Ce blog contient environ 563 563 mots ou presque.
Pas bien vu, pas pris
Le 06/01/2008 - 18:50

(et hop, une belle année qui commence !)

Dans ce petit village du Périgord, seuls les insomniaques pathologiques et les couples calés sur une courbe de température ne dorment pas. La nuit est sombre et lourde : les bâtisses en brique claire sont voilées sous les conifères touffus (car il y a beaucoup de conifères dans le Périgord, et touffus en outre), les lampadaires vétustes irradient les places méchamment pavées par des ouvriers fraîchement immigrés (car il y a beaucoup d’ouvriers immigrés dans le Périgord, et touffus en outre) et les enclos à bétail sont dissimulés derrière des buissons broussailleux (car buissons, Périgord, touffus).

Pas un souffle dans les allées, même le vent se fait pudique et les animaux de la ferme roupillent mollement.

Quand tout à coup, le loup ! Le vrai loup des contes avec les canines acérées, la bave au museau et la moustache hitlérienne surgit de nulle part (en fait, il surgit par l’avenue du Général de Gaulle), bondit dans le poulailler de M. Miclu (nom typiquement périgourdin) et s’empare brusquement d’une adorable mais malchanceuse petite poule pour la dévorer dans son antre, si tant est que les loups possèdent des antres.

Le lendemain, le journal local obsédé par la vente de son canard (note de l’auteur : j’aurais pu faire un super jeu de mot ici avec le canard mais à coin bon ?) affichait à sa une, au-dessus d’une publicité pour le vendeur de lunettes de l’avenue de la Gaie Collaboration :

Encore une victime du loup !!

Mais que fait la police ? Le loup a encore bouffé une de nos poupoules, sous nos yeux mi-clos et notre barbe naissante (woaw beau gosse) !

Le loup, que les enfants et les idiots du village nomment communément désormais Ouaf ! a désormais 7 poules, 1 coq, 1 mouton et un petit enfant communiste à son actif, malgré les faibles moyens concédés par notre maire de droite.

Notre seule défense du village, le petit chien de notre boulanger homosexuel, débile léger (le chien, pas l’homo) n’a même pas aboyé lorsque son cousin sauvage s’est honteusement goinfré sous notre nez non crochu de gentil non judéen.

Ce soir, une ronde de garde armée de lunettes infrarouges sera effectuée par … [snip]

Et, le soir-même, alors que nul ne s’en serait douté, les villageois n’en crurent pas leurs yeux : le petit chien fou se déguisait en loup pour festoyer allègrement dans nos fermes et nos campagnes.

Moralité : Ouaf le loup c’est le petit chien (il est fou Ouaf le loup il est fou !)

Problème de pots / peaux
Le 18/07/2007 - 15:35

(ça faisait bien longtemps ce type d’article tiens. En prévision des jours à venir plus difficiles…)

Salut Nadia,

Je t’écrit cette lettre parce que je n’ose pas partagé mes sentimants de visut avec toi. Je me sens trop peureuse, trop sansible et toi, tu as toujours été celle ki est sure d’elle, confiante et maître de soie.

Nadia, tu sais qu’t'es ma meilleure amie et que ça fais au moins un an qu’on est toujours ensemble sur les quatre sans coups, que tu dors chez moi et que je dors chez toi, et que t’es première sur ma liste msn.

On a partagé les mêmes mecs, même si le plus souvent, ils sont accrots a crocs dingues de toi parce que tu es la plus belle de nous deux, je dois l’avoué. Lol.

Depuis que tu sort avec AbdelKerim, nos rapports ont changer puisque moi je suis sortie avec Eric, tu sais le grand, mignon avec des cheveux frisés et des yeux clair on dirait le ciel bleu de l’horizon un soir d’été. On se voit pas trop toute les deux en ce momant mais c’est pas grave on reste super bonnes copines quand même, même si l’autre grosse de Valérie elle arrête pas de me tourné autour je la supporte pas elle pue mais tu gardes ça pour toi hein.

Mais tu vois, la dernière fois qu’on s’ait vu (ou qu’on s’aient vu, j’ai toujours du mal avec le subjonctif mdr), j’ai senti qu’Eric te regardait plus souvent avec un regard trop bizarre, trop étrange tu vois ? Et après il m’a confié qu’il en craquait pour toi, j’ai failli m’évanouir telment il m’a trop fait de la neup.

D’après lui c’est quand tu parlais de tes histoires avec Abd, qu’il te frappait telment sur les fesses qu’elles étaient toutes rouges et il m’a dit qu’il aimait trop ça le mec c’est un gros pervers je dis pas ça pour toi mais sans déc ça m’a trop vénère le coup des fesses tout ça parce que t’as un bout d’fesses qu’est irrité on dirait que ça y est.

Alors maintenant j’suis trop dans la louse parce que Eric est raide acro dingue de toi et moi je reste chez moi comme une pauvre fille.

Alors, si tu pouvais lui parlé pour lui dire que tu veux pas de lui ou que tu fais soigné tes irritations des fesses LOL PTDR ça m’aiderait trop tu vois…

Merci bcp et à bientôt sur msn.

Signé : ta meilleur amie Lucie.

Moralité : Eric t’aime, fait chier !

(Pleure pas Lucie, la solution est )

Quille est qui ?
Le 18/04/2007 - 18:00

En attendant Godot, Sarko et ma prochaine vidéo ô seigneur le tout rime en harmonie, un petit jeu pour séduire les foules. Populiste, moi ?

Chez ces salopiauds de Blogbo, on est souvent comblé de joie et de bonheur par des textes incisifs, drôles ou émouvants. Galopins qu’ils sont, ils aiment jouer avec leur public et une de leur fantaisie, ce sont les charades à tiroir.

Des trucs d’intellos, laissez tomber, ce n’est pas pour vous qui arpentez ce site régulièrement. C’est vrai quoi, ça frise le kamoulox leurs devinettes :

Mon premier est un chenapan,
Mon second fait marche arrière sur l’autoroute,
Mon troisième tire les poules par la queue,
Mon tout est une écrivaine française.

Solution : Anna Gavalda.

Incompréhensible je vous dis. Et en plus on ne dit pas une écrivaine mais une femme qui se prend pour un écrivain.

Avec plus de poésie et de lucidité, je vous propose un jeu équivalent ou presque, aussi drôle ou presque, aussi tordu ou presque, la catégorie de ce post en attestant.

Il s’agit de deviner quels acteur(e)s se cachent dans les historiettes rocambolesques ci-dessous. Si personne ne joue, ne trouve de solutions ou n’est amusé, je m’en fous hein c’est pas vous qui payez le loyer et l’essence !

Un exemple pour aider les moins doués, les enfants de 6 ans et les extrémistes de gauche.

Le paysan avait deux juments, une petite et une grande, auxquelles il n’avait pas donné de nom. Chaque jour, il chevauchait l’une d’entre elles en criant “hue, petite !” ou “allez, grande !” selon le cas. Et parfois il inversait. Parfois.

Là c’était facile, c’était “Hue, grande !”.

Oh purée j’ai honte. Allez on y va (c’est bien plus tordu encore) :

Historiette 1

Je m’appelle Cécile et j’ai 18 ans. Entre les deux, mon coeur balance comme on dit : Daniel est beau, grand et fort, et il est intelligent. Mais pas très riche, et peu d’ambition. Alors que Quentin est moins beau, moins grand, moins fort certes, mais il est courageux, dynamique, combattant. Toutes mes copines me le disent pourtant : laisse faire le temps, tu verras, Daniel sera mieux pour toi. Je pense que je vais les écouter finalement, Daniel est le mieux pour moi.

Je donne la première réponse, car on m’indique que le niveau est haut, est haut, on rentre du boulot.
Ici, c’est évidemment : Daniel prévaut.

Historiette 2

Enfin, Sarkozy a été élu. Et comme le prévoyaient certains, la France est devenue une vraie dictature des riches sur les pauvres. Dès le départ, les syndicats ont été éparpillés puis éliminés. Le droit de grève a été interdit, et une rentabilité par personne a été instaurée. Du coup, afin de dissocier les populations, des “rouelles” ont été imposées. Depuis, les pauvres arborent un écusson rouge, orné de la lettre R comme “Raté” tandis que les riches accrochent un écusson vert, orné de la lettre G comme “Gentilhomme”. La France tremble !

Toujours aussi simple : le riche arbore un G.

Historiette 3

Peu de personnes le savent, hormis vous ami(e)s lecteur(e)s, mais le rédacteur de ce blog est un imitateur magistral. Dans toutes les soirées auxquelles il est convié, cela se termine invariablement par des imitations variées : hommes politiques, acteurs, chanteurs, célébrités… Et je pense que je peux l’avouer maintenant : je suis le meilleur imitateur du monde. Qui pourrait me battre ?

Le meilleur pour la fin : qui me bat à singer ?

Historiette 4

J’adore la France, ses régions, son climat, sa verdure. Et après en avoir fait le tour, j’ai le sentiment que le Berry est certainement la région la plus romantique et la plus pittoresque… Bourges, le Val de Creuse et Saint Arnand, des villes que l’on n’oubliera jamais lorsqu’on y a passé des vacances. J’en suis tout mélancolique tiens…

Ha le Berry… !! (Bravo Chipie)

Réponses… bientôt.

Chaloupe électorale
Le 10/01/2007 - 19:44

[Petit post électoralement incorrect, de meilleurs suivront ne vous inquiétez pas]

Nous sommes en juillet de l’an de grâce 2007 de l’ère du funambule à clous. Hallelouya, haré krishna, mabrouk et mazel tov : Nicolas Sarkozy a remporté les présidentielles haut la main. Pas haut le bras comme Jean-Marie le Pen mais moins ras des pâquerettes que la sémillante fleur de lys (royale donc) tutoie régulièrement lorsqu’elle ouvre la bouche.

Si Nicolas Sarkozy a bien des défauts, il a bien des qualités. Mais aussi bien des défauts. Et les jeunes “racailles” de la banlieue se sont empressés de les rappeler à sa mémoire bénie, dans leur langage sobre et pimpant, ce jour-ci emprunté par le trépidant Farid d’Asnières : “Hé Nicolas ‘culé, t’as pensé à nous les djeuns de banlieue là vas-y !?“.

Les obsèques de Farid se sont finalement déroulées sans heurts, malgré les mauvaises langues qui affirmaient qu’il était possible de brûler encore plus de voitures.

Mais Nicolas Sarkozy le Grand a compris une leçon à sa mesure : soit tu deviens pote avec eux, soit tu vas devoir précipiter un bon nombre d’habitants dans des stations EDF [ils sont partout ceux-là, message personnel].

C’est ainsi que Nicolas Sarkozy le Magnanime s’est imprégné, progressivement, à sa mesure, des enjeux et des objectifs des jeunes, de leurs manques, de leurs douleurs et de leurs joies. Et aussi de leur langage “qui nique trop sa mère sans déc madame vas-y n’aie pas peur j’vais pas t’tuer“.

Mais, en ce mois de juillet 2007 de l’ère de l’acrobate à planches, Nicolas Sarkozy le Mégalo a visé gros. En ce jour béni du 4 juillet 2007 (qui est aussi le jour d’indépendance de nos frères américains god save the queen), il fait la tournée d’inspection de l’amirauté, le fleuron de la marine française.

Et qu’est-ce qu’il voit, notre président chéri ? Il voit… la magnificence des vedettes de combat, il voit… la somptuosité des croiseurs tactiques, il voit… la splendeur des sous-marins nucléaires. Et il voit le France. Qui masquait le Clémenceau, ouf. Il voit le France, et ses yeux n’en croient pas ses oreilles.

La purée d’sa race maudite c’est quoi steu daube ? Su’l'Coran, j’montre ça à Djamel il va trop s’vénère !” s’écrie-t-il à l’égard du plus gradé, c’est-à-dire du plus intelligent.

- Plaît-il ? s’enquiert l’amiral en chef des colonnes des armées en chef (un type aussi gradé n’a jamais vécu en banlieue, je vous l’assure, même en 2007)
- Tain ça m’vénère trop : on a des caisses de ouf, on méfu du libanais, on a des toba de malade mental et on a un gros navire tout puant là qui sent la misère… J’vais emmener ce gros tas à mon pote Momo, tu vas voir il va nous le tuner du feu de dieu ! Jantes en allu, mitrailleurs à crosse en santal, vitres teintées sur les hublots, caisson de basse 100 kW sur le pont, on va te kitter ce paquebot ça va trop déchirer.
- Monsieur, vous comptez “kitter” ce navire ? s’alarme le général-pape en chef, un peu espiègle finalement, c’est quand même Nicolas Sarkozy le Ouf à qui il s’adresse oh !
- C’est sur, je l’aime pas du tout comme ça ! Il refoule trop du ionf !

Moralité : le France, tu l’aimes ou tu le kittes.

PS : non pas PS par pitié.
PS2 : wii !
PS3 : parait qu’il y doute sur la paternité de ce slogan entre Sarko et De Villiers non ? Ceux qui ont la télé, vous confirmez ? Et éteignez-moi cette télé bon sang vous avez mieux à faire !

Double détente
Le 20/12/2006 - 18:58

Ceci est une histoire vraie. Courte mais vraie. Si elle ne vous plaît pas, je vous raconte une blague juste après.

La Comtesse de Narvallon qui vécut au milieu du 17ème siècle était fort belle et fort courtisée. Dans les salons ou lors de soirées mondaines, cette femme aux formes pulpeuses et à l’esprit vif attirait le regard de tout gentilhomme hormonalement équilibré.

Cette femme issue de la noblesse traditionnelle cachait néanmoins un secret, transmis jusqu’à nous grâce à sa biographie officielle. Ce lourd et ténébreux secret, cette obscure tare qu’elle conservait dissimulée aux yeux de ses prétendants jusqu’à sa mort, aurait constitué une menace directe envers sa splendeur, sa perfection et son rang si elle venait à être découverte.

Car toute bonnasse qu’était la Comtesse, elle ne pouvait s’empêcher de lâcher des perlouses. De tuer des petits chatons. De lancer des missiles chimiques. De péter quoi. Madame la Comtesse de Narvallon était pétomane.

Quelle honte pour son élégance et sa famille ! Tomber en disgrâce auprès de ses courtisans à cause d’un estomac instable et d’un muscle trop lâche, quelle ironie.

Pourtant, et vous vous en doutez, ce secret n’a jamais été ébruité (contrairement peut-être aux pets de l’autre Miss France à vapeur). Pour une raison évidente : les nobles recevaient une éducation parfaite depuis leur plus jeune âge. Lors, en proie à une crise de ventilation passagère, les nobliaux et bourgeois dont le transit était facilité par une alimentation saine et variée émettaient de doux et soyeux pétous garantis sans odeur. Du Febrèze en suppositoire.

Aussi miraculeux que cela puisse paraître, la Comtesse de Narvallon lâchait des perles d’une intensité de 15 sur l’échelle de mon uc, mais inodorants. Sans effluve fétide ni parfum méphitique. Juste par son appartenance à cette caste privilégiée.

Moralité : bon vent ne saurait sentir

Si vous n’êtes abasourdi ou déçu, vous pouvez toujours essayer avec cette blagounette (merci ma belle-mère) :

“C’est Monsieur Rozenblum qui va chez le médeçon [piètre imitation de l’accent yiddish. Lisez plutôt à haute voix en imitant l’accent. Si vous ne savez pas à quoi ça ressemble, imitez l’accent albanais]. Le médecin l’ausculte brièvement, et lui rédige une ordonnance :

- Allez chez le pharmacien en bas de la rue, il vous donnera les cachets qu’il vous faut
- Merci Docteur Rozenstein !

Monsieur Rozenblum se rend à la pharmacie, tend son ordonnance. Le pharmacien s’exécute poliment et lui donne ses cachets dans un petit sac en papier.

- Aurevoir Monsieur Rozenblum, dit le pharmacien
- Aurevoir Monsieur Rozenberg répond Monsieur Rozenblum

Quelques minutes plus tard, le médecin descend en ville faire ses consultations et découvre Monsieur Rozenblum sur le pont, en train de jeter ses cachets dans la rivière.

- Monsieur Rozenblum, que faites-vous ?
- Je vais vous expliquer Docteur. Je viens vous voir, je vous donne de l’argent, vous me faites une ordonnance : c’est normal, il faut bien que vous viviez. Ensuite je vais voir le pharmacien, je lui donne une ordonnance, je lui donne de l’argent, il me donne des cachets : c’est normal, il faut bien qu’il vive. Ensuite je viens sur le pont et je jette ces satanés cachets : c’est normal, il faut bien que je vive…

Mouais, c’est beaucoup plus drôle avec l’accent yiddish qu’albanais en fait.

L’hydropathe
Le 30/10/2006 - 17:27

[Spéciale dédicace à Saoulfifre, Bof etc… et leurs familles respectives]

Depuis qu’elle est petite, Patie porte en elle une joie de vivre à fendre l’écorce des vieux chênes de son village, que d’indociles adolescents égratignent de leurs coeurs insouciants.

Patie est mignonne, Patie est rigolote, Patie est alcoolique. Ah ben ouais, on peut pas tout avoir. Mais pas alcoolique comme qui dirait poivrot ou ivrogne. Pas comme qui dirait devoir se pointer aux Alcooliques Anonymes toutes les semaines et déclamer sur un ton robotique : “Bonjour, je m’appelle Patie et j’ai bouffé du chocolat ce matin je suis une salope je suis une alcoolique.”

Non, Patie aime boire du vin. Et elle s’y connaît vachement bien la Patie. Dans son village, un petit bourg du Limousin, elle est réputée pour avoir un nez fin, et un gosier redoutable. “Oenologue” qu’on appelle ça à la ville. Oenologue, alcoolique, faut pas chercher midi à quatorze heures hein. On est paysan mais on n’est pas bête tout de même.

Comme chaque année, au festival régional des Spiritueux, Alcools, Liqueurs, Oenologies et Piquettes, communément appelé le festival des SALOP, Patie apporte sa petite touche personnelle (et féminine) en organisant une dégustation gratuite. Mais comme elle n’est pas née de la dernière pluie, rare en cette période de sécheresse qui plus est [Note de l’auteur : je me marre à cette expression], c’est elle qui déguste gratuitement les vins concoctés par les agriculteurs de la région. Comme ça, chaque soir, elle rentre toute bourrée gaie chez papa et maman à peu de frais, moyennant une petite démonstration de ses talents de reconnaisseuse alcoolique de vins, ou d’oenologue ouais, bande de bourgeois parigots !

Ah, parce que les cultivateurs des alentours sont à chaque fois épatés par la précision des analyses de Patie. Capable de différencier à coup sûr et sans tricher un Pomerol 2001 d’un Cabernet Sauvignon 2002 [Note de l’auteur : je n’y connais RIEN DE RIEN en vins, si ces comparaisons vous arrachent le coeur et la langue, allez vous faire foutre pardonnez-moi]. Rien qu’en fermant les yeux et en caressant l’étiquette, Patie sait reconnaître un Château Neuf du Pape 1983 (rare s’il en est) d’un Côte d’Or 2006 (aux noisettes en plus). Les mecs ils sont sciés à chaque fois qu’elle glougloute, gargarise et crache en s’écriant : “ouaip, du Barkan 2004 ! La vendange date de septembre, le propriétaire s’appelle Yaron et sa femme a des varices“. Ouais, à chaque fois, les enfants applaudissent, les femmes se pâment, les mecs trinquent au succès de la Patie.

Enfin… Ce n’est pas tout à fait ce qui se raconte dans les chaumières en réalité… Depuis quelques temps, Patie est tellement torchée déchirée oenologue qu’elle s’emmêle les pinceaux et les bouchons… Les paysans du coin sont toujours persuadés que Patie a un talent certain, c’est sûr mais… il y a certaines années où elle est très décevante notre bonne Patie, et pas qu’au lit comme disent les mauvaises langues. Certaines années, elle te mélange un Bordeaux et un Bourgogne la conne. Certaines années, elle oubliera de débouchonner la bouteille… Alors les enfants lui jettent des pierres, les femmes reniflent, et les mecs trinquent.

Moralité : Epatés, épatés… Oui mais ça dépend d’z années ! (mais elle a un don, Patie oh !)

Fausse commune
Le 10/10/2006 - 23:57

Cette histoire est vraie. Elle est racontée dans de nombreux manuels scolaires, mais malheureusement dans un autre pays que la France…

Maoli est une jeune écolière africaine. Elle se rend à l’école, parcourant la longue distance qui la sépare de chez elle les pieds nus, le sac lourd sur ses maigres épaules. Elle traverse la merveilleuse steppe de Haute-Volta à l’orée du jour et sent déjà le soleil darder ses rayons brûlants sur tout ce qui vit ici-bas : les plantes, les cailloux, les lacs, les animaux. Et les petites écolières.

La brume se lève à peine et déjà, Maoli entrevoit en cillant son petit village au loin, celui que tous les livres nomment “la patrie des hommes intègres”. Elle s’arrête un moment pour reprendre son souffle, et sourit. Elle repense à son village, célèbre dans toute l’Afrique. Elle l’aime son village, il l’a vu naître. Et accueillera probablement la naissance de ses propres enfants.

Elle reprend sa marche en haletant. Tout en posant un pied devant l’autre sur le chemin poussiéreux, machinalement, elle s’imagine en pensée toute la gloire récoltée par sa famille, la plus ancienne du village, depuis cette saison bénie durant laquelle le philosophe (elle l’appelait le philosophe pour singer son père) avait rédigé son article dans un journal occidental. Le philosophe avait décrit son village comme “un bourg pittoresque, dont la principale qualité est la nature de ses habitants. Simples, modestes, intelligents, les autochtones de ce village sont éminemment cultivés. Des plus jeunes aux plus anciens, je n’ai rencontré que des humains subtils et magistralement doués. Ici, pas d’idiot du village, même chez un hypothétique puiseur d’eau. Une telle concentration d’esprits supérieurs ne peut tenir que du miracle.”

Elle récite ses lignes du bout de ses lèvres sèches, rajuste son cartable usé, lisse ses nattes soyeuses d’un geste souple et entreprend la dernière ligne droite vers l’école de la grande ville. Fière.

Moralité : ce village, c’est le bourg qui n’a pas d’sot.

Ceux qui ont arrêté l’école vers 12 ans ou ceux qui n’ont pas le droit de se cultiver sous peine de mort cliquent ici pour une meilleure compréhension.

Et je vous ai menti, cette histoire n’est évidemment pas vraie. Cependant, ceux qui n’ont pas désiré cliquer sur le lien ci-dessus apprendront que “la patrie des hommes intègres” est la traduction littérale du nom de ce pays. N’est-il point superbe comme nom ? Surtout pour l’Afrique ?

Je veux écrire un bouquin !
Le 06/09/2006 - 22:43

C’est d’une partie assez obscure de ma vie dont j’aimerais vous causer aujourd’hui. Mais après tout, un blog, c’est fait presque pour ça.

Il y a près de trois ans, alors que je n’étais pas encore marié, je suis allé visiter la charmante ville de Nîmes qui, d’après les informations diffusées par certains hebdomadaires racoleurs, abrite le lycée le plus violent de France. Charmante pourtant, car fraîchement ensoleillée, des autochtones accueillants, une architecture originale.

A cette époque, j’étais célibataire je le précise. Cela peut vous étonner, évidemment, après que vous avez constaté de visu ou par l’intermédiaire de ce blog le physique appétissant, le charme fou, l’humour débridé et le gros bide de l’auteur de ces lignes. Et pourtant, c’est vrai. Lors de ce week-end, j’étais venu me morfondre dans une ville inconnue, tout désabusé d’une histoire d’amour qui a fini mal, en général.

Les yeux hagards ce matin-là, je scrutais attentivement pourtant l’opuscule touristique de la ville afin de trouver quelque occupation qui me sortirait de ma torpeur. Soudain, mes yeux se hérissent et mes poils s’écarquillent. J’avais trouvé l’activité ultime dans cette ville, ouverte un dimanche matin sur ma mobylette : le musée artisanal du djinn.

Des démons à Nîmes ? Yallah, je fonce ni une ni deux à l’adresse mentionnée muni de mon pieu enduit d’ail, de ma croix en forme d’étoile de David et en argent pur, et de mon appareil-photo, on ne sait jamais. J’avais également acheté à la pharmacie du coin un suppositoire rempli d’eau bénite, histoire de leur foutre le suppo. de Satan (ce calembour est déposé à la Chambre de Commerce de Paris, chez Maître Goujon, huissier à Asnières).

Quelle déception, chers amis, quelle déception ! Il s’agissait évidemment (car vous êtes cultivés) d’un tout autre musée : celui du jean original, de Nîmes (d’où denim hein). Tous mes espoirs s’étaient évaporés, un goût amer emplissait mon gosier. J’avais l’impression d’avoir terminé un bouquin de Marc Levy.

Alors, évidemment, j’étais dedans, j’avais payé… J’ai décidé de ne pas sortir et poursuivre la visite, poussé par ma curiosité naturelle et mon avarice de juif, finger ta gueule ! (*). Woaw, super, les six premiers jeans originaux produit par l’usine locale. O-ri-gi-naux, ouais ! Les vrais, les uniques ! Tu vois pas, tout un musée pour ça…

Ah, mais attends, je ne vous ai pas dit : la marque, c’était Levi’s encore un juif, finger ta gueule ! (*). J’ai failli défaillir. C’était trop pour moi : les six jeans originaux, dans la marque la plus vendue au monde, rassemblés ici, à Nîmes, sous mes yeux de parigot ignare des jolies choses, dans un musée artisanal…

Pourtant, je le redis : c’était nul, nul et nul.

La moralité aussi, tiens, histoire de coller avec le thème : les six étaient vrais, de marque Levi’s : c’est nul.

Comment ça, vous aussi, vous avez l’impression d’avoir lu un de ses livres là ?



(*) pour comprendre, lire les commentaires ici ou chez abs.

The windmill of your mind
Le 09/08/2006 - 23:54

Today, this is a story in english. Bad english because i’m not très fort in english and surtout, the majority of my lector(e)s cannot read english courammely. Ou courammently, it is a traître faux ami.

It’s not a tube of the années 80, but it is se marrie bien with the title and the theme.
And it’s a wonderful reprise of the tube of Michel Legrand.


Once upon a time (il était une fois), in 2035, very far far from now, the animals are able to speak like us, the humains. Not only they can speak, but they also make barbecues on the plage the samedi après-midi, they trompent their wife with other espèces of animals, they kill, they fument du shit… Bref, they become like human beings, except that they are animals normaux.

Herbert is a little donkey (âne, pour les cancres). He (on dit plus it now) lives in the périphérie of Chicago, in a little bicoque he has bought for a bouchée of bread to an old hamster that wanted to see other things that his little cage à poules.

Herbert is married to a very beautiful brebis, Magnolia. They have two magnifique children la vérité, Kevin and Jennifer, both brekeys (a donkey and a brebis make a donbis or a brekey. Easy hmm ?).

Herbert works in a bank as a caissier. It is not very classe but that pays the loyer. You know what it is : life is life. Lala Lalala.

One day after a harassing journée of work, Herbert came back home with its marvelous auto, a Range Rover with 16 soupapes inside. He gares the auto in the garage, sifflote a little bit, open the door, says innocemment “Hello honey, I’m rentré !” while opening its courrier (factures, factures, publicité, pfff…).

And what does he see, with his eyes écarquillés ? His wife au lit with deux chats !

Yes, you are not dreaming. His little brebis au bon lait de Sanakis was doing des cochonneries with deux chats, very connus of the quartier. She bredouilles some incomprehensible words “oh my dear, it’s not what you think, they are the plombiers and… euh… there is du courrier by the way ?”.

The donkey does not not one not deux, runs upstairs and takes his lethal weapon 4 (the one with Jet Li) : it is a gun that does not kill with cartouches but with knifes (couteaux, si vous êtes a-futés). Indeed, the guns projette des lames effilées to dechicate the ennemies, like in chinese movies of the old days.

Then he runs downstairs, vise the deux chats that are terrorized, the caleçon on the genoux, and shot them with the lames in the face. Beng ! Beng ! The chats s’écroulent on the floor, the brebis cries all the larms of her corps, and the donkey se put at genoux and begins crying like a baby…

Morality : the donkey shot deux lames en chat

I know it’s faible the fin, but as they say in America, fu.. !

Hé hé I have updated with this other chanson, trop relevant for this blague ! We gonna se poiler the aminches !

La marche à l’est des fiertés
Le 27/06/2006 - 23:18

Samedi dernier, c’était “la marche des fiertés”.

Hubert est homosexuel, et il était à cette exhibition.

Hubert n’a pas caché sa tendance sexuelle à ses collègues (il bosse dans une agence d’assurance-vie), et personne n’a jamais eu de remarque déplacée à son égard. Jamais… ou presque.

Cette semaine, son patron, Etienne, a décidé de le provoquer. “Oh, ben ! Il faut savoir rire de soi, quoi” ajoute-t-il à chaque fois qu’il s’emporte sur ses employés, avec un rire moqueur et forcé.

Etienne a décidé de le provoquer depuis qu’il a décelé une anomalie dans le boulot attitré d’Hubert. De façon hebdomadaire, ce dernier a pour rôle -ingrat- de classer les fiches des assurés par ordre décroissant de fortune gérée par l’agence. Ainsi, Etienne peut aisément contacter ses clients les plus aisés afin de leur proposer des solutions adaptées à leur patrimoine.

Oui, Etienne ne se charge que des grosses fortunes. Les “pauvres” sont gérés par les simples employés, ses employés, ses pions comme il aime à répéter à sa femme et ses enfants le soir, au dîner familial.

Mais cette semaine, Hubert a dû se tromper. Forcément. Lorsqu’Etienne a raccroché avec son dernier client (un couple marié sans enfants mais patrimoine supposé colossal), il a fait convoquer le jeune gestionnaire dans son bureau.

- Dis donc, Hubert. Tu as mal classé tes fiches cette semaine ?
- Euh… Pardon Eti… M. Riboutin ?
- Je répète : tu as mal classé tes fiches cette semaine ? C’est la “gaypride” (il prend un ton ironique) qui t’a chamboulé le cerveau ?
- Mais enfin, je ne vois pas pourquoi vous dites ça. Je …
- Ecoute-moi bien l’homo. Donne-moi tes fiches que je te montre ton erreur : les clients que tu m’as fourgués sont à sec, ils n’ont pas un rond ! Tu crois que j’ai que ça à faire de me taper les indigents ?
- Mais pas du tout ! J’ai personnellement enquêté sur eux, ils sont riches comme Crésus ! Et je ne vous permets pas de…
- Ecoute, Hubert. Non seulement tu ne te permets rien, mais je te dis qu’ils sont fauchés comme les blés, ils ont niet ! Nada ! Que dalle ! Tu comprends ? Alors maintenant p’tit pédé file-moi tes fiches que je te montre comment classer des clients !
- Mais enfin ! Vous…
- Donne-moi tes papiers, tu verras qu’ils sont PAUVRES ! JE NE VEUX PAS PARLER AUX GUEUX, ESPECE DE GAY ! TU COMPRENDS ? ALORS DONNE-MOI CES FICHES BON SANG !

De la bave était apparue sur les commissures des lèvres d’Etienne, Hubert était rouge de honte et de colère. Et moi aussi.

Moralité : Le gay ! File tes fiches, c’est vraiment des gueux !

Pour le public non averti, c’est ici. Et c’est vraiment dégueu.