Parfois je retiens ma respiration pendant 124 secondes.
Dura lex dans tes fex
Le 19/03/2007 - 07:07

Ceux d’entre vous qui ont suivi mes péripéties facétieuses avec la sainte justice de notre pays verseront probablement une petite larmichette en parcourant rapidement les deux scans suivants (les moins crétins et les plus myopes d’entre vous cliquent pour agrandir).

Byalpel 1 - Etat mère 0.

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai enfin une date pour passer mon code.

Il existe certains phénomènes humains qu’une logique déterminée et rationnelle ne peut invariablement appréhender : la loi de Murphy, l’épanchement avide des coiffeurs ou des gardiennes d’immeubles, et la volonté farouche de pas dévoiler la date à laquelle on passe son code, sinon ça porte malheur c’est bien connu.

Pour prouver au monde entier que je n’y crois pas un seul instant (je parle du code, le reste c’est aussi tangible que l’ouverture de la Mer Rouge), je vais dévoiler ici-même la date et l’heure à laquelle je repasse l’examen théorique du permis de conduire.

Il s’agit du 14 avril 2007 à 12h30.

Les paris sont ouverts, je pense que je le serai aussi (tout vert) si je le rate après cette attente inespérée (plus de 8 mois en piéton).

Les documents ci-dessus ont prouvé qu’il existe une justice terrestre (lente mais juste). Le 14 avril prouvera-t-il qu’il y a une justice divine là-haut sur la montagne ?

Vous le saurez en priant pour moi chaque jour, et en versant une obole de 34€ à l’adresse suivante :

Sauvons Byalpel du piétonnisme
11 rue des acacias
97500 La Guadeloupe (34€ fois le nombre de lecteurs, je me barre illico en Guadeloupe)

Je vous laisse, j’ai un métro à prendre.

Enfin du sexe sur ce blog !
Le 14/03/2007 - 19:37

Connaissez-vous l’adresse d’une quincaillerie qui pourrait me fournir rapidement :

- un fusil à plomb
- 340m de fil barbelé
- des menottes
- un bracelet électronique (comme dans les prisons)
- un forfait de téléphone portable limité à 30h par mois
- et 7 burkas de couleur sombre

C’est une fille !

L’échographie l’a bien montré : notre byby sera une poupinette.

Je flippe, je l’avoue.

Comment ça marche les filles ? C’est de sexe féminin ?
Et puis elle va se faire draguer, embobiner, entourlouper, séduire, emmerder par des voyous.

Et quand je pense à comment j’ai été trop bon en drague plus jeune, je ne veux pas penser à ce que des cinglés boutonneux, difficilement plus habiles que moi certes, mais sait-on jamais (le Seigneur est trop bon), vont utiliser comme stratagèmes fumants ou fumeux pour l’approcher, la faire sourire et plus si affinités.

Je flippe.

Et puis elle va ruiner ma carte de crédit. Je suis sûr que les échographistes téléphonent immédiatement aux call-centers de Zara, H&M et Gucci lorsqu’elles diagnostiquent une fille, histoire de leur fournir “de la visibilité sur quarante ans”…

Et Free va nous désabonner : l’offre de téléphonie gratuite illimitée a ses limites. Et là, plus d’Internet, plus de blog.

Sans rire, ça fait peur. Comment je vais lui expliquer qu’il faut croiser les jambes quand elle porte une jupe une robe purée comment ça s’appelle déjà ? une jupe ? Et le positionnement moral : une fille c’est pas pareil qu’un garçon, comment je vais lui expliquer ça sans la brider ? (Seigneur, tu tiens ta revanche là)

En attendant, je suis vraiment vraiment heureux.

D’abord les filles ça adule leur père. Et puis on va pouvoir jouer à la Barbie, lui acheter des tas d’habits trop mignons (histoire de l’entraîner jeune déjà) et lui apprendre à brancher du câble Ethernet 10/100 sur un switch.

Suis-je bête, j’oubliais ! Dès 8 ans, les filles peuvent déjà desservir et faire la vaisselle. C’est toujours ça de pris !

Des ptits trous
Le 05/03/2007 - 21:02

(je n’ai rien √©crit depuis 10 jours. Ma vie en ce moment c’est m√©tro BOULOT dodo. Vivement le baby, √ßa me fera m√©tro BOULOT caca)

Je jure que ceci est une histoire vraie. Incroyable mais vraie, pour parodier l’ancien bourreau d’enfants Jacques Martin.

8h40. Je suis dans le m√©tro ligne 1, pour me rendre √† mon bureau ch√©ri, sur les Champs-Elys√©es. Oui car si je suis riche, c’est aussi parce que ma bo√ģte est riche. Pourtant mon boss n’est pas juif. Comme quoi, il en faut.

Champs-Elys√©es Cl√©menceau annonce la voix m√©lodieuse de l’autre folle enregistr√©e. En face de moi, une jolie jeune fille au regard vif. D’origine asiatique. Cheveux raides bruns, yeux bleus p√©tillants, un corps passable (non je d√©conne) un corps normal. Constitutif d’une fille quoi.

Je la regarde distraitement, je l’aper√ßois rire sous cape en me fixant. Quid, je m’interroge : soit j’ai du dentifrice au coin de la l√®vre et elle se fout de ma gueule, soit c’est encore une cingl√©e (j’attire √©norm√©ment les cingl√©es, “qui se ressemble s’assemble” confiait Lorie √† son pouf), soit c’est la femme de Superman (r√©f√©rence √† la cape).

Et l√†, contre toute attente, elle s’approche de moi et elle me dit, je jure que c’est vrai : “excusez-moi, vous n’avez pas un blog ?”

Je reste interloqué au troisième degré. Ca doit se voir car les badauds alentour me dévisagent.

- Euh pardon ? hasardé-je à tout hasard
- Oui, vous n’√©crivez pas r√©guli√®rement sur un blog ?
- Euh… si mais euh… r√©pliquai-je avec cet humour et cette r√©partie qui rendent ma compagnie tellement agr√©able. Les badauds exhibent un rictus explicite. Je suis couleur pivoine.

- Et vous ne vous appelez pas Byalpel ?

Pang. Elle l’a dit. Mes jambes flageolent, mes coucougnettes se r√©trecissent comme des cookies, mon regard est hagard (du Nord donc).

- Euh, oui.. Enfin ce n’est pas mon vrai nom vous savez… Mais comment… ?

Je ne finis pas ma phrase, mimant avec les mains et le visage mon interrogation subite. Je me surprends √† penser √† la lourdeur et √† la platitude de mes r√©ponses, je passe de pivoine √† poireau. Moi qui, d’ordinaire aurait rench√©ri par un sulfureux “bien s√Ľr poulette c’est moi” ou encore un paternaliste “appelle moi byby ma ptite“, je me retrouvais √† jouer √† Marcel Marceau devant un public hontophage et une jeune fan inconnue.

- Ben, je vous lis r√©guli√®rement… Et d’ailleurs f√©licitations, vous allez √™tre papa…

Elle a un sourire magnifique, blanc, lumineux. Je passe en alerte rouge, c’est-√†-dire que je repasse du poireau au pourpre clignotant.

Franklin-Roosevelt rappelle la voix digitale, probablement par indulgence pour mon inconfort.

- Oui, merci beaucoup… Je suis d√©sol√© je dois descendre ici mais… laissez un message si vous voulez… Merci encore… A bient√īt. Merci hein, merci…

Et la double porte de se refermer derrière moi et mes courbettes, laissant filer cette jeune fille radieuse sous mon regard ébahi, transi.

J’ai v√©cu la cons√©cration ultime du bloggeur. Je peux maintenant me faire √©craser par une rame de m√©tro, j’ai trans-exist√© le temps d’une station et demi.

Merci à toi jeune et belle inconnue !

(Al) Y’a de la joie
Le 20/02/2007 - 19:14

Les moments de joie véritable sont rares et précieux dans la vie d’un homme ou d’une femme. Le bonheur en comète de Haley…

Si vous deviez répondre à la question “quels sont les dix moments de joie les plus forts de votre vie ?”, vous seriez bien embarassé(e) ami(e) lecteur(e), car vous percevriez immédiatement le cynisme sous l’anodin : il existe une échelle dans les joies, et bien peu d’élues gravitent au sommet.

Dans la tradition juive, lors de la cérémonie de mariage à la synagogue, le marié brise un verre sur le sol. Ce geste, hautement symbolique, s’accompagne des paroles suivantes, issues des Psaumes de David et récitées en hébreu :

Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite m’oublie. Que ma langue se colle à mon palais […] si je ne te place pas au-dessus de ma joie.

L’explication avancée par les Sages est celle-ci : lors de tout moment de joie intense, et particulièrement lors du mariage, l’homme et la femme ne doivent taire la douleur de la destruction du Temple de Jerusalem il y a quelque deux mille ans. Et pour que cette sensation ne soit pas “feinte”, l’on casse un verre pour signaler une perte, une fissure, un vide.

Je me suis marié il y a plus de deux ans déjà, et j’ai brisé le verre.

Aujourd’hui je reviens de Jérusalem, que j’ai placée au sommet de ma joie.

Alors inutile de casser un verre dans ce moment de joie : je vais être papa.

Message personnel
Le 06/02/2007 - 00:38

MA femme, mes parents, mes beaux-parents, ceci est un message pour vous.


Les autres, vous pouvez continuer ici.

Petit week-end ski organisé par ma boîte. Top moumoute nickel : ski, soleil, spa, piscine, sauna, alcool, jeux de cartes, femmes nues etc.

Tribune pestilentielle
Le 27/11/2006 - 18:31

[Cet article est long mais grave. Prenez votre temps. Je n’√©crirai pas pendant quelques jours de toutes fa√ßons.]

Je vais vous la jouer comme Beckham classique : j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle, je commence par laquelle ?

87 % des sond√©s pr√©f√®rent commencer par la bonne, estimant que l’endorphine s√©cr√©t√©e par icelle att√©nuera la tristesse de l’annonce de la mauvaise. Nous allons tenter l’exp√©rience.

La bonne nouvelle

J’√©tais au fameux match PSG - Hapoel Tel Aviv du jeudi 23/11 dernier. Dans la tribune coll√©e √† celle d’Auteuil. Alors pour les n√©ophytes du football (dont je faisais partie il y a encore quelques jours), on distingue au Parc des Princes deux types de gros cons tar√©s √©cervel√©s : le kop de Boulogne, cr√Ęne ras√©, bras droit tendu, ce sont les nazillons dont la presse a abondamment parl√©. La tribune d’Auteuil, √† l’autre extr√©mit√© du stade, ce sont les gentils supporters, concons mais gentils. Ils sautillent en chantant gaiment des chansons, ils insultent l’√©quipe ext√©rieure mais apr√®s tout, on est au foot.

La bonne nouvelle est donc maigre, mais elle m’a terriblement ravi : Hapoel Tel-Aviv bat le PSG par quatre buts √† deux, quatre buts magnifiques devant une √©quipe du PSG f√©brile voire inexistante. Hapoel Tel-Aviv, √† poil PSG !

La mauvaise nouvelle

La mauvaise nouvelle, c’est que ce que vous a racont√© la presse est ignoblement faux. FAUX. Et je p√®se mes mots volontairement.

La presse a voulu nous et vous faire croire que le “d√©rapage” mortel de jeudi dernier √©tait d√Ľ √† la violence naus√©abonde (car brutale mais surtout raciste) d’un groupe de hooligans du kop de Boulogne. Certains titres sur le net fleurissent sous la bride “hooliganisme”.

Ceci, amis lecteurs, est FAUX. Je le redis encore une fois, ceci est archi-faux et quelqu’un se devait de le dire. Je pense que nombre de spectateurs dans le stade le feront √©galement sur les m√©dias idoines, mais je profite du support de mon blog pour l’affirmer encore une fois : le match de jeudi dernier ne s’est pas conclu par un affrontement entre des hooligans cingl√©s et furieux et un pauvre juif, aid√© courageusement par un policier martiniquais providentiel.

Ce match √©tait le plus grand d√©ferlement de haine anti-juive qu’il m’ait √©t√© donn√© de voir en direct live. Je le redis parce que vous devez √©carquiller vos yeux en ce moment : ce match √©tait le plus grand d√©ferlement de haine anti-juive qu’il m’ait √©t√© donn√© de voir en direct live.

Tout d’abord une pr√©caution. Ceux qui me lisent r√©guli√®rement interpr√©teront ce qui va suivre, j’en suis s√Ľr, positivement. Que les lecteurs ponctuels ou instables me permettent de pr√©ciser qu’il a toujours √©t√© pr√īn√© et vant√© ici le respect entre les peuples, et principalement le respect entre les hommes (ou femmes) quels qu’ils soient. Enfin, que cet article n’est ni un acte de propagande ni une histoire pour faire peur aux enfants lorsqu’ils sont trop bruyants. Juste un t√©moignage vrai et douloureux.

Peut-√™tre que tout ceci n’aurait pas eu lieu si le PSG avait gagn√©. Pour ma part, que cette √©quipe gagne ou perde, je m’en bats les roubignolles comme dit mon beau-fr√®re, 22 ans, fan du PSG et pr√©sent le soir du match. Peut-√™tre, admettons. Pourtant…

Nous √©tions un groupe de dix, deux filles, deux s√©niors, une rimbambelle de jeunes √©chelonn√©e de 35 √† 18 ans. L’un d’entre nous avait apport√© un drapeau isra√©lien, que nous avons agit√© timidement lors des deux derniers buts.

Juste derri√®re nous, la tribune Auteuil. En haut des gradins, des jeunes avec des drapeaux palestiniens et libanais exhib√©s avec fiert√©. Qu’est-ce qu’ils font l√† ? Qui comptent-ils narguer ?

Mais restons factuels. Pendant le match, je vois les insultes fuser entre le balcon haut et le balcon bas. Des doigts d’honneur √† tout bout de champ. Les supporters juifs fran√ßais sont d√©sign√©s, j’entends vocif√©rer des trucs incroyables, tellement incroyables que la s√©curit√© du stade est intervenue de mani√®re pr√©ventive pour emp√™cher des types de franchir des barri√®res pour jouer des coudes et des poings.

Le match se termine dans une minute. En sortant √† la d√©rob√©e, vous avez bien lu, nous avons d√Ľ sortir avant la fin du match, nous nous scindons en deux petits groupes pour ne pas attirer l’attention. Les supporters “mod√©r√©s” partent √©galement. Nous acc√©l√©rons la cadence. Nous sommes dehors, tribune G, √† deux cents m√®tres du m√©tro. La foule commence √† grossir, le match est termin√©. Des commentateurs de fortune pestent contre l’√©quipe pourrie et l’entra√ģneur qui devrait d√©missionner. La place est peu √©clair√©e, en retrait des routes principales. Nous baissons la t√™te et nous nous √©cartons des endroits sombres.

Et puis, ça a dégénéré.

On entend crier “Palestine“, “Ils sont o√Ļ vos drapeaux maintenant ?” ou “Allez les juifs, vous faites moins les malins maintenant !“. Les types sont derri√®re moi. Une √©charpe du PSG autour du visage ou du cou, ils cherchent l’altercation. Les embrouilles, la castagne comme on dit. Sauf que la castagne, √ßa peut √™tre pour ma gueule vu qu’ils sont juste sur mes talons.

Vous √™tes o√Ļ les juifs hein ?” continuent-ils √† brailler. C’est un groupe de jeunes arabes qui s’approchent d’une fille, probablement juive, qui t√©l√©phone et qui lui balancent une claque dans la figure. “Ils sont o√Ļ vos drapeaux hein ?“, je les entends dans mon oreille, je rentre la t√™te dans mon blouson, je m’√©carte sans courir et me dirige vers le m√©tro. Sur toute la route, pas un policier. PAS UN.

L’autre moiti√© de notre groupe avait avanc√© s√©par√©ment. Un p√®re avec ses deux enfants (18 et 20 ans), et ses deux gendres. A quelques m√®tres de la police, √† la porte de Saint-Cloud, Anthony (20 ans) se fait happer par un groupe de 4 jeunes. Ce ne sont pas des fachos, des skin heads, des lep√©nistes, non. Ce sont des fans moyens du PSG, arabes, haineux et d√©cha√ģn√©s. Anthony se prend des coups au visage et dans le ventre. La famille le r√©cup√®re tant bien que mal et se pr√©cipite vers la police, immobile, inactive. Ils sont att√©r√©s.

Je rentre chez moi par le bus, je me cache. Je le redis encore une fois : en 2006, en France, dans un bus public, je me cache d’√™tre juif de peur de me faire prendre √† parti (terme politiquement correct pour bastonner). Vous allez me dire : mais ce n’est pas √©crit sur ta figure que tu es juif ! Erreur, lourde erreur. D’abord j’ai un gros nez. Ensuite, j’apprends par un coll√®gue qui √©tait au match, non-juif mais supporter inconditionnel du PSG, que certaines personnes qui portaient le maillot PSG mais “d’allure juive” ont √©galement √©t√© frapp√©es.

La b√™te est revenue, chantait l’ami Pierre Perret. En pensant √©troitement aux fachos et leur t√™te pensante √† l’oeil de verre. Mais l’hydre a plusieurs t√™tes, et ce soir-l√†, c’√©tait un visage horrible que j’ai reconnu, celui de la haine sans concession d’acteurs du paysage fran√ßais que nous cotoyons quotidiennement. Ceux que les m√©dias appellent les jeunes ou les racailles, qui entretiennent et vouent une haine inconditionnelle √† ceux que les m√©dias pointent d√©licatement sous le terme “d’Isra√©lites”.

Vous ne le savez peut-√™tre pas, ami(e) lecteur(e), mais depuis quatre jours, je n’ai pas entendu un seul juif, PAS UN SEUL, qui n’ait pas parl√© de ce match, qu’il y ait √©t√© pr√©sent ou non. C’est une vraie d√©chirure, un vrai traumatisme que toute la communaut√© a ressenti depuis la semaine derni√®re et si les informations de 20h ou votre journal favori n’en parlent pas, il est grand temps que la v√©rit√© √©clate. A travers de nombreux t√©moignages comme le mien que vous trouverez probablement sur le net ou en vous adressant au juif le plus proche de chez vous.

Que faire alors ? Fuir, se barrer en Israel, au Canada, aux Etats-Unis ? R√©sister et se battre avec des gars du B√©tar ? Vivre la t√™te baiss√©e dans sa capuche, honteux ? Vous me croyez si je vous dis que j’ai une boule dans l’estomac et un noeud dans le coeur depuis quatre jours ?

Et le pompon sur le g√Ęteau : √† la sortie du match, j’entends un supporter √©clair√© d√©clamer “quels sales juifs, ils nous ont mis 4 buts”. Quelle ironie, ce ne sont pas des Juifs qui ont jou√© mais des Isra√©liens. Et les buts ont √©t√© inscrits par deux joueurs Arabes, ne serait-ce que pour prouver que cette vie harmonieuse est possible, et de surcro√ģt dans le sport.

Ben finalement j’aurais peut-√™tre d√Ľ commencer par la mauvaise nouvelle tiens. Ca nous aurait laiss√© un peu d’espoir sur la fin.

Parce que l√†, l’espoir…

S’il vous plaÓt !
Le 20/10/2006 - 17:17

Certains ne veulent pas me croire, mais je vous promets que je bosse beaucoup trop en ce moment. “Prisonnier du boulot” qu’il disait l’autre.


En haute qualité, disponible ici (11 Mo).

En flag !
Le 13/10/2006 - 14:31

Vous la connaissez cette sensation désagréable d’être pris en flagrant délit ?

- Rendez-vous dans dix minutes à la voiture, d’accord ?
- Ok je termine un mail et j’arrive.
- Chérie, on est déjà en retard, ne me fais pas le coup de…
- OUI OUI ne t’inquiète pas, rendez-vous à la voiture.
- Ok, à tout de suite chérie, je t’aime à la folie tu sais, pourquoi ne t’ai-je pas rencontrée plus tôt et …
- Ouais, ok ta gueule. Dans dix minutes. Clic !

(Soupir et las sentiment de solitude et d’isolement belle-île en meeeerr)

A ce stade de la lecture, si vous aviez parié une folle somme d’argent, vous seriez immensément riches. Evidemment qu’elle est arrivée en retard.

Par amour ou par peur des représailles, j’avais décidé de lui laisser “un peu de mou”, assis dans la voiture, mon livre sur les genoux. “Un peu de mou” signifie j’évite de l’appeler toutes les 2 minutes pour remonter son niveau déjà anormalement élevé de stress. Les thermonucléaires féminines, ce n’est pas très bon pour la santé. Surtout dans une voiture hermétique.

Et là, miracle du Ciel ou tentation du diable : un paquet de Haribo Dragibus grand format près de la boîte à gants. A demi-videpleinvidepleinvideplein !

Faust était un risible. Le supplice de Tantale une douce promenade d’après-midi au crépuscule d’une soirée d’été. Saint-Antoine (de Flaubert) un vrai saint.

Mais pas moi, au diable les varices ! J’ai attrappé ce sachet diabolique, l’ai retourné d’un geste souple et habile pour accueillir les gourmandises colorées démoniaques dans ma main afin de les projeter à des vitesses subsoniques dans mon gosier en émoi.

Après le prix Nobel de la paix décerné ce matin à un illustre inconnu, le prix de l’homme le plus maladroit de la terre m’a été remis pour “capacité à éparpiller tous les bonbons Dragibus dans la voiture en un temps record”.

C’est la panique. Je sens que ça monte. L’adrénaline dans mes veines, le désespoir et l’angoisse dans mon cerveau, et une pointe de plaisir masochiste dans… Bref, je sens que ça monte.

Taiaut ! L’heure est grave. Et elle tourne. Tel un hippoglouton vorace, je picore les dragées chimiques infernales à tatons et je les enfourne par poignées dans ma bouche. Le suc coule lentement dans ma gorge. Si Annie aime les sucettes, elle ne connaissait pas les Dragibus cette conne. C’est l’extase des papilles. Je ferme les yeux, je savoure lentement, tel un accroc à la mescaline en manque.

Clang !

- Excuse-moi chéri, j’ai un peu tardé. Ca va ?
- Hmm hmm…
- Qu’est-ce que tu as dans la bouche ?
- Hmm ??? ‘ien !
- Quoi ?
- ‘ien she t’ashure !

Je viens de faire 800 km de vélo à la vitesse d’une Porsche : mon coeur bat à tout rompre, mon visage est empli de sueur, j’ai les paupières qui papillonnent, mon cerveau qui tourbillonne et j’ai la chanson “Aline” dans la tête. Ce dernier point n’a pas de rapport avec le vélo, c’est juste pour expliquer mon état de stress considérable.

- Ah, t’as mangé mes Haribo ?

Roulement de tambour. Merde non, c’est mon coeur. Je sens que ça monte. Et quand ça monte chez ma femme, c’est pas bon signe. J’en oublie même peureusement son retard de cinq minutes.

- T’as bien fait chéri, je te les avais gardés pour toi parce que je t’aime.

Couic.

- Voilà docteur, et c’est à ce moment-là qu’il a eu son infarctus.

Appel ŗ l’aide
Le 27/09/2006 - 11:13

[Ceux qui ont lu le précédent billet savent que je ne m’émeus jamais. Et surtout pas lorsque j’assiste à un concert de violons. Amis parisiens et d’Ile de France, je vous conseille très grandement d’assister au spectacle Corps à cordes qui se joue actuellement au Théâtre de Paris. Ils sont drôles, ils sont talentueux, ils sont émouvants, ils sont exceptionnels. Et si je peux choisir ma prochaine réincarnation, je choisis la contrebasse.]

Ceux qui ont également lu d’anciens billets savent que je ne suis pas du genre à demander de l’aide aux autres. J’suis un mec moi, un vrai. Un peu désespéré aujourd’hui c’est vrai, mais je m’en sortirai tout seul.

– soupir –

D’accord je l’avoue j’ai besoin de vous, ami(e) lecteur(e). Mais toute passivité de votre part sera plaidable devant un tribunal pour “non-assistance à personne en danger”. Et vous aurez probablement mon suicide sur la conscience. Et la peste bubonique, les hémorroïdes purulents et la rétrodiarrhée(*) s’étendront sur vous et votre famille pendant des générations (oui, j’ai relu la Bible récemment).

Croyez-vous en la Providence ?

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma femme. Elle a 25 ans. Elle est toujours aussi belle, drôle, intelligente, douce et accroc des fringues que quand je l’ai connue. Evidemment, un quart de siècle, ça se fête. Enfin, je ne vois pas pourquoi dans ce cas, 24 ans (un cinquième de siècle) ne serait pas fêté avec la même exubérance et la même hystérie mais partons de cet axiome plébéien : “25 ans, ça se fête”.

Pourtant ce matin, à cinq heures précisément, ma femme m’a quitté. Elle est partie en claquant la porte. En me laissant seul, agonisant dans mon lit.

Je fais bien le tragique hein ?

Elle est partie bosser pour trois jours à Lyon. Et moi j’ai un mal de gorge d’enfer. Faut pas dramatiser hein. Et les filles faut pas en profiter pour vous pointer chez moi, ma belle-mère a installé des webcams dans des angles impossibles.

C’est là qu’intervient la Providence, et toi très cher(e) lecteur(e). Trois jours de distance, mon coeur est brisé certes, mais c’est également un délai supplémentaire pour trouver un cadeau d’anniversaire.

Il existe trois passages difficiles dans la vie d’un homme : la circoncision, la bague au doigt, le cadeau d’anniversaire à sa femme. Pour citer à nouveau la Bible : “Et l’Eternel maudit l’Homme parce qu’il avait mangé le fruit défendu : tu gagneras ta vie à la sueur de ton front et ta femme te prendra les trois quarts. Et si tu continues avec tes conneries, je la rendrai susceptible sur son cadeau d’anniversaire. Si J’étais à ta place, Je déconnerais pas.”

On est d’accord les mecs, il a déconné ?

Voilà, j’en suis réduit à mendier votre aide : je vous en supplie, je suis à genoux, je vous conjure de m’aider. Une idée de cadeau d’anniversaire pour ses 25 ans. Il me reste 48 heures de stress et d’angoisse à passer avant qu’elle rentre (elle n’a pas accès à Internet, je peux donc me confier à vous fidèle lecteur(e)).

Proposez-moi des idées, s’il vous plaît. S’il vous plaît. Pas des irréalistes, ni des stupides, ni des trop excentriques. Pour le budget, j’aviserai ensuite (on n’est pas à 5 000 € près). Mais lâchez-vous. C’est une question de vie de couple ou de mort en célibataire.

Celui ou celle qui me fournira la meilleure idée gagnera un cadeau ! Si c’est une fille qui gagne, je referai appel à vous gentil(le)s lecteur(e)s pour m’assister dans le choix du cadeau évidemment. Illustration parfaite de la mise en abîme.

En vous remerciant, comme disent les jeunes (de 25 ans).



(*) : cad, une diarrhée régurgitée

Licence to kill !
Le 17/09/2006 - 22:09

Je vous parle d’un temps que seul le moteur de recherche de ce site peut connaître : Paris, en ce temps là..

Vous avez tout intérêt à lire ce billet (drôle et bien écrit, déjà) pour comprendre celui d’aujourd’hui. Pour résumer pour les fainéants et les connexions bas-débit, deux policiers zêlés m’ont infligé un retrait de 7 points sur mon permis de conduire, menaçant par-là ma fébrile stabilité routière (j’ai péché dans ma jeunesse, et ce procès-verbal risquait furieusement de m’imposer le statut dégradant de piéton).

Ca a payé. Pour le Ministère de l’Intérieur, s’entend.

Depuis un mois, c’est le calvaire que je vis. Obligé de restituer mon permis à l’agent de la préfecture, comme si je rendais ma nationalité française. Obligé d’emprunter le transport en commun, avec la plèbe, le bruit, les odeurs, les sales gueules, le temps de trajet, les correspondances… Obligé de laisser ma femme faire les courses toute seule pour rapporter quelque trentaines de kilos lorsqu’elle embarque de la lessive dans son caddie cassé.

Bref, donc, je n’ai plus de permis. Depuis trente jours exactement et pour encore cinq long mois.

Les railleurs penseront “enfin un danger de la route” mis hors d’état de nuire. Pas de bol, j’ai encore un vélo. Et un fusil mitrailleur AK-47 sur le guidon.

Oh et puis, je me plains… Je profite des transports en commun comme personne. Je lis mes livres en un temps record, je me fais régulièrement interpeler par un grand Noir qui me rappelle que Jésus est mon sauveur, je respire les aisselles des ouvriers, je suis comprimé contre les poitrines opulentes des grands-mères (et jamais la grande blonde, jamais)… Et puis je n’ai pas encore vécu ma première grève à l’âge adulte.

J’avais aussi oublié qu’il était techniquement possible mais humainement désespérant de parcourir mille fois les mêmes publicités navrantes dans les couloirs de métro. La plupart pour du matériel informatique bradé, ou pour des pièces de théâtres toutes crevées de l’Académie Française.

Et si vous avez remarqué, vous le peuple, pour qui les progrès scientifiques représentent pourtant un dû, une évidence, une fin en soi, que les couloirs de métro hébergeaient en leur sein le déshonneur, la déchéance et probablement la plus grande menace pour la survie de l’humanité : l’escalator.

L’escalator est probablement l’invention la plus époustouflante que l’homme ait façonnée, soyons honnête : au lieu de déambuler les yeux hagards à huit heures du matin les 400 km (à cette heure, on le sait grâce à la théorie de la relativité restreinte, les distances apparaissent plus longues) des mornes couloirs, vous pouvez filer à 9 km/h si vous avez la chance de transiter par la station Montparnasse-Bienvenüe ! Bonjour le réveil, sans caféine !

Mais, et c’est le revers de la médaille, l’escalator mènera l’humanité - parisienne du moins - à sa perte quand on voit le nombre de grosses larves qui ne veulent pas BOUGER LEURS GROSSES FESSES CHARNUES ET MONTER LES QUELQUES ESCALIERS QU’IL RESTE A PARCOURIR, TOUT CA EN NE SERRANT PAS A DROITE !

L’escalator engloutira les pays industrialisés européens (sauf l’Angleterre, qui a su créer un fossé entre son subway et les autres métros européens : mind the gap ! Je pourrais me suicider après cette blague et partir au top de ma gloire, c’est vrai…) dans l’opprobre, l’anathème et l’infamie parce que le jour où vous partez en week-end, ce jour précis où, acculé à tirer cette foutue valise lourde comme deux enclumes dans ce métro torride parce que vous n’avez plus de permis la purée de leur mère, CE SALOPARD EST EN REPARATION VEUILLEZ NOUS EXCUSER POUR LA GENE OCCASIONNEE BIEN FAIT POUR TA GUEULE !

Enfin, l’escalator mènera le monde entier au chaos, à l’anarchie et à l’insubordination parce que, à l’heure de pointe, lorsque même les tourniquets d’entrée sont submergés de monde, il existe toujours un couple d’attardés trop pressés (notez l’effet de style, c’est pas tous les jours) POUR VOUS COINCER ENTRE DEUX MARCHES DE L’ESCALATOR, EN EQUILIBRE INSTABLE PENDANT PLUS DE VINGT SECONDES, manquant de renverser la pile des voyageurs d’en-dessous tels des dominos usés. QUAND TU TE COINCES PAS LE MOCASSIN TOUT NEUF SUR LA RAMBARDE FRAICHEMENT REPEINTE !

Parfois je rêve même d’escalators…

Cinq mois. Il me reste cinq mois. Courage.