(et hop, une belle année qui commence !)
Dans ce petit village du Périgord, seuls les insomniaques pathologiques et les couples calés sur une courbe de température ne dorment pas. La nuit est sombre et lourde : les bâtisses en brique claire sont voilées sous les conifères touffus (car il y a beaucoup de conifères dans le Périgord, et touffus en outre), les lampadaires vétustes irradient les places méchamment pavées par des ouvriers fraîchement immigrés (car il y a beaucoup d’ouvriers immigrés dans le Périgord, et touffus en outre) et les enclos à bétail sont dissimulés derrière des buissons broussailleux (car buissons, Périgord, touffus).
Pas un souffle dans les allées, même le vent se fait pudique et les animaux de la ferme roupillent mollement.
Quand tout à coup, le loup ! Le vrai loup des contes avec les canines acérées, la bave au museau et la moustache hitlérienne surgit de nulle part (en fait, il surgit par l’avenue du Général de Gaulle), bondit dans le poulailler de M. Miclu (nom typiquement périgourdin) et s’empare brusquement d’une adorable mais malchanceuse petite poule pour la dévorer dans son antre, si tant est que les loups possèdent des antres.
Le lendemain, le journal local obsédé par la vente de son canard (note de l’auteur : j’aurais pu faire un super jeu de mot ici avec le canard mais à coin bon ?) affichait à sa une, au-dessus d’une publicité pour le vendeur de lunettes de l’avenue de la Gaie Collaboration :
”
Encore une victime du loup !!
Mais que fait la police ? Le loup a encore bouffé une de nos poupoules, sous nos yeux mi-clos et notre barbe naissante (woaw beau gosse) !
Le loup, que les enfants et les idiots du village nomment communément désormais Ouaf ! a désormais 7 poules, 1 coq, 1 mouton et un petit enfant communiste à son actif, malgré les faibles moyens concédés par notre maire de droite.
Notre seule défense du village, le petit chien de notre boulanger homosexuel, débile léger (le chien, pas l’homo) n’a même pas aboyé lorsque son cousin sauvage s’est honteusement goinfré sous notre nez non crochu de gentil non judéen.
Ce soir, une ronde de garde armée de lunettes infrarouges sera effectuée par … [snip]
”
Et, le soir-même, alors que nul ne s’en serait douté, les villageois n’en crurent pas leurs yeux : le petit chien fou se déguisait en loup pour festoyer allègrement dans nos fermes et nos campagnes.
Moralité : Ouaf le loup c’est le petit chien (il est fou Ouaf le loup il est fou !)










