La question qui me hante est la suivante : lorsque j’écris ce blog, est-ce que je l’écris pour moi ou pour que les autres me lisent ?
Le fait que le blog soit disponible en ligneà tout moment fausse l’interprétation de ce choix.
Pour expliciter le titre de cet article, reprenons l’expérience -théorique- de Mister Schrödinger.
Plaçons un chat dans une boîte opaque. Plaçons-y également un élément chimique et deux électrodes disjointes, reliéesà un transformateur de 200 000 V. Ou 300 000 V, cela n’a pas d’importance en fait..
La propriété de cet élément chimique est qu’il a 50% de chances d’être conducteur au bout d’un certain temps, ce qui libèrerait le courant électrique et tuerait immédiatement le chat.
Si nous ouvrons la boîte après ce temps, nous trouverons le chat dans un des deux états suivants : vivant OU mort.
Si nous n’ouvrons pas la boîte après ce temps, nous trouverons le chat dans quel état ? vivant ? Peut-être. Mort ? peut-être. Son état est donc indéterminé, et défini par la probabilité de libération de l’élément chimique.
Et M. Schrödinger de conclure que ” l’observation d’une expérience perturbe irrémédiablement ses résultats “.
Il en est de même pour le blog et ma question associée : le fait que le blog soit lu perturbe mon interprétation du choix ” j’écris pour moi ” et ” j’écris pour les autres “.
Pour illustrer de manière moins scientifique mais tout aussi crédible ce doute, ci-dessous un extrait de mes réflexionsà ce sujet :
T’as vu le temps que t’as passé pour le rendre présentable ton blog (je te tutoie, désolé) !
Je ne vois pas le rapport ! je skinne mon blog joliment parce que j’aime le design. Je ne dis pas qu’il est beau mais…
Pourquoi développes-tu ce sujet spécifique sur ton blog ? Je veux bien croire qu’il soit un doute ou que cela reste flou dans ta tête, alors garde-le pour toi et ne l’écris pas !
C’est très simple : cela me permet de poser les idéesà plat et d’y réfléchir “à froid ” (elle te parle cette expression) ?
Ah ah ah ! Alors pourquoi écris-tu cette réflexion en mode
et
? Tiens, voilà que je suis dans ma phrase…
Ca n’a jamais tué personne de mettre un peu de style. Je n’allais pas écrire en mode MEMO non plus !
Alors sois un homme pour une fois, mets cet article en mode caché (lecteur, si tu lis ça, c’est que ce lâche ne l’a pas fait)
Gros bêta ! Si je le fais, cela prouvera que je réagis par rapportà mes lecteurs !
Ah donc, il y a bien des lecteurs ! Tu avoues !
Potentiels. Lecteurs po-ten-tiels. On réfléchit tout haut là. D’ailleurs, je n’ai jamais publié l’adresse de ce blog…
Mais avoue que tu comptes bien le faire (je suis dans ta tête tu ne peux pas me mentir, hyark hyark)…
Pourquoi pas ? Il y a bien des gens célèbres qui livrent leurs mémoires au public. Mais l’ont-ils écrit pour le public ou pour eux-mêmes ?
Ta mauvaise foi t’étouffe !
Ce n’est pas moi qui suis tout rouge !
Tu vas voir si tu vas pas être rouge, tiens !
Mais que .. ?
Nous interrompons la diffusion de ce dialogue amical entre mes deux hémisphères, pour des raisons techniques indépendantes de notre volonté (
tu vois tu écrisà tes lecteurs espèce de !) et nous rendons l’antenne,à vous les (
aargh !).
Actuellement j’en suis resté sur cette métaphore : on peut comparer le choix d’écrire un blog pour soi ou pour les autresà la masturbation et la relation sexuelle.
La masturbation est un plaisir personnel, mais jamais confrontéà l’autre, ce plaisir est donc restreint et puéril. Se masturber devant tout le monde est immature et malsain.
La relation sexuelle est un plaisir partagéà deux. On veut prendre son pied mais également que l’autre en profite aussi. Parfois tu en as conscience et tu t’appliques pour l’autre soit heureux (et fidèle), parfois tu veux juste tirer ton coup pour ton propre plaisir (ah, cette vision masculine !!).
Ainsi,à mon sens, écrire un blog pour soi est malsain et inutile du fait que le blog est destinéà être lu. Ecrire ses plus folles envies juste pour soi mais en espérant qu’elles seront lues relève de l’ exhibitionnisme …
Ecrire pour les autres uniquement me semble aussi vain, parce que l’autre, le public, les lecteurs, les internoutes, profitent au détriment de l’auteur. Dans ce cas, l’auteur est soit particulièrement altruiste, soit en manque cruel d’existence. Sauf s’il est égocentrique et mégalomane, ce qui le range en plus au niveau des masturbateurs exhibitionnistes précédemment décrits.
Exercice : dans quelle catégorie rangez-vous l’auteur ? (
tu vois j’avais raison !)










