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Rupture de protocole
Le 02/12/2005 - 00:13

Ce soir, j’ai été voir le film Le protocole de la rumeur. J’ai même payé pour le voir, puisqu’il ne passe que dans quelques cinémas UGC (j’ai une carte Gaumont). Je ne m’attendais pas à voir grand monde, j’ai été servi : nous n’étions qu’une dizaine dans la salle.

Amis lecteurs, si vous avez le coeur léger, cliquez sur l’icône de fermeture de votre navigateur.

Ce qui me plaît dans l’écriture de ce blog, c’est le fait de me libérer complètement. Je dis ce que je veux, j’évite le consensuel, je suis le maître du monde. En un mot comme en cent, je me plais à écrire sur ce blog parce que j’ai confiance. J’ai confiance en moi.

La première couche de confiance, je la tartine sur mon costume de clown. Ceux qui me connaissent personnellement voient habituellement cette double peau, superficielle par essence, et c’est celle que j’aime donner à mes interlocuteurs en général, mes collègues, mes clients, vous amis lecteurs… Alors je blague, je calemboure, j’originalise.

Parce qu’en général, je connais cette “force” en moi et que beaucoup autour de moi la reconnaissent (en témoignent les mails d’encouragement pour mon retour chez OCTO, qui font état de ma “bonne humeur naturelle”), mon costume de SuperClown me protège de beaucoup d’agressions extérieures.

Mais voyez-vous, sur ce blog, je n’ai pas travesti mon nom, le nom de ma boîte, mes origines, mon fond. Parce que j’existe aussi sans être drôle. Sans être positif. Sans être humaniste. J’ai aussi des rages, des peurs, des douleurs. Et parce qu’elles existent en moi, qu’elles font partie de moi, elles ne peuvent pas être dissociées de moi. Alors ce blog reflète aussi ce moi intérieur avec ses complexes, ses doutes et ses craintes.

Si, comme certains, j’arrive à extérioriser -parfois- cette âme finalement fragile, c’est que j’ai rogné la membrane protectrice entre mon moi extérieur, le rigolo, la “grande gueule” comme disait John Wayne et mon moi intérieur avec un papier abrasif. J’existe, et je suis le même dedans et dehors.

Le maître mot est, encore une fois, confiance. J’ai développé et acquis une relative confiance en ce moi intérieur, qui me permet de laisser traverser tout simplement mes émotions et mes sentiments à l’oral ou à l’écrit sans craindre l’impudeur ou de “dévoiler” une partie de moi : je le répète, je suis le même dedans et dehors.

Mais ce soir, j’ai perdu la confiance. Perdu la confiance dans le monde, perdu la confiance dans l’humanisme et la fraternité, perdu la confiance en toi, l’autre qui n’est pas moi, et perdu la confiance en moi.

Ce soir, j’ai été voir le film Le protocole de la rumeur.

Ce n’est pas que je conseille d’aller le voir; au contraire, j’aurais tendance à le déconseiller, je n’ai pas trop aimé la structure et certains thèmes abordés.

Ce n’est pas que le thème ou le contenu du film (”les protocoles de Sion”) me surprennent; l’antisémitisme primaire fait partie de la vie de mes ancêtres, de mes grands-parents, de mes parents, de ma vie personnelle. J’ai appris à vivre avec, à m’éduquer pour lutter contre la paranoïa et le communautarisme sécuritaire, à fuir les bagarres.

Ce n’est pas que les dix personnes dans la salle étaient probablement juives; que ce sujet ne parle qu’aux juifs (en France du moins) ne me choque pas. Après tout, je doute que j’irais voir un documentaire au cinéma sur le racisme anti-noirs, anti-jaunes, anti-arabes ou anti-yeah (oups).

C’est que cette rumeur sourde, cette méchanceté primaire, aveugle, cette croyance stupide qui se perpétue ne visent pas le peuple, la nation mais les individus, tous, un par un. Et dans ces “un par un”, il y a moi. Moi, tout nu, sans mon costume de SuperClown, sans ma membrane protectrice, sans mon âme, sans rien. Un bout de viande suspendu a un crochet aurait plus de vivacité, de sentiments, de confiance en lui que moi ce soir.

C’est terriblement douloureux comme sensation, cette dénégation totale de soi par des gens que l’on ne connaît même pas. Et je ne sais pas comment expliquer à moi-même, et encore moins à des lecteurs, cette haine viscérale à mon égard. Qu’est-ce que j’ai encore fait ? Qu’est-ce que ma femme, mes parents, ma soeur, mes grands-parents, mes petites nièces ont fait ?

Je ne saurais pas exprimer ce que je ressens mieux que des philosophes, des écrivains ou même simplement des chanteurs ou des poètes. Je ne sais même pas si des personnes qui ne font pas partie d’une minorité constamment oppressée peuvent ressentir ma tristesse, ma douleur, mon vide. Je ne sais même pas si je pourrais partager cet anéantissement avec ma femme, mon meilleur ami, mon chien. Je ne cherche même pas à ce qu’on me comprenne, qu’on compatisse ou pire qu’on puisse se dire “ils nous emmerdent à se plaindre tout le temps”. Je ne cherche rien.

Ce soir, je me suis servi de mon blog comme pure thérapie. Une thérapie de groupe, dans laquelle je me suis mis à nu sans l’avoir choisi. Comme certains des miens ont eu à le faire physiquement il y a 60 ans.

Demain est un autre jour, ma combinaison de SuperRigolo sur mon âme, je continuerai à vivre. Et à exister.

Uniquement pour suivre le protocole.

Scoop biblique !
Le 30/11/2005 - 15:29

La joie de l’herméneutique borderline.

Abraham, le patriarche, était immortel, comme Duncan McLeod, le Highlander !

Lors de la sacrifice-party, il voulut couper la tête de son fils Isaac, immortel comme lui, pour lui piquer sa puissance. Mais le petit résista, l’épée fut déviée et au lieu de la tête, c’est un petit bout du zizi qui gicla.

Ils firent ensuite la paix en décidant qu’ils ne s’agresseraient plus jamais et pour se reconnaître, de génération en génération, ils décidèrent de perpétuer la tradition de se couper le petit bout du zizi1. Ni vu ni connu des autres highlanders…

Abraham fut donc le père du monothéïsme en inventant le slogan : “il ne peut en rester qu’un !” (en araméen : “there can be only one !”).



1 : il semblerait qu’on ait oublié cette alliance (alliance en hébreu se dit Berith, comme Berith-Mila, traduit par circoncision) puisque les highlanders des hautes terres d’Ecosse d’Al-Qods ne sont pas prêts de partager cette puissance, visez plutôt (apparemment Explorer est obligatoire pour lire ce fichier).

La foi n’est pas coutume
Le 08/11/2005 - 11:45

L’écart se creuse entre les orthodoxes [voire les intégristes] et les tradionnalistes [voire les libéraux] en ce début de siècle + 5.

Certains refusent le progrès alors qu’il ne vaut que s’il est partagé par tous, d’autres imposent des règles qui pour le coup ne le sont pas…

Par exemple, pour éviter de recevoir des publicités intempestives “non cachères” par SMS, certaines communautés religieuses en Israel ont demandé à leurs fidèles de renoncer à l’utilisation du téléphone portable, ou de s’abonner à un opérateur dont les clients font exclusivement partie de la communauté.

Autant cette pratique peut sembler archaïque mais localisée (elle n’impacte que ceux qui adhèrent à cette idée), autant les publicités dans les arrêts de bus ou à la télévision montrant des femmes presque nues (superbes en plus. Moi j’ai pas regardé mais on m’a dit) sont “modernes”, “libérées” mais imposées à l’ensemble de la population.

Personnellement, et c’est mon avis, et c’est mon blog donc je dis ce que je veux, à moins d’une illumination soudaine (électrocution dans un bloc EDF par exemple. Quel mauvais goût !), je ne pencherai jamais vers la vie austère des communautés orthodoxes. Surtout que je viens de recevoir mon iPod :)

Mais je ne peux me résoudre à laisser vivre mes enfants dans un monde où certaines valeurs (la pudeur notamment, à ne pas confondre avec la pudibonderie) sont abandonnées. Bien sûr mes enfants vont grandir, bien sûr ils regarderont les affiches comme leur père, mais laissons leur le temps de découvrir ces sujets à une époque de leur vie plus propice…

Que faire ? Brûler les arrêts de bus (c’est la mode il paraît) ? Tirer à balles réelles sur les colleurs d’affiche ?

On vit en permanence dans le monde du compromis. A nous de choisir nos limites et de nous y tenir. Ca c’est de la grande philosophie de banlieue.

Côté judaïsme, c’est encore plus flagrant en France. Je ne travaille pas le samedi, je mange cacher, cela pose parfois des difficultés “d’intégration” (surtout lorsqu’on bosse dans les EAI, super geek joke) ou d’éventuelles tentatives de carrière prestigieuse, mais c’est le compromis que je fais pour assumer ma vie de juif français (ou de français juif). Et je n’ai pas parlé de difficultés liées aux agressions (regards, crachats, injures, coups) ou à la peur ressentie par certains de mes correligionnaires…

Lorsque j’habiterai en Israel, le problème sera vraisemblablement dans un autre registre de compromis, évidemment. Il paraît que l’ADSL coûte très cher là-bas.

Une blague vaut mieux qu’un long discours, je vous en fais profiter parce qu’on est mardi :

C’est Moïshé, il est emmerdé cette année, il veut faire kippour et regarder le match qualificatif.
Alors il va voir le rabbin et lui expose son problème.
Le rabbin lui dit : “vous savez, vous vivez au 21ème siècle, les magnétoscopes existent”.
Moïshé est tout content et lui répond “ok, merci, je vais enregistrer la prière”.

AprŤs l’Iran, Auchan
Le 31/10/2005 - 12:05

Selon votre sensibilité (humaniste ou intégriste), lisez la phrase 1 ou la phrase 2 :
1) Pas d’inquiétude, Auchan ne va pas s’équiper d’armes nucléaires.
2) Pas de bol, Auchan ne diffusera pas d’armes nucléaires dans ses supermarchés

Quoi qu’il en soit, après l’exceptionnelle franchise du président iranien sur les ambitions de son pays (et du groupuscule terroriste hezbollah) vis à vis d’Israel, cette photo est maintenant d’actualité.

Elle a été prise il y a environ 2 mois par votre serviteur, dans le magasin Auchan de la Défense, au rayon “produits du monde”, au rez-de-chaussée. Si vous ne me croyez pas, vous n’avez qu’à aller faire un tour.

Premier point, la superficie. Officiellement, Israel contient 26 000 km2 de terre, dont 5 000 km2 pour Gaza et la Cisjordanie. Les israéliens s’étant officiellement retiré de Gaza, la superficie totale devrait être modifiée de peu (380 km2).

Second point, le plus frappant : dans ce rayon, toutes les capitales du monde sont fournies pour tous les pays cités : Vietnam, Mexique, Tunisie etc. Pour Israel, les gars du marketing ont tout simplement éludé. Je ne pense pas qu’il s’agisse ici de propagande passive (les juifs ne sont pas tous paranoïaques) mais tout simplement de clientélisme (un mot économique et savant pour “lâcheté”).

Auchan ne nous1 raye pas de la carte mais presque.



1 Rappel : même le plus basique des juifs (ie, sans options ni accessoires) est rattaché viscéralement à Israel. Il ne s’agit pas ici d’un nous de majesté.

Chofar, so good
Le 21/10/2005 - 18:39

Une vidéo très drôle en ces temps de fête.

Elle est ici.

J’ai serrť la main de Gilbert !
Le 06/10/2005 - 15:05

Y’a pas à dire, les fêtes juives de la rentrée scolaire (septembre généralement, parfois octobre comme cette année) sont éprouvantes. Surtout lorsqu’on passe ces fêtes ailleurs que dans son fief (mon fief à moi, c’était Pierrefitte chez mes parents).

C’est dans ce mois de fêtes que l’on apprend d’abord que l’estomac est étonnamment extensible. Et que, selon le rite sépharade, il est capable d’ingurgiter en une seule prise et sans broncher : du miel, du poisson froid, de l’agneau, des épinards, des jujubes, de la grenade, des poireaux, de la courge, des dattes, du pain sucré, de la pomme… Les plus scatologiques d’entre vous noteront qu’à la sortie, c’est également varié dans les teintes.

Parce que j’ai passé ces fêtes chez ma belle-famille, j’ai découvert les joies de la marche urbaine (28 km en deux jours et en costume-cravate) et des rites liturgiques constantinois (moi qui m’étais habitué aux airs égyptiens). Sont-ils plus beaux ou moins beaux ? Je n’en sais rien. La comparaison de ces rites évoque pour moi cette idée : si on me présentait maintenant un couple âgé, en me disant : “voilà tes nouveaux parents”, pourrais-je dire “ils sont mieux” (sauf si j’avais Bonnie & Clyde ou Le Bar & Paris comme géniteurs) ? Non, je suis juste habitué à mes airs, mes habitudes, mes parents. Ils plaisent sûrement aux habitués, mais pour le moment, je n’y suis pas plus sensible.

En parlant de rites, je vous renvoie ami lecteur à cet article passionnant de Claude Riveline, professeur à l’école des Mines de Paris, intitulé “pour une laïcité de paix” dans le journal Information Juive de septembre 2005. Où l’auteur “rend hommage aux bienfaits de la laïcité issue de la Révolution française mais plaide aussi pour que les diverses identités françaises expriment et vivent pleinement leur singularité, au lieu de se fondre dans un fade universalisme, et s’enrichissent de cette diversité au lieu de se combattre“.

Enfin, et le plus éprouvant pour moi : j’ai serré la main du grand Gilbert, à la synagogue. Mais pas n’importe quel Gilbert !
- Gilbert Sitbon, le vendeur de costumes ? Non.
- Gilbert Benichou, le soldeur de tissu qu’a niqué tout le Sentier ? Non plus.
- Alors Gilbert Abitbol, le radiologue ! Non. Bien plus connu.
- Gilbert Melki ? On avance mais c’est pas ça.
- Gilbert Bécaud ? A la synagogue ?
- Alors ne me dis pas que… ? Si !

Gilbert Montagné !

Et ouais, j’ai serré la main de Gilbert Montagné à la synagogue. Présenté officiellement. Et il m’a dit “enchanté !” (paraît qu’il a rajouté : “mais t’as pas un peu grossi toi ?”).

Je sens que la nouvelle année va se “vivre en couleurs”.

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : Money´s Too Tight (to Mention) - Simply Red - A Starry Night (5:43)]
Chana Tova !
Le 03/10/2005 - 11:23

Ce soir commence le jour de l’an juif, Roch Hachana (”la tête de l’année“).

Traditionnellement, je voudrais souhaiter à tous ceux qui lisent, de toutes les couleurs et de toutes les religions une année douce comme le miel, remplie de joie, santé, amour, paix, prospérité et Loto.

Traditionnellement encore, je voudrais m’excuser publiquement (il n’y a pas plus public qu’ici :) ) envers tous ceux que j’aurais pu vexer, blesser ou insulter, volontairement ou non et j’espère vivement qu’ils me pardonneront ces excès envers eux.

Enfin, demain ou après-demain commencera le Ramadan chez les Musulmans. Je leur souhaite un Ramadan moubarak et également… beaucoup de courage.

Chana tova (”bonne année“) à tous !

Chana Tova !

Reprise des émissions jeudi matin.

Resourcing
Le 04/09/2005 - 15:03

J’ai passé mes dernières vacances en Israel, où j’ai eu l’occasion de retrouver famille, amis, paysages et hamburgers cacher.
Inutile de préciser que ces trois semaines ont été l’occasion pour moi de me ressourcer, tant sur le plan amical (hello les copains israéliens !) que gastronomique, spirituel et festif.

Beaucoup m’ont demandé, lors de mon retour, ce que je pensais et comment j’avais vécu le retrait de Gaza par les israéliens. Pourquoi moi ?
Peut-être en utilisant l’équation simplifiée juif=israélien (mais que je comprends finalement, alors que le contraire est difficilement concevable. Comme disait Herbert Pagani, “l’an prochain à Jérusalem“, tous l’ont au moins récité une fois par an, le soir de Pâques, même M. Kissinger).

Disons les choses telles qu’elles sont : la France est totalement mal informée des problématiques israéliennes sur ce retrait. Je ne parle pas de désinformation ni de parti-pris. Non, juste qu’en ayant regardé LCI (je n’ai pas encore le niveau pour comprendre totalement les informations en hébreu), et pour avoir été présent sur place, pour avoir discuté avec un grand nombre d’autochtones de milieux variés (gauche, droite, religieux, non-religieux, étudiants, pères de famille, soldats, retraités, immigrés, sabras1 etc.), j’ai eu l’impression de me retrouver devant un match de foot à la télé.

Imaginez que je suis un passionné de foot, militant du PSG par exemple. Je regarderais alors tous les matchs de mon équipe, la supportant dans ses hauts et dans ses bas (peut-être dans ce cas l’exemple du PSG est mal choisi). Lorsque je les verrais évoluer sur le terrain, je me mettrais à leur place, en criant lorsque la balle arrive près des buts adverses, en suffoquant lorsqu’elle est trop proche des nôtres.
Et j’aurais surtout tendance à jouer l’entraîneur depuis mon fauteuil, vociférant contre untel parce qu’il fait des passes trop courtes, contre un autre parce qu’il est trop personnel. Ou congratulant celui-là parce qu’il a fait un centre efficace.

Tout ça depuis mon fauteuil.

J’avais la même impression sur place. J’étais arrivé en Israel, petit juif français, avec tout un flot d’idées sur la paix, les concessions, les solutions, les implications; un flot d’idées de fauteuil.
Pendant que sur la pelouse israélienne, un vrai match, avec de vrais joueurs se tenait. Et d’un fauteuil, tout paraît toujours plus simple…

En ayant écouté les nombreux avis et positions (rappelez-vous, 2 israéliens, 3 avis), impossible de m’en tenir à mes équations du premier degré du genre : territoires contre paix = solution fiable.

Pancarte sur une façade d’immeubles

En France, on a fait croire que seuls les religieux, les ultra-orthodoxes étaient contre le retrait de Gaza. Bien qu’un très grand nombre de ces militants était effectivement religieux (à ce stade des débats, je crois que ne considérer que le côté biblique des choses est dangereux), beaucoup se sont battus pour des motifs plus larges comme la sécurité du pays ou la relocalisation des familles évacuées.

En effet, ce que l’on ne dit pas à la télévision française, c’est que si les mouvements radicaux palestiniens (djihad, hamas, fatah) bombardaient au moins une fois par jour les colonies, autrement dit des territoires disputés, ils bombardaient aussi des territoires à proprement parler israéliens (Sdérot, le sud d’Ashkélon etc.). Qu’est-ce qui les empêchera ensuite, de bombarder encore plus haut, dans des villes comme Ashkélon, Ashdod etc ? De même, jusqu’où pourront-ils revendiquer, à ce petit jeu ?

Autre point : il a fallu 5 ans pour délocaliser un zoo à Ramat-Gan (banlieue de Tel Aviv) de peur que les bêtes souffrent du transfert. Il a fallu 4 mois pour les habitants du Goush Katif. La plupart vivent à présent dans des hôtels, des mobile-home ou des tentes. Certains ont dû avancer de l’argent de leur poche pour un garde-meuble. Et ne croyez pas qu’il s’agisse uniquement des familles récalcitrantes, la plupart ont été logées à la même enseigne.

Et pourtant… Si l’on en croit les derniers sondages, 61% des israéliens approuvent la politique du premier ministre Ariel Sharon. Beaucoup considèrent que, même si l’équation est à plus qu’un degré (Fermat, tu étais un risible), une solution approximative vaut mieux qu’une errance éternelle. Ce que je cautionne aussi naturellement. Que les israéliens ont une dette morale vis à vis des palestiniens, même s’ils ne sont pas surs de la suite des événements. Et enfin, qu’assurer la protection de 8000 juifs au sein d’un million et demi d’arabes était hors de prix.

Ces discussions, qui peuvent paraître sans fin, ne sont pas sans atteindre le moral et les liens fraternels supposés des juifs israéliens. Des soldats qui pleurent (je raconterai une anecdote personnelle à ce sujet à ceux qui veulent l’entendre), des humains qui haïssent, des enfants qui manifestent bref, une tension intérieure lourde. Lourde à porter surtout pour un pays isolé et seul, avec d’autres problématiques tout aussi peu réjouissantes.

Deux dernières informations qu’on oublie souvent, histoire de relativiser ce qu’on voit et ce qu’on entend :

  • La taille totale d’Israel (Gaza et Cisjordanie incluse) est égale à 26 000 km2 (celle de la France est de 550 000 km2), soit la superficie de l’Auvergne
  • Vu de France (surtout de la fenêtre tordue de ce salopard d’Edgar Morin), les israeliens humilient les arabes et les palestiniens. Il y a 2 députés arabes israéliens à la Knesset (l’assemblée nationale israélienne). Combien y en a-t-il en France ? En Israel, les arabes israeliens travaillent dans tous les hôtels, se baignent sur les mêmes plages que les juifs israéliens orthodoxes et sont aussi présents à la télévision et dans l’équipe de football nationale qu’une mauvaise discrimination positive en France.


1 : un sabra désigne un israélien né en Israel. Sabra désigne la figue de barbarie, censée représenter la dureté extérieure et la douceur intérieure.

Quelques photos ci-dessous.

1) photo prise en plein désert ! Véridique !
2) et 3)à la mer morte
4), 5) et 6) l’√©quipe du Maccabi Tel-Aviv vainqueur en 78 et nouvelle g√©n√©ration
7) au Mur des Lamentations
8) et 9) au mariage de Tonino
10) dans le Nord : un chalet avec Jacuzzi dans le salon !
11) D’o√Ļ l’expression Capharna√ľm (v√©ridique)
12), 13) et 14) dans le Golan, dans les sources du Jourdain
15 et 16)à la plage de Natanya (30 km de Tel-Aviv)
17) vue de la maison de mes parents
18) -100m sous le niveau de la mer (la Mer Morte està -450à peu pr√®s)
19), 20) et 21) dans les grottes de farine, près de Sodome et Gomorrhe
22) l’endroit le plus bas du monde, bigre !
23) et 24) “on flotte tous en bas” (avis aux connaisseurs ;-) )

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Des news de l’ACIP
Le 12/07/2005 - 19:31

Si vous avez manqu√© le d√©but…

J’ai contact√© le Consistoire de Paris pour les aiderà refactorer la diffusion de la liste des produits cacher, actuellement en PDF, vers une technologie plus ouverte aux mobiles notamment.
Le DSI m’a demand√© de l’aiderà b√Ętir la nouvelle architecture du SI, conjointementà la refonte du site Internet (et l’acc√®sà la liste en mode WAP), ce que j’ai accept√© de faire, b√©n√©volement,à mon temps pas si perdu que √ßa. Pour participer b√©n√©volementà des actions communautaires et aussi pour entretenir la forme.

Dans un premier temps, sans parler d’urbanisme proprement dit, il a fallu revoir les entit√©s et les objets “m√©tier” manipul√©s. A cette √©chelle, √ßa se r√©sume directement au MCD de la base de donn√©es, centralis√©e.

Le modèle de données

Nous avons choisi délibérément de nous consacrer aux deux fonctionnalités complexes du SI pour le refactoring : les synagogues et les produits.

Le mod√®le actuel (h√©berg√© par une base MS Access) est disons… trop m√Ľr (litote pour pourri) :

  • Les synagogues : actuellement, la base contient un “fichier plat” des informations, tr√®s difficilement maintenable donc et tr√®s peu √©volutif (les fonctions sont cod√©es champ par champ dans la table). Il n’y a aucune s√©paration entre les contacts et les √©tablissements.
  • Les produits : il existe une distinction entre produits certifi√©s et surveill√©s, mat√©rialis√©e fortement dans le mod√®le actuel. M√™me difficult√© : les informations sont stock√©es “à plat” d’o√Ļ le manque de visibilit√© et de maintenabilit√© √©vident.

Les améliorations apportées, en premier jet, sont les suivantes :

  • Les contacts sont stock√©s s√©par√©ment (objet m√©tier distinct)
  • Les propri√©t√©s des synagogues sont stock√©es dans une table distincte, et sont reli√©es dynamiquement aux √©tablissements
  • Les fonctions des contacts sont stock√©es s√©par√©ment et sont d√©pendantes d’un contact et d’un √©tablissement. Cet √©tablissement peut √™tre une synagogue (le cas √©ch√©ant) ou un commerce, un restaurant etc. (non mod√©lis√©s)
  • Les d√©corations (m√©dailles) sont stock√©es s√©par√©ment, par contact
  • Les tables produits et cat√©gories sont normalis√©es
  • Un produit peut √™tre reli√©à plusieurs cat√©gories (les Danette sont des yahourts et des cr√®mes dessert)
  • Il existe une cat√©gorie principale par produit, pour un affichage simplifi√© sur papier
  • Les produits certifi√©s et surveill√©s sont regroup√©s dans une m√™me table

Actuellement, le modèle de la base est en cours de finalisation et il est visible sur cette illustration.

Sensation fra√ģcheur XP sur ce refactoring : cycles courts, livraisons it√©ratives, participation anticipative des utilisateurs, pair-programming (ma femme et moi : ma femme me masse les √©paules pendant que je code), etc.

Les contraintes techniques

Les contraintes étaient claires dès le début :

  • Le site actuel est en ASP. On n’en veut plus ! :nonnon:
  • Pas de JAVA non plus :ko: . PHP est la meilleure solution, en externe (h√©berg√©e pour le site Internet) et en interne : les comp√©tences sont nombreuses et le langage est simple.
  • Gestion forte des habilitations sur les donn√©es internes. On ne parle pas de LDAP mais presque. Je ne suis pas expert sur le sujet, on verra bien.
  • Les d√©veloppements devront √©viter au maximum d’acc√©der aux champs de la base de donn√©es par des requ√™tes statiques. On hume ais√©ment une couche d’acc√®s aux donn√©es (en anglais, DAL1 : Data Access Layer. Co√Įncidence ou signe du destin ?)
  • Il devra exister une synchronisation entre les bases internes et externes, moyennant filtrage de certaines informations confidentielles ou non indispensables. Je vais me te leur fourguer un EAI, √ßa va √™tre vite fait :mrgreen: .

Je ne crève pas la DAL

Dans le monde PHP, de nombreux frameworks existent pour faire √ßa tout beau. PEAR et les DataObjects, c’est nickel. Important mais classique : les tables sont normalis√©es sinon √ßa devient un brin trop douloureux.

Un premier POC a permis de valider la faisabilit√© technique (g√©n√©ration des classes d’acc√®s en PHP, utilisation des objets dans des situations simples : recherche par valeur, r√©cup√©ration d’une grappe d’objets, ajout de m√©thodesà des classes g√©n√©r√©es etc.) et m√™me de r√©aliser une version alpha via acc√®s WAP. Si vous voulez tester, c’est là.

Une fois le MCD valid√©, la cr√©ation de cette couche stable sera la prochaine √©tape, l’occasion pour moi d’en reparler s√Ľrement.

Mes impressions

C’est top ! Faire du b√©n√©volat me rend utile, et dans un domaine que je comprends (pas la pr√©tention d’√©crire “ma√ģtrise”), √ßa fait vraiment plaisir. L’id√©e m’√©tait venue il y a bien longtemps mais c’est la mission b√©n√©vole qu’a effectu√©e un coll√®gue (EPA) pour l’ACTED et la fa√ßon dont ses yeux brillaient qui m’a motiv√© pour franchir le cap.
Alors en plus si ça rend un service communautaire

Deuxi√®me int√©r√™t personnel : aller au bout de la d√©marche et ne pas abandonner en cours de route. Visiblement ils comptent sur moi et me font confiance, je ne peux pas faire l’enfant g√Ęt√© et tout laisser tomber.

Troisi√®me int√©r√™t tr√®s personnel : de la reconnaissance. La bonne d’abord, celle des int√©ress√©s. Et la primitive, celle de ceux qui m’int√©ressent.

Qui sait ? Si un poste de DSI chez Pizza Cashà Sarcelles est vacant, qui dit qu’ils ne penseront pasà moi ?



1 : c’est mon trigramme OCTO

Boycotter les fromages cacher ?
Le 04/07/2005 - 09:35

Je n’aime pas faire ce genre de critique de la communaut√© (mettons ici un sens large pour ne viser personne) en public, mais parfois certaines solutions sont n√©cessaires pour faire bouger les choses.

Le prix des fromages cacher est exhorbitant. Je n’ai pas dit “le prix bla bla bla est cher“. J’ai dit exhorbitant.
Que ce soit dans un magasinà Sarcelles ouà Neuilly, le fromage n’est accessible qu’à des nantis (des nantis s√©mites le cas √©ch√©ant).

On ne rappellera pas ici bien s√Ľr que la majorit√© des personnes qui mangent cacher n’est pas la minorit√© juive qui a de l’argent, et je me dis que nourrir une famille de 5 enfants avec du fromage cacher rel√®ve d’une demande de cr√©dit bancaire.

Que faire ?

A mon go√Ľt, une bonne fa√ßon d’agir serait un boycott de deux semaines sur tous les fromages cacher des Naouri, Hypercasher, SuperCasher, etc. Deux semaines, c’est le temps moyen de p√©remption des fromages.

Apr√®s ces deux semaines de perte s√®che, les magasins (et le Consistoire ?) auront peut-√™tre une autre cible que nous autres clients, les vachesà lait si je puis me permettre…