, soit la machine vous joue des tours. Autant le premier cas est fréquent (repas indigeste, engueulade avec votre femme, QI inférieur à 60 etc…), autant le second est rare [pour ceux que ça intéresse, et si j’ai bien tout compris, un Singleton peut se dédoubler dans des environnements distribués, dans des conditions plus ou moins inhabituelles].

Dans les deux cas, il se trouve que l’action que l’on voulait unique est dédoublée. Et souvent cela génère des erreurs imprévues. Par exemple, un monteur d’armoire remonte chercher une boîte à outils qui est déjà dans la cave. C’est sûr, c’est pas super grave vu comme ça mais quand même c’est chiant, surtout si vous n’avez pas d’ascenseur et que le monteur est dépressif et suicidaire. Ou alors que votre femme est toute seule là-haut pendant que vous, vous suez en train de construire cette armoire à la con dans une cave humide et mal éclairée alors qu’elle aurait pu venir et… Mais je m’égare…

Dans la vraie vie (y a-t-il une vie après l’ordinateur ?), me disais-je ce matin dans les toilettes bleues de l’inspiration, est-ce que le fait d’avoir des jumeaux n’est pas un bug du Singleton ?

Je m’explique encore.

Dans une immense majorité des cas, la femme possède un ovule, qui est fécondé avec un spermatozoïde, le plus balaise ou le plus négociateur. Et en sort un joli bébé qui fait gazou-gazou et qui quinze ans après réclame une “mob”.

Il arrive parfois qu’au lieu d’une seule instance de bébé, il en sorte deux. On appelle ça des jumeaux. Comme dans le cas informatique précédent, il faut différencier les vrais et les faux jumeaux.

Les faux jumeaux correspondent à un bug de la matrice (jeu de mot qui tue). Deux ovules sont présents, tu m’étonnes que les spermatozoïdes, machos comme leur père, ne vont pas se gêner pour féconder tout ce qui bouge.

Les vrais jumeaux correspondent à un bug de l’ovule lui-même : au lieu de se diviser normalement de manière autonome (après la méïose), ce turlupin se coupe en deux et crée ainsi deux répliques identiques du même bébé.

Dans les deux cas, à l’annonce par l’obstétricien, c’est la mère qui devient dépressive. Surtout lorsqu’il tente la blague : “eh oui madame, d’un coup, deux pierres”.

Tout ça pour en arriver à la question fatidique.

Les vrais jumeaux : bug d’un oeuf ?

Au cas où des adolescents ou des communistes lisent ce blog, cliquer ici pour comprendre le jeu de mot.

Ca valait le coup d’attendre hein ? :-)

L’immatroscope du jour :


Mauvaise nouvelle : Anna veut vous rencontrer pour rompre.
Le 22/11/2005 - 16:20

Qu’est-ce qu’un wiki ? A quoi ça sert ? Pourquoi le mettre en oeuvre dans mon projet ?

Amis d’OCTO, cet article ne vous intéressera pas, vous êtes a priori tous convaincus de la nécessité d’un tel outil sur un projet. J’aurais l’impression de prêcher des canapés convertibles convertis.

Alors pour les autres (enfin, les trois autres, dont ma mère et ma belle-mère).

La définition d’un wiki est fournie ici.
De manière synthétique, un wiki est un outil qui permet de mettre en ligne, d’éditer et de lier du contenu sur un site Web, de manière collaborative. Ajoutons au wiki de base un gestionnaire de versions, une syntaxe simplifiée, une gestion de la structure non contrainte et Voilà !1

Sur un projet dans lequel la communication est essentielle (pléonasme ?), le wiki permet de mettre à jour un grand nombre d’informations par un grand nombre d’acteurs, de cercle de responsabilité identique.

Il offre ainsi à tous :

  • Une vision centralisée de toutes les informations transitoires ou en cours
  • La possibilité à de nouveaux arrivants de posséder rapidement les informations du projet (à l’inverse de la traditionnelle culture orale. Il existe une autre solution préconisée, rappelez-vous ce post)
  • Un moyen d’édition rapide et non contraint à une hiérarchie ou une organisation de documents qui brime souvent la mise à jour d’informations ou la créativité

Il existe toutes sortes d’implémentation du concept de wiki, par type de technologie (java, .NET, php…), par type de fonctionnalité (syntaxe particulière, gestion de la sécurité, présence de plug-ins, etc.). Coup de pub pour Sushiwiki, développé par un ancien gourou OCTO et xwiki, adulé par un gourou OCTO toujours en poste.

Plein d’assurance et gonflé de naïveté (ou l’inverse), j’ai proposé, dans le cadre du projet dans lequel je bosse, de mettre en place un tel outil (JSPwiki, simple mais efficace). “Ok, pourquoi pas” me dit-on par-ci, “Génial, tu connais wiki ?” me dit-on par là.
Vas-y mimile, mets les mains dans le moteur, fais-moi une ptite vidange, rebranche les fils de ce côté, et hop! le wiki est en place. Avec le logo EDF en couleur et en prime.

Moi, pas chien, je crée d’emblée une dizaine de pages pour alimenter et mettre à jour les informations dont je dispose. Et j’essaie d’ores et déjà de tuner l’application pour optimiser certains fonctionnements, rajouter des plug-ins intéressants…

Quel désespoir de réaliser que personne, je dis bien personne, ne l’utilise.

J’ai l’impression d’avoir créé un DisneyWorld pour moi tout seul.

Alors, je retente une évangélisation en douceur, pour ne pas dire une croisade : cette fois, c’est liesse, euphorie, chapeaux qui volent, jupes qui se baissent. Le délire : Wiki est notre sauveur, des stickers et des pin’s Wiki, un partenariat avec Qwoq pour les tee-shirts moulants (Un Wiki Coca !)…

Ca a payé : tout le monde a mis la page des congés à jour.



1 : en français dans le texte

Le 07/11/2005 - 23:15

Depuis ce soir, 19h10, j’ai un nouveau jouet.

Rappel des faits :
Il y a deux semaines, dans un cinéma parisien, un petit racaille canaillou coquinou salopiaud turlupin fils de pute sauvageon a estimé honnête et de bon droit de récupérer mon lecteur MP3 dans la poche de mon blouson et de l’enfiler dans la sienne.

Sans me le restituer à la sortie. Un emprunt à long terme. Je n’ose pas dire vol, pour ne pas provoquer d’échauffourées.

Les choses étant ce qu’elles sont (l’expression qui ne sert qu’à masquer une difficulté à trouver des transitions saines), j’ai été obligé de commander un nouveau lecteur. Les finances étant exceptionnellement hautes en ce moment (7500 € par mois) et surtout que mes parents ont voulu financer l’achat pour mon anniversaire + Hanoucca + Noël + gentillesse naturelle, j’ai commandé…

L’IPOD VIDEO !

Je l’ai reçu ce soir, et je dois avouer que j’ai été bluffé.

D’abord par le design, habituel chez les maniaques de la marque à la pomme. Même l’emballage est beau. Plus compact, l’iPod video 30 Go est superbe, avec sa coque blanc devant, argent derrière.

Ensuite la qualité et l’ergonomie. Identique aux iPod ancienne génération sur le principe, l’écran est plus large (du 16/9 ou presque) et de qualité meilleure. Les photos et les vidéos défilent à une vitesse folle, que du bonheur.

Enfin, iTunes permet de gérer et de synchroniser des podcasts directement sur l’appareil. C’est bien foutu.

Le ver dans le fruit, c’est le prix des accessoires Apple. En standard ne sont livrés que les écouteurs (qualité correcte), le cordon USB alimentaire et la pochette étui à cigarette. Rajouter donc 39€ pour le dock, 29€ pour la télécommande, le câble de sortie vidéo triple RCA 19€, la pochette de sécurité siliconée 19€, ils déconnent.

Existe-il l’accessoire “menottes pour iPod” ? Histoire de ne pas me le faire voler chourer piquer taper subtiliser emprunter à nouveau dans une salle de diffusion à Clichy…

Le 21/10/2005 - 13:49

Dans ce post et ce post, j’avais rapproché l’expérience d’un projet informatique avec la montée d’un film au cinéma.

Il est intéressant de voir que cette approche a déjà été envisagée chez le perfologue. L’exemple du film de Terry Gilliam n’est pas assez illustrateur (puisque dans son cas, c’est la poisse qui s’en mêle) mais l’analogie est assez efficace, à mon goût.

Il est toutefois intéressant de remarquer que, dans le monde du cinéma, chacun a sa place et son rôle. On n’imagine pas un acteur poser des micros ou un ingé. lumière faire des effets pyrotechniques.

Alors que dans l’informatique, les frontières étant parfois floues, tout le monde sait tout sur tout et revendique l’ultime méthode/façon de faire/vérité.

Une des solutions : envoyer tout acteur informatique faire un stage en tant qu’intermittent du spectacle. Ca lui fera les pieds et la tête.

Pour ma part, je prends “Jack Bauer” comme stage : il ne dure que 24H.

Le 29/09/2005 - 14:55

Le début de l’article est ici.

De la même manière qu’un metteur en scène (ou réalisateur) est en permanence en communication orale (quand ce n’est pas autre chose, vive le chaud biz) avec l’ensemble de la population du projet de film en cours, un architecte (ou donnez-lui le nom que vous voulez) est censé être au carrefour conversationnel des différents intervenants du projet. Il devient le chef d’orchestre, l’huile du moteur, el fluidificator.

Alors, voilà, je me suis dit, un parallèle à faire : plutôt que la métaphore éculée de sa mère sur le BTP, pourquoi les projets informatiques ne se dérouleraient pas dans un ambiance, avec une méthode et une organisation inspirées du cinéma ?

Le mode itératif court, communicatif à outrance, architecte au coeur des développements, documentation initiale suffisante mais sans toutes les précisions “inutiles” des spécifications etc etc. Ca vous rappelle pas la bonne vieille rengaine du XP-Programming (think agile !) ?

Mais bon, comme le dit Jean-Paul Sartre, “les comparaisons c’est comme le sexe, à un moment faut arrêter1.

Lorsque je parlais du mode “oral et implicite” très adapté au cinéma, je précisais que la communication devait être limpide et précise (orale) et suffisamment engageante pour un intervenant motivé (implicite). Dans le cas de projet informatique, ne rêvons pas, ce mode n’est pas suffisant pour un grand nombre de raisons :

D’abord, en informatique, souvent de part la nature des contrats qui lient les clients et les fournisseurs sociétés de service (forfaits), les livrables sont essentiellement des spécifications écrites validées, tamponnées, juré-craché-tu-raques-un-avenant-si-tu-changes-une-virgule. Ce qui, comme d’habitude, paralyse totalement la communication client/fournisseur mais surtout l’avancée des projets; on est loin de la souplesse de la circulation orale décrite pour le 7ème art.

Et puis oh! L’informatique c’est du sérieux ! Le cinéma, c’est pour les dépressifs, les drogués et les homosexuels. En informatique, on doit être organisé et structuré. Plus il existe de documents descriptifs, plus le projet est ambitieux, bien construit, évolutif, maintenable et autres balivernes.
Les entreprises dinosauresques sont encore loin du mode de fonctionnement que j’évoquais plus haut parce qu’elles considèrent (enfin… presque tous les informaticiens considèrent) que “rien de tel qu’une bonne doc claire et précise pour décrire ce que l’on veut faire/sait faire”.

Ben moi je dis que c’est de la connerie, qu’en 2005 on a des media bien plus évolués pour certains types de besoins (rappelez-vous cet article, bien commenté par mes ex-collègues). C’est dur d’écrire ça quand on a l’âme d’un conservateur conformiste réactionnaire.

Autres points non communs entre le monde de l’informatique et celui du cinéma, en vrac :

  • Le taux de réussite d’un projet de film est de l’ordre de 95%. Pour un projet informatique, on est en-dessous de 50%.
  • La capitalisation technique dans le monde du cinéma est assez faible (une maquilleuse n’a pas besoin de savoir refaire 1000 fois la peau de Hulk) et plus ou moins compartimentée (seuls certaines activités impliquent une technicité forte, comme les effets spéciaux par exemple). Dans un projet informatique, c’est essentiel voire vital.
  • Le film est un produit fini, qui ne bouge quasiment plus une fois produit (sauf DVD, fins spéciales etc.). Quant à un projet informatique…
  • Et le point le plus critique : les intervenants du cinéma sont des personnes passionnées. Les informaticiens sont des personnes privilégiées (pensez au ratio de nos horaires/salaire !) assises confortablement sur un fauteuil à attendre que la journée se passe en consultant leurs mails personnels, à chatter avec les copains et à écrire leur blog. Comment voulez-vous qu’un projet puisse être géré de manière dynamique, réactive, implicite ?
  • Amuse-toi ! Cherche encore des différences entre ces deux domaines.

Un dernier point : un producteur de cinéma ne fait pas appel à une SSII pour ses films mais à des intermittents du spectacle. Est-ce le futur statut des informaticiens ? (et pour un avenir plus noir, relire J.M. Truong, le successeur de pierre). S’ils étaient payés au lance-pierre et sur la sellette à chaque projet, peut-être les informaticiens s’impliqueraient-ils à fond.

Voilà, c’était mon dernier article sur l’informatique. J’ai récemment lu un grand nombre de blogs de personnes que je ne connaissais pas mais dont la qualité d’écriture, la sincérité et la finesse m’ont beaucoup touché, bien plus que ces conneries sur “accroche-toi au Java, je retire l’EAI”. Et plus ça va, et plus je me rends compte que l’informatique m’ennuie…

Je retourne désormais à mon style initial, la recherche de soi à travers des méthodes rigoureuses et sérieuses.

Désolé les geeks.



1 : c’est pas vrai, c’est de moi.

Le 18/09/2005 - 18:44

On a beau critiquer Microsoft, ils savent faire des logiciels ergonomiques. On s’en rend compte en général dans deux situations :

  • On a déjà un MAC :-)
  • On vous oblige à utiliser Lotus Notes au bureau :boom: :boom:

Ah le bon temps où on l’on gérait tout ou presque (déjà ses comptes de messagerie, ses notes, ses tâches, ses contacts, ses rendez-vous…) dans Outlook…

Deux options : soit se plier et importer manuellement les précédentes infos dans Lotus (plutôt crever), soit se maquer avec le libre : Sunbird est un projet Mozilla pour la gestion de calendrier.

Super ergonomique, intégré à Firefox, c’est de la balle. Et skinnable par dessus le marché. Un snapshot.

Problème : l’import de données Outlook ne fonctionne pas. Alors on ruse :

1) Télécharger outport (Outlook Export). Il permet d’exporter les informations d’Outlook toutes versions dans n’importe quel format (dont ICS ou VCS qui nous intéressent ici)

2) Importer le tout directement en un coup dans Sunbird.

Bang !

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : 4.07 - A Curious Kinda Subconscious (Jones) - (4:10)]
Le 11/08/2005 - 21:12

Petit rappel pour les non-geek

Stateless (sans état) et Stateful (avec état) sont des termes utilisés dans l’informatique pour indiquer qu’un composant possède une mémoire ou non.

Un composant sans état est plus simple à mettre en oeuvre et effectue la même action mécaniquement, lorsqu’il est sollicité par un autre composant.
Par exemple, “consulter son solde” est une opération qui ne nécessite pas d’état : une fois le solde renvoyé au composant initiateur, tout est oublié.

Un composant à état est plus complexe car il acquiert un “contexte” (sa mémoire) lié au composant solliciteur. Il ne peut donc pas être partagé par plusieurs composants en même temps.
Par exemple, “gérer un panier de commandes” est une opération à états : le panier doit être consultable à tout moment par un unique acheteur.

Il est évident que la mise en place d’une architecture à base de composants à état est plus complexe qu’une architecture à base de composants sans état. La “mémoire” (dans les deux sens du terme) est dans ce cas le frein à la mise en place d’une architecture scalable.

Souvent, la lutte entre les deux types de composant se solde par la victoire des composants stateless.

Extension du domaine de la lutte

En essayant de transposer cette réflexion au comportement humain et sa relation à la mémoire, on pourrait de manière très arbitraire et fatalement fausse opposer les deux conceptions qui vont suivre. Pourtant, cette représentation catégorique permet d’ouvrir un débat :

  • L’individu stateless : pas de mémoire longue (le poids du passé est faible, limité à la conscience collective et aux principes moraux de base), l’ensemble de sa réflexion est résolument tourné sur le présent (présent = avenir, mais c’est encore un autre débat)
  • L’individu stateful : il apporte une importance extrême aux événements du passé, la trajectoire à venir étant un prolongement estimé (au sens des outils d’estimation) de celle passée.

Je vous avais prévenu, c’est une dichotomie pas très propre.

Où tu veux en venir bon sang ?

J’y arrive.

A discuter avec des personnes de tous les milieux (sociaux, culturels, religieux, professionnels) et en zestant avec des livres de science-fiction, je me pose une question qui paraît banale : jusqu’à quel point sommes-nous (et devons-nous être) liés à notre passé ?

Les individus stateless et certains livres de science-fiction prônent souvent un affranchissement complet de ces règles, à chaque nouvelle génération. Autrement dit, les valeurs (au sens large) évoluent, et pour qu’elles soient optimales (optimales pour l’époque donc) il faut se libérer des contraintes passées, forcément inadaptées.

Par exemple, les dogmes doivent être évacués car archaïques. Il faut respecter les enfants, les professeurs d’école leur doivent du respect. Les moeurs évoluent, la morale aussi.

Les individus stateful et peu de livres de science-fiction affirment que sans point d’ancrage dans le passé, la société sombre dans la débauche et la luxure. En effet, même si ce n’était pas forcément plus rose avant, ça ne pouvait pas être pire que maintenant, à cause d’une dégringolade intellectuelle/spirituelle à chaque nouvelle génération. Seuls des fondements historiques/divins/empiriques solides garantissent la pérennité des générations à venir.

Le capitalisme a remplacé le collectivisme, le drague & drop1 a remplacé le mariage et donc détruit l’harmonie familiale (un père, une mère), Zizou a remplacé Einstein, la guerre atomique a remplacé… la belle guerre stratégique.

Sans parler des religieux qui ont compris que sans la Vérité spirituelle de [mettez votre religion ici], non seulement vous n’obtiendrez jamais le Paradis mais vous contaminez votre descendance, ad vitam eternam.

Alors bien sûr, nous sommes tous un peu des deux types d’individu, et pourtant, essayez de valoriser votre attachement au passé et ce que vous en retirez :

  • Les précédentes guerres vous laissent-elles insensibles ? A quoi sert le défilé des vétérans du 14 juillet ? Doit-on sans cesse se remémorer la Shoah ? Hiroshima ?
  • Quels sont les préjugés raciaux/sociaux/culturels que vos parents/aïeux avaient et que vous contestez ? Que vous conservez ?
  • Constatez-vous une dégration intellectuelle des nouvelles générations ou au contraire un nouveau souffle ?
  • A quel âge votre fille sortira-t-elle avec un garçon ? Vous parlera-t-elle de ses problèmes sexuels ? Dormira avec son copain du moment dans la chambre mitoyenne à la vôtre ?
  • La démocratie est-elle un aboutissement spectaculaire de notre passé ? Une parenthèse dans l’histoire ? Une supercherie ?
  • Doit-on être ferme avec les enfants à l’école ? Chez soi ? Faut-il tout expliquer aux enfants ? Pour les punir, faut-il les frapper ?
  • Les médias doivent-ils tout dire ? Ou a-t-on besoin de tout savoir ?
  • Faut-il suivre un seul maître faillible ou une myriade d’avis pour se faire (quand c’est possible) une idée ? (La réponse à cette dernière question n’est pas si évidente qu’elle en a l’air. De même que les enfants ont besoin de structure, de directives et d’interdits, les individus moyens ont besoin d’orientations manichéennes. Ce qui fait le beurre mais la médiocrité des médias “de masse”).

Je vous laisse méditer sur ces considérations hautement philosophiques, bonnes vacances à tous !



1 : complètement copyright celle-là !

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : Stupidisco - Junior Jack - VA - Now Dance 2005 (3:40)]