Ce soir je n’avais pas envie d’écrire, j’avoue. Mal de crâne, fatigue, j’ai écouté Jack Lang à la télé, bref pas l’ambiance d’un article savamment dosé entre humour et psychologie.
Je me dois toutefois de faire une confession sur ce blog. Elle est toute personnelle, puisqu’elle ne vise que ma femme. Mais les voyeurs, vous pouvez rester.
Ce soir, chérie (ma femme donc), tu étais exténuée de ton séminaire et tu t’es endormie délicatement sur notre petit pouf du salon. Tu étais superbe vraiment, et tu le sais que tu es la plus merveilleuse des femmes.
J’ai l’air de prendre des gants ou quoi ?
Avant de t’assoupir, tu m’as demandé de réchauffer des borekas au fromage, pour manger “quelque chose de bon”. Les borekas - prononcez borékasse - (je n’en ai mangé qu’en Israel alors j’imagine que c’est leur pays d’origine - si vous pensez que non, exprimez-vous) sont de délicieux petits canapés (en fait c’est de la pâte feuilletée) fourrés au fromage, aux pommes de terre, aux champignons, aux lardons, au choix. Au petit-déjeuner touristique mais équilibré que je m’enfourne lors de mes séjours au pays du Mur, c’est-à-dire lait au chocolat local, pain toasté local + cottage local + fromage jaune en tranches local + melon sucré local, j’ajoute invariablement deux ou trois borekas. Locaux donc.
Ce soir, j’ai sorti douze petits borekas au fromage (les meilleurs à mon goût) du congélateur, je les ai passés au four et dix minutes plus tard, un parfum suave et irrésistible avait envahi mon salon, ma chambre, la chambre d’amis et probablement les dix autres pièces de notre 250 m².
Je crie, derrière la cloison légère de la cuisine : “chérie, c’est prêt !”. Pas de réponse. J’insiste, car le son circule chez moi à la vitesse d’un cheval au galop : “chérie, les borekas sont prêts !”. Tiens, aucune réaction. J’enjambe les affaires sales en attente d’un bon coup de lessive, je me glisse jusqu’au salon et là, chérie, tu dormais paisiblement.
Pour ne pas te déranger, je me suis chargé d’étendre le linge prêt à sécher en fermant la double-porte du couloir, tout en engouffrant régulièrement un des six borekas qui me revenait de droit.
Puis, je suis venu te caresser les cheveux pour te demander doucement si tu préférais manger ou que je te laisse dormir. Je t’ai même précisé que les borekas étaient prêts. Je les ai délicatement approchés de ton visage pour qu’ils exhalent leur senteur sucrée pour que tu puisses les apprécier en émergeant doucement de ton sommeil las. Mais tu étais trop fatiguée, visiblement. Tu as refermé les yeux, dans un souffle.
Mais contrairement à ce que je t’ai fait croire quand tu t’es réveillée une heure plus tard, tu ne m’as jamais soupiré, les yeux mi-clos : “non, c’est bon, mange-les toi, je n’ai pas faim”.











