En ce moment, il fait 9 degrés aux Antilles.
Décentralisons la tour centrale !
Le 24/10/2005 - 13:48

Quand j’étais à l’Université Jussieu, je faisais partie d’une association étudiante assez représentée sur le campus de Jussieu. Nos concurrents directs étaient, comme d’habitude dans le milieu estudiantin, l’UNEF-ID. Plus fort que l’UNEF donc, puisqu’il a des ID.

Dans cette fac de béton et d’amiante, remplie d’âmes errantes mais sans âme propre, se dressait comme un phallus stalagmitesque une tour haute de 24 étages, au centre du parvis, lui-même au centre de la fac.

C’est sans surprise qu’elle a été dénommée par tous, “la Tour Centrale“. Ce n’était pas lié à un manque d’imagination de la part des doyens successifs; simplement il était plus simple de lui attribuer un nom accessible à tous, sans effort cognitif intense.

C’est d’ailleurs pour cette raison que ma famille et moi-même avons longtemps appelé notre chat “le chat”.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’en France, on possède un stade nommé “Stade de France”. Sauf que ce dernier nom est copyright et a coûté une bagatelle de [chut] millions d’euros.

Un directeur des programmes de télévision étatique (si, si) parlait de temps de cerveau disponible, il y a fort à parier que celui des inventeurs du nom “Stade de France” était 100% full ce jour-là.

Revenons à nos moutons, éparpillés au sein de l’Université Paris VI et Paris VII.

Dans le journal de l’association diffusé mensuellement, et dont j’assurais à l’époque le rôle de rédacteur en chef, pigiste, infographiste (sur Word 2 !), photocopiste et agrafiste, un de mes amis avait intitulé son article “Décentralisons la tour centrale !”.

Sous ce titre incongru se tramait un article qui mettait en valeur certaines incongruités du fonctionnement de nos concurrents l’UNEF-PétroleID. En clair, il se foutait de leur gueule.

Cette association avait l’habitude, à l’époque, de vouloir défendre tous les citoyens de la fac (vu les dimensions particulièrement colossales de l’Université, les étudiants peuvent être appelés citoyens). Et nous de les entendre beugler tous les jours, devant l’entrée principale, pêle-mêle, des slogans du genre :

  • Les coûts d’inscription sont trop élevés !
  • Non aux amphis où les bancs sont trop serrés !
  • Il n’y a pas de jus de tomate dans les distributeurs, honte et scandale1 !
  • Les étudiants étrangers ont le droit de faire leurs études comme les autres !
  • Le Front National ne passera pas dans ma fac !
  • Cours avant 10h : spoliation de notre sommeil estudiantin !

Ah… Je me moque, mais c’est par nostalgie…

Bref, avec l’habitude de gueuler pour un rien, les loups passaient eux-aussi pour des moutons, moutons auxquels nous revenons immédiatement pour la suite de cet article.

“Décentralisons la tour centrale” était un hymne à la bêtise, une ode syndicaliste, un poème dédié à tous ceux qui se plaignent toujours de tout, ne sont jamais contents de rien, veulent toujours plus sans faire de compromis ni d’efforts, persuadés que si la loi du plus fort est toujours la meilleure (dixit La Fontaine ou Staline je sais plus), la loi du plus faible est forcément la plus juste.

Cette maxime peut être réutilisée dans des contextes similaires, pour nous forcer à réfléchir, c’est-à-dire avec notre cortex, et non à ressentir, c’est-à-dire avec notre thalamus : suis-je objectif dans ma vision des choses en considérant les multiples points de vue (cortex) ou suis-je embrigadé voire passionné par un sujet (minus thalamus) ?

Tiens, par exemple : la propagande est-elle uniquement l’arme des puissants ? Chomsky, dans son entêtement à viser les Etats et particulièrement le sien, devrait-il revisiter sa position tranchée pour prendre en compte les données géopolitiques actuelles ?

Deux articles intéressants sur “la loi du plus faible” : celui-ci est géopolitique et date de 20 ans, celui-ci est plus ludique.

Depuis ? Ben depuis, les associations d’étudiants sévissent toujours dans les Universités et je regarde ce passé derrière moi, en repensant aux affiches collées et surcollées les journées d’élection, aux discussions sans fin pour convaincre quelques étudiants égarés de voter pour nous, aux pancartes aguichantes multicolores, aux conseils d’administration soporifiques…

Heureusement que ce temps-là est révolu !



1 : titre du dernier single de Madness (les pogo-tistes), shame and scandal. Un tube.

Dieudo contre Denzel
Le 03/10/2005 - 11:18

Le vendredi c’est social.

Dans ces fameux toilettes (voir les précédents articles) m’est venue la pensée suivante : aux Etats-unis, il y a de très bons acteurs noirs. Et une palanquée en plus.

Je continue de penser que Don Cheadle est l’un des plus grands. D’abord parce que j’avais vu Dites-leur que je suis un homme il y a quelque temps, et puis tout récemment Hôtel Rwanda (il faut avoir vu ces films !).

Ma pensée chiottesque du jour était : pourquoi n’existe-t-il pas d’équivalent en France ? Je pouffe d’avance pour ceux qui pensent à Légitimus, Mouss Diouf ou Kavanagh. Non je parle de vrais acteurs. De la trempe de Morgan Freeman ou Samuel Jackson (ou Chris Tucker, moi j’aime ce mec :) ).

Finalemernt, pas la peine de me frotter les méninges, la réponse a été abordée dans sa globalité sur ce forum (si vous avez 10 minutes à tuer, lisez-le, il est très instructif !). Sinon il y a cet article et celui-là.

Les idées essentielles si vous êtes pressés : aux Etats-Unis, la communauté noire est mieux représentée qu’en France, grâce/à cause de la politique de discrimination positive. En France, les Noirs ne misent pas sur une carrière au cinéma car ils sont rembarrés dès les castings.

J’en retire en fait deux informations supplémentaires, que je vous divulguerai après ce court message personnel : je ne remercierai jamais assez le Ciel pour m’avoir fait rencontrer M. Diop (alias la poutre du Cameroun), ex-compagnon de croix d’étoile chez Air Liquide. C’est lui qui a initié, éclairé et suscité mon intérêt pour la culture, l’histoire et la musique noires (enfin une certaine catégorie de musique noire, j’écoutais quand même Michael Jackson quand j’étais petit). Voilà, c’est dit.

Première information qui va faire rougir Lapalisse : quand on n’est pas Noir, on n’est pas Noir.
Autrement dit, on ne connaît vraiment rien de la culture et de l’histoire des autres -et parfois même on s’en fout- sauf si on est pleinement immergé dedans, ou si on la chance de rencontrer des personnes qui savent vous communiquer cet intérêt (d’où mes remerciements liminaires). Evidemment il faut être un brin ouvert sinon le transfert ne se fait pas.

Je ne parle pas de connaître au sens intellectuel mais émotionnel. En effet, tout le monde peut dire “il y a de la ségrégation à l’embauche des Noirs et des Arabes” ou “en France, l’antisémtisme a été flagrant ces cinq dernières années”, sans pour autant l’intérioriser et ressentir ce que peuvent vivre ces individus ou cette population. Alors que pour comprendre, ressentir la douleur, vivre le génocide rwandais, il faut une certaine tournure d’esprit, une envie de savoir et surtout une façon de s’identifier (je suis très câblé Rwanda en ce moment. Quand je pense que la seule chose que connaissent les jeunes français de cette barbarie, c’est les chansons de Corneille…).

J’ai la sensation que l’appréhension des sujets d’actualité, des films, des débats avec cette vision “rééquilibrée” m’a rendu plus complet, plus humain sans pour autant m’avoir fait perdre mon identité. Disons que cela m’a permis d’affiner mon mécanisme de projection.

J’espère, dans cet élan d’amour fraternel pour tous les hommes, que j’aurai réussi à transmettre également un début d’intérêt pour la culture et l’histoire juives (autre que “la vérité si je mens”) à ceux que j’ai eu l’occasion de croiser au cours de ma vie professionnelle et personnelle.

Deuxième information (il faut avoir lu le forum pour suivre) : il est toujours très difficile d’écrire sur des sujets apparemment banals sans être taxé de racisme. Moi-même, quand j’écris Noir ou Arabe, je mets une majuscule. C’est plus prudent, ils sont chauds ces Africains (ça va, je déconne).

C’est dingue combien il faut être prudent pour ne pas froisser les sensibilités de chacun à l’écrit,surtout lorsqu’on est anonyme sur un forum Internet (même si on est de bonne foi !). Même si les Juifs ont l’habitude de l’auto-dérision et apprécient les blagues -orales- sur leur tradition/culture/vente en gros, je reconnais moi-même frémir sur certains termes ou certaines expressions dans les forums ou dans des articles.

Dieudonné s’est essayé au jeu et s’est misérablement planté. On pourra discuter pendant des heures du cas, je persisterai vigoureusement : ce gars “se trompe de colère”, pour citer Brassens.

Oui il faut un combat pour déjà reconnaître et améliorer la situation des Noirs en France ! Oui il faut reconnaître ce que les “blancs” ont fait aux “noirs”, de manière générale. Oui il faut lutter contre les injustices, même au Proche-Orient.

Mais pourquoi avoir monté en épingle le conflit israélo-palestinien d’une manière aussi ridicule ? Pourquoi ensuite avoir sombré dans l’antisémitisme primaire ? Il ne faut pas se leurrer, il suffit de lire les forums de soutien à Dieudonné pour voir la population qui l’encourage : ce ne sont pas (pour la plupart) des individus blessés par leur condition défavorisée mais des personnes aigries, violentes et ignorantes.

Dans un de ses sketchs, Dieudonné avait dit : “un monde dans lequel tout le monde serait beau, tout le monde serait [je sais plus quoi] et tout le monde serait métis”. Croit-il être le premier à prêcher l’universalité ? N’est-ce pas démagogique d’entendre “libérons tous les peuples qui souffrent” ?

Et enfin, le fait qu’il fasse un bras d’honneur “au peuple élu”, qu’il fasse une liste nominative de personnalités juives devant 5 000 personnes assoiffées et qu’il représente un “colon” en nazi à la télévision ne donnent pas à croire que Dieudonné est le bras de la démocratie et de l’ouverture vers l’universalité mais plutôt d’un racisme primaire, le même auquel ses pairs/pères ont été confrontés.

Pour finir sur une note optimiste, Michel Jonasz avait déclaré en riant, lors du fameux Taratata en 1997 (avec Al Jarreau et le Golden Gate Quartet en invités) que (je cite de mémoire) “les Juifs et les Noirs ont un point commun, ils ont toujours chanté dans la souffrance”.

Puissions-nous chanter encore longtemps ensemble dans la joie et le respect mutuel. Hallelouya.

Architecte mes fesses, épisode 2
Le 29/09/2005 - 14:55

Le début de l’article est ici.

De la même manière qu’un metteur en scène (ou réalisateur) est en permanence en communication orale (quand ce n’est pas autre chose, vive le chaud biz) avec l’ensemble de la population du projet de film en cours, un architecte (ou donnez-lui le nom que vous voulez) est censé être au carrefour conversationnel des différents intervenants du projet. Il devient le chef d’orchestre, l’huile du moteur, el fluidificator.

Alors, voilà, je me suis dit, un parallèle à faire : plutôt que la métaphore éculée de sa mère sur le BTP, pourquoi les projets informatiques ne se dérouleraient pas dans un ambiance, avec une méthode et une organisation inspirées du cinéma ?

Le mode itératif court, communicatif à outrance, architecte au coeur des développements, documentation initiale suffisante mais sans toutes les précisions “inutiles” des spécifications etc etc. Ca vous rappelle pas la bonne vieille rengaine du XP-Programming (think agile !) ?

Mais bon, comme le dit Jean-Paul Sartre, “les comparaisons c’est comme le sexe, à un moment faut arrêter1.

Lorsque je parlais du mode “oral et implicite” très adapté au cinéma, je précisais que la communication devait être limpide et précise (orale) et suffisamment engageante pour un intervenant motivé (implicite). Dans le cas de projet informatique, ne rêvons pas, ce mode n’est pas suffisant pour un grand nombre de raisons :

D’abord, en informatique, souvent de part la nature des contrats qui lient les clients et les fournisseurs sociétés de service (forfaits), les livrables sont essentiellement des spécifications écrites validées, tamponnées, juré-craché-tu-raques-un-avenant-si-tu-changes-une-virgule. Ce qui, comme d’habitude, paralyse totalement la communication client/fournisseur mais surtout l’avancée des projets; on est loin de la souplesse de la circulation orale décrite pour le 7ème art.

Et puis oh! L’informatique c’est du sérieux ! Le cinéma, c’est pour les dépressifs, les drogués et les homosexuels. En informatique, on doit être organisé et structuré. Plus il existe de documents descriptifs, plus le projet est ambitieux, bien construit, évolutif, maintenable et autres balivernes.
Les entreprises dinosauresques sont encore loin du mode de fonctionnement que j’évoquais plus haut parce qu’elles considèrent (enfin… presque tous les informaticiens considèrent) que “rien de tel qu’une bonne doc claire et précise pour décrire ce que l’on veut faire/sait faire”.

Ben moi je dis que c’est de la connerie, qu’en 2005 on a des media bien plus évolués pour certains types de besoins (rappelez-vous cet article, bien commenté par mes ex-collègues). C’est dur d’écrire ça quand on a l’âme d’un conservateur conformiste réactionnaire.

Autres points non communs entre le monde de l’informatique et celui du cinéma, en vrac :

  • Le taux de réussite d’un projet de film est de l’ordre de 95%. Pour un projet informatique, on est en-dessous de 50%.
  • La capitalisation technique dans le monde du cinéma est assez faible (une maquilleuse n’a pas besoin de savoir refaire 1000 fois la peau de Hulk) et plus ou moins compartimentée (seuls certaines activités impliquent une technicité forte, comme les effets spéciaux par exemple). Dans un projet informatique, c’est essentiel voire vital.
  • Le film est un produit fini, qui ne bouge quasiment plus une fois produit (sauf DVD, fins spéciales etc.). Quant à un projet informatique…
  • Et le point le plus critique : les intervenants du cinéma sont des personnes passionnées. Les informaticiens sont des personnes privilégiées (pensez au ratio de nos horaires/salaire !) assises confortablement sur un fauteuil à attendre que la journée se passe en consultant leurs mails personnels, à chatter avec les copains et à écrire leur blog. Comment voulez-vous qu’un projet puisse être géré de manière dynamique, réactive, implicite ?
  • Amuse-toi ! Cherche encore des différences entre ces deux domaines.

Un dernier point : un producteur de cinéma ne fait pas appel à une SSII pour ses films mais à des intermittents du spectacle. Est-ce le futur statut des informaticiens ? (et pour un avenir plus noir, relire J.M. Truong, le successeur de pierre). S’ils étaient payés au lance-pierre et sur la sellette à chaque projet, peut-être les informaticiens s’impliqueraient-ils à fond.

Voilà, c’était mon dernier article sur l’informatique. J’ai récemment lu un grand nombre de blogs de personnes que je ne connaissais pas mais dont la qualité d’écriture, la sincérité et la finesse m’ont beaucoup touché, bien plus que ces conneries sur “accroche-toi au Java, je retire l’EAI”. Et plus ça va, et plus je me rends compte que l’informatique m’ennuie…

Je retourne désormais à mon style initial, la recherche de soi à travers des méthodes rigoureuses et sérieuses.

Désolé les geeks.



1 : c’est pas vrai, c’est de moi.

Le pouvoir des pointes dans l’arbre des possibles !
Le 21/09/2005 - 15:40

Dans ce scĂ©nario sur le site de “l’arbre des possibles”, dĂ©couvert grâceà cet article d’Olivier Regout, je dĂ©couvre avec joie une expĂ©rience qui me renforce dans mon idĂ©e de pouvoir des psychopointes.

Ce qui me rappelle un article que j’avais lu dans une revue mĂ©dicale (le quotidien du mĂ©decin) de ma mĂ´man, qui est gynĂ©cologue (il va falloir me faire confiance sur le contenu, je ne pourrai pas la retrouver aisĂ©ment… La revue, pas ma mère, malins ! Par contre un article similaire en anglais est disponible) :

Dans un premier temps, l’article expliquait les mĂ©canismes de fĂ©condation in vitro (FIV) : vas-y que je te prends des ovules chez la femme, vas-y que je te prends du sperme chez l’homme, [petite musique brĂ©silienne], on remue tout ça en rythme et on rĂ©injecte le(s) ovule(s) fĂ©condĂ©(s) chez la future maman.

Jusque-là, de la science pure.

Puis l’article continuait sur un thème Ă©difiant pour une publicationà caractère scientifique : de l’influence de la prière sur les rĂ©sultats de la FIV. Parce que ce que je ne vous ai pas dit, c’est qu’il y a un certain temps avant la rĂ©injection du ou des ovules chez la future mère. Et qu’il se peut Ă©galement que le shake shaky-baby ne fonctionne pas.

Alors il y a très fortà parier que des parents qui basent leur dernier espoir d’avoir un enfant sur un cocktail brĂ©silien aient tendanceà prier pour que D.ieu leur accorde enfin une descendance (ici un exemple sans moquerie)

Pour tester l’influence de la prière sur les rĂ©sultats de la fĂ©condation, les auteurs de l’expĂ©rience ont eu recours aux mĂ©thodes habituelles de statistiques (tests contre placĂ©bo, tests en double-aveugle, etc.). Aucun d’entre eux n’appartientà une religion particulière (mĂŞme si tout le monde sait que “tous les mĂ©decins sont juifs”).
Bref, aucune raison de douter a priori scientifiquement de l’Ă©tude.

L’idĂ©e : faire prier alĂ©atoirement des personnes croyantes (et non les parents), pour certaines Ă©prouvettes.

Et l’article de conclure ce rĂ©sultat incroyable : il y avait plus de fĂ©condations dans les Ă©prouvettes pour lesquelles il y a eu prière. Qui l’eĂ»t cru (à part Lust) ?

Les rĂ©sultats Ă©taient,à l’Ă©poque, prĂ©liminaires. Depuis, beaucoup se sont insurgĂ©s contre ces rĂ©sultats, souvent en discrĂ©ditant les auteurs de l’Ă©tude et les mĂ©thodes utilisĂ©es, criant au charlatanisme.

Ben moi j’aurai la facilitĂ© d’en rester convaincu.

Le pouvoir des pointes (suite)
Le 11/09/2005 - 10:37

Le début de cet article est ici.

De la même façon qu’il est possible électriquement de rassembler des particules énergétiques et de créer des interactions spatiales locales (attraction, répulsion), il doit être possible d’interagir sur un capital énergétique local (ce qu’on appelle une aura), voire global.

En effet, imaginons qu’en se concentrant très fort, certains éléments méta-physiques (au-dessus de la physique, pas surnaturels) puissent être influencés. Une formule magique prononcée avec ferveur par exemple : abracadabra. Evidemment, cela fait sourire parce qu’on imagine mal (merci Einstein) qu’un simple frottement psycho-électrostatique puisse générer suffisamment d’énergie pour transformer une grenouille en prince charmant (rappel : E = MC2).

Pourtant, d’une part rien ne dit que dans le monde psycho-électrostatique (que nous appellerons désormais monde des psychopointes), cette formule soit encore valable. Et d’autre part, même si elle l’était, rien ne nous permet -encore- de mesurer l’énergie occasionnée par les psychopointes, qui pourrait s’avérer gigantesque.

Prenons un exemple plus concret, qui ne doit pas forcément parler aux plus athées/infidèles d’entre vous : la prière.
Imaginons qu’elle soit un moyen de concrétiser ou d’attiser l’énergie des psychopointes. Evidemment, une prière isolée ne confère qu’une énergie limitée (c’est une pile 1,5V) mais une prière en groupe, en phase, permettrait de rivaliser avec des transformateurs industriels.

Ainsi, par exemple, encore aujourd’hui, les offices religieux dans une synagogue ne s’effectuent qu’à partir de 10 personnes. Le Temple de Salomon (détruit il y a plus de 1500 ans) pouvait regrouper un nombre très important de fidèles qui communiaient dans une même ferveur. De façon similaire aux lois électrostatiques, la répartition spatiale (le Temple situé à Jérusalem, sur une ligne terrestre magnétique particulière) peut être combinée aux effets de l’énergie psychopointe.

Ma conclusion : cette ferveur instantanée doit permettre d’influencer d’une façon quelconque un environnement extérieur, de manière localisée, par une communication magnétique particulière de type “psychopointes”.

On déduira de cette conclusion qu’il n’est nul besoin de D.ieu dans l’équation, la prière permet de favoriser la ferveur/concentration nécessaire vers un but attendu. Ceux qui veulent franchir l’étape de la foi s’interrogeront sur la possibilité d’influencer globalement l’environnement extérieur à l’aide d’une énergie ultime.

Pour rattacher cet article au précédent, reprenons l’exemple du joueur de casino. Parce qu’il est chanceux, on peut le représenter comme étant bercé d’une aura positive (des ions +). Lorsqu’un spectateur lui fait remarquer sa chance, selon la ferveur (l’intention) qu’il met, on peut suggérer qu’il émet des ions - (il est jaloux par exemple) et dans ce cas, cette aura est annulée ou qu’il émet des ions +, voire neutrons (si ses intentions sont franches) et que cela n’impactera pas notre joueur. Selon “la puissance de feu” de notre spectateur et celle du joueur, le résultat peut varier. Je vous renvoie au film “The Cooler” où est présenté un employé de casino porte-poisse aux joueurs trop chanceux.

Bien sûr, il s’agit d’une pure spéculation. Comme les mouvements browniens des gaz, ces interactions au quotidien sont invisibles et très difficilement observables à l’oeil nu. Bien sûr, j’ai connu des croupiers de casino qui défiaient toutes les probabilités. Bien sûr, à chaque fois que je confie à quelqu’un “elle est belle ta cravate”, il ne la salit pas dans la demi-heure. Bien sûr, il est difficile de mettre en évidence des règles précises.

Bien sûr.
Pourtant, on peut imaginer que :

  • Les voyants ou médiums peuvent ressentir des “choses” à l’aide cette aura ou énergie psychopointe (en lecture seule par contre)
  • Les croyances de “l’oeil” (poisse) sont extrêmement tenaces dans les pays orientaux et beaucoup d’entre nous (je parle aux maghrébins) ont d’innombrables exemples à raconter où la cravate a été badigeonnée d’oeuf ou de mayonnaise dans la foulée… Ces faits même anodins ne peuvent être imputés à une prédisposition psychologique de la victime (comme je t’ai maudit, alors tu t’y attends et malgré toi, tu te mets en position de te prendre des coups) puisque certains faits sont totalement hors de portée de cette dernière.
  • L’influence des psychopointes est de nos jours réduites par notre manque de pouvoir de concentration/ferveur (il est difficile de trouver le mot juste). Dans les anciens livres, seuls les grands prêtres, les magiciens et les sorciers étaient capables de tels miracles (en dehors des charlataneries et fanfaronnades classiques). Comme l’intelligence brute, on doit naître avec un potentiel psychopointe, qui peut être amélioré et optimisé ?
  • Et la loi de Murphy ?

Bien sûr cela peut faire sourire parce que ces “théories” sont tout simplement extravagantes. Notre croyance ancrée dans le déterminisme scientifique nous pousse à croire volontiers à l’électrostatique physique et non à la théorie des psychopointes.
Pour ma part, je pense que nous ne sommes pas assez outillés (mûrs ?) pour ce type de théorie.

Avant la découverte de l’attraction magnétique des corps, beaucoup voyaient de la sorcellerie en lieu et place de simples règles physiques élémentaires. De la même façon, nos aïeux ont toujours cru que la météo était un caprice des dieux (on ne va pas en faire un fromage) et qu’il était impossible de prévoir quel temps il fera demain. Tout ça c’était avant Gillot-Petré.

Peut-être que, de la même manière, cette “science” trouvera-t-elle écho dans l’avenir, faisant de moi le Hari Seldon1 des psychopointes ?

L’anecdote finale

Il doit exister un capital “chance” (la chance est simplement une énergie psychopointe positive) pour chaque personne, qui en moyenne doit être stable et proche de la neutralité (on ne peut pas jouir toute sa vie). En instantané toutefois, il doit être possible d’observer des pics d’énergie positive (trouver un billet de 500€ par terre) ou négative (perdre un billet de 500€ dans la rue).

De la même façon qu’il existe des filtres magnétiques, ne pourrait-on pas imaginer des filtres psychopointes ? Bien sûr, de la même façon que l’énergie mécanique se conserve pour un système isolé, tout gain “artificiel” d’énergie doit être compensé par… une tuile. L’intérêt de ce système repose sur la définition (et surtout la réalité) des gains et des tuiles : si pour gagner 7€ au loto israélien lors de mes vacances, j’ai dû perdre toutes mes parties de cartes le jour-même, je pense que le filtre était plus ou moins bien positionné.

Ce qui me fait peur, c’est si je gagne 117 millions d’euros au loto, combien de parties de belote vais-je devoir perdre ?



1 : Hari Seldon, inventeur de la psychohistoire dans Fondation, d’I. Asimov

Stateless et Stateful sont dans un bateau…
Le 11/08/2005 - 21:12

Petit rappel pour les non-geek

Stateless (sans état) et Stateful (avec état) sont des termes utilisés dans l’informatique pour indiquer qu’un composant possède une mémoire ou non.

Un composant sans état est plus simple à mettre en oeuvre et effectue la même action mécaniquement, lorsqu’il est sollicité par un autre composant.
Par exemple, “consulter son solde” est une opération qui ne nécessite pas d’état : une fois le solde renvoyé au composant initiateur, tout est oublié.

Un composant à état est plus complexe car il acquiert un “contexte” (sa mémoire) lié au composant solliciteur. Il ne peut donc pas être partagé par plusieurs composants en même temps.
Par exemple, “gérer un panier de commandes” est une opération à états : le panier doit être consultable à tout moment par un unique acheteur.

Il est évident que la mise en place d’une architecture à base de composants à état est plus complexe qu’une architecture à base de composants sans état. La “mémoire” (dans les deux sens du terme) est dans ce cas le frein à la mise en place d’une architecture scalable.

Souvent, la lutte entre les deux types de composant se solde par la victoire des composants stateless.

Extension du domaine de la lutte

En essayant de transposer cette réflexion au comportement humain et sa relation à la mémoire, on pourrait de manière très arbitraire et fatalement fausse opposer les deux conceptions qui vont suivre. Pourtant, cette représentation catégorique permet d’ouvrir un débat :

  • L’individu stateless : pas de mémoire longue (le poids du passé est faible, limité à la conscience collective et aux principes moraux de base), l’ensemble de sa réflexion est résolument tourné sur le présent (présent = avenir, mais c’est encore un autre débat)
  • L’individu stateful : il apporte une importance extrême aux événements du passé, la trajectoire à venir étant un prolongement estimé (au sens des outils d’estimation) de celle passée.

Je vous avais prévenu, c’est une dichotomie pas très propre.

Où tu veux en venir bon sang ?

J’y arrive.

A discuter avec des personnes de tous les milieux (sociaux, culturels, religieux, professionnels) et en zestant avec des livres de science-fiction, je me pose une question qui paraît banale : jusqu’à quel point sommes-nous (et devons-nous être) liés à notre passé ?

Les individus stateless et certains livres de science-fiction prônent souvent un affranchissement complet de ces règles, à chaque nouvelle génération. Autrement dit, les valeurs (au sens large) évoluent, et pour qu’elles soient optimales (optimales pour l’époque donc) il faut se libérer des contraintes passées, forcément inadaptées.

Par exemple, les dogmes doivent être évacués car archaïques. Il faut respecter les enfants, les professeurs d’école leur doivent du respect. Les moeurs évoluent, la morale aussi.

Les individus stateful et peu de livres de science-fiction affirment que sans point d’ancrage dans le passé, la société sombre dans la débauche et la luxure. En effet, même si ce n’était pas forcément plus rose avant, ça ne pouvait pas être pire que maintenant, à cause d’une dégringolade intellectuelle/spirituelle à chaque nouvelle génération. Seuls des fondements historiques/divins/empiriques solides garantissent la pérennité des générations à venir.

Le capitalisme a remplacé le collectivisme, le drague & drop1 a remplacé le mariage et donc détruit l’harmonie familiale (un père, une mère), Zizou a remplacé Einstein, la guerre atomique a remplacé… la belle guerre stratégique.

Sans parler des religieux qui ont compris que sans la Vérité spirituelle de [mettez votre religion ici], non seulement vous n’obtiendrez jamais le Paradis mais vous contaminez votre descendance, ad vitam eternam.

Alors bien sûr, nous sommes tous un peu des deux types d’individu, et pourtant, essayez de valoriser votre attachement au passé et ce que vous en retirez :

  • Les précédentes guerres vous laissent-elles insensibles ? A quoi sert le défilé des vétérans du 14 juillet ? Doit-on sans cesse se remémorer la Shoah ? Hiroshima ?
  • Quels sont les préjugés raciaux/sociaux/culturels que vos parents/aïeux avaient et que vous contestez ? Que vous conservez ?
  • Constatez-vous une dégration intellectuelle des nouvelles générations ou au contraire un nouveau souffle ?
  • A quel âge votre fille sortira-t-elle avec un garçon ? Vous parlera-t-elle de ses problèmes sexuels ? Dormira avec son copain du moment dans la chambre mitoyenne à la vôtre ?
  • La démocratie est-elle un aboutissement spectaculaire de notre passé ? Une parenthèse dans l’histoire ? Une supercherie ?
  • Doit-on être ferme avec les enfants à l’école ? Chez soi ? Faut-il tout expliquer aux enfants ? Pour les punir, faut-il les frapper ?
  • Les médias doivent-ils tout dire ? Ou a-t-on besoin de tout savoir ?
  • Faut-il suivre un seul maître faillible ou une myriade d’avis pour se faire (quand c’est possible) une idée ? (La réponse à cette dernière question n’est pas si évidente qu’elle en a l’air. De même que les enfants ont besoin de structure, de directives et d’interdits, les individus moyens ont besoin d’orientations manichéennes. Ce qui fait le beurre mais la médiocrité des médias “de masse”).

Je vous laisse méditer sur ces considérations hautement philosophiques, bonnes vacances à tous !



1 : complètement copyright celle-là !

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : Stupidisco - Junior Jack - VA - Now Dance 2005 (3:40)]
Le pouvoir des pointes (page 1 sur …)
Le 04/08/2005 - 02:42

Pour entamer ce sujet brûlant mais passionnant, je voudrais commencer par un petit soulagement personnel : DJO, :fuck: .

Cette formalité liminaire effectuée, développons ce sujet qui fait écarquiller les yeux de tout bon occidental, plus précisément si le siège de son employeur se situe au 50 avenue des Champs-Elysées. Dorénavant, le monde entier connaîtra le secret du “pouvoir des pointes”.

Chapitre 1 : un peu de théorie

Le pouvoir des pointes est un terme qui évoque pour certains la physique élémentaire, pour d’autres des pratiques que la morale réprouve. Dans cet article, nous allons évoquer vos souvenirs de la classe de troisième (sauf pour nos amis lecteurs illettrés ou impubères et vu la génération actuelle, souvent les deux en même temps).

Au laboratoire, expérimentation.
Lorsque vous frottiez une règle en epoxy et que vous l’approchiez de petits bouts de papier, que se passait-il ? Les bouts de papier se collaient temporairement sur la règle. C’est une des conséquences de l’électricité statique, ou électrostatique : en frottant la règle, on a déplacé les charges (les ions pour les intellos, les gluons pour les fans de Téléchat) localement, et l’attraction électrique faible (les ions + attirent les ions -, les ions + repoussent les ions + etc) a fait le reste.

La précision “localement” est de mise : si vous retourniez la règle, aucun papier ne restait accroché (à moins de s’appeler Gérard Majax).

Le pouvoir des pointes est aussi une des conséquences de l’électrostatique : il y a une plus forte concentration de charge sur les “pics” ou pointes. C’est d’ailleurs le principe de fonctionnement des paratonnerres.

Si vous êtes un peu paumés, je vous conseille de lire cet article et son explication.

Voilà, je suppose que maintenant vous êtes à jour. On peut poursuivre.

Chapitre 2 : la superstition orientale

Je ne suis pas spécialiste du sujet, vous trouverez de nombreux ouvrages ou sites de référence sur le net. Mentionnons quand même certains faits.

Je délimite volontairement les orientaux par les habitants historiques du Moyen-Orient et de l’Extrême Orient. On peut y inclure l’Afrique du Nord mais pas l’Afrique Noire, que je ne connais pas du tout (à part quelques bassistes renommés et Nelson Mandela).

Il est très courant pour ces peuples de croire à certaines superstitions, plus ou moins extravagantes. Je ne parle pas ici des chats noirs, des pattes de lapin et des échelles mais plutôt de “la couleur rouge éloigne le mal” (Chine), “ne pas coudre un habit sur la personne-même, on ne coud que sur les morts” (Algérie), “QQQ” (QQQ), “on ne met pas ses doigts dans son nez” (International) et surtout, le fameux “oeil”, traduit selon les populations par poisse, mauvais oeil, ‘ayin, malchance etc.

Qui n’a jamais entendu la phrase : “tu vas nous foutre la poisse” ? Certes elle est assez lointaine littéralement du “tu vas nous porter (nous mettre) l’oeil” moyent-oriental puisque le mot poisse signifie une matière molle, collante et visqueuse.
Ces deux expressions expriment pour autant la même idée, celle qu’une personne suscite une situation de malchance à son entourage.

Alors on va me dire : tout ceci est de la pure superstition. D’une part, ce sont des croyances anciennes, proches du mysticisme. Et d’autre part, rien ne peut prouver la véracité de la portée de cet “oeil” (je rêve du datawarehouse qui stockerait ce genre d’infos).

J’aquiesce.
Toutefois, ne pas confondre mysticisme et mystique. A notre époque sur-rationnelle, on a bien envie de se débarrasser de toutes ces croyances ignares et semble-t-il désuètes. La Science et le déterminisme induit joue un rôle fondamental dans le rejet de ces superstitions. Les relais médiatiques ajoutent le vernis pour entériner des choix qui auraient pu se placer à un niveau philosophique mais que la bêtise de la génération rabaisse à des questions essentielles comme “faut-il coucher le premier soir ?”, “maigrir de 20 kg : est-ce raisonnable ?” ou encore “DJ MC : nouveau rapeur de l’année ?”.

Cette petite digression est nécessaire pour introduire au lecteur une vision moins partisane des événements de notre vie. Je pense ainsi que les médias (et la société en général) ont favorisé l’individualisme et la consommation égoïste, détournant ainsi un ensemble de valeurs des temps plus anciens, jugés rébarbatives et archaïques. Ces préceptes et les valeurs morales passées à la trappe, il n’y a qu’un pas pour imaginer que l’Homme est régi uniquement par des lois physiques tangibles et par conséquent, soumis à la seule force de sa propre morale, ou de celle qu’on aura édictée pour lui.

Certes, cette vision aurait pu être réjouissante dans un monde idéal. Mais ce n’est pas tout de suite que les loups dormiront avec les agneaux. Mais c’est un tout autre débat, à aborder dans un futur article.

Revenons à cette fameuse poisse et illustrons par un exemple type. Vous jouez au casino, et vous gagnez un petit pécule à la roulette. Un type à côté de vous murmure : “vous en avez de la chance ce soir, dis donc !”. Que répondez-vous ?

  • Réponse A : “oui et je vous emmerde”
  • Réponse B : “c’est vrai je suis très chanceux, rien de grave ne m’arrive dans ma vie”
  • Réponse C : “mais non, allons, vous allez me porter la poisse/l’oeil” (et vous le maudissez intérieurement)
  • Réponse D : “oui, je peux vous offrir un verre ?” si le type est pulpeuse

Perso, je réponds C. Parce que je crois au pouvoir des psychopointes.

La suite au prochain numéro. Stay tuned (restez tunisien !)

[Quand j’ai écrit ça, j’écoutais : A celle qui dure -M- (3:45)]
RĂ©tablissons la peine de mort !
Le 24/07/2005 - 13:18

Sous ce titre accrocheur se cachent finalement les banalités suivantes (pattern Paris-Match : tout est sur la couverture) :

Il y a des cas de force majeure oĂą l’on aimerait se greffer un pistolet laser dans le bras (merci Cobra) pour rĂ©gler des conflits anodins.

Desproges prĂ´nait l’extermination des mercières et l’Ă©masculation des architectes paysagistes.

Moi je vois d’autres cas oĂą une guillotine express ferait l’affaire :

  • Les gars qui roulentà 50 sur le pĂ©riphĂ©rique, ouà 70 sur la file de gauche alors qu’il n’y a personne devant eux
  • Dans le mĂŞme genre, ceux qui roulentà 10 sur toute la rue en sens unique (là, vous bouillez), freinentà l’approche d’un feu vert (vous ĂŞtes au bord de l’explosion), mais passent au rouge quand mĂŞme en accĂ©lĂ©rant brutalement (vous le traitez de sale … de fils de … de sa race).
  • Les personnes qui parlentà très haute voix avec leur tĂ©lĂ©phone portable dans le bus ou dans le train, pour raconter leur misĂ©rable vie
  • Les gars qui utilisent leur chignole ou tondeuseà gazon le dimanche matinà 8h
  • Les mères qui foutent des tartesà leur mĂ´me dans les supermarchĂ©s pour un rien
  • Les femmes qui se garentà cheval sur deux places (en voiture, pasà cheval)
  • La coiffeuse qui t’a fait une coupe de merde et qui te dit “vous ĂŞtes bien comme ça !”
  • Les gars qui bouffent du popcorn comme des porcs au cinĂ©ma (suggĂ©rĂ© par DJO)
  • Le mec qui a conçu les pubs M&M’s au cinĂ©ma
  • Etc.

Ami lecteur si tu en vois d’autres, on monte un club.

Faut-il émasculer le personnel SNCF ?
Le 22/07/2005 - 18:42

Situation 1

Il est 7h15 du matin, vous prenez le train pour Niort (toute ressemblance avec une personne connue de ce blog est purement volontaire). Vous avez 2h15 à tirer, vous en profitez pour piquer un petit roupillon (et non comme vous auriez pu le comprendre, pour tirer).

7h18 : vous fermez les yeux
7h21 : sonnerie en trois temps. Un bâtard vous annonce que vous êtes dans le bon train (une fois parti, c’est malin). Vous refermez les yeux
7h27 : sonnerie en trois temps. Un autre bâtard vous annonce que le bar est ouvert. Vous refermez les yeux
7h48 : putain de sonnerie en trois temps. Le même bâtard que précédemment vous annonce qu’au bar ils ont des glaces Haägen Dasz. Vous refermez les yeux en maugréant.
8h31 : putain de putain de sonnerie en trois temps. Bâtard 1 vous annonce qu’on arrive à Poitiers. Bâtard 2 reste calme. Vous moins.
8h35 : idem sur la sonnerie. Bâtard 1 fait son office pour 3 minutes d’arrêt.

Et le même scénario recommence entre bâtard 1 et bâtard 2 à toutes les escales, c’est à dire Saint Maxent sur mes fesses puis Niort.

Vous avez dormi comme un loir, loir qu’on aurait attaché à l’arrière d’une voiture.

Situation 2

Il est 17h57, vous prenez le train pour Paris. De Niort, oui (coïncidence ?). Vous avez 2h15 à tirer et comme il n’y a pas de filles disponibles, vous en profitez pour mater un film.

18h03 : le générique commence. Manque de bol vous ne l’entendez pas car la saloperie de sonnerie qui annonce un bâtard (pas forcément le même que précédemment) vous assourdit.
20h20 : vous êtes arrivés mais vous n’avez pas compris tout le film, ponctué par des alertes sauvages et des bâtards sauvageons.

Que faire ?

  • Faire un rapprochement rapide entre la qualité du nouveau logo SNCF et le personnel de bord ? Non. L’appellation bâtard dans cet article est affectueux et ne fait pas appel à une consonnance péjorative. Ou alors un peu, mais parce que je suis énervé.
  • Filer du fric à la SNCF pour qu’ils modifient les hauts-parleurs des trains : ils grésillent et ont une bande passante inférieure à celle du téléphone ! Alors qu’ils expérimentent des relais Internet sur certains TGV !!
  • Prendre son mal en patience, comme toujours : les grèves, les retards, les suicides, les explosions…

Y’a qu’un seul mec du personnel SNCF qu’est pas un bâtard, c’est John Kevin.

L’axiome du choix
Le 15/07/2005 - 18:07

Pour Ă©tayer mon propos :

Les références

L’explication mathĂ©matique. Celui qui n’a pas compris ne doit pas avoir honte.

Le lien philosophique. Celui qui n’a toujours pas compris ne doit pas avoir honte non plus, mais un bref voyage vertical par la fenĂŞtre du 3ème està envisager.

Reprenons pour l’essentiel ce passage :

Axiome du choix=introduction de critères physiques en mathématiques.

En effet tous les objets d’une collection sont Ă©quivalents du point de vue de la propriĂ©tĂ© considĂ©rĂ©e, et il est impossible d’en choisir un selon des critères objectifs. L’opĂ©ration qui consiste, Ă©tant donnĂ© un ensemble non videà en extraire un Ă©lĂ©ment n’est pas fondĂ©e mathĂ©matiquement et fait donc intervenir des critères contigents humains simplicitĂ©, proximitĂ©, première idĂ©e…).

En fait ce n’est pas l’axiome du choix (existence d’une fonction de choix, ou le fait que l’ensemble des fonctions de choix est non vide, ce qui est Ă©vident) qui est en cause, mais plutĂ´t son utilisation : l’extraction, parmi cet ensemble, d’une fonction de choix particulière. Le problème rĂ©side plutĂ´t dans la rĂ©daction usuelle de ce raisonnement (”il en existe -> j’en prends un”) que dans le raisonnement lui-mĂŞme, puisqu’un raisonnement formel Ă©crit d’un boutà l’autre “l’ensemble des … est non vide” et non “j’ai pris un …”.

Dernière rĂ©fĂ©rence : cet excellent article de blog (en anglais) sur les choix d’architecture ping pong.

Ca sent le geek, mais le message est profond par-delà l’informatique : nos choix sont conditionnĂ©s par des visions absolutistes. De manière sous-jacente, il en rĂ©sulte une remise en question systĂ©matique des choix extĂ©rieurs, s’ils ne sont pas conformesà une certaine vision du monde (informatique le cas Ă©chĂ©ant).

Note au passage : ceci suppose que l’on est (ou l’on se considère comme) intellectuellement de niveau identique ou supĂ©rieurà la personne dont on critique les choix. Les moutons ont rarement manifestĂ© contre le traitement anti-syndical de certains chiens de berger.

Et maintenant, Ă©largissons.

L’anecdote qui fait dĂ©border le vase

Lors d’une discussion mondaine rĂ©cente (un barboc chez des amis), le sujet a dĂ©rivĂ© sur une connaissance commune.
Cette jeune fille, m’apprenait-on, avait rencontrĂ© un garçon plagiste en vacances et est sortie avec lui pendant deux jours.
Une fois rentrée, elle ne jurait que par lui et a décidé de passer une semaine chez lui pour ses prochaines vacances, le mois suivant.

Les remarques ont fusé, pour la déclarer finalement irresponsable et irréaliste.
Nous de faire remarquer (mon esprit de contradiction et moi) que la circonstance est certes irrationnelle, mais que, sait-on jamais, cela peut sĂ»rement dĂ©boucher sur une longue et heureuse histoire d’amour.

En dehors de cette incroyable histoire (durant laquelle mon rĂ©quisitoire a Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©, mes dĂ©tracteurs arguant une immaturitĂ© et une inconscience liĂ©esà la foisà ma condition masculine Ă©goĂŻste et intrinsèquement hormon-oriented, età ma propensionà toujours chercher cette fameuse petite bĂŞte), il faut quand mĂŞme poser le dĂ©bat.

En rĂ©alitĂ© c’est la première Ă©tape (le choix) qui est hasardeuse. ThĂ©oriquement, la suite ne l’est plus puisqu’elle est conditionnĂ©e par les efforts et les compromis de chacunà maintenir une trajectoire Ă©quilibrĂ©e.

Le tout est de savoir si l’on est capable d’assumer ce choix.

L’axiome du choix est dĂ©pendant du temps

Bien vu Einstein.

Choisir un conjointà 20, 30 ou 40 ans ne fait pas intervenir les mĂŞmes circuits de dĂ©cision, logiques et charnels (aka intellectuels et physiques).

  • A 20 ans, il me semble que ce choix est en grande partie passionnel (27% logique, 73% charnel selon le Gartner).
  • A 40, la proportion est inversĂ©e dans des rapports plus nuancĂ©s (36% logique contre 64% charnel)
  • A 30 ans, tous les critères interviennent en proportions plus ou moins Ă©gales

Explications :

  • A 20 ans, on recherche un alter ego que l’on aime et avec qui l’on partage le maximum de choses.
  • C’est d’ailleurs pour cela que la plupart des couples se forment vers cet âge (bien sĂ»r 20 ans, c’est 24-25). Mais est-ce que ce choix est le plus raisonnable ? Surtoutà notre Ă©poque oĂą le mariage est dĂ©crit comme une cellule de prisonà Fleury-MĂ©rogis : y’a la tĂ©lĂ© dans la chambre mais on est enfermĂ© toute sa vie.
    Combien de couples que je connais se dĂ©clarent leur flamme Ă©ternelle et finissent dans l’enfer des sĂ©parations et des gardes d’enfant, juste parce qu’ils ont choisi leur conjoint par amour ?

    Je ne remets pas en cause ici ce choix attention ! Ce serait bien triste et terriblement irréaliste.
    Mais je me dis que cette fonction de choix est hasardeuse, tout autant que d’aller passer une semaine chez un plagiste Ă©tranger. Et que, sur le principe, tout devrait concourirà la catastrophe (45% de divorces prononcĂ©s, en France en 2003, source : INSEE). Ce n’est pas totalement le cas pour des raison exposĂ©es plus loin.

    Ce qu’il faut en retenir c’est que mĂŞme sur un choix a priori instable, un choix a Ă©tĂ© fait.

  • A 40 ans, on recherche la stabilitĂ©
  • A un âge mĂ»r, on prend conscience de l’existence, surtout si l’on a des enfants. Le choix se porte d’avantage sur des critères tangibles, l’amour n’est plus la fougue de la jeunesse mais un sentiment de stabilitĂ© et de plĂ©nitude. C’est caricatural bien sĂ»r, mais cela montre que le choix dans ce cas est au contraire, peu hasardeux. La grille de dĂ©pouillement est bien plus pragmatique.

    Alors choix contrôlé certes mais choix quand même.

  • A 30 ans, c’est un mix des deux (comme disent les jeunes)
  • La cĂ©libataire de 30 ans la plus reprĂ©sentative est certainement Bridget Jones pour beaucoup d’entre nous. On a tous hochĂ© la tĂŞte en disant “‘tain c’est marrant, ça me rappelle quelqu’un…”.

Toutefois, autour de moi, j’ai rencontrĂ© un très grand nombre de cĂ©libataires qui n’ont rienà envierà RenĂ©e Z. (que personnellement je trouve laide et idiote dans ce film) et qui pourtant ne trouvent personne. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle nous avons montĂ© le Teamquizzz : faire se rencontrer des cĂ©libataires aguerris mais Ă©chaudĂ©s aux soirĂ©es loose, aux speed-datings, aux voyages organisĂ©sà des prix prohibitifs etc.

Le dilemne avec cette population c’est qu’elle ne fait pas de choix. Ou alors des choix court-terme, mais rien qui n’engage vraiment. Parce qu’il y a toujours, obstinĂ©ment, une variable qui ne rentre pas dans les cases :

  • Ce n’est pas un parangon de gĂ©nĂ©rositĂ© ! (comprendre “c’est une barre !”)
  • On a couchĂ© trop vite ensemble (comprendre “c’est une fille facile”)
  • On n’a pas couchĂ© ensemble (comprendre “c’est une filleà problèmes”)
  • “Je ne sais pas pourquoi, j’accroche pas, pourtant il/elle est vraiment gentil(le)” (comprendre “t’en as pas un(e) autreà me prĂ©senter ?)

Ce qui est certain, c’est qu’à cet âge, on recherche encore le grand amour qui vous concocte un petit dĂ®ner aux chandelles le soir de votre anniversaire, qui vous ramène sans protester tous les soirs chez vous,à Mantes-la-Jolie, qui ne va pas aux toilettes (non, non) et avec qui vous pouvez discuter pendant des heures et des heures depuis le nouveau forfait SFR MillĂ©nium…
Mais aussi qui est bardĂ© de diplĂ´mes/surfeur winner/papa poule, bien Ă©levĂ©, très drĂ´le mais très fin, très très beau sinon ça sertà rien, pas attirĂ© par les autres filles mais pas indiffĂ©rentà mes charmes, pas vulgaire (ne se gratte pas les … en public) etc.

J’ai transcrit la vision masculine, pardon les girlz.

Et là je dis halte ! Zoll !

Faire un choix et l’assumer, c’est comme crĂ©er de la masseà partir de rien, ça demande beaucoup d’Ă©nergie (encore merci Einstein).

A 20 ans, ce choix n’est pas entièrement rĂ©flĂ©chi mais il a le mĂ©rite d’exister. Si tous les couples formĂ©sà cet âge ne se disloquent pas, c’est surtout parce que ils mobilisent une gigantesque Ă©nergie pour le maintenir. Cette Ă©nergie est le travail quotidien de remise en question, de tolĂ©rance, d’assouplissement et de respect du conjoint. Pour eux, l’amour est le ciment, pas la brique.

A 40 ans, le choix est en grande partie logique, mais il demande également de gros efforts : refaire une vie pour certains, lâcher ses propres habitudes ou accepter et tolérer celles du conjoint etc.

A 30 ans, les cĂ©libataires sont des flemmards. Ils veulent du tout-cuit, en correspondance avec le modèle qui leur est servià la tĂ©lĂ©vision, dans les supermarchĂ©s (heureusement y’a Bolino), par les opĂ©rateurs Internet (forfaits sans engagement) ou de manière gĂ©nĂ©rale, par notre sociĂ©tĂ© qui pousseà la consommation.

Chaque “prospect” est soupçonneux (on s’Ă©pie !), toute maladresse est fatale, tout manque est incurable, toute odeur est suspecte.
La peur de s’engager, de faire une erreur, de ne pas convenir, de [n’importe quoi] bref, tout Ă©lĂ©ment rĂ©flĂ©chi contribueà Ă©viter de faire un choix dĂ©finitif.

Ce qu’indique l’axiome du choix, c’est : peu importe l’Ă©lĂ©ment choisi, il faut bien en choisir un ! Bien sĂ»r, le choix d’un conjoint n’est pas aussi mathĂ©matique, mais l’idĂ©e est limpide (dans certains milieux, ce sont les parents qui arrangent les mariages sur des critères objectifs et pas forcĂ©ment vĂ©naux : renommĂ©e intellectuelle, sociabilitĂ©, milieu familial etc. Les mariĂ©s ne s’en portent pas forcĂ©ment plus mal - mĂŞme s’il est difficile d’avoir des informations fiablesà ce sujet - parce que chacun joue et assume son rĂ´le).

Evidemment, il y a des Ă©lĂ©ments rĂ©dhibitoires (”elle refuse toute relation sexuelle avant la mĂ©nopause”, “c’est la troisième fois qu’il relit Mein Kampf”, “oui monsieur, une architecture souple c’est une architectureà base de web services uniquement” etc.) mais la plupart sont surmontables.

Une fois ce choix fixĂ©, il faut se donnerà fond et aller au bout de la dĂ©marche.

Ceci est particulièrement vrai pour les choix informatiques (cf. article mentionnĂ© ci-dessus) : il ne sertà rien de remettre tous les prĂ©cĂ©dents choix en question parce qu’un nouvel architecte/chef/connard a la solution miracle, susurrĂ©e par le Gartner et relayĂ©e avec une distorsion naturellement induite par les sociĂ©tĂ©s Ă©ditrices.

On capitalise sur ce l’existant, et on fait de son mieux avec les moyens du bord.

C’est aussi vrai pour le choix du conjoint : après tout, qu’avez-vous, vous,à apporterà l’autre ? Vous ĂŞtes Brad Pitt ?

Dans le monde de l’informatique, ça se dit : vous ĂŞtes Martin Fowler ?