J'ai essayé, impossible de lever plus de 424 kg tout seul
Pot d’‚ne
Le 12/09/2007 - 18:59

Finalement, le hasard existe-t-il ?

Ce matin, aux toilettes, je tombe sur cette définition triviale aux mots croisés : “charge de baudet” en quatre lettres.

Ce soir, et pour deux jours, c’est le nouvel an des feujs.

Et je n’arrête pas de bosser comme un âne et ce, pour un bon nombre de jours dorénavant.

Alors, destin ou coïncidence ?

En tout cas, je vous souhaite à tous, comme à moi visiblement, une excellente et heureuse ânée !

(que ceux qui défilent à la goypride ne se sentent pas exclus. Comme on dit chez les ch’tis : “toute bénédiction est bonne à prendre, du moment qu’il y a de la bière !”)

Note : ne pas confondre la Pâque juive, durant laquelle on se tape des litres de sang d’enfant chrétien avec le nouvel an des feujs, Roch Hachana, durant lequel on complote contre l’humanité en se répartissant les richesses.

Note 2 : à tous les potes musulmans, un bon ramadan qui commence ces jours-ci.

Tain rien que de l’écrire, ça me donne une de ces faims…

(Al) Y’a de la joie
Le 20/02/2007 - 19:14

Les moments de joie véritable sont rares et précieux dans la vie d’un homme ou d’une femme. Le bonheur en comète de Haley…

Si vous deviez répondre à la question “quels sont les dix moments de joie les plus forts de votre vie ?”, vous seriez bien embarassé(e) ami(e) lecteur(e), car vous percevriez immédiatement le cynisme sous l’anodin : il existe une échelle dans les joies, et bien peu d’élues gravitent au sommet.

Dans la tradition juive, lors de la cérémonie de mariage à la synagogue, le marié brise un verre sur le sol. Ce geste, hautement symbolique, s’accompagne des paroles suivantes, issues des Psaumes de David et récitées en hébreu :

Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite m’oublie. Que ma langue se colle à mon palais […] si je ne te place pas au-dessus de ma joie.

L’explication avancée par les Sages est celle-ci : lors de tout moment de joie intense, et particulièrement lors du mariage, l’homme et la femme ne doivent taire la douleur de la destruction du Temple de Jerusalem il y a quelque deux mille ans. Et pour que cette sensation ne soit pas “feinte”, l’on casse un verre pour signaler une perte, une fissure, un vide.

Je me suis marié il y a plus de deux ans déjà, et j’ai brisé le verre.

Aujourd’hui je reviens de Jérusalem, que j’ai placée au sommet de ma joie.

Alors inutile de casser un verre dans ce moment de joie : je vais être papa.

Beaux nťnťs, bonne sans thť !
Le 21/09/2006 - 20:17

Je comptais écrire un article dans la catégorie Plumitif mais ces salopards de juifs ont placé leur nouvel an ce week-end. Du coup, je dois changer mon programme en tant que rédacteur en chef avisé et unique.

J’aime bien l’expression salopards de juifs, ça fait grimper mon page rank sur google.

Donc, en cette nouvelle année hébraïque, je voudrais souhaiter une douce, heureuse et bonne année à tous les hommes, toutes les femmes sur cette planète, les gentils, les méchants, les minces, les gros, les chauves, les barbus, les homosexuels, les hétérosexuels, les chaudasses, les prudes, les drôles, les coincés des fesses, les noirs, les jaunes, les rouges, les blancs, les arabes, les musulmans, les catholiques, les protestants, les hindous, les adeptes de secte, les athées, les jeunes, les vieux, les handicapés, les génies, les hommes mariés, les femmes célibataires, les français, les européens, les israéliens, les libanais qui souffrent aussi merci matthieu, les asiatiques, les africains, les américains, les habitants de la campagne ou de la ville, les travailleurs de nuit, les fonctionnaires, les hommes politiques, les commerçants, les agriculteurs, les sportifs, ceux qui votent à gauche, à droite, aux extrêmes, les lecteurs de ce blog, les lecteurs de bouquin, les dessinateurs, les jeunes à casquette, les vieux à canne, les racistes, les altermondialistes, les libéraux, les cas sociaux, les obsédés, les amorphes, les aveugles, les sourds, les astronautes, les sales, les maniaques, les présidents iraniens, les filles de joie, ma famille, la famille de ma famille, la famille de vos familles, le monde entier.

Je rêve de ce monde où tous ensemble, tous ceux à qui je viens d’adresser mes voeux dansions, main dans la main et le coeur tendu vers les autres, afin que ce monde révèle la meilleure partie de lui-même : l’Amour.

T’imagines, si ensuite chacun s’abonnait à ce blog même à 1€, je serais immensément riche !

Il est de tradition de demander pardon avant la nouvelle année juive. J’aimerais donc publiquement ici m’excuser auprès de ceux que j’ai pu blesser ou offenser par mes commentaires, mes articles ou mes photos. J’espère qu’ils ne m’en tiendront pas rigueur, je regrette si je les ai vexés ou insultés alors qu’ils ne partageaient pas mon opinion ou mes idées. Un autre jour, j’aurais bien rajouté “et je vous emmerde” mais pas avant le nouvel an, j’étais sincère.

Enfin, une petite pensée personnelle pour ma soeur, mon bof et ses trois minots qui ont décidé il y a un mois maintenant d’émigrer en Israel. Cette année nous serons sans vous pour le Séder (le repas traditionnel du soir de la fête), mais on pense à vous. Une pensée d’ailleurs à toute la famille et aux potes en Israel, les anciens et les potes du blog : on vous souhaite une année douce comme le miel, remplie de paix et de joies. Et de paix. Amen.

Un message d’encouragement également à tous les musulmans du monde qui débuteront le ramadan ce week-end. J’espère que vous bosserez un peu en journée bande de fainéants (je déconne là, merci de ne pas m’expédier de fatwa par la poste…).

Sinon, pour les autres, rien de spécial : on se revoit lundi.

Chana Tova !

Chantal et le lobby
Le 31/05/2006 - 15:01

Le titre de ce billet est un jeu de mot, une boutade, un calembour que nombre d’entre vous comprendront aisément s’ils connaissent l’animatrice phare du groupe Les Nuls. Mais certain(e)s le comprendront plus que d’autres, parce qu’il existe un calembour caché mais pas trop, et qui en fera rire plus d’un(e)s.

Vous savez, en ce moment, on parle beaucoup des juifs. Il y a 10 ans aussi, tu me diras. Il y a 100 ans aussi, tiens. Oh ben dis donc, il y a 1000 ans aussi !

Jusqu’à pas plus tôt que ce matin, je pensais que c’était justifié. Je veux dire par là que, évidemment, il existe un lobby caché qui contrôle pêle-mêle et de manière non exhaustive les gouvernements occidentaux, la météo, les chiffres du loto, la circulation (et les bouchons) des grandes villes mondiales et… le poker.

Autant pour les premiers points, vous avez des preuves évidentes tous les jours autour de vous, autant pour le poker vous doutiez. Vous doutiez comme je doutais jusqu’à pas plus tôt que ce matin, pour boucler la boucle de ma phrase précédente.

Mais, que vois-je sur ce lien ? Ami(e) lecteur(e), si tu veux comprendre la suite, je te conseille vivement de cliquer.

Je vois-je les noms des plus grands joueurs français de poker. Qui participent aux tournois internationaux s’entend. Parce que c’est pas pour dire, mais mon grand-père, il les aurait tous matés ces petits couillons avec leurs lunettes de soleil en toc et leur casquette en tweed. D’ailleurs, je ne vais pas le dire, tiens.

Et, si nous lisons ensemble et à haute voix les dix lady les dits putain ça s’écrit comment ? ces noms, nous retrouvons : Bruno Fitoussi, Patrick Bruel, David Binyamine, Claude Cohen, Michel Abecassis et Robert Cohen. Et Patrick Gross et Serge Kammerer pour lesquels j’ai un doute mais tout de même une forte présomption sur la circoncision avérée.

9 joueurs sur 11 !

Certains fervents défenseurs du pauvre et de l’opprimé rétorqueront : “et alors ? Coïncidence !”.

Personnellement, je n’y crois pas. Vous connaissez mes liens étroits avec le Mossad depuis longtemps, vous qui suivez les épisodes de ma vie dans les méandres arabesques (au sens de sinueux, hein, pas chez les arabes) de l’espionnage international.

Je pense sincèrement, et je vous invite à diffuser cette information autour de vous, qu’il s’agit d’un complot organisé par ces joueurs, pour emmagasiner le plus d’argent possible en jouant aux cartes, afin de dominer le monde et imposer des lois absconses comme : la circoncision pour tous les mâles, un jour par an où tout le monde s’excuserait et ne mangerait rien de la journée, l’obligation de vendre des jeans ou des fourrures à des prix de gros, ou encore l’interdiction de manger des salsifis sans sauce (sans déconner, c’est vraiment trop dégueulasse).

Evidemment, vous pouvez me taxer d’antisémite, et appeler à la rescousse les autorités des douanes idoines.

Bon déjà si vous me taxez, c’est que la conversion s’opère, vous êtes en bonne voie.
Et puis de toutes façons, ce genre de plaintes, en ce moment, cela passe plus ou moins pour de la propagande.

N’en déplaise au Nouvel Obs, qui ne voyait dans la démonstration de force de la Tribu Spéciale K (facilitent le transit intestinal donc) qu’une simple revanche sur les groupuscules dits extrémistes Bétar et Ligue de Défense Juive, des gars armés de massues qui déboulent dans un quartier populaire réputé pour abriter un quartier juif et qui hèlent les passants par “y’a-t-il des juifs qui veulent se battre ici ?”, ce n’est pas de la propagande. Ce sont des faits avérés, en plein Paris, et qui ont de violents reflux malodorants tout de même.

Ces faits, qui ne me choquent guère après le douloureux passage d’Ilan Halimi de vie à trépas, sont tout de même préoccupants s’ils ne sont pas fustigés comme il se doit par la presse pour éviter de donner des idées à d’autres dieudonnistes mal réveillés.

Quand Yaelz et Tony m’écrivent ou m’appellent d’Israel pour me décrire le contenu du reportage Envoyé Spécial de la veille : 30 minutes de douleur sur les guerres et la famine en Afrique, 30 minutes sur les gros richards français qui ont réussi aux Amériques, et que dans le même ratio que les 9/11, on retrouve -volontairement à mon avis- des Maurice Benhamou, des Paul Guez ou des Serge Bénaïm qui se vantent d’avoir acheté la dernière Porsche à leur fille pour son anniversaire, dans un accent pied noir à la limite de la parodie, je m’interroge sur le bien-fondé du programmateur de cette émission. D’autant plus que, sur le site de France 2 pour ceux qui ont cliqué sur le lien ci-dessus, le deuxième sujet censé être abordé était “les petites soeurs de Cannelle”. Pas assez vendeur (de jeans), probablement…

Ce n’était pas le sujet de mon article évidemment, mais vous savez, les juifs, ils se plaignent tout le temps… Ou alors, ils bluffent.

Pour ceux qui veulent rire aux larmes, je vous conseille cette petite chansonnette pimpante qui circule sur le net. J’ai pas pu aller jusqu’à la fin, vous me raconterez.


Ma nichtana ?
Le 12/04/2006 - 20:31

A ne pas confondre avec Acheumeuneu du petit lion publicitaire sur Antenne 2.

Ma nichtana, c’est de l’hébreu (pour beaucoup de monde). C’est pourtant une symbolique multi-millénaire dans le judaïsme.

J’explique. La phrase complète est la suivante : “ma nichtana halayla hazé mikol haleylot ?“.

Là, vous avez envie de répondre “ben il est sept heures moins quart” ou “je ne sais pas, je ne suis pas du coin”. La traduction est pourtant simple : “en quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ?”. Simple mais ésotérique, n’est-il pas ?

Cette phrase est prononcée depuis des millénaires dans tous les foyers juifs le soir de Pessah, la pâque juive. Cette fête porte en elle une quantité indénombrables de symboles, de rituels, de traditions… et de folklore. Pessah est célébré pendant une semaine en souvenir de la sortie d’Egypte et la fin de l’esclavage des Hébreux.

Quand on sait que ce rituel est célébré depuis plus de trois mille ans, et ressassé chaque jour dans les prières fixées par les rabbins, on se demande pourquoi la France (ou le monde entier) a attendu aussi longtemps pour instaurer la journée commémorant la fin de l’esclavage moderne…

C’est durant cette fête que l’on mange la galette, vous savez “le pain azyme”. Pendant sept jours, les intestins en prennent pour leur grade et les toilettes ne sont pas fières… Et parce qu’on ne mange que de la galette (du pain non levé), on doit également se débarrasser de tout levain ou pâte dans sa maison. C’est pour cela que les familles s’affolent dans un ménage herculéen peu de temps avant la fête…

D’ailleurs, le saviez-vous ? L’expression “le ménage de printemps” provient de cette coutume (la fête de Pessah est également appelée “la fête du printemps”).

Pessah se fête exclusivement (ou presque) en famille : les tontons, les tatas, les grands-cousins, mémé Georgette qui pique, papy René qu’entend plus rien, tous se réunissent pour célébrer ensemble le rituel du soir de la fête.

Lors de ce rituel, ce sont les enfants qui s’étonnent et chantent “ma nichtana”. Cet étonnement est feint, évidemment, on les brieffe un peu avant pour ne pas perdre de temps et se vautrer sur des plats dont l’odeur et l’aspect réjouieraient les sangliers. Mais il ouvre la discussion, pour raconter de manière allusive ou détaillée, l’histoire d’un peuple asservi, opprimé puis libéré.

La symbolique profonde de la fête est bien plus intéressante mais je ne la détaillerai pas ici (c’est long et puis ça n’apporte rien au lecteur). Juste pour la mentionner : la domination de son orgueil et de son arrogance. Tout un programme hein ?

Ce soir (parce que c’est ce soir, ah oui je ne vous l’avais pas dit), j’irai célébrer la fête sans mes parents, pour la première fois de ma vie (j’ai grandi hé ouais) : je suis chez mes beaux-parents, donc rites constantinois. J’espère qu’ils n’ont pas de traditions bizarres du genre “sauter à cloche-pied autour de la table avec la salière sur la tête” ou “boire un verre de vin mélangé avec des lacets de chaussures”…

Si ce texte n’a parlé à aucun d’entre vous (d’autant plus que je l’écris en 4 minutes chrono, vu le temps qu’il me reste pour boucler mes documents à remettre au client), je peux vous conseiller deux animations hilarantes. Sur le thème de la fête.

La première en rap, la seconde en disco.

Le soir de Pessah, on dit aussi, comme chaque année, “l’an prochain à Jérusalem”. Ca a marché pour moi, dimanche matin je m’envole vers la Terre Sainte.

Moralité : pas de blog avant le 24 avril (quoique, j’ai bien dû écrire quelques articles par-ci par-là pour vous nourrir pendant mon absence). Et si je trouve un ordinateur sur place, j’essaierai d’écrire… une carte postale.

Unesco 1 - Byalpel 2
Le 28/03/2006 - 12:47

En préambule, je tiens à préciser que ce billet sera culturellement orienté, autrement dit il ne “parlera” pas à tout le monde. Ce n’est pas tant lié à l’ouverture d’esprit qui te caractérise, ami(e) lecteur(e), mais plutôt à des attachements traditionnels qu’il est difficile de retranscrire par écrit (du moins pour moi).

Hier soir, se tenait la soirée annuelle d’une association d’entraide aux enfants (et par extension aux adultes) israéliens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Le quotidien de Méir Panim (le nom de l’association, qui signifie “éclairer le visage”) est de préparer des milliers de repas par jour pour ces personnes en difficulté.

Chaque année, une soirée est organisée pour récolter des fonds pour faire fonctionner l’association, composée entièrement de bénévoles en Israël mais également dans toutes les “filiales” de la diaspora, et notamment la France, dont la présidente est la mère de mon copain Tony (que vous avez déjà pu écouter/voir ici).

L’année dernière par exemple, c’était le spectacle de Dany Boon. Cette année, le thème était moins grand public : deux chanteurs israéliens revisitaient les chants du rabbin Shlomo Carlebach, accompagnés par l’orchestre philharmonique de la République Tchèque (35 musiciens en live) et dirigés par le chef d’orchestre mondialement connu (sauf de moi) M. Yaffé. Les noms des chanteurs ne parleront qu’à quelques-uns d’entre vous/nous : Avi Tolédano (mon père écoutait ses disques quand j’avais 6 ans, assis en tailleur sur la moquette du salon) et Avraham Fried.

Avraham Fried, c’est un type avec une voix et un entrain formidables qui est le plus connu des chanteurs hassidiques. C’est-à-dire qu’il a une longue barbe de patriarche, une kippa sur la tête et qu’il prononce Oye Oye Oye toutes les quatres phrases de ses chansons. Et d’une humilité époustouflante. A ma connaissance, il y a peu de mariages juifs [typiques] dans lesquels on ne danse pas sur une de ses chansons. J’avoue chanter à tue-tête ses “tubes” dans ma voiture (en alternant avec George Michael, un barbu d’un autre style).

Enfin, Shlomo Carlebach, c’est “le rabbin à la guitare” ou “le rabbin chantant” comme ils l’appelaient à l’époque. C’est le premier rabbin qui a démocratisé, il y a une trentaine d’années, la musique liturgique juive. Très connu dans le monde ashkénaze (et par voie de conséquence aux Etats-Unis), il est rarement évoqué dans les communautés sépharades (pourtant mon père était carrément fan. Il était enchanté de venir hier soir). Pour ma part, j’ai découvert et j’aime. C’est pas du Jonasz dans le genre complainte mais j’aime.

La soirée se tenait à l’Unesco. Alors que j’accablais cette organisation récemment, j’ai repris confiance en l’humanité en apprenant que la superbe salle de conférences avait été prêtée gracieusement.

Tant mieux : Unesco 1 - Byalpel 1

A l’entracte toutefois, j’ai avisé monsieur l’ambassadeur israélien auprès de l’Unesco au sujet du fameux poster ahébraïque. Bien qu’il ne fut pas au courant, il ne semblait pas étonné. Et, désabusé, de répondre : “vous savez, ça ne m’étonne pas, l’Unesco est une organisation pas très claire”.

Bien fait : Unesco 1 - Byalpel 2

J’ai rarement les cheveux qui se hérissent et les larmes qui montent, mais admirer de mes yeux et de mes oreilles un orchestre classique fait partie de ces rares moments de bonheur pur. En coulisse, j’ai même sympathisé avec un violoniste qui a demandé à recevoir les photos par mail. Enfin je crois, il parlait dans une langue balkane barbare et m’a montré l’appareil photo puis le mail sur sa carte. Version 21ème siècle de Tarzan…

Les photos de la soirée sont dans un album à part : vous pouvez les consulter ici.

Si vous voulez vraiment écouter ce que peut donner un concert hassidique, n’écoutez pas ce qui suit (c’est mal enregistré et ce n’est pas le morceau le plus parlant). Je le diffuse ici pour la postérité only (au cas où vous écoutez quand même, c’est lent à démarrer mais ça accélère au premier tiers).


Enfin, comme tout événément dont Israel est un thème en arrière-plan, la soirée s’achève sur l’hymne national israélien, la tikva (l’espoir). Interprétée par la plus belle voix française et je le pense sincèrement, c’est pas parce que … que … : Daniel Levi.

La vidéo est là (on ne le voit presque pas, je n’avais pas payé assez cher pour être juste devant). Nos amis lecteurs les plus simplistes penseront “communautarisme”, les plus sémites objecteront “ça fait du bien dis donc”.


Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye Oye.

La paranoÔa, Áa s’apprend
Le 14/03/2006 - 01:00

C’est plus fort que moi.

Jeudi dernier, j’étais en mission chez mon client et nous étions en pleine réunion projet (”oui alors voilà-euh, cette semaine-euh, typiquement-euh, on a fait ça-euh, tout ça-euh...”) quand mon oeil s’arrête sur un poster accroché au mur d’en face.

C’était un poster de l’Unesco, paru en l’an 2000, intitulé “Alphabétisation”. Avec un très grand nombre de lettres et de symboles de toutes les langues en blanc sur fond noir.


Le poster original, disponible sur le site de l’Unesco

Dès ce moment, j’ai décroché. De la conversation, pas le poster. J’étais focalisé sur cette affiche, à chercher la petite bête. En l’occurrence, la petite bête était : quelle était la lettre hébraïque que le designer avait choisie pour illustrer la diversité du patrimoine culturel et linguistique humain.

- Et…euh… David-euh, t’en penses quoi-euh ?
- Hein ?
- De cette option-euh ?
- Option-euh ? Quelle option-euh ?

Je peinais tellement à trouver la lettre cachée que j’ai écourté la réunion pour analyser ce poster de plus près [Note à mon employeur : ceci n’est pas vrai].

C’est plus fort que moi : j’avais trouvé un super jeu pour mon blog, mais encore me fallait-il la photo de ce poster. Et l’arracher d’un seul coup n’était pas une possibilité à envisager dans l’immédiat sachant que l’employée de bureau auquel il appartenait se tenait juste derrière moi. Alors subrepticement, je l’ai fait : j’ai pris deux photos du poster, je les ai recollées et vous êtes prêts pour le jeu.

Voici un alphabet hébraïque, en couleur.

Voici le poster (il faut cliquer sur l’image pour voir le poster en très grand).

Avez-vous retrouvé quelle lettre de l’alphabet est dans le poster ? Non ? Cherchez bien. Toujours pas ?

Allez je vous aide : moi non plus je n’ai pas trouvé.

Quand on sait que le designer recherchait la plus grande diversité visuelle, j’ai du mal à admettre qu’aucune lettre hébraïque ne soit affichée sur ce poster.

Quand on sait que le mot alphabet dérive du “aleph bet” (cf. image ci-dessus), j’ai du mal à admettre qu’aucune lettre hébraïque ne soit affichée sur ce poster.

Quand on sait que la racine de la plupart de nos langues est l’hébreu, j’ai du mal à admettre qu’aucune lettre hébraïque ne soit affichée sur ce poster.

Quand on sait qu’au moins une lettre de toutes les langues de la terre est présente sur l’image, j’ai du mal à admettre qu’aucune lettre hébraïque ne soit affichée sur ce poster.

Quand on sait que l’Unesco est une organisation internationale apolitique, j’ai du mal à admettre qu’aucune lettre hébraïque ne soit affichée sur ce poster.

Quand on sait qu’il n’y aucune raison logique et valable pour “oublier” l’hébreu sur cette affiche, j’ai du mal à admettre qu’aucune lettre hébraïque ne soit affichée sur ce poster.

C’est plus fort que moi.



Pour ceux que cela concerne : joyeuses fêtes de Pourim !

Panne d’essence - la genŤse
Le 08/02/2006 - 01:54

“Entrez donc mes amis, c’est la tempête dehors ! Asseyez-vous près de l’âtre, et buvez cette tisane chaude. Le temps que ça se calme.” (Byalpel Atarte, Le vieil homme et sa mère, Grassouillet - 1998)

Quand je constate l’ampleur du raz-de-marée de bêtise et de violence qui déferle sur la planète ces derniers jours, je m’interroge. Sur plusieurs points.

D’abord, comment ne pas sombrer irrémédiablement dans l’anti-islamisme ? Voire dans l’anti-Islam (notez la différence de casse) primaire ?

Ensuite, comment interpréter la réaction quasi-unanime de la planète ? Qui revendique haut et fort la liberté d’expression dans un premier temps. Puis qui, tantôt bafouille et s’excuse auprès des musulmans, tantôt incrimine et décrie l’ensemble des religions ?

Enfin, comment replacer la religion, non au sens identitaire du terme mais dans son caractère intrisèquement culturel et cultuel, dans une époque aussi évoluée que la nôtre. Et moi-même, qui suis-je dans cette tourmente ?

Je voudrais, en remarque préliminaire, préciser deux points :

- Le sujet est vaste, bien trop vaste pour le traiter sur un article de blog et bien trop vaste pour ma petite tête. Je couperai fatalement des branches, taillerai parfois des pans entiers, omettrai certainement - volontairement ou pas - des idées ou des concepts corollaires.
- Même si l’on aborde des sujets de manière détachée, je m’implique forcément dans mes textes en général et peut-être plus dans ceux qui touchent à une partie de mon moi. Tout auteur encaisse les critiques personnelles de manière variable, soyez indulgents et/ou diplomates…

Je vais tenter de répondre à la première question rapidement. Sombrer dans l’anti-islamisme : c’est une nécessité. Je veux dire par là que cet intégrisme qui nous touche désormais directement doit être combattu. Avec des armes s’il le faut. C’est violent, mais comme au bac à sable, ce n’est pas moi qui ai commencé. Et je préfère filer un coup de pelle plutôt que me retrouver sous le sable.

Pour l’anti-Islam, je vais devoir m’étendre un peu. Mais la conclusion, pour les plus pressés, est la suivante : je serai musulman s’il faudra défendre leur foi, avec l’esprit ou avec les mains. Maintenant je m’explique, avant que ma famille lise cette dernière phrase et s’inflige la punition du perroquet qui se marre (l’ara qui rit).

Imaginez une caricature publiée en Nouvelle-Guinée représentant, pour la déconne top délire, une image de Moïse en train de sacrifier un bébé catholique (afin d’obtenir un far 100% breton). Et, juste au-dessous, une image de Moïse aux cheveux blonds ondulés, torse halé, surf waxé sur l’épaule, entouré de deux nanas callypiges, mer ouverte en deux et un super slogan fluo pour un préservatif.

C’est mon avis, bien entendu, mais j’aurais été indigné de la première. Et la seconde m’aurait fait marrer, avec un petit pincement au coeur sûrement (pour les deux nanas). La raison est simple : dans le premier cas, mon identité a été rabaissée en public puisque cette image accable spontanément tous les juifs (ou alors il faut vraiment être de mauvaise foi). Dans le second, cette publicité imaginaire cible tous les beaux gosses comme moi qui pouvaient draguer jusqu’à pas d’heure quand ils n’étaient pas mariés n’importe qui en utilisant l’individu Moïse comme support.

Pour l’autre qui n’est pas moi, cette identité juive est une “étiquette”, une catégorie, une propriété. “Tiens, Moyché tu es juif ? Marrant. Et sinon, t’as vu quoi hier à la télé ? Tu me passes le pain s’il te plait ?”.

Bien heureusement.

Sauf que. Sauf que cet étiquetage banal se transforme souvent en code-barre. A ne voir que la boîte, on en oublie le contenu. On métonymise. En raccourci, c’est le fameux “t’es marocain ? j’adore le couscous” de Gad Elmaleh.

Alors qu’il existe des racines ancestrales, profondes dans l’histoire, la culture, la souffrance et inéluctablement à l’origine, la religion, la foi.

Pour l’autre, dire que “Tiens, Moyché tu es juif. Marrant.” ne l’engage à rien. Sauf à faire gaffe à ne pas se faire fourguer des stocks jeans pas chers (la vérité).

Mais dire “Tiens, Moyché, tu es juif parce que c’est une religion ancestrale qui est au coeur de ta vie et je respecte ce choix”, c’est très différent. C’est très différent parce qu’à notre époque, cela oblige l’un ET l’autre (on cause de personnages avec une tête bien faite) à admettre que leurs “vérités” ou leurs valeurs respectives ne sont pas supérieures les unes aux autres, ni meilleures. [Evidemment, ceci est un exemple flagrant d’idéalisme tordu. Couper la main d’un voleur est loin de mes valeurs, humanistes s’entend].

Je précise “à notre époque” parce qu’il y a moins de 800 ans en Espagne, dans une ère prospère et stable, aux disputations de Barcelone où les juifs et les chrétiens discutaient “pour la beauté de la chose” ont succédé les premiers pogroms anti-juifs. La beauté de la chose avait un prix, et dans le temps visiblement, les juifs ne rigolaient pas avec les prix, déjà. Ou alors je n’ai pas tout compris.

Ignorer (ou feindre d’ignorer) que les musulmans ont des valeurs, une sensibilité, une dignité, une âme, c’est les considérer comme des codes-barres. Dessiner un Mahomet avec une bombe sur la tête, c’est les considérer comme des codes-barres. Et assimiler l’Islam au terrorisme, c’est du terrorisme.

“Mais, ce n’était qu’une petite caricature de rien du tout !” diriez-vous avec une petite voix de chatte (en fait j’ai traduit en humain sinon ça ne vous parlerait pas). La caricature de Mahomet au paradis, ah oui, c’est un régal. C’est mon Moïse-Brice-de-Nice de tout à l’heure. Mais Mahomet enturbanné d’une bombe, il est difficile de faire passer cela pour de l’humour gras. Le bébé et le far breton idem.

Alors quoi, quand on traitait votre mère de pute au collège, vous ne vous leviez pas vous prendre un pain filer un pain à l’outrecuidant ? Evidemment que si. Parce qu’au fond de vous, vous aimez votre mère. Même pute.

Les musulmans aiment leur religion, leur foi, comme on aime sa mère. Même avec ses défauts (*). Railler leur mère, c’est railler le fond d’eux-mêmes.

Alors quoi me direz-vous et vous aurez raison, on n’aurait pas le droit de discuter de certains sujets, de se moquer ou de critiquer l’essence des religions ?

Ce sera dans la suite de cet article, dans un prochain épisode, pour laisser place à de la détente parce que la polémique, ça va deux minutes.



(*) : Puis, quand vous avez grandi, le proviseur vous a expliqué le stratagème :
- Est-ce que votre mère est une pute ?
- Oui manque de bol Ben.. non !
- Alors pourquoi tu te sens vexé ?
- Ben ce n’est pas gentil, m’sieur !
- Ce n’est pas gentil, mais ce n’est pas vrai. Tu n’as qu’à répondre une remarque intelligente plutôt que te battre. Et être plus sûr de toi.

Et ça fonctionnait. Sauf pour les islamistes qui visiblement n’ont pas été à l’école OU dont la mère est vraiment une pute. C’est peut-être la raison psychanalytique pour laquelle ils s’en vont chercher une consolation chez 70 vierges au paradis.

Berlin mon amour
Le 27/12/2005 - 14:37

Ca en fait des cat√©gories pour un seul article…

Ce vendredi, nous partonsà Berlin pour un long week-end en amoureux et en couples. Je ne raffole pas de f√™ter les jours de l’an, autant le faireà l’√©tranger, pour d√©couvrir les us et coutumes locaux.

Berlin, ce n’est pas tr√®s loin. Berlin, ce n’est pas trop cher. Berlin, c’est tr√®s joli. Et Berlin, c’est notre premier compagnon europ√©en.

Jusqu’ici, on peut parfaitement comprendre les cat√©gories “Voyages” et “Trucs perso”.

La suite est plus sombre.

Plus sombre, comme l’√©poque de la guerre. La seconde guerre mondiale. La guerre qui a fait que les choses ne seront plus pareilles d√©sormais.

C’est sur ce point particulier que je veux r√©fl√©chir (et sur lequel je vous invite, √©ventuellement,à prendre position).

Pr√©ambule : je suppose que vous connaissez la diff√©rence entre un juif s√©pharade principalement issu du Maghreb, tonitruant, exub√©rant - c’est, pouss√©à l’extr√™me, le “Coco” de Gad Elmaleh - et un juif achk√©naze principalement issu des pays de l’Est, grand intellectuel, artiste ou strat√®ge militaire. Certes, mais avec un balai là o√Ļ je pense.

Fin du préambule.

Dans toutes les familles achk√©nazes ou presque, l’√©vocation de la Pologne, de l’Autriche et surtout, surtout de l’Allemagne, provoque chez eux une r√©action √©pidermique, psoriasistique, ex√©matesque. Sauf peut-√™tre pour Goldmann, dans “N√© en 17à Leindenstat“…

Dans les familles s√©pharades, difficile de fournir des statistiques mais j’ai souvent entendu les m√™mes remarques : “l’Allemagne, avec ce qu’ils nous ont fait ?!”.

Pendant tr√®s longtemps donc, pour beaucoup de juifs de diverses origines, les allemands √©taient assimil√©s aux nazis. Et pour ma part, j’ai √©t√© nourri par cette √©quationà la logique floue pendant longtemps.

Je dois avouer qu’il est difficile de briser un tel ressentiment envers ce pays, m√™me apr√®s soixante ans. M√™me si je sais et je r√©p√®teà tous ceux qui veulent l’entendre (ou pas) que ce ne sont plus du tout les m√™mes g√©n√©rations, les m√™mes contextes, les m√™mes √©tats d’esprit qu’à cette triste √©poque. Qu’il faut d√©sormais avancer, et casser ce carcan qui nous enferme dans le rejet de l’autre, et l’autre ici, c’est l’Allemand.

M√™me si je sais tout cela, que ce discours est pour moi limpide, il reste des grumeaux dans ma t√™te. Loin de toute raison, de tout raisonnement. Qui me fait amalgamer la croix de la m√™me consonance avec l’Etat que dirige Mme Angela Merkel. Qui grossit comme un t√©lescope les groupuscules nazis qui d√©filent dans certaines bourgades germaniques. Et qui travestit un simple citoyen en un soldat ennemi.

- M√©m√©, je vaisà Berlin pour la fin de l’ann√©e.
- En Allemagne ? Mais qu’est-ce que tu vas faire en Allemagne ? C’est honteux !
- Allons M√©m√©, il n’y a plus de nazis en Allemagne de nos jours. Les m√©chants c’√©tait avant, mais maintenant, il faut aller de l’avant !
- C’est honteux ! Apr√®s ce qu’ils nous ont fait !
- (Soupir) Oui, mais ce sont les anciens Allemands. Les nouveaux ils n’y sont pour rien !
- Quand même ! On ne va pas en Allemagne !

Vous voyez le genre. Une g√©n√©ration pour qui le pr√©nom Adolphe est aussi atypique qu’Attila, Gengis ou Ahmadinejad.

Encore aujourd’hui, l’Allemagne r√©veille une douleur sourde, età mon avis plus forte que nos tensions perp√©tuelles avec le monde arabo-musulman. Parce que si le “conflit” avec le monde arabe est passionnel, “chaud”, celui avec l’Allemagne a des relents de logique “froide”, calcul√©e, implacable.

A c√īt√© de cela, j’ai d√©couvert chez mon copain Seb le mus√©e de la Shoah,à Berlin-m√™me. Sa description m’a donn√© (la chair de poule et) l’envie de le visiter.

Alors ? Berlin ou pas Berlin ?

Pour m’√īter de la t√™te une fois pour toutes ces tensions, c’√©tait d√©cid√©. Ce sera Berlin. Et cela d√©passera de loin la simple d√©couverte culturelle ou la f√™te de fin d’ann√©e.

Est-ce que l’un de vous, ami(s) lecteur(s), ressent cela, m√™me si c’est dans un contexte tr√®s diff√©rent ?
Et, vu de l’ext√©rieur, comment interpr√©ter (en bien ou en mal) la r√©action de ma grand-m√®re ? La mienne ? Celle de ma communaut√© ?

L’amour est enfant de l’OM
Le 19/12/2005 - 17:05

Hmm hmm. Il y a quelques temps, lors d’un jour particulier (appuyer ici), je déclarais ouvertement que je n’avais absolument rien à dire sur un calembour maison, intitulé “l’amour est enfant de l’OM”.

Je déclarais ouvertement, devant témoins - vous, ami(e)s lecteur(e)s, qu’en dépit de ma fierté à avoir été le premier à planter mon drapeau sur ce jeu de mot opéra-apéro-footballistique, je ne voyais pas ce que je pouvais décliner sous un titre aussi invraisemblable.

Sous la menace légère, j’ai décidé de me creuser les méninges. Après une longue période en incubation dans les toilettes bleutées, les éléments se sont mis en place progressivement. Progressivement est ici déplacé puisque j’avais assez mal au ventre, nous dirons dans ce cas “en un éclair”.

J’avais deux options. Poursuivre mon surf sur la blague, ou sortir un peu mes tripes (aux toilettes, bien joué). Je vous laisse décider.

L’amour est enfant de l’OM, the laughing machine is ON

- Et but ! Incroyable, Jean-Michel, ce que vient de réaliser l’avant-droit guinéen face à cette équipe de Lens !
- Tout à fait, Thierry. Cette équipe de division 3 d’Evreux-les-bains est en pleine forme ce soir sur son terrain. Et la fière équipe de Lens ne sait pas comment s’en remettre…
- Je vous l’accorde Jean-Michel, on a rarement vu dans les annales une telle surprise : Evreux-les-bains mène par un à zéro à la quatre-vingt douzième minute, autant dire que la messe est dite.
- Ah ça, vous l’avez dit. Ah, voilà l’arbitre siffle la fin du match ! Evreux-les-bains remporte ce match difficile contre une équipe de division 1. C’est la Ola dans tout le stade, les gens dansent. Bravo ! Et à vous Paris.

- Et but ! Incroyable, Jean-Michel, ce que vient de réaliser l’avant-droit guinéen face à cette équipe de Troyes !
- Tout à fait, Thierry. Cette équipe de division 3 d’Evreux-les-bains est en pleine forme ce soir sur son terrain. Et la fière équipe de Troyes ne sait pas comment s’en remettre…
- Je vous l’accorde Jean-Michel, on a rarement vu dans les annales une telle surprise : Evreux-les-bains mène par un à zéro à la quatre-vingt onzième minute, autant dire que les carottes sont cuites.
- Ah ça, vous l’avez dit. Ah, voilà l’arbitre siffle la fin du match ! Evreux-les-bains remporte ce match difficile contre une équipe de division 1. C’est la Ola dans tout le stade, les gens dansent. Bravo ! Et à vous Paris.

Moralité (mais j’ai honte) : Evreux-les-bains bat Lens, Troyes sur des rythmes de Ola.

Les vieux/incultes écouteront ceci :


L’amour est enfant de l’OM, la vidange

Dans un tout autre registre.

Il y a environ deux ans, j’ai eu une discussion lors d’un repas entre amis (de confession et d’origines diverses, précision utile) sur l’extrémisme de certains “chefs” dans leur boulot. Extrémisme puisqu’ils ne choisissent jamais la voie de la modération, de la raison et du dialogue.

De fil en aiguille, la discussion a dérivé sur les extrémismes en général. Et forcément, ce qui devait arriver arriva :

- Et toi David, que penses-tu de l’extrémisme juif ?

Ah merde, le sujet qui fâche. Je feins.

- Oh tu sais moi, la religion à l’extrême, je trouve ça un peu has been. Sinon il était bon le couscous hein ? Ma mère fait le même et…

Gifle de la droite :

- Non, non. On ne parle pas d’orthodoxie, on parle d’extrémisme juif. Alors ?
- Ben… C’est-à-dire, extrémisme juif ?

Gifle de la gauche :

- Ben, tu sais, il y a des extrémistes dans tous les camps : les arabes qui agressent les juifs, les juifs qui agressent les arabes, etc. Alors toi tu penses quoi de l’extrémisme des deux bords ?

Jésus avait tendu l’autre joue, mais je doute qu’en le poussant trop fort, il se serait incliné pour ramasser un savon imaginaire. Alors je dis :

- Je condamne avec la plus ferme intensité toute forme d’extrémisme.

Je déconne. Si vous cherchiez le lien avec le titre, lisez ce qui suit. J’ai répondu :

Voyez-vous, le fait de matérialiser deux “camps” comme vous dites érige une barrière virtuelle de facto. Pourquoi toujours manichéer ? Pourquoi obsessionnellement vouloir opposer ces deux communautés en particulier, et les gens en général ?1

Mais je vais quand même répondre à cette étroite question. Lorsqu’on me parle “d’extrémistes des deux bords”, je tique.

Cette expression donne l’impression que deux équipes, équilibrées, vont s’affronter sur un terrain. Prenons le PSG et l’OM par exemple, histoire d’illustrer une relation passionnelle.

11 joueurs de chaque côté, certains prêts à filer des coups bas, pour remporter la lutte qui mène au paradis ultime : la coupe de l’UEFA (ou autre, j’y connais rien).

Et tout autour, un stade enflammé, avec des couillons de supporters de chaque côté des barrières, matérielles cette fois. Qui se font des bras d’honneur, qui vocifèrent à coup de “Marseillais, on va niquer ta mère (allez, en choeur !!) sur la caneucaneucaneucaneubière-euh” ou “Paris, Paris, on t’enc.. !!” etc. Et si les barrières (toutes) tombent, c’est la chienlit pour ne pas dire la merde.

Ca, oui, des extrémistes des deux bords, je vois bien.

Mais quand les équipes qui s’affrontent, ce sont “l’équipe du PSG” contre “les supporters de l’OM” (ou l’inverse, mais en proportion c’est à peu près ça), forcément je tique.

Je tique parce que même si 100% de l’équipe était “extrémiste” comme ils disent, ils ne tiendraient pas longtemps contre les 1% des 40 000 supporters. Même avec les remplaçants.

Et puis désolé du peu, mais les flics qui protègent les locaux de l’équipe, les caméras et la sécurité maximale aux ambassades et aux bâtiments de l’équipe, les incontournables fouilles et les invariables questions lors des soirées privées de l’équipe, c’est fait pour quoi ? Pour la publicité de Benetton ?

Attention, je ne dis pas là qu’il n’existe pas dans cette équipe de gros balourds finis à l’urine qui hurlent avec d’autres cons de loups affamés de violence et de bêtise. Sûrement pas.

Mais pitié, évitons les facilités médiatiques du “les extrémistes des deux bords”. Surtout que les bords ne sont pas toujours ceux qu’on croit, il existe bien d’autres dangers pour une petite équipe : un mauvais entraîneur, l’appât du gain, une erreur flagrante d’arbitrage ou pire être rétrogradé en division 2 : être rayé de la carte.

Je n’ai pas dit tout ça à mes amis, alors qu’on payait l’addition.

Déjà je ne l’aurais pas dit avec ces mots.

Et puis, j’ai seulement répondu : “Ben ce sont vraiment des cons” ou une phrase bateau du même genre. Ni par lâcheté ni par manque de temps. C’est juste que ce que j’écris ici est dérangeant2, que notre sens inné de l’amour pour la symétrie (mon prof de maths disait toujours : les choses sont belles lorsqu’elles sont symétriques) s’obstine à nous faire refuser certains éléments dissymétriques pourtant avérés, réels, tangibles.

Et enfin, parce que j’avais peur d’être classé en tant qu’extrémiste moi aussi. Parce que je pourfendais le brouillard des idées avec les miennes, parce que je remuais la vase au fond de l’étang.

Alors que moi, ce que je défends, c’est l’éducation. Le jour où l’on éduquera les enfants à respecter (tolérer c’est un mot pour les saltimbanques et les politiciens) les autres enfants qu’ils soient blancs, noirs, zizi coupé ou non, blondes ou brunes, hétéros ou homos, jolis ou moches, alors on parlera d’amour entre les peuples. Même entre des petites équipes et des cars de supporters.

Même si le paragraphe précédent est totalement illusoire voire démagogique (et vice-versa), je persiste : l’amour du prochain passe purement et simplement par l’éducation.

Ami lecteur, il ne fallait donc pas lire “l’amour est enfant de l’ohème” mais “l’amour est enfant de l’homme”. Tout simplement.



1 : anecdote à ce sujet. Un jour, en mission et dans le TGV du retour, je discutais avec mon client d’un autre consultant chez OCTO qui bossait sur le même type de problématique que lui. Je lui dis aussi que c’est un consultant certes, mais que c’est aussi mon pote, qu’on a l’habitude de bien se marrer ensemble. Et qu’il s’appelle Nabil. Alors, avec le clin d’oeil et le rire gras de Roger, il me dit : “ah ouais, vous vous traitez de sale juif et sale arabe pour déconner ?”. Moi, je blêmis. Du coup, lui aussi. Et je réponds : “pourquoi, on peut déconner avec ça ?”. La fin du trajet s’est faite en silence…

2 : c’est pas avec ce genre d’article que l’on défrise le lectorat de masse, c’est clair. Mais après tout, j’écris ce que je veux avec mes cheveux. Je n’irai pas jusqu’au totalitaire “if you don’t like it, you don’t read it” mais plutôt “si vous n’aimez pas, alors dites pourquoi“.