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Le cas
Le 22/01/2006 - 19:06

Bonsoir les aminches.

Ce soir, au 20h, vous n’entendrez pas parler du petit Nicolas (même si je ne connais pas son nom), 9 ans, qui traversait la route en vélo et qui s’est fait fauché par une moto.

Sur la même route que je prends habituellement, et également en moto. Exceptionnellement aujourd’hui, pour ramener les courses du marché, j’ai pris (et perdu) patience dans les embouteillages derrière ces satanés conducteurs du dimanche dans ma voiture couleur indigo.

Le petit Nicolas attendait sagement que le feu passe au rouge pour traverser, comme le lui a sûrement appris sa maman ou son papa. Sur son vélo pour enfant, il imitait le bruit de la moto. Vrouuum. Il avait des grosses lunettes de vue, qui lui rendaient un visage naïf, doux. Pour ma part, j’avançais mollement sur le boulevard en construction permanente, en prenant bien soin de serrer à droite, pour laisser passer les deux-roues chanceuses.

Le gars devant moi a traîné jusqu’au feu, puis a accéléré en trombe pour passer à l’orange. Je pense qu’il doit être couvert de pus ou atteint de cécité subite au moment où je vous écris, si ma malédiction a fonctionné.

J’étais au feu.

J’ai donc vu passer le petit garçon, dont je ne connais pas le vrai nom, mais que je nomme Nicolas pour conserver une trace d’humanité dans l’information banalisée rendue ici. Il a pris son courage à deux pieds, enfourché la première pédale et a appuyé fort pour traverser dans les temps.

Le temps qu’il a fallu à un monstre de 1000 cm3 de griller le feu. Et de percuter Nicolas.

Je l’ai vu arriver trop vite le monstre. J’ai vu, comme dans un thriller bas de gamme, le choc avant le choc. J’ai senti le crash violent avant que la machine percute l’enfant. Mais que pouvais-je faire ? Dans un laps de temps si court ? Une seconde ? Deux secondes ?

Que pouvais-je faire ?

Ouvrir ma portière pour protéger l’enfant et vraisemblablement projeter le conducteur du “tonnerre mécanique” contre les blocs de béton rouges et blancs matérialisant les travaux du tramway ? Pour qu’il reste handicapé à vie ou qu’il trépasse par mon intervention ?

Ou laisser faire et assister fatalement à la scène ? En priant que le choc ne soit pas définitif ? Surtout pour le petit garçon. C’est dur à admettre mais on fait parfois des préférences dans un laps de temps si court.

J’ai assisté à la scène. Au choc. Aux regards de surprise et d’effroi de tous : Nicolas, le monstre, les passants. Et le mien.

Ce soir, au 20h, vous n’entendrez pas parler du petit Nicolas (même si je ne connais pas son nom), 9 ans, qui traversait la route en vélo et qui s’est fait fauché par une moto.

Parce que cette scène n’a jamais eu lieu autre part que dans ma tête.

Elle a été le produit de ma pensée lorsque j’ai vu un scooter projeter son cavalier imprudent (il avait grillé un feu) dans les airs en rentrant dans une voiture. Et que j’ai vu un petit garçon de 9 ans, un petit Nicolas comme celui de mon histoire, sur le bord du trottoir, en vélo.

Et je m’étais dit : tu aurais fait quoi, toi, hein ? Protéger le gamin en tuant délibérément le chauffard ? Ou pleurer sur le destin et la fatalité ?

Ce cas n’est pas un simple cas. Il fait appel à notre courage, notre volonté et notre morale et exige de nous une action dans un temps interminable qui ne dure pas plus qu’une seconde et demi.

Qu’auriez-vous fait, vous ?

Gnargna chapitre 1 : la roumaine, la sorcière et le trafiquant
Le 18/01/2006 - 19:43

Il y a des périodes où les spectateurs, à défaut d’être emballés par les films en salle, sont emballés par leur compagne engoncée dans les fauteuils épais des cinémas. Ou ils quittent précipitamment la salle pour rejoindre celle qu’ils vont emballer sur une fourrure épaisse, au coin de la cheminée et des clichés cinématographiques régulièrement desservis.

Etonnament, cette froide période est propice à la récolte des films intelligents et beaux. Intelligents parce qu’ils adressent des sujets simples ou complexes sans condescendance ni compromis. Beaux parce qu’ils sont éblouissants, rafraîchissants. Et sains.

Je vous trouve très beau

En voilà un film sur lesquels je ne fondais aucun espoir, ataviquement ancré à mes préjugés sur les paysans, Isabelle Mergot et les roumains. Et, comme tout religieux qui se respecte, j’ai combattu mon instinct et j’ai été.

Il y en a pour tous les goûts au cinéma bien sûr. Mais ce film est réellement une réussite. Le thème, une histoire d’amour sur fond de tracteurs et de poules, et le scénario ne sont pas si simplistes qu’ils en ont l’air. Les acteurs sont authentiques, toute la dimension bourrue mais vivante d’un agriculteur moyen transparaît dans un Michel Blanc fabuleux, l’actrice principale est épatante de sincérité et de vitalité.

Et puis c’est drôle, aussi.

Good bye and good luck

Encore un film superbe. Noir & blanc intégral, plans rapprochés et coupés typiques, ambiance des années 60 reproduite à la perfection (je m’en souviens parfaitement). Le directeur de la photo a été parfait.

Le thème est abordé en douceur mais le message qui passe est très fort : la télévision n’a pas pour rôle unique le divertissement et l’isolation.

Je ne peux qu’abonder dans ce sens, moi-même qui ne possède pas la télé. Mais j’abaisserais tout de même d’un ton le discours : dans ce film, il est bien montré qu’il n’existe que très peu de chaînes de télévision, que le “choix” des émissions n’est pas encore très varié et que les journalistes en place sont très professionnels, quitte à “jouer leur peau” sur leurs reportages.

Je suis désolé, mais j’ai la rude impression qu’on ne vit plus du tout dans la même époque, et ce message doit être complété.

Actuellement, il faut divertir toujours plus fort (merci Michael Youn), informer toujours plus vite (merci l’AFP), piailler toujours plus haut (merci les blogs). L’esprit de la pythie est corrompu et la devise olympique trahie. Dans cette tourmente, les éditeurs, les journalistes, les producteurs, les écrivains, les chanteurs, tous d’un accord tacite favorisent la quantité à la qualité. Et moi, le premier (sinon j’écrirais une fois par semaine).

Le journalisme de l’époque était travaillé (le reportage de Murrow était diffusé une fois par semaine), analysé, revu et commenté par toute une équipe. Actuellement, des stagiaires en sous-culture, partisans et illettrés rédigent les billets doux parsemés de par le monde et estampillés vrais. L’AFP est devenu le Label Rouge de l’information. Alors qu’il n’en est rien, et pas forcément par activisme convaincu (je litotise), mais par l’avidité grandissante et goulue d’informations dans un monde qui grouille.

Et ce qui a renforcé le quatrième pouvoir, bien plus qu’à l’époque du film, ce sont fatalement les conflits d’intérêts démultipliés (nationaux et internationaux), la possibilité technique de manipuler l’information et l’habitude tragique des générations à la violence et aux moeurs douteuses. Habitude qui fournit un nouveau coup de manivelle à la spirale vicieuse de la course à l’information insolite et choquante.

Comme disent les jeunes et les comiques : mais où s’arrêteront-ils ?

Note : le sujet du McCarthysme, sous un angle absurde mais tragique, a été abordé par Woody Allen (c’est tendance en ce moment) dans le film “The Front” (Le prête-nom).

Lord of war

Encore un troisième film intéressant. Le sujet : comment un type est devenu le plus gros trafiquant d’armes du monde.

Le générique de début est saisissant, Nicolas Cage reste mon héros après Batman, et certaines phrases sont assassines, dans tous les sens du terme.

“Je vends juste des armes, ce sont eux qui se tirent dessus” résume en substance l’acteur principal.

J’ai juste un regret : le thème du film (”la guerre c’est caca !”) est toujours difficile à traiter sans tomber dans le banal et le cliché. Coup de bol, ce film vole beaucoup plus haut mais emprunte parfois des méthodes légèrement teintées de démagogie.

Attention, sur une échelle de 100, ma critique ne vaut qu’un ou deux points, contre les 98 ou 99 restants entièrement positifs. Mais (après l’euphorie de la saga Intel, on bascule) : montrer des enfants explicitement tués n’apporte pas plus au message, mais joue sur notre souffrance et notre douleur de voir des enfants maltraités. Enfin… exterminés.

Et d’autre part, le film conclut que ce sont les grandes puissances (hormis la Russie) au Conseil de Sécurité qui vendent le plus d’armes au monde. Ok, conclusion ? Le réalisateur n’en donne pas mais dans la tête du client, c’est toute l’absurdité du sytème qui est mise en valeur.

Oui, mais. Soyons heureux mais pas innocents, les pays et les présidents qui nous gouvernent sont rarement (je litotise encore bon sang !) philanthropes. Donc si ce ne sont pas eux qui vendent les armes, ce seront d’autres et illégalement, et encore moins contrôlés.

Et encore, il n’y a pas que des pays qui agressent, il y a des pays qui se défendent. C’est simpliste certes, mais à une ère où Ahflfdjsfioezanhinade épate le Conseil de Sécurité au point que ce dernier n’ose entreprendre de sanction contre lui, par peur de représailles pétrolières, je me dis : épate, épate oui mais… Et puis rappelez-vous Munich, Hitler que l’Europe a laissé faire et qui a interprété ce silence comme une faiblesse…

C’est sûr que dans le film, la majeure partie des armes vendues va illico en Afrique. Où la densité de pétage de gueule peer-to-peer avoisine l’unité [formule alambiquée pour dire que tout le monde se bousille en Afrique] et que le monde entier se gave sur leur dos, en éclatant le sens du verbe gaver.

Beaucoup m’ont annoncé, après avoir vu le film : “Bien fait pour la gueule à Bush ! Et comme pour l’Irak où il a voulu imposer son modèle de démocratie juste pour prendre contrôle du territoire et du pétrole”.

Ben moi, même pas peur, j’ai soulevé les épaules et j’ai rétorqué : “C’est vrai que la France, avec la merde qu’elle a foutu en Afrique, elle est aussi blanche que les Africains du Sud”.

La guerre, ce sera toujours caca. Toujours. Mais autant le Bien est borné, autant le Mal est têtu et sans limites. Alors pour éviter les champignons -surtout les atomiques, rien de tel qu’un traitement homéopathique : le mal contre le mal, à petites doses.


Et Narnia dans tout ça ? Emmenez vos enfants et prenez un bon bouquin.

Berlin mon amour
Le 27/12/2005 - 14:37

Ca en fait des catĂ©gories pour un seul article…

Ce vendredi, nous partonsà Berlin pour un long week-end en amoureux et en couples. Je ne raffole pas de fĂȘter les jours de l’an, autant le faireà l’Ă©tranger, pour dĂ©couvrir les us et coutumes locaux.

Berlin, ce n’est pas trĂšs loin. Berlin, ce n’est pas trop cher. Berlin, c’est trĂšs joli. Et Berlin, c’est notre premier compagnon europĂ©en.

Jusqu’ici, on peut parfaitement comprendre les catĂ©gories “Voyages” et “Trucs perso”.

La suite est plus sombre.

Plus sombre, comme l’Ă©poque de la guerre. La seconde guerre mondiale. La guerre qui a fait que les choses ne seront plus pareilles dĂ©sormais.

C’est sur ce point particulier que je veux rĂ©flĂ©chir (et sur lequel je vous invite, Ă©ventuellement,à prendre position).

PrĂ©ambule : je suppose que vous connaissez la diffĂ©rence entre un juif sĂ©pharade principalement issu du Maghreb, tonitruant, exubĂ©rant - c’est, poussĂ©à l’extrĂȘme, le “Coco” de Gad Elmaleh - et un juif achkĂ©naze principalement issu des pays de l’Est, grand intellectuel, artiste ou stratĂšge militaire. Certes, mais avec un balai là oĂč je pense.

Fin du préambule.

Dans toutes les familles achkĂ©nazes ou presque, l’Ă©vocation de la Pologne, de l’Autriche et surtout, surtout de l’Allemagne, provoque chez eux une rĂ©action Ă©pidermique, psoriasistique, exĂ©matesque. Sauf peut-ĂȘtre pour Goldmann, dans “NĂ© en 17à Leindenstat“…

Dans les familles sĂ©pharades, difficile de fournir des statistiques mais j’ai souvent entendu les mĂȘmes remarques : “l’Allemagne, avec ce qu’ils nous ont fait ?!”.

Pendant trĂšs longtemps donc, pour beaucoup de juifs de diverses origines, les allemands Ă©taient assimilĂ©s aux nazis. Et pour ma part, j’ai Ă©tĂ© nourri par cette Ă©quationà la logique floue pendant longtemps.

Je dois avouer qu’il est difficile de briser un tel ressentiment envers ce pays, mĂȘme aprĂšs soixante ans. MĂȘme si je sais et je rĂ©pĂšteà tous ceux qui veulent l’entendre (ou pas) que ce ne sont plus du tout les mĂȘmes gĂ©nĂ©rations, les mĂȘmes contextes, les mĂȘmes Ă©tats d’esprit qu’à cette triste Ă©poque. Qu’il faut dĂ©sormais avancer, et casser ce carcan qui nous enferme dans le rejet de l’autre, et l’autre ici, c’est l’Allemand.

MĂȘme si je sais tout cela, que ce discours est pour moi limpide, il reste des grumeaux dans ma tĂȘte. Loin de toute raison, de tout raisonnement. Qui me fait amalgamer la croix de la mĂȘme consonance avec l’Etat que dirige Mme Angela Merkel. Qui grossit comme un tĂ©lescope les groupuscules nazis qui dĂ©filent dans certaines bourgades germaniques. Et qui travestit un simple citoyen en un soldat ennemi.

- MĂ©mĂ©, je vaisà Berlin pour la fin de l’annĂ©e.
- En Allemagne ? Mais qu’est-ce que tu vas faire en Allemagne ? C’est honteux !
- Allons MĂ©mĂ©, il n’y a plus de nazis en Allemagne de nos jours. Les mĂ©chants c’Ă©tait avant, mais maintenant, il faut aller de l’avant !
- C’est honteux ! AprĂšs ce qu’ils nous ont fait !
- (Soupir) Oui, mais ce sont les anciens Allemands. Les nouveaux ils n’y sont pour rien !
- Quand mĂȘme ! On ne va pas en Allemagne !

Vous voyez le genre. Une gĂ©nĂ©ration pour qui le prĂ©nom Adolphe est aussi atypique qu’Attila, Gengis ou Ahmadinejad.

Encore aujourd’hui, l’Allemagne rĂ©veille une douleur sourde, età mon avis plus forte que nos tensions perpĂ©tuelles avec le monde arabo-musulman. Parce que si le “conflit” avec le monde arabe est passionnel, “chaud”, celui avec l’Allemagne a des relents de logique “froide”, calculĂ©e, implacable.

A cĂŽtĂ© de cela, j’ai dĂ©couvert chez mon copain Seb le musĂ©e de la Shoah,à Berlin-mĂȘme. Sa description m’a donnĂ© (la chair de poule et) l’envie de le visiter.

Alors ? Berlin ou pas Berlin ?

Pour m’ĂŽter de la tĂȘte une fois pour toutes ces tensions, c’Ă©tait dĂ©cidĂ©. Ce sera Berlin. Et cela dĂ©passera de loin la simple dĂ©couverte culturelle ou la fĂȘte de fin d’annĂ©e.

Est-ce que l’un de vous, ami(s) lecteur(s), ressent cela, mĂȘme si c’est dans un contexte trĂšs diffĂ©rent ?
Et, vu de l’extĂ©rieur, comment interprĂ©ter (en bien ou en mal) la rĂ©action de ma grand-mĂšre ? La mienne ? Celle de ma communautĂ© ?

Défaut de jalousie
Le 22/12/2005 - 16:09

“La jalousie est un vilain défaut” dit-on. Etonnant ce proverbe non ?

ATLIF définit le mot “vilain” comme “qui est méprisable; qui manifeste de la bassesse, de la malhonnêteté“.

Il est étonnant ce proverbe parce que je le trouve limitatif. Et donc partiellement faux.

Il y a des proverbes, issus de la sagesse populaire, qu’il est difficile de remettre en cause : “qui vivra verra” ou encore “les conseilleurs ne sont pas les payeurs”. Par contre, certains sont atrocement désuets : “il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué”. On voit qu’il n’y avait pas la Bourse et les marchés financiers à l’époque…

Et puis certains grands avaient le sens de l’aphorisme… Desproges (le fameux “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde” dans ses réquisitoires contre Jean-Marie Le Pen) qui lui-même citait Victor Hugo (”le calembour est un pet de l’esprit“)… Remarque, Victor Hugo, c’est déjà du niveau 2. Même quand il gueulait contre sa femme parce que la soupe n’était pas chaude ou qu’il se pétait le petit doigt de pied contre la commode, il y avait un aphorisme ou une allégorie à retenir (”putain d’enculé de sa race maudite de commode de sa mère !“).

Mais revenons au proverbe initial.

Je distingue, pour ma part, plusieurs sortes de jalousie.

D’abord la jalousie constructive. Elle s’exprime par “waow, il/elle est super fort, intelligent, beau, [ce que vous admirez] et j’aimerais tellement lui ressembler !“. Dans ce cas, la jalousie fait office de moteur.

Au bureau par exemple, il y a des personnes dont j’aurais bien aimé posséder le crâne (enfin, l’intérieur du crâne vu que beaucoup d’entre eux sont chauves. Tiens pour toi : :fuck: ). Mais jamais je ne me suis dit : pourvu qu’ils meurent à cause d’un réacteur d’avion tombé sur leur maison (in Donnie Darko, il faut avoir vu ce film).

Dans le monde de la blogosphère, il y a des gens que je lis (ou que je découvre tous les jours) et dont j’admire l’intelligence, la finesse ou la sensibilité que je ne possède pas moi-même. Mais jamais je ne me suis dit : pourvu que son hébergeur crashe son serveur et qu’il n’ait pas de sauvegarde.

Dans la rue ou parmi mes amis, je vois des mecs classe, sportifs, sveltes, sobres. Mais jamais je ne me suis dit : attends qu’il se marie, on verra après !

Non. A chaque fois, je pense à tous les progrès qu’il me reste à faire pendant les 89 ans qu’il me reste à vivre d’après mes calculs. Et surtout au régime que je dois commencer lundi.

La jalousie négative, c’est simplement le contraire : “je ne veux pas que tu aies ce que je n’ai pas“. Par exemple, quand la gentille irlandaise a gagné 115 millions d’euros à l’Euromillions, je peux clairement dire que j’étais jaloux négativement, à la limite de la fulminerie et de la malédiction.

Plus proche de nous, il est évident que cette jalousie se manifeste notamment dans le domaine matériel, c’est ce que l’on appelle la convoitise. Selon moi, c’est dans ce sens qu’est définie la jalousie du proverbe. Et si “Tu ne convoiteras pas” est un des Dix Commandements, c’est que cette réaction est assez proche d’un “réflexe” instinctif, donc qui doit être combattu.

La jalousie purement passionnelle (terriblement incarnée par De Cluzet dans le film de Chabrol L’enfer avec cette méga-jalousable femme qu’est Emmanuelle Béart) : qu’y a-t-il de plus absurde (et pour le coup, de plus “animal”) comme réaction ? On peut comprendre certains comportements adolescents (”ouais t’as parlé à Josephine avec ta main sur son bras !” ou “Ouais t’as pas arrêté de te marrer comme une folle avec Jean-Xavier !”) mais adulte, être jaloux ?

Je suis persuadé que l’attachement -fort- et la démonstration d’amour sont importants dans un couple, avec ses enfants, ses parents (et ses collègues, et même envers tout le monde, je vous renvoie à cet article chez caelle1). Je suis persuadé également que demander des preuves de cet amour lors de relâchements ponctuels ou lors de doutes personnels est salutaire. Mais faire subir à l’autre ses angoisses psychotiques avec pour répercussion une simple bouderie ou un coup de couteau dans le foie (au choix), je trouve cela incroyable.

Parce qu’elle a dit au boucher : “merci, il est génial votre boudin”, il lui a fait la tête pendant une semaine.

Je ne suis pas jaloux passionnel, et ma femme n’a aucune raison de me rendre jaloux, ni d’en jouer.

Je ne suis pas un jaloux négatif, je prêche pour l’aisance matérielle et la richesse spirituelle ou intellectuelle de tous. Comme tout le monde de toutes façons, j’ai mes joies et mes peines. Alors ce qui vient, vient.

Je suis un jaloux positif à fond (avec un petit peu de mauvaise foi aussi oui).

Mais je suis surtout un jaloux existentiel. Il y a quelques jours, j’ai découvert qu’il existe 3,2 millions de blogs actifs dans le monde. 3,2 millions !!! Et moi je suis quoi là-dedans hein ? Rien ! Une goutte d’eau digitale !

Je me fous que tout le monde lise ces 3,2 millions de blog ! Moi je veux qu’on me lise moi ! J’existe ! J’existe !

- Je vois… On va s’arrêter là pour aujourd’hui. Oui, c’est ça, 60€. En espèces oui. Merci. Et à la semaine prochaine.



1 : j’y crois pas que je fais de la pub gratos. C’est la période de Noël, on va dire ça.

Les conseilleurs ne sont pas les meilleurs
Le 11/12/2005 - 20:19

Tout a commencé vendredi soir, par une anecdote particulièrement anodine : j’ai croisé Nicolas Sarkozy dans la rue. Pour de vrai, promis.

Je l’ai croisé avec ma femme alors que nous déambulions les Champs Elysées pour rentrer chez mes beaux-parents manger le fameux couscous aux cardes du vendredi soir, en coupant par le pont Alexandre III.

Et il était là le ministre, en jogging, entouré de trois gardes du corps menus, en train de sautiller au feu rouge (il respecte le code de la route, mais qu’à pied). Comme nous le regardions avec insistance, et c’est peu de le dire, il nous a fait un petit signe de la main pour dire : “je vous ai reconnus”. Enfin je pense que c’est ce que ça veut dire, sinon pourquoi nous aurait-il salués ?

Bon, vous voyez, rien de vrais seins folichon.

Après avoir repris mes esprits (j’ai quand même vu Sarko courir en jogging et il m’a salué, c’est pas tous les jours que ça arrive), j’ai commencé à gamberger sur des sujets profonds :

- que se passe-t-il si un de ses gardes du corps est essouflé ? Il s’arrête ?
- s’il m’avait annoncé : “je vous accorde un voeu”, lequel aurais-je choisi ? Retrouver mes 12 points de permis ? Prendre sa place ? Une glace à la vanille avec les petits morceaux de chocolat incrusté ?
- s’il m’avait demandé un autographe, lui aurais-je fait payer ?

Et de fil en aiguille, je divergeais : je m’imaginais en train de lui sauver la vie alors qu’il était poursuivi par une foule de racailles, ou qu’il me demandait conseil pour gagner en crédibilité auprès du peuple puis que je devenais son conseiller personnel à 100 k€ l’année, voiture et femmes de fonction inclues.

Dans mon rôle de conseiller, je me penchais sur le premier dossier (qui ne concerne pas l’Intérieur mais j’imagine déjà Sarko président) : l’évolution du travail dans la société française.

Et je me disais ceci :

Les horaires des services publics

Les horaires des services publics changeraient : les effectifs actuels passeraient aux 32 heures, et on emploierait plus de monde pour étendre les heures d’ouverture. De 7h du matin à 21h le soir. Pour éviter de perdre une demi-journée pour chercher une carte d’identité par exemple.

Et puisque M. Copé a décidé -enfin- de miser encore plus sur l’information électronique, on réduirait dans ce cas le personnel en heures creuses (9h30-11h30 et 14h30-16h30).

Parce que le service est public, il doit s’adresser au public !

Insécurité maximum

Pour redynamiser l’emploi dans le public et éviter d’être pris en otages par quelques milliers de connards fonctionnaires qui, même s’ils renversent du thé bouillant à la gueule de De Villepin ne risquent que d’être mutés à Pataugas-les-Alpins comme secrétaire, je propose qu’ils conservent TOUS leurs avantages (vous voyez, je suis pas chien) sauf UN : la sécurité de l’emploi.

Prime de charbon, prime de travail, prime de rien à foutre, mais si tu fais une grève sans raison ou tu n’en fous pas une, tu gicles.

Et pan, vive le libéralisme. Et je peux te dire qu’il y aurait un turn over naturel dans l’administration…

La CJU

La CMU (Couverture Maladie Universelle) a été une grande innovation et un bienfait pour les malheureux qui ne pouvaient envisager de se soigner dignement, faute de revenus suffisants.

Malheureusement, il semble que, comme tout bienfait de l’humanité (le nucléaire, Internet, la glace à la vanille avec les petits morceaux de chocolat incrusté…), il y a eu des abus. Au lieu de consulter des médecins uniquement quand ils en ont besoin, certaines personnes bénéficiant de la CMU profitent du système puisqu’ils ne paient rien et consultent à tout va.

Alors je dis :

1) Chaque consultation devrait être taxée pour un minimum symbolique, 5€ par exemple pour un généraliste et 10€ pour un spécialiste. Le fait de sortir de l’argent du portefeuille en fait réfléchir plus d’un avant d’abuser (mais pénalise certains autres, certes).

2) On devrait inventer, de la même façon, la CJU : Couverture Juridique Universelle.

Vous allez me dire, il existe des “avocats commis d’office”. Moi je parle plutôt d’avocats qu’on voudrait consulter comme ça, avec le même abus que pour les médecins : “Bonjour Monsieur, mon voisin fait du bruit et il est 22h13, puis-je l’attaquer pour nuisance nocturne, abus de biens sociaux et pédophilie caractérisée ?”. Hop, six minutes, 147 €, aux frais de la communauté.

Double poste

Je suis persuadé que dans quelques années, tous les postes clé qui nécessitent de la conception seront dédoublés. Autrement dit, la réflexion sera forcément commune à deux personnes, dès le départ. Certes, il existe des commissions, des réunions de validation, etc. mais il est toujours trop “tard” lorsqu’un dossier passe en validation, l’essentiel de l’architecture a déjà été pensé et il est difficile de prendre un recul suffisant pour avaliser ou non les choix faits.

Dans l’informatique, c’est perpétuel. Dans le milieu de la politique et du travail en général, cela devrait être obligatoire.

Place aux gueux !

Marre des Enarques et des Centraliens à la politique, qui ont une opinion tellement distante de la réalité et des aspirations des français et des françaises ! Et je ne parle pas des Juppé qui ont sûrement tout compris à la vie telle qu’elle devrait être mais pas telle qu’elle est.

Le milieu politique devrait dorénavant recruter à haut niveau des personnes du peuple, qui se sentent citoyens et qui désirent mener de front un combat politique pour leur pays. Non, pas Mamère ni Buffet, des gens sérieux.

Dans mon genre, oui.

Mariah Carey interdite de séjour en France

Bien sûr, cette décision relève d’un abus de pouvoir évident mais c’est le privilège des élus.

Ou alors OK on la laisse rentrer, mais tous les premiers samedis soir du mois mercredis du mois de 12h00 à 12h10 pour remplacer la sirène, notre fierté nationale après Valérie Lemercier.

Pour terminer sur l’anecdote, lorsque je suis arrivé à destination, j’étais en train d’imaginer d’obliger tous les élus à rouler en voiture dans Paris aux heures de pointe sans gyrophare ni sirène, avec l’interdiction d’emprunter les voix de bus. Histoire de cumuler les malédictions envers notre ami(e) Delanoé.

Mais bon, tout ça n’était qu’une rêverie sur la route des Champs-Elysées. Aurais-je fait la même en croisant Strauss-Kahn à Sarcelles, en allant chez mes parents ?

L’immatroscope du jour :


En prime, les allocations familiales seront taxées de la CSG !
A cheval sur les principes
Le 09/12/2005 - 01:26

Hier, lors du repas où nous étions conviés chez Pierre-Gilles de Gennes et son épouse, il s’est produit un événement assez cocace.

La soirée était monotone, comme d’habitude chez ces gens-là. Les conversations tournaient autour de thèmes scientifiques incompréhensibles, hermétiques, ésotériques. Ma femme et moi-même soupirions en pensant à notre décodeur scientifique en temps réel (le procrastinmax) que nous avions oublié dans la voiture.

Tout à coup, la gouvernante qui servait le second met (du poisson en sauce) fit tomber le plateau en argent près de la maîtresse de maison, dans un fracas et un chaos détonants. Le tapis était perdu, la robe de soirée scintillante tâchée.

La dame de service, les yeux ahuris de stupeur, n’osait pas bouger. Les invités (M. et Mme Finkelkraut, M. et Mme Poivre d’Arvor, M. et Mme Kossécontunfis) et nous-mêmes cherchions des yeux une attraction improbable dans nos chaussures ou au plafond.

Quand Mme de Gennes s’écria : “Sapristi Marie, vous venez de faire décoller l’entropie de cette pièce, enfin !”. La pauvre femme rougeaude pâlit et s’excusa dans un murmure inaudible.

La fin de la soirée fut aussi morne qu’à son commencement, fade et sans joie. En sortant de l’ascenseur qui nous menait à notre voiture, M. Finkelkraut nous lança : “putain1, là où il y a de la Gennes, il n’y a pas de plaisir !”.

Ce n’est pas vrai, j’adore Pierre-Gilles de Gennes qui a plus fait pour la vulgarisation scientifique que l’Iran pour s’équiper en nucléaire.

Qu’est-ce que l’entropie me direz-vous (’scuse procrastin je marche sur tes plates-bandes mais tu n’as rien écrit sur le sujet) ?

L’entropie mesure le désordre d’un système. Par exemple, au PS, l’entropie est maximale, on appelle ça un “bordel”.

Le second principe de la thermodynamique indique que “l’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter“, connu sous une forme plus compréhensible par les étudiants : “au cours d’une transformation réversible et pour un système isolé, l’entropie d’un système est constante“.

Pas très clair, n’est-ce pas ?

Prenons un exemple plus parlant : la boîte à bijoux des femmes (passionnant hein ?).

Tous les jours, une femme change de collier : un rouge assorti à la chemise rouge, un bleu assorti au twinset bleu, celui avec les perles qui va bien avec les boucles d’oreille offertes par maman, un vert etc.. etc..

Après plusieurs utilisations, les colliers sont entassés pêle-mêle dans la boîte à bijoux. Ce que le second principe de la thermodynamique énonce sobrement, c’est qu’il est illusoire d’espérer que ces colliers ne soient pas emmêlés lorsqu’elle en veut un en particulier : “l’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter“, tout ça à cause de votre femme qui ne sait pas ranger correctement ses breloques, ses trucs et ses machins et qui vous demande, alors que vous êtes à la bourre, de lui démêler les treize fils de couleur qui pendouillent parce qu’elle aimerait bien assortir le jaune avec le sac à main jaune ! “L’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter” : le bordel, le foutoir, le chaos, les voies de bus de Delanoé, les guerres civiles, les cyclones, le petit orteil qui se cogne contre la commode, tout ça c’est l’entropie de l’univers qui augmente PARCE QUE LES FEMMES NE SAVENT PAS RANGER LEURS COLLIERS !

Remarque, je m’énerve mais les fils derrière mon ordinateur, ils sont plus emmêlés que les cheveux crêpus d’une africaine en bigoudis.

“Sapristi Byalpel, il est grand temps d’arranger tes fils” m’a patiemment répété la maîtresse de maison.

Ca se voit qu’elle comprend rien à la physique.

- C’est pas moi, c’est l’entropie !” que j’lui réponds en grinçant des dents, et j’ajoute à voix basse “bécasse !”.
- Ca m’étonnerait, la transformation est réversible. Bourrin !



1 : il est vulgaire ce con !!
2 : cette note a été écrite pendant la réunion de copropriété de mon immeuble (véridique). Pour vous donner une idée de l’inspiration qui m’habite en ce moment…
3 : la note 2 ne fait référence à rien en fait. Ni la 3 d’ailleurs.

Rupture de protocole
Le 02/12/2005 - 00:13

Ce soir, j’ai été voir le film Le protocole de la rumeur. J’ai même payé pour le voir, puisqu’il ne passe que dans quelques cinémas UGC (j’ai une carte Gaumont). Je ne m’attendais pas à voir grand monde, j’ai été servi : nous n’étions qu’une dizaine dans la salle.

Amis lecteurs, si vous avez le coeur léger, cliquez sur l’icône de fermeture de votre navigateur.

Ce qui me plaît dans l’écriture de ce blog, c’est le fait de me libérer complètement. Je dis ce que je veux, j’évite le consensuel, je suis le maître du monde. En un mot comme en cent, je me plais à écrire sur ce blog parce que j’ai confiance. J’ai confiance en moi.

La première couche de confiance, je la tartine sur mon costume de clown. Ceux qui me connaissent personnellement voient habituellement cette double peau, superficielle par essence, et c’est celle que j’aime donner à mes interlocuteurs en général, mes collègues, mes clients, vous amis lecteurs… Alors je blague, je calemboure, j’originalise.

Parce qu’en général, je connais cette “force” en moi et que beaucoup autour de moi la reconnaissent (en témoignent les mails d’encouragement pour mon retour chez OCTO, qui font état de ma “bonne humeur naturelle”), mon costume de SuperClown me protège de beaucoup d’agressions extérieures.

Mais voyez-vous, sur ce blog, je n’ai pas travesti mon nom, le nom de ma boîte, mes origines, mon fond. Parce que j’existe aussi sans être drôle. Sans être positif. Sans être humaniste. J’ai aussi des rages, des peurs, des douleurs. Et parce qu’elles existent en moi, qu’elles font partie de moi, elles ne peuvent pas être dissociées de moi. Alors ce blog reflète aussi ce moi intérieur avec ses complexes, ses doutes et ses craintes.

Si, comme certains, j’arrive à extérioriser -parfois- cette âme finalement fragile, c’est que j’ai rogné la membrane protectrice entre mon moi extérieur, le rigolo, la “grande gueule” comme disait John Wayne et mon moi intérieur avec un papier abrasif. J’existe, et je suis le même dedans et dehors.

Le maître mot est, encore une fois, confiance. J’ai développé et acquis une relative confiance en ce moi intérieur, qui me permet de laisser traverser tout simplement mes émotions et mes sentiments à l’oral ou à l’écrit sans craindre l’impudeur ou de “dévoiler” une partie de moi : je le répète, je suis le même dedans et dehors.

Mais ce soir, j’ai perdu la confiance. Perdu la confiance dans le monde, perdu la confiance dans l’humanisme et la fraternité, perdu la confiance en toi, l’autre qui n’est pas moi, et perdu la confiance en moi.

Ce soir, j’ai été voir le film Le protocole de la rumeur.

Ce n’est pas que je conseille d’aller le voir; au contraire, j’aurais tendance à le déconseiller, je n’ai pas trop aimé la structure et certains thèmes abordés.

Ce n’est pas que le thème ou le contenu du film (”les protocoles de Sion”) me surprennent; l’antisémitisme primaire fait partie de la vie de mes ancêtres, de mes grands-parents, de mes parents, de ma vie personnelle. J’ai appris à vivre avec, à m’éduquer pour lutter contre la paranoïa et le communautarisme sécuritaire, à fuir les bagarres.

Ce n’est pas que les dix personnes dans la salle étaient probablement juives; que ce sujet ne parle qu’aux juifs (en France du moins) ne me choque pas. Après tout, je doute que j’irais voir un documentaire au cinéma sur le racisme anti-noirs, anti-jaunes, anti-arabes ou anti-yeah (oups).

C’est que cette rumeur sourde, cette méchanceté primaire, aveugle, cette croyance stupide qui se perpétue ne visent pas le peuple, la nation mais les individus, tous, un par un. Et dans ces “un par un”, il y a moi. Moi, tout nu, sans mon costume de SuperClown, sans ma membrane protectrice, sans mon âme, sans rien. Un bout de viande suspendu a un crochet aurait plus de vivacité, de sentiments, de confiance en lui que moi ce soir.

C’est terriblement douloureux comme sensation, cette dénégation totale de soi par des gens que l’on ne connaît même pas. Et je ne sais pas comment expliquer à moi-même, et encore moins à des lecteurs, cette haine viscérale à mon égard. Qu’est-ce que j’ai encore fait ? Qu’est-ce que ma femme, mes parents, ma soeur, mes grands-parents, mes petites nièces ont fait ?

Je ne saurais pas exprimer ce que je ressens mieux que des philosophes, des écrivains ou même simplement des chanteurs ou des poètes. Je ne sais même pas si des personnes qui ne font pas partie d’une minorité constamment oppressée peuvent ressentir ma tristesse, ma douleur, mon vide. Je ne sais même pas si je pourrais partager cet anéantissement avec ma femme, mon meilleur ami, mon chien. Je ne cherche même pas à ce qu’on me comprenne, qu’on compatisse ou pire qu’on puisse se dire “ils nous emmerdent à se plaindre tout le temps”. Je ne cherche rien.

Ce soir, je me suis servi de mon blog comme pure thérapie. Une thérapie de groupe, dans laquelle je me suis mis à nu sans l’avoir choisi. Comme certains des miens ont eu à le faire physiquement il y a 60 ans.

Demain est un autre jour, ma combinaison de SuperRigolo sur mon âme, je continuerai à vivre. Et à exister.

Uniquement pour suivre le protocole.

Il y a du bon en chacun
Le 20/11/2005 - 17:05

Furtif. Le film. Comme le scénario.

Je vous évite immédiatement la question “pourquoi tu as vu ce film de daube ?” pour vous répondre d’emblée : “c’était samedi soir, j’étais malade, et en ce temps-là, j’avais faim, j’étais jeune”.

Classique : 3 pilotes rodés, façonnés par discrimination positive à l’extrême (un aryen, une méga-bonnasse, un noir), enfermés dans des clichés mako-moulés (le pilote blanc aime la femme blanche, le Noir est un “black” qui aime le funk et qui est le bon copain des deux héros…), vont faire alliance avec un avion-drône intelligent. Tellement intelligent qu’il parle, prend des décisions, décide de les tuer, devient gentil à la fin, et se suicide pour protéger les autres pilotes humains.

Moi, j’arrive même pas à brancher ma webcam sur mon ordi. Mais bon, passons.

Ce qui est aussi classique et qui me met hors de moi, c’est Jamie Fox, l’homme qui joua Ray, qui accepte ce troisième rôle typé dans les deux oreilles stéréotypé à outrance.

Lorsqu’il meurt dans la première demi-heure (là, c’est définitif, je vous ai niqué tout le film), les autres pleurnichent à peine. Normal, ils sont habitués : les comparses noirs meurent toujours dans la première demi-heure en sauvant le héros ou en effectuant des bourdes comme c’est pas possible (ils savent pas conduire des avions les Noirs ou quoi ?). Mais quand la machine-drône explose, c’est une musique d’enterrement qui nous est infligée. Comme si le fait que le premier pilote ait frappé la route et ne reviendra plus jamais, jamais, jamais, jamais était moins grave/triste/perturbant que la perte sèche de l’avion qui faisait du café en envoyant ses missiles sur le Tadjikistan.

Je vous préviens, Rob Cohen (le producteur) et consors, si vous continuez à nous infliger des scénarios impliquant des minorités visibles aussi médiocres (les scénarios) et à la limite de la discrimination subjective, je boycotte les films avec les Noirs. Non, pardon, je boycotte les films américains (Non imbécile, en France il n’y a pas d’acteurs noirs, rappelez-vous ici). Alors je boycotte les films sur les avions furtifs ! On rit moins là, on fait dans sa culotte hein ?

Deux remarques à faire sur ce film, que j’ai finalement trop commenté non ?

  • Les prises de vue sont très intéressantes (Ca valait le coup d’attendre hein ?)
  • Question de Manu, de Boulogne : dans les films sur les avions, c’est toujours celui qui est derrière qui peut balancer son missile sur celui qui est devant. Pourquoi ils ne font pas des missiles qui vont en arrière, puisqu’ils sont “téléguidés” ?

Comme quoi, on tire des expériences de chaque petite chose de la vie, même insignifiante et a fortiori d’un film pourri.

“Quel est l’homme intelligent ? Celui qui apprend de tout homme”.
Les Maximes des Pères.

Divination du 21ème siècle
Le 13/11/2005 - 23:56

Ils sont risibles quand même les médiums, les voyants, les madames soleil du 21ème siècle non ?

A la première séance, on vous demande votre signe astrologique, votre ascendant, votre heure de naissance pour connaître la position des planètes à l’heure où vous mangiez votre première soupe… Que c’est compliqué ! Et cher surtout, puisque seul un élu, possédant ce don transmis de génération en génération, est capable de ressentir et facturer votre avenir avec autant d’acuité.

Je vous propose, chers lecteurs (puisque d’après mon outil de statistiques, vous êtes au moins deux désormais, dont ma mère), une nouvelle forme de divination, que vous pouvez pratiquer vous-même à toute heure. Un peu le “do it yourself !” de l’horoscopie.

J’ai appelé ça, dans un moment d’une totale absence d’inspiration, l”immatroscope“. Il s’agit, et pour la première fois en France puisque Google est muet sur ces termes, de lire et découvrir votre horoscope dans les plaques d’immatriculation des véhicules que vous croisez. Les pauvres qui prenez le métro, cet article n’est pas pour vous (de toute façon votre avenir est assez régulier et pessimiste).

Les véhicules que vous croisez en roulant sur le périphérique, en descendant votre rue ou avec lequel vous êtes entré en collision, tous possèdent a priori une plaque d’immatriculation. On va supposer que la répartition des plaques est isotrope au sein de votre région, même si cette approximation n’est pas tout à fait vraie dans l’absolu1.

Ce qui est utile dans la plaque de votre voisin, ce sont les lettres prisonnières entre les chiffres de part et d’autre, chiffres qui ne sont pas pris en compte pour l’établissement de votre horoscope.

Les règles sont les suivantes :

  • Les lettres peuvent représenter des initiales ou des mots complets
  • On peut placer autant de voyelles que désiré entre les lettres si ce sont des consonnes (un peu comme l’hébreu ou l’arabe)
  • L’interprétation peut soit être évidente (on rejoint madame soleil), soit inspirée des grands prophètes bibliques (on rejoint les allégories et les hyperboles)
  • Il est tout à fait possible (et même conseillé) de fournir une interprétation à partir de plusieurs plaques distinctes
  • Enfin, toute interprétation vit au dépens de celui qui l’écoute

Un exemple, un exemple !

Exemple 1 : simple


Ca va mal se terminer…

Exemple 2 : composé

 
Votre fils Kevin va vous annoncer qu’il est homosexuel.

Exemple 3 : homérique

 
Encore une sale journée… (geeks only)

Désormais, Byalpel’s day sera le premier blog français à vous fournir un immatroscope régulier. Stay tiouned !

Ah oui, j’oubliais : si vous comptez maîtriser l’art de l‘immatroscopie, pensez également à prendre rendez-vous avec votre psy dans la semaine.

Notes :

  • Si vous avez des plaques intéressantes, n’hésitez pas à me les envoyer.
  • Si vous avez un nom plus indiqué qu’immatroscope, je prends à des conditions financières intéressantes
  • Je décline toute responsabilité en cas d’accident si vous essayez de prendre des photos en conduisant, notamment en scooter !



1 : les plaques de votre département sont souvent proches, surtout si votre préfécture ne débite pas des voitures à longueur de journée…

Telle est la question
Le 08/11/2005 - 16:42

Je suis prolixe aujourd’hui, au bureau c’est assez calme par opposition à l’actualité, alors j’écris.

J’ai participé à un forum politique aujourd’hui, c’est une grande première. Le sujet était évidemment centré autour des événements actuels à savoir : faut-il brûler les racailles ou nettoyer nos voitures au Karcher ?

A travers les miasmes des intégristes de tout bord qu’il fallait d’emblée filtrer, un débat de fond était posé. Et inlassablement il a dérivé vers ce trou noir de l’information : pour ou contre les Etats-Unis ? Ou encore vers des réflexions stéréotypées du genre “les racailles ont des baskets Nike” ou “ils ne trouvent jamais de boulot donc ils tuent des vieilles”.

Je me suis finalement lancé dans ce forum en larguant ma bombe virtuelle :

Rappelez-vous des juifs francais qui ont été déportés et trahis par la France il y a 60 ans. A votre avis, n’y aurait-il du pas rester aucun juif en France apres ces événements ? Et pourtant, ils sont 800 000 (et 10 millions selons les islamistes) à vivre ici, intégrés, solidaires avec la France.

Ils ont eu des raisons de brûler des voitures quand on brûlait leur famille. Et ils ne l’ont pas fait.

J’ai lu une phrase d’un petit-fils de déporté qui m’a interloqué dans un article : “C’est parce qu’on aime la France”.

A votre avis, n’est-ce pas là le fond du probleme ?

Et là silence radio. Personne n’a pu répondre ou même tenir compte de ma question. De gauche, de droite, musulmans ou pas. Personne n’a osé avoir le courage de s’avouer que ces racailles cuistres n’aiment pas la France, veulent profiter du système solidaire sans être eux-mêmes solidaires du système. Des invités, voilà. Ils ne se sentent pas chez eux, alors ils peuvent dégueulasser la moquette et casser les assiettes. Et qui c’est qui trinque ? C’est Natanyahou Bibi.

Malheureusement, et par le truchement hautement manichéen des médias, le français moyen ne fait pas la différence entre ces enculés canaillous et les jeunes de banlieue qui se sentent Français et Républicains. Qui ont fait le compromis entre leur identité, leur religion et leur pays. Qui n’ont même pas besoin de discrimination positive parce qu’ils sont discriminés naturellement par leur éducation, leur volonté et leur intelligence.

Oui les Arabes et les Noirs ont des difficultés à trouver du boulot, un loyer, un prêt… Mais ce n’est pas à cause d’une certaine xénophobie (viscérale) des Français. C’est que l’amalgame entre les casseurs et les gentils est latent dans la tête de chacun et que parfois, certains en oublient de réfléchir pour succomber à cette facilité.

Ou alors il y en a trop ? Ca va je déconne.

Enfin, il faut aussi envisager le cas où un jeune, habillé de son plus beau costard Sergio Tacchini, rétorque à la responsable RH : “vas-y madame, j’adore votre boîte, elle m’fait trop kiffer”. Il ne faut peut-être pas y voir de ségrégation mais plutôt du bon sens, non ?

Je repose la question : les descendants des Juifs qui ont été spolliés, dénoncés, trahis, parqués, chassés, interdits de professions, assassinés en France vivent en France, totalement intégrés à la société française. Les Juifs et les descendants des Juifs qui ont émigré d’Algérie, de Tunisie et du Maroc cette année-là (c’était l’année 62) ont fait des efforts dantesques pour recréer une vie ici alors qu’ils ont tout laissé sur place.

Pourquoi ont-ils dépassé cette rancoeur et pas les habitants des cités ?

Le temps d’écrire cet article, voici qu’une réponse est apparue. Ci-dessous la réponse et la mienne :

M.
Je pense que le problème ne vient pas des arabes immigrés mais des fils d’arabes immigrés. Donc, comme le prévoit la loi, ils sont français. Mais comme personne ne les traite comme des français parcqu’ils ont une tête d’arabe et un nom d’arabe. Résultat, ils n’aiment pas cette france qui les rejettent

David
Ok je suis d’accord. Mais cette humiliation est-elle plus grave (et donc plus bloquante) que celle vécue par des fils de juifs francais trahis et assassinés par cette même France ?

Autrement dit, cette difficulté est-elle aussi insurmontable ? L’effort, le compromis ne sont-ils pas les valeurs à mettre en oeuvre pour continuer à vivre dans ce pays plutot que d’y mettre de la mauvaise volonté ?

Corollaire : s’ils n’aiment pas cette france qui les rejette, pourquoi ne vont-ils pas habiter dans un pays où ils seront à l’aise ? Regarde le nombre de juifs qui ont émigré en Israel ces dernieres années parce qu’ils devaient supporter un antisémitisme trop lourd a accepter… Pourquoi ne font-ils pas pareil ?

(j’ai bien une réponse, déja exprimée ailleurs : ils ne lèveraient pas le petit doigt au Maroc ou en Algérie ou ils se retrouveraient illico à la zonzon…)