Une fois, j'ai eu 9 en maths.
Confessions
Le 10/09/2006 - 20:20

Ce soir je n’avais pas envie d’écrire, j’avoue. Mal de crâne, fatigue, j’ai écouté Jack Lang à la télé, bref pas l’ambiance d’un article savamment dosé entre humour et psychologie.

Je me dois toutefois de faire une confession sur ce blog. Elle est toute personnelle, puisqu’elle ne vise que ma femme. Mais les voyeurs, vous pouvez rester.

Ce soir, chérie (ma femme donc), tu étais exténuée de ton séminaire et tu t’es endormie délicatement sur notre petit pouf du salon. Tu étais superbe vraiment, et tu le sais que tu es la plus merveilleuse des femmes.

J’ai l’air de prendre des gants ou quoi ?

Avant de t’assoupir, tu m’as demandé de réchauffer des borekas au fromage, pour manger “quelque chose de bon”. Les borekas - prononcez borékasse - (je n’en ai mangé qu’en Israel alors j’imagine que c’est leur pays d’origine - si vous pensez que non, exprimez-vous) sont de délicieux petits canapés (en fait c’est de la pâte feuilletée) fourrés au fromage, aux pommes de terre, aux champignons, aux lardons, au choix. Au petit-déjeuner touristique mais équilibré que je m’enfourne lors de mes séjours au pays du Mur, c’est-à-dire lait au chocolat local, pain toasté local + cottage local + fromage jaune en tranches local + melon sucré local, j’ajoute invariablement deux ou trois borekas. Locaux donc.

Ce soir, j’ai sorti douze petits borekas au fromage (les meilleurs à mon goût) du congélateur, je les ai passés au four et dix minutes plus tard, un parfum suave et irrésistible avait envahi mon salon, ma chambre, la chambre d’amis et probablement les dix autres pièces de notre 250 m².

Je crie, derrière la cloison légère de la cuisine : “chérie, c’est prêt !”. Pas de réponse. J’insiste, car le son circule chez moi à la vitesse d’un cheval au galop : “chérie, les borekas sont prêts !”. Tiens, aucune réaction. J’enjambe les affaires sales en attente d’un bon coup de lessive, je me glisse jusqu’au salon et là, chérie, tu dormais paisiblement.

Pour ne pas te déranger, je me suis chargé d’étendre le linge prêt à sécher en fermant la double-porte du couloir, tout en engouffrant régulièrement un des six borekas qui me revenait de droit.

Puis, je suis venu te caresser les cheveux pour te demander doucement si tu préférais manger ou que je te laisse dormir. Je t’ai même précisé que les borekas étaient prêts. Je les ai délicatement approchés de ton visage pour qu’ils exhalent leur senteur sucrée pour que tu puisses les apprécier en émergeant doucement de ton sommeil las. Mais tu étais trop fatiguée, visiblement. Tu as refermé les yeux, dans un souffle.

Mais contrairement à ce que je t’ai fait croire quand tu t’es réveillée une heure plus tard, tu ne m’as jamais soupiré, les yeux mi-clos : “non, c’est bon, mange-les toi, je n’ai pas faim”.

… et merci pour le poisson !
Le 19/08/2006 - 23:36

Ben voilà. La plupart d’entre vous revient de vacances. Une minorité de pauvres n’a pas bougé, une minorité de riches est en vacances permanentes.

Pour nous, c’est deux semaines bien méritées après cet été mi-figue (canicule), mi-raisin (temps de daube).

Si je vous dis où nous partons, j’aurai des syncopes sur la conscience. Et pendant les vacances, c’est pas très agréable (surtout avec la gastro que je me suis attrapée aujourd’hui). Je vous le dirai en revenant !

Evidemment, évidemment, j’ai écrit des articles en avance, un tous les trois jours environ. C’est comme le surgelé, c’est toujours moins bon que le frais mais à mon niveau de talent, vous ne devriez pas voir la différence.

Si je me reprends une fois dans ma vie à ressortir une phrase comme ça sur ce blog, je me coupe la main droite.

Voilà, j’ai du mal à vous quitter j’avoue, après tout ce que l’on a vécu ensemble (surtout toi la grande blonde Pascal), mais la gastro ne passe pas, j’ai un truc à terminer.

Comme d’habitude, les bijoux sont cachés dans le meuble à gauche de l’entrée, les bas de laine sont sous le paillasson, le code du coffre-fort avec le liquide est 3 4 4 2 (facile, c’est comme mon code de carte bleue que j’ai laissée à l’intérieur). Et s’il nous arrive un truc, le Ciel nous en préserve, je ne lègue rien à personne allez becqueter ailleurs bande de parasites visqueux !

Allez, hop, on nous jette de l’eau [cette tradition folklorique typiquement algérienne est surprenante : lorsque des personnes de la famille partent en vacances, on leur jette de l’eau pour qu’il ne leur arrive rien. Les constantinois, que le Seigneur les aide dans leur désarroi, font même des foulées dans cette eau pour imprimer les marques de leurs chaussures sur le sol. Faudrait que je me renseigne sur la raison exacte de cette superstition tiens…] et on vous embrasse.

Aaaah je ne résiste pas. C’est les îles grenadines.



Et merci pour le poisson : référence à ce grand auteur de SF (pas toi Saoulfifre) Douglas Adams.

Ca c’est vraiment elle !
Le 15/08/2006 - 23:19

Ah mes amis, quel court/long week-end mémorable !

Nous nous sommes décidés tardivement mais ce fut une bonne idée de se détendre quelques jours avant… les grandes vacances. Une sorte de préparation mentale et physique.

Ce week-end fut en effet très sportif : vélo, vélo, vélo, char à voile, vélo, fitness sur des machines diaboliques, vélo, piscine, vélo, tennis, vélo, mots croisés, vélo, casino (où nous avons perdu l’équivalent du PIB du Sénégal), sieste, vélo, relations charnelles, vélo, mini-golf. Et j’ai dû oublier d’autres activités, dont le vélo (vous en ai-je parlé ?).

Le mini-golf est un rituel sacré chez les Byalpel. A chaque fois que nous sommes hors des frontières de la capitale, certes nous prions pour que les aborigènes ne nous dévorent pas, mais surtout nous nous mettons en quête d’un gentil bouseux propriétaire d’un mini-golf. Le mini-golf, cette subtile invention entre le golf pour adultes et les exercices pour handicapés mentaux nous permet, à ma femme et à moi-même, de nous départager sur le véritable sportif du couple. Sportif signifie, le cas échéant, le meilleur en tout.

C’est pour cette raison que nous mettons toujours un enjeu : d’ordinaire, le perdant offre un cadeau à l’autre (tu parles, c’est moi qui ramène l’argent elle est pas folle la guêpe). Cette fois-ci, pour corser un peu le jeu, j’avais exigé que le perdant se prenne une bonne gifle.

Histoire de rajouter à l’opprobre de la défaite l’humiliation physique.

Ai-je besoin, à ce stade de votre lecture ami(e) lecteur(e), de préciser qui a été le gagnant de ces deux parties endiablées ? Non, ce serait faire insulte à votre intelligence et ombre à mon parcours sans faute.

Une seule âme, dans la ville où nous avions élu résidence, a protesté ce jour-là. Devinerez-vous qui est cette charmante personne ? Très belle, très intelligente, très drôle, mais alors de très mauvaise foi ?

Contestation singulière de tous les points validés, décrémentation unilatérale des points de l’adversaire, pleurs, ronchonnements, menaces de faire la tête, petits bisous, “steuplé allez steuplé laisse-moi gagner”. Tout y est passé.

Byalpel, l’auteur magnanime mais intègre, n’a pas lâché prise. Et lui a foutu une bonne taloche à cette tricheuse.

Maintenant j’attends mon cadeau (à ce stade de la lecture ami(e) lecteur(e), je continue d’écrire sur le canapé où j’ai élu résidence pour les trois prochaines nuits).

Il faut rendre assez tard ce qui appartient à César (c’est ça l’usure, les mecs, de père en fils !), ma femme a un don pour la chanson. Vous aviez déjà tous apprécié cette folle et aigre-douce version de “Ring my bell”, intitulée “Tu peux sonner ma cloche” interprétée avec brio par la plus séduisante des femmes du monde : Pamela Anderson Terry Hatcher MA femme.

(Toujours sur le canapé, ça n’a pas marché).

Récidive lors de notre voyage, lors d’une promenade nocturne. Je vous laisse découvrir cette interprétation qui, si elle ne figurera pas dans les annales musicales de ce siècle, restera gravée dans ma mémoire à jamais (c’est bon là, je peux revenir ? Non ?). Alors restera gravée à jamais dans la mémoire de mon disque dur.

(Toujours pas, là ?)

Vous allez voir qu’elle ne cédera pas. Ca, c’est vraiment elle.


Trisomique fier
Le 07/08/2006 - 16:57

Hier c’était dimanche.

Cela valait le coup de payer votre abonnement pour çe genre d’infos, n’est-ce pas ?

Hier c’était dimanche, un dimanche ensoleillé qui se termine invariablement par un jeu sur la pelouse d’un parc dans Paris ou ses environs.

Nos amis, Eric et Katy, nous ont gentiment proposé de tester la mongolfière que l’on peut apercevoir près des quais de Seine. Il y avait du risque, de l’aventure, de la matière à blog dans cette offre, évidemment que nous allions nous précipiter. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que nous devions payer notre place. Ah l’invitation empoisonnée ! Une fois en bas, je n’allais pas jouer le radin ; quand on pense que l’entrée coûte 12€ : un millième du prix de ma montre.

Du coup, j’ai pris une place pour moi uniquement, la montre de ma femme ne coûte que 75€.

Ami(e)s lecteur(e)s, certains d’entre vous m’ont déjà rencontré en chair et en os (surtout en chair). J’ai la chance de connaître certains d’entre vous en dehors du blog (boulot, famille, amis…). Mais pour tous ceux encore qui n’ont jamais eu l’occasion et la chance pardi ! la chance ! de me voir en vrai, d’admirer mes grosses joues, mon gros nez, mes superbes yeux verts et mon sourire à ensorceler les poupées vaudous, je profite des vacances pour enfin publier une vidéo exclusive de moi-même sur ce blog.

Cette interview a été réalisée avec la complicité entière de mon copain Eric, lors de notre voyage en mongolfière, au-dessus de la capitale.

Il y avait du vent, cela risque de vous crisser les oreilles parfois, l’ingénieur du son est un imbécile. Et quand je vois la tête que j’ai sur cette vidéo, je pense que le directeur de la photo devrait également être empalé sur des palmiers californiens.


PS : le lecteur(e) ne se formalisera pas sur le jeu de mot douteux de cet article, l’auteur lui-même possédant trois chromosomes 24 et deux clés de 12.

Mon APS marche aps
Le 03/08/2006 - 15:32

Je me suis fait avoir ! J’achète un appareil photo numérique, et il ne fait même pas anti-yeux rouges !!

Comme un fils
Le 24/07/2006 - 01:01


Ce blog, les assidus l’auront remarqué, traite rarement de politique intérieure, et peu souvent de politique internationale. La situation “au Proche-Orient” comme aiment à dire, du bout des doigts, les journalistes français, a rarement impacté les colonnes quasi-quotidiennes et si exquises de ce journal-ci.

Le décor de ce billet sera néanmoins, pour cette fois, en arrière-plan, la guerre que vivent les israéliens. Je n’ai pas dit Israël contre le Liban, ni les israéliens et les libanais, j’ai dit les israéliens tout court.

Voyez-vous, je me fous et me contrefous de l’unanimisme et du déchaînement médiatique français, dans la presse écrite, radiophonique ou télévisuelle, contre le pays de mes ancêtres. Enfin, pour dire vrai, je mens. J’enrage, je peste, je crie, j’insulte, je serre les poings et la mâchoire, à écouter notre Ministre des Affaires Etrangères proférer à la radio l’inanité suivante : “le Hezbollah réagit coup pour coup aux attaques israéliennes”, ou à suivre dix minutes de reportage sur la misère des ressortissants français escortés jusqu’à Chypre sans climatisation, sans une interview de famille française dont les enfants ou les parents résident en Israel.

Je fulmine, mais au fond de moi, c’est vrai, je m’en contrefous.

Je me contrefous aussi de votre éventuelle réaction, ami(e) lecteur(e), réflexe conditionné d’humanisme trouble, mielleux et boursouflé occidental, qui consiste à apposer immédiatement à “1800 roquettes sont tombées sur le Nord d’Israël en une semaine, tuant une vingtaine de personnes” un commentaire des plus inconsistants et des plus imbéciles comme “oui mais, les libanais / palestiniens souffrent aussi”.

Je me contrefous donc de ces commentaires, que les libanais / palestiniens souffrent aussi (je le sais, mais on n’est pas dans une analyse journalistique du Figaro ici), et je me contrefous encore plus que “la guerre c’est moche, pourquoi ne pas s’aimer tous ensemble autour d’une bonne pizza quatre fromages sans olives” ?

Nous, les français, ne connaissons pas la guerre. Nous avons vu des films, lu des bouquins, rencontré des vieillards sur les Champs-Elysées le 14 juillet, mais nous ne connaissons pas la guerre.

Et à moins que l’Allemagne balance 1800 Scuds sur Strasboug la semaine de la rentrée scolaire, je doute qu’un seul parmi nous puisse avoir la facilité de fournir des pistes tactiques et stratégiques au pouvoir exécutif de notre pays d’une part, ni avoir le courage d’endosser l’habit militaire pour affronter le sang, la sueur, la douleur et la mort d’autre part.

Par contre, je peux vous raconter des choses bien plus terribles. Bien plus terribles que tout ce que vous avez pu lire, voir ou entendre sur les guerres. De loin. Bien plus terribles parce que je les vis, ici et maintenant.

Par exemple, que mon copain intime, mon frère, mon pote-des-400-coups depuis l’enfance, ma havrouta, mon pote John m’appelle pour m’annoncer qu’il est réquisitionné comme réserviste dès dimanche, alors qu’il vient d’avoir une petite fille il y a moins de six mois.
Par exemple, que mon copain Sam, qui vient également d’avoir un petit garçon il y a cinq mois, est réquisitionné comme réserviste à Gaza. Alors que sa femme était rentrée à Paris pour rendre visite à ses Parents.
Par exemple, que mon père, apprenant pour John, a dû s’asseoir, le regard dans le vide, les yeux troubles.
Par exemple, les pleurs des mères et des pères de mes copains qui apprennent, depuis la France, l’enrôlement de leurs enfants de 20 ans pour une offensive terrestre au Liban Sud.
Par exemple, des juifs de tous les horizons réunis pour marmonner à voix basse des prières pour leur fils, leur frère, leur neveu, leur voisin, leur ami, ou même l’inconnu qui iront se battre pour la liberté et l’existence de leur terre.

Au téléphone, mon copain Tony (il a fait quelques apparitions ici, tout comme Sam et John) m’a dit : “tu sais, ça me fait tout drôle, c’est ma première guerre ici”. Comme si, fatalement, inexorablement, nous (et je dis bien nous) devions passer par là, comme passent les saisons avec plus ou moins de régularité.

Moi aussi, c’est ma première guerre. D’ici, au chaud (et c’est le cas de le dire). Mais entendre John m’annoncer qu’il partait à la guerre, j’avais l’impression que c’est mon fils que j’envoyais. La gorge étranglée, le coeur qui cogne, les larmes aux yeux.

D.ieu vous bénisse les gars. On pense à vous.



Vous avez le droit de ne pas être d’accord, vous avez le droit de commenter. Vous avez même le droit d’être choqué, de “ne plus jamais revenir sur ce blog sioniste”, ou d’arrêter votre abonnement en milieu d’année. Juste, je vous en supplie, juste une chose : évitez-moi les lourdeurs historiques approximatives. On est sur un blog, par sur ces forums aux odeurs antisémites qui polluent sur le site du Monde ou de l’Express.

Le casino (dîne Zidane)
Le 17/07/2006 - 23:12

Chers amis pauvres !

Les politiciens vous flattent, vous cajôlent, vous caressent dans le sens du poil avant les élections mais se moquent complètement de vous une fois élus. Et même, soyons clairs, ils se fichent de vous en permanence. Mais ils jouent les hypocrites pour recueillir vos voix lorsqu’ils en ont besoin.

Sur ce blog, point de faux semblant : chers amis pauvres, lire ce billet va vous faire très mal, je vous conseille vivement de vous en écarter comme d’un serpent à sonnettes. Je comprends que votre curiosité soit piquée à ce stade de la lecture, mais ne vaut-il pas mieux que seule celle-ci soit piquée afin de conserver votre âme pure et naïve comme tous les pauvres des histoires pour enfants ?

Evidemment si vous préférez piquer une colère, un plongeon dans la piscine ou mon autoradio, le choix vous appartient mais vous aurez été prévenus : ce billet est arrogantement truffé de signes extérieurs de richesse, honteusement boursouflé de corne d’abondance en or massif et résolument socialo-marxisto-communisto-étranglatoire.

Ces jours de repos au Grau du Roy (près de Montpellier) nous ont abreuvés, ma femme et moi, de paix de l’âme, de cure de soleil et de gains au casino de Port-Camargue.

Après quatre heures de jeu endiablées, sur les tables de poker, de blackjack et de roulette de l’établissement extorqueur de fonds de mamies, nous sommes ressortis bien plus lourds qu’en entrant d’à peine quelques grammes : d’un poids équivalent à une dose hebdomadaire de coke. Et de la somme équivalente au prix de cette dernière : 420 euros en doux et soyeux billets.

Oui, 420 euros, quatre cent vingt euros, quatre deux zéro euros.

Ce que je vais en faire ne vous regarde évidemment pas. Pour vous donner juste un indice, je répondrais par une allégorie.

Imaginez que vous êtes cultivateur et que vous produisez, chaque jour que le Seigneur renouvelle, une tonne de blé. Et que vous trouvez, au détour d’une promenade au crépuscule, quelques épis de blé sauvages. Vous les regarderiez à peine, un léger sourire aux lèvres, en pensant à tout celui emmagasiné dans votre entrepôt de 2 000 m²…

Cela fixe-t-il déjà vos idées ? Bon. Imaginez maintenant que ce cultivateur produise dix tonnes par jour…

Pour terminer joyeusement cette note, et pour raviver le teint blême de nos amis pauvres qui ont dû lire malgré mes recommandations liminaires, une petite blagounette de circonstance (pour la raconter, il est nécessaire de se mordre la langue pour le texte du premier personnage. C’est encore plus drôle avec l’accent tunisien).

Un type rencontre son copain :

- Tu chais che qu’il m’est arrivé la dernière fois ? J’étchais au cazhino autour de la houlette, et che me dis : allez, dje djoue dix euros su’ le chept.
- Et alors ?
- Et alors, le chept il est chorti. 370 pièches.
- Incroyable ! Et t’as fait quoi alors ?
- Ben dj’ai tchout laiché sur le chept.
- Et alors ?
- Le chept, il est chortchi ! Une montchagne de pièches.
- Arrête ! Et t’as fait quoi après ?
- Ben dj’avais un gros paquet sur le chept. Dj’ai tchout tchout laiché sur le chept.
- Et ?
- Et le chept, il est encore chortchi.
- Attends mais c’est fou !! Et après ?
- Et après, y’a un tchype tout chérieux qui vient me voir et qui me djit : monchieu, d’après les chtatichtiques, ch’est impochible que le chept rechorte. Impochible ! Ch’est calculé par ordjinatcheur, vous devez djouer le huitch. Ch’est chur, impochible de che tromper.
- Et alors t’as fait quoi ?
- Ben dJ’ai djoué le huitch.
- Et ?
- Et… Ch’est le chept qui est chorti.
- Purée !!! Moi un mec comme ça, je lui aurais bouffé les couilles !
- Et qu’ech-que tchu crois que dj’ai dans la bouche ?

Y’a Touquet OK
Le 02/07/2006 - 22:28

Rhhaaaaaaa !

Ceci est un long cri rauque de plaisir après ces deux jours de week-end passés au Touquet avec la jeune et sémillante personne de sexe féminin qui se trouve être ma femme depuis deux ans pile.

Tiens, j’aurais peut-être dû lui souhaiter un bon anniversaire d’ailleurs, ça se fait entre mari et femme. Pas grave, elle aura sûrement oublié elle aussi.

Le Touquet, superbe destination où les villégiatures sont les unes plus belles que les autres, à des prix défiant toute rationnalité, même pour un richard comme moi. Temps sublime, match sublime, casino sublime (nous avons joué l’équivalent de tous vos salaires réunis amis lecteurs de minuit à 4h du matin), plage sublime, décors sublime (notamment la pinède, terme que ma femme affectionne particulièrement. Le premier qui lance une remarque à ce sujet verra son abonnement majoré immédiatement).

Seule ombre, au tableau uniquement puisqu’au Touquet, l’ombre ne se trouve que sous les grands pins près de l’hippodrome : le sieur Byalpel avait pensé à tout, tout, tout vous saurez tout sur le zizi sauf qu’il a distraitement oublié ses baskets et ses t-shirts.

Les premiers termes qui vous montent à la bouche sont évidemment “quel crétin”, “quelle andouille” ou “ah le con !” si on se connaît depuis plus de dix ans. Je ne peux pas vous en vouloir, j’ai moi-même lourdement insisté, avec d’autres noms d’oiseau, sur ma “lourdeur enclumesque”. Ma femme en a rajouté une belle couche, mais pas trop : elle a renoncé à poursuivre l’attaque après que j’ai décidé de m’enfermer pour pleurer aux toilettes.

Parce qu’il faut rire de soi et de moi, voici une présentation de l’homme le plus plouc du monde, au 2 juillet 2006.
C’est du Flash, si ça marche pas chez toi, va quémander une bourse à Delanoë pour t’acheter un nouvel ordinateur !

PS : avec le son, c’est bon aussi.


L’enterrement de Rico
Le 22/05/2006 - 21:50

Ah on s’est bien éclatés. Pour une fin de vie, c’était une sacrée fin de vie.

Une dizaine de copains réunis pour l’occasion autour de Rico, tous surexcités et…

Je me rends compte à l’instant d’un possible quiproquo. Le titre est tronqué, il fallait lire “l’enterrement de vie de garçon de Rico”.

Forcément, sinon, ça la fout mal.

Contrairement à la tradition qui veut qu’un EDVDG (en abrégé hein) se déroule dans une boîte de strip-tease et/ou avec des femmes à poil tout autour du futur marié, nous avons opté spontanément pour une journée entre mecs, sport + restaurant.

Spontanément parce que, d’une part, ce genre d’ambiance suinte le péché et évoque pour moi la géhenne et la pestilence.
Et d’autre part parce que ma femme lit ce blog, je répète, ma femme lit ce blog.

Journée sportive : simulateur de chute libre et karting. Chez Aerokart.

Le simulateur

Nous fumes cinq valeureux (ça me rappelle un livre tiens) à ne pas hésiter ou presque à sauter à pied-joint et mains gantées dans le plus grand simulateur de chute libre du monde. Accompagnés par un moniteur, au-dessus d’un réacteur d’avion supersonique crachant un vent de plus de 185 km/h, nous avons effectué 2:30 (lire deux minutes trente) de vol dans les airs.

C’est éprouvant, cela ne fait pas peur, c’est carrément génial. J’avais déjà fait de la chute libre en tandem (sauter de 4200 mètres avec un grand dans le dos, ça fait relativiser pas mal de frayeurs), la sensation ici est bien plus agréable puisqu’on est seuls (du moins, tenus par la main) et sans risque de s’écraser au sol comme une enclume suicidaire ou maladroite.

Et ceci pour la modique somme de deux mois d’abonnement internet. Ca fait cher la communication, certes, mais cela le vaut vraiment.

Une ptite vidéo pour la démonstration ? C’est ci-dessous (c’est Rico qui vole).


Le karting

Bon là, vous connaissez. Dix potes au départ, trois gagnants à l’arrivée. Byalpel arrive bon avant-dernier, sans rancune. Et ne termine pas la deuxième course à cause d’une irrésistible envie de gerber les deux ou trois derniers repas non encore digérés (la tête qui bouge dans tous les sens combiné à l’odeur de l’essence, ça me retourne les sens. Lisez cette phrase à toute vitesse… dans l’autre sens).

Ci-dessous la copie des résultats dont je suis peu fier certes, mais en ville je les aurai tous pilés ces nazes. Là, forcément, il n’y avait ni piétons ni trottoirs, je me sentais désarmé. Au sens propre du terme d’ailleurs (hyark hyark).

(En noir surligné, le meilleur temps. Le meilleur temps de tous les temps est de 45,555s le tour par une dénommée Hélène. Grognasse va !)

Le resto

Comme tous les bon restos, c’était bon.

Ceux, encore une fois, qui sont payés par nos impôts (chômeurs) ou qui ont envie de voir de belles photos (et chez qui l’autoviewer fonctionne), peuvent cliquer ici pour voir l’album.



Aucun rapport avec le couscous : je viens d’aller voir “Comme t’y es belle”. Un petit bijou. Vraiment. Vraiment. Vraiment. Plein de bon sentiments mais pissant de rire, pour qui connaît le milieu “feuj”.

La vie n’est pas une autoroute
Le 09/05/2006 - 22:58

Récemment, une amie blogueuse me/nous confiait le départ de son père, emporté par cette satanée maladie à pinces.

J’avais été ému, malgré les distances géographiques, affectives ou familiales qui nous séparent, du contraste entre tout l’amour et l’affection qu’elle lui portait et qu’elle confessait sur son blog, et ce départ précipité, discret, volé.

Hier, Patie est morte.

Patie était une amie intime de mes parents; j’ai grandi autour de sa famille, j’ai d’innombrables souvenirs incrustés dans le crâne de mon enfance passée dans sa maison, je revois encore très régulièrement ses enfants lors de fêtes à la synagogue ou d’événements privés.

Patie avait des qualités et des défauts, comme tout le monde. Mais Patie était constamment souriante, avenante, accueillante. C’est peut-être ce que tous, des amis, de la famille, des personnalités présentes lors de la levée du corps, ont dû se remémorer en pleurant.

Lors de la veillée mortuaire, la salle était pleine, comble. Les gens pleuraient. Même mon père, même ma mère, qui ne sont pas du genre. Même le rabbin qui m’a élevé et enseigné l’étude du Talmud pleurait à chaudes larmes, parce que leurs familles étaient très proches. C’était une veillée très dure à vivre.

Enfin, à ce qu’on m’en a dit : je n’étais pas présent, je jouais à la XBOX avec mes amis intimes à Berck, dans le Pas de Calais. Je n’ai appris la mort de Patie qu’à mon retour, lundi soir. Quel affreuse ironie du sort, n’est-ce pas ? Moi et mes amis en train de jouer à des jeux vidéos comme des gamins, mes parents et leurs amis en train de pleurer sur le corps d’un être cher.

“La vie n’est pas une autoroute”, pensais-je à haute voix récemment. On est tellement peu en sécurité sur ces routes sineuses en altitude, à rouler à cent à l’heure. Même en étant le meilleur conducteur au monde, nous ne sommes pas à l’abri d’un éboulement ou d’une fracture imprévisible de la route.

Patie est morte d’un cancer, à 50 ans. Un éboulement de merde.

Lorsque mes grands-parents sont morts (les deux paternels, mon grand-père maternel), je n’ai pas pleuré. J’étais ému, mais la mort par vieillesse me semblait arbitrairement “normale”, faisant partie du processus nominal de la vie.

Si cet arrachement soudain me semble particulièrement douloureux, c’est parce qu’il semble injuste, dégueulasse, pourri. Puisqu’en deux ans à peine, une personne en pleine possession de ses moyens intellectuels et physiques transite d’une salle de classe à un cimetière en passant par tous les stades immondes des traitements thérapeutiques à haute dose, des comas récupérés de justesse, des pertes de mémoire et de moyens, jusqu’à la perte de la vie.

Pourtant, au risque de choquer, je ne considère pas ce départ comme injuste. Je le trouve même naturel, comme la métaphore de l’autoroute et de la route sinueuse de montagne. Ontologiquement, la mort est à apprivoiser (ou à envisager comme un aboutissement, dans les religions monothéistes). C’est la douleur qui nous paraît insupportable, insurmontable, inutile.

Et cette douleur me terrorise, je dois l’avouer. Pas celle qui concerne ma propre mort, mais plutôt celle des gens que j’aime profondément. Saoulfifre disait dans un commentaire récemment : le pire étant de perdre un enfant (que D.ieu nous en préserve, ami lecteur, que D.ieu nous en préserve).

Patie est morte hier, et ce qu’on retiendra d’elle assez longtemps pour la faire vivre en nous, c’est son sourire et sa bienveillance permanents.

Lorsque je mourrai, je voudrai qu’on évoque ma mémoire pour d’aussi belles qualités que celles que possédait Patie. Il n’est jamais trop tard pour se choisir une route, un éboulement est si vite arrivé.