Une fois, j'ai eu 5 en maths.
Brrrrr !
Le 12/06/2006 - 21:26

La vieille dame noire remonte son fichu ocre et se balance encore un peu dans le rocking-chair, à l’air frais du crépuscule. Les enfants autour d’elle ont les yeux écarquillés et attendent, comme chaque soir à cette heure, le conte fabuleux de Mamma Sam.

Elle les regarde, sourit avec la fausse lassitude typique des femmes âgées courageuses, et commence son récit à voix basse.

“Dans notre village, on raconte cette drôle et ancienne histoire. Deux jeunes hyènes s’étaient écartées de leur meute après un festin nocturne et s’étaient égarées près de notre oasis. Parce qu’elles étaient encore insouciantes, elles décidèrent de s’y baigner goulûment.

Non loin de là, derrière un talus, surgirent deux jeunes fées délicates comme le cristal et pétillantes comme une source d’eau vive. Ces jeunes fées, originaires du village voisin, ne possédaient pas de pouvoir magique comme toutes les fées. Car elles avaient été bannies du logis(*) par leur père, le roi des fées, parce qu’elles avaient échoué à leur examen final.

La plus jeune des deux, espiègle, aperçut en premier les deux hyènes qui batifolaient dans la mare. “Viens, suis-moi, on va s’amuser” cria-t-elle à son acolyte en volant déjà vers le bassin d’eau.

- On fait un water-polo, les hyènes ? demanda-t-elle en arrivant. Nous deux contre vous deux. Le premier arrivé à 10.

Les hyènes se regardèrent interloquées, puis avec un rire connivent (de hyène quoi), acceptèrent la proposition.

Le début du match fut amusant, chacun tentant des figures pour marquer des buts dans les cages de fortune (deux palmiers) de l’adversaire. Lorsque le score fut plus serré (7-8 pour les fées), le niveau du jeu changea brusquement et l’ambiance fut plus tendue.

Terminées les révérences et les sourires, les deux équipes employaient tous les moyens pour déstabiliser l’adversaire et remporter le match. A 9-8 pour les fées, les deux équipes étaient dans un état second, de hargne et de haine. Les fées coulaient les hyènes, les hyènes plongeaient les fées sous l’eau, manquant de les étouffer à chaque prise.

Lorsque la jeune fée marqua le dernier but, en profitant de l’occasion pour enfoncer le cou de son ennemi dans la vase, elle hurla de plaisir.
Car ce dernier geste avait deux conséquences : certes, le match était gagné, mais une des hyènes avait probablement péri.

- Et alors, Mamma ? demanda le petit enfant captivé.”

Et alors, c’est la moralité : c’est les deux hyènes et fées qui se coulent !



(*) : Bah oui, les fées du logis !

Violence conjugale
Le 29/05/2006 - 17:55

[Samouyel, tu DOIS lire cet article, cela va te faire rire j’en suis sûr !]

Les quatre amis étaient regroupés autour de la table basse en osier, négligemment recouverte d’un papier kraft par leur hôte, et bavardaient en buvant du saké sous une lumière artificiellement tamisée. La conversation était amicale, familière, parfois en dessous de la ceinture mais jamais vulgaire : telle était la règle pour ces réunions mensuelles du CJMH, le Club des Jeunes Mariés Heureux.

Ce club existait de facto depuis deux ans, suite aux mariages successifs et rapprochés de Pierre, Laurent, Eric, Gérard et Nicolas. Il se réunissait une fois par mois, chez un hôte différent à tour de rôle. Sans les épouses, évidemment. Ces dernières s’arrangeaient toujours pour rendre visite à leur mère, à leurs amies, au musée le plus proche.

Pour son tour, Laurent recevait ses compères avec un repas frugal, commandé chez le chinois du coin. C’était la règle culinaire d’ailleurs : on ne prépare rien chez soi (pour éviter que les femmes deviennent hystériques en rentrant) et on mange rapidement pour pouvoir discuter dans le calme du sujet imposé lors de la précédente réunion.

Ce soir, le sujet était : “Comment réagir lorsque ma femme me ment”.

Eric initia la conversation :

- Je pense que cela dépend de la gravité du cas. Si elle me ment sur le prix d’une paire de chaussures, je m’en fiche !
- Au contraire, dit Gérard. Tout mensonge est à sanctionner, sinon c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres !

Pierre intervint :

- Allons Gérard, tu ne vas pas me faire croire que tu punirais ta femme parce qu’elle a simulé un malaise pour éviter de faire la vaisselle…
- Ben si, le coupa Gérard, c’est quand même grave si elle…
- Laisse-moi finir, répliqua posément Pierre. Ne me dis pas que c’est comme si elle t’avait trompé en embrassant un autre gars avec sa langue dans sa bouche et sa main dans…
- Heu c’est bon, Pierre, on a compris…

Gérard prit son air sérieux habituel et rétorqua :

- Hé bien si. La punition n’est pas la même, voilà tout. Le malaise pour la vaisselle, je pense que je lui ferais la tête pendant quelques temps. Et la tromperie, je divorce immédiatement.

- Oh l’autre, intervint Nicolas. Arrête d’en faire trop, t’es toujours extrême, toi ! Et si ta femme est au lit près de toi, et t’annonce qu’elle a repris la cigarette depuis deux jours parce que c’est trop dur d’arrêter tu fais quoi ? Tu la lacères à coups d’épée ?
- Exactement ! vociféra Gérard, qui imaginait déjà la voix mielleuse de sa femme lui annonçant son échec. Au lit ou pas au lit, bang ! Une tarte dans sa face, le coup d’épée si tu veux. Mais on ne me ment pas à moi !

Il avait la bave aux lèvres. Visiblement, le sujet était un point sensible qu’il aurait mieux fallu ne pas aborder.

Le silence s’installa dans la petite pièce, et chacun termina sa bière en regardant la moquette immaculée.

Moralité : Au lit : BANG ! Sabre-la et châtie-la !

T’es pas tout seul !
Le 04/05/2006 - 23:33

[ça faisait longtemps, et c’est pour fêter le retour des beaux jours et de TB, le champion du tirage violent de cheveu]

- Ah on est bien autour du feu, dit Anne-Sophie, en se blotissant dans l’épaule accueillante de Stéphane.
- C’est vrai, qui aurait cru qu’on passerait une aussi belle soirée sur la plage tous ensemble ?

Barbara avait lancé cette phrase aux quatre couples d’amis qu’elle avait conviés à cette soirée improvisée, sur la plage de Biarritz, par pure figure de rhétorique. C’était effectivement une belle soirée, la nuit était claire et chaude, la mer apaisée et le repas savoureux.

A la bonne franquette, chacun avait apporté de quoi concocter un merveilleux petit pique-nique nocturne. C’était d’ailleurs la devise de cette petite fiesta estivale : “chacun partage ce qu’il amène”. Tout le monde goûtait et faisait goûter les mille et une saveurs des cuisines d’ici et de l’autre côté des continents.

Côté boisson, on n’était pas en reste puisque Fred et Carole avaient ramené deux packs de bière, un whisky 12 ans d’âge et une vodka-melon glacée, conservée dans la glacière. Pour Anne-Soph’ et Stéphane, c’était plutôt du vin rouge, mais du bon : trois bouteilles de Château Laroze 2000, un Saint-Julien 2001 et, “pour tester”, un Hecula 2003 espagnol, dont des amis communs avaient fait l’acquisition le week-end dernier et qu’ils qualifiaient de délice.

Barbara et Aziz, les organisateurs, c’était champagne : 4 bouteilles de Piper-Heidsick enveloppées dans des sacs plastiques emplis de glaçons.

Quant à Jeff et Déborah, c’était liqueur. Ils avaient prévenu : “Nous, on adore la liqueur ; on va vous faire découvrir, vous allez vous gaver !”.

Lorsqu’ils sortirent leur unique bouteille de liqueur de mûre, le silence tomba sur l’assistance, Fred cessa de gratter sa guitare maladroitement et des regards interrogateurs se tournèrent vers les deux convives. La température semblait avoir chuté de plusieurs degrés en quelques instants.

Déborah bredouilla quelque chose, Jeff baissa les yeux et murmura : “désolé, nous n’avions pas prévu de partager notre liqueur avec autant de monde…”

Fred soupira : “quel brêle, celui-là !”

Moralité : en effet, quel brêle : quand on n’a que la mûre, à offrir en partage….



Et puis Jeff, t’es pas tout seul !

C’est Jérôme !!!
Le 28/03/2006 - 23:30

(Je dédicace ce post à Abs. Je ne sais pas pourquoi mais lorsque j’ai imaginé cette histoire, je l’ai collée immédiatement dans le rôle…)

- Chérie, va t’occuper de Paul, il a des devoirs de maths.
- Oh écoute Jean-Hubert [le mari de Abs, on passe sa jalousie comme on peut], je n’ai pas le temps, je fais des raviolis là…
- Mais Ursulla [le vrai prénom de Abs], il a des devoirs ! Et moi les maths j’y comprends rien !

Ursulla touille le contenu de la casserole en soupirant.

- Ecoute JH, pour le moment je fais à manger.

Jean-Hubert se lève vivement, s’approche, l’enlace par la taille et lui murmure à l’oreille :

- Ursulla, je m’occupe des raviolis. Va aider Paul je t’en prie, il a besoin de toi.

Ursulla, les yeux humides parce qu’elle se névrose pour un rien, l’embrasse et répond :

- Tu sais que je t’aime toi ? Mais je ne sais pas si je pourrai l’aider. Les maths, j’ai un peu perdu l’habitude. J’ai peur de ne pas assumer mon rôle de mère et…
- Allons, ne fais pas semblant. Tu as fait de longues études à l’université, ne me fais pas croire que tu ne saurais…
- Ben si, justement ! le coupe-t-elle, cassante. Je ne crois pas que je saurai.

Jean-Hubert sait qu’elle est au bord de l’explosion. La casserole sur le feu également. D’un geste machinal, il remue le magma juteux, inspire et murmure doucement, en lui caressant la base des cheveux :

- Ursulla, tu te rappelles lorsque tu étais en première année ?
- Oui répond-elle, posément. Et continue de me caresser les cheveux, j’adore ! [pas besoin d’être dans la peau de Abs, hein. Toutes les filles adorent. Enfin, je veux dire je peux comprendre que toutes les filles adorent. En tout cas, ma femme adore… Je m’enfonce hein ?]
- Tu te rappelles le nombre d’heures que tu passais à réviser tes cours de maths et physique avec Louis ?
- Oh, Louis, ça fait longtemps !
- Ben oui, et tu te rappelles le temps que vous passiez à réviser, comprendre, chercher, faire des exercices, et …
- Bien sûr, je m’en rappelle. J’étais forte à l’époque, tu as raison. Je bossais beaucoup, c’était assez dense cette partie de ma vie. Un concentré d’études.

Jean-Hubert la retourne doucement et lui confie dans un souffle, le sourire aux lèvres et ses mains dans les siennes :

- Et donc tu vois, tu n’as pas de raison de douter : tu es largement capable d’aider notre fils pour son devoir.

Ursulla, les yeux humides parce qu’elle a un coeur en or et une sensibilité aussi aiguisée que les couteaux de cuisine qui trônent près de l’évier, l’étreint avec frénésie, se dégage pour le fixer dans les yeux en inclinant la tête, arbore ce sourire taquin qui avait conquis son coeur et celui de tant de garçons au lycée et dit :

- Toi tu sais parler aux femmes. Merci de me donner confiance en moi au quotidien. Je t’aimerai toujours, dans la prairie ou la tempête et … (et blablabla et blablabla).

Moralité : études denses avec Louis, là t’es sure d’aider Paul !

[Les jeunes, on clique pour comprendre]

Fierté bien placée
Le 03/03/2006 - 01:32

Karim est algérien. De Constantine, plus précisément. Il est fier de ses origines, et légèrement susceptible comme tous les immigrés, mais surtout comme tous les constantinois.

Aujourd’hui, au match de foot de sa classe, Karim a marqué deux buts. Son équipe était fière de lui et l’a porté en triomphe dans les vestiaires. Une fois les congratulations effectuées à toute l’équipe, l’entraîneur est sorti en criant : “allez, direction les douches et en classe !”.

Après s’être lavé avec tous ses copains, Karim enfile rapidement son caleçon. Un caleçon large, bouffant, rouge avec des photos du désert imprimées tout autour.

Evidemment, tous ses camarades s’esclaffent en pointant du doigt le bas-ventre du buteur. Sans hausser le ton, ce dernier se contente de répondre :

“Vous savez, ce caleçon a une histoire.”

Les rires s’éteignent, les regards sont curieux, tout le monde s’approche. Devant son auditoire de fortune, Karim reprend, la tête haute.

- Oui, ce caleçon a une histoire. Il y a deux ans, je me suis battu dans ma cité contre un type qui avait insulté mon pays. Un raciste primaire, un imbécile.
- Ah bon ? Il t’a dit quoi ?
- Que nous, les immigrés, on piquait le travail des français. Qu’en Algérie, on était tous des feignasses, qu’on s’habillait à l’ancienne avec des djellabahs, et j’en passe…
- Quel cinglé ! Et tu lui mis une raclée ?
- Au début oui. Et puis je me suis dit : pas la peine de s’énerver pour ça. J’ai dégrafé ma ceinture, descendu mon jean jusqu’au genoux, et exhibé ce caleçon que vous voyez.
- Et alors ?
- Et alors, je lui ai dit : on ne sait pas s’habiller en Algérie ? Fais voir ton caleçon à toi, minable ! C’est facile de moquer des apparences n’est-ce pas ? Mais fais voir ce que tu caches, voilà un défi que tu n’oserais pas relever hein ? Allez, fais voir ton caleçon !
- Et alors ?
- Eh ben, croyez-moi ou pas, il s’est dégonflé et a déguerpi en courant. Depuis, quand on me cherche en se moquant de l’Algérie, je montre mon superbe caleçon en signe de défi !

Un “waow” de fierté a empli la salle, et tous ont montré leur caleçon chacun leur tour, sous le rire ensoleillé de Karim le brave.

Moralité : Le caleçon joli, défi de mon pays.

Laï Laï Laï Laï Laï Laï, Laï Laï Laï Laï !



Note : Enrico Macias, l’auteur de la chanson que vous aurez reconnue, est constantinois. Si le héros s’appelle Karim, c’est que j’aime ce prénom. Si vous êtes constantinois et que vous vous appelez Karim et que vous voulez porter plainte, je vous montre mon caleçon.

Antioxydant
Le 24/02/2006 - 02:42

C’est la consternation.

Le monde “libre” a l’impression qu’une violente régression sévit dans les pays arabes, et il a sûrement raison. Ce qui est désolant, ce n’est pas tant la finalité de cette introversion mais plutôt qu’elle a été adoptée en réaction aux mouvements démocratiques de notre civilisation.

Ainsi, cette semaine, en Arabie Saoudite.

Le roi a déclaré, à l’instar de son homologue iranien le Maharadjah Mahmoud Ahmaxnpmqsxsnejade, que les valeurs occidentales étaient décadentes et devaient être bannies de la culture et du quotidien des arabiens saoudiens.

Ainsi, la musique occidentale (Michael Jackson, Madonna, Lorie, Michel Jonasz -oh non pitié pas Jonasz) : scouic. Décapitation radiophonique. Les seules musiques tolérées sont Oum-Khalsoum, Farid El-Atrache et la femme du roi.

Autre interdiction, issue des dérives ignobles des occidentaux : les panneaux publicitaires. D’accord, certaines affiches Aubade peuvent surprendre n’importe quel automobiliste à l’angle d’un carrefour. Mais de là à interdire le concept-même !

Et, dans son discours, d’interdire pêle-mêle : les fast food, les sites Internet écrits en anglais, les crèmes dessert à 0%, les émissions de variétés à la télévision, les blagues “sexuelles” et les dentifrices contenant de la menthe (lubie du roi probablement).

J’allais oublier la goutte d’eau qui a fait déborder le calice (à la place du calice). Ce matin, une manifestation géante a été organisée contre ces mesures jugées autarciques, torsionnaires et complètement arbitraires. En effet, le roi avait jugé utile de supprimer les soldes dans les magasins de vêtement. “Les soldes caractérisent vraiment la furie individualiste de ces barbares d’occidentaux” avait-il jugé bon de confier au journal local, le ceci-n’est-pas-un-missile tenu par Ibrahim Magritte.

Les femmes, revendiquant au moins ce droit à l’exultation (et à l’orgasme ?) deux fois par an, ont spontanément bondi dans la rue avec leurs tracts et leurs banderoles.

Moralité en image :

Prendre son pied au goûter
Le 17/02/2006 - 00:32

Pour rétablir la grandeur de la Bible que Matthieu a -si brillamment- écorchée, je me propose de vous conter une légende sur le roi David, relatée dans “Les prophètes”.

Le roi David avait un grand nombre d’enfants, parce qu’il avait un grand nombre de femmes. En 2006, vous n’y verriez pas de lien immédiat, mais à l’époque une femme faisait des enfants, accessoirement la lessive, la vaisselle et la cuisine, mais surtout des enfants.

Toutefois, le roi avait ses préférences : la fille née de l’union avec Betsabée, la belle rousse qui ressemble à Nicole Kidman, qu’ils avaient prénommée Uma en hommage au seul territoire non-juif de la Galilée appelé “no Yid” [il est chaud ce calembour] et sûrement pas en hommage à Uma Thurman, elle n’était pas encore née, bande d’ignares !

Uma a toujours été élevée dans l’amour et la surveillance constante de ses parents. Ainsi, le jour fatidique où elle a demandé : “Papa, je peux aller à la boum de Avraham ben Yossef ?”, la première réponse fut inévitablement : “You’re kidding me son of a bitch ?” ce qui, traduit approximativement de l’araméen donne : “Même pas en rêve !”.

Comme savent y faire les jeunes filles de son âge, Uma a finalement persuadé son père de la laisser se trémousser avec ses copains et copines dans une cave illuminée aux chandelles, Champomy, fraises tagada et moutons en méchoui à volonté.

Seulement voilà, le père est roi de Canaan et est sorti victorieux de nombreuses guerres. Donc on ne la lui fait pas : il a décidé d’engager un détective privé professionnel pour épier sa fille chérie.

Le soir du crime de la danse-party-all-night-long (traduisez par “sauterie”), le roi David a finalement décidé d’accompagner le détective privé dans sa mission de surveillance, évidemment vêtu d’un imperméable terne et équipé de trop grandes lunettes noires.

Engoncé dans le siège arrière de l’Alfa Roméo noire de l’enquêteur, il passait inaperçu. Ils suivaient méthodiquement le cortège de véhicules qui se rendait chez Yossef ben Avraham (le père d’Avraham ben Yossef, vous suivez ?) parce qu’à l’époque, Mappy n’existait pas (ou alors il fallait consulter le prophète).

Malheureusement, le roi David était âgé et, à cause d’un tiraillement aigu de sa satanée prostate, devait vider sa royale vessie régulièrement. Et, alors qu’il était occupé à tracer son nom (en hébreu, donc de droite à gauche) sur le cactus du voisin, le détective a perdu la trace du défilé de voiture. Bilan : le roi et son chauffeur ont erré pendant plus de deux heures à leur recherche en plein désert de Judée.

- Incapable ! Je ne peux pas aller pisser deux secondes que tu les perds de vue !? Et tu dis que t’es un pro ? A cause de tes conneries, on a raté la boum de ma fille !
- Mais, Sire…
- Y’a pas de mais ! On rentre ! Rappele-moi de te pendre par les pieds au goûter.

Moralité : le pro se perd, loupe la boum et c’est le roi youpin qui pisse !

L’immatroscope du jour :

Tiens, en parlant de prostate, si vous êtes vieux il serait temps de consulter. Je connais un très bon urologue (c’est mon beaup : -50% sur la consultation sur présentation de votre abonnement à ce blog)
La déprime de l’homme d’affaire (*)
Le 10/02/2006 - 00:26

Il circule beaucoup d’anecdotes sur nos anciens “grands hommes”. Léon Blum, le Général de Gaulle, Mahmoud Ahmajkdhfdjfhhade, Jean Jaurès…

Tiens, prenons Jean Jaurès. Cet homme politique et philosophe français était également un homme d’affaires particulièrement mauvais, parce que particulièrement intègre. Et les individus intègres sont souvent les plus imprévisibles. Cette anecdote -véridique- en témoigne.

Dans la petite ville minière de Carmaux dont il était le député au début du vingtième siècle, Jean Jaurès était très courtisé par les lobbys miniers dans une région où la récolte de houille, de ferrite et de manganèse assurait la survie d’une petite population ouvrière.

Pour obtenir ses faveurs, le responsable du syndicat principal l’avait maintes fois sollicité par des moyens aux limites de la légalité, ce que le philosophe français avait toujours considéré comme un outrage à sa dignité, à la cause ouvrière toute entière et au peuple français dans son ensemble.

Mais le chef des mineurs avait plus d’un tour dans son chariot : il convia M. Jaurès à une soirée sportive inaugurale qui se déroulait au stade municipal, un soir d’été. Ce dernier déclina poliment l’offre, mais son interlocuteur se fit pressant.

- Ecoutez-moi bien, Roger, vous me promettez que vous ne tenterez rien pour me soudoyer ni me corrompre !
- Monsieur le député, bien sûr que non, c’est une soirée sportive !
- Dans ce cas je viendrai. Et je paierai ma place.
- M. Jaurès, en temps normal, vous auriez cru à une filouterie de ma part si je vous offrais la place à un opéra. Mais il ne s’agit que d’une soirée sportive, laissez-moi vous inviter.
- Hmm. D’accord, dans ce cas, je paierai la moitié, pour m’assurer que vous n’êtes pas un filou fini.

C’était le temps où les hommes avaient des valeurs, et où d’autres n’en avaient cure.

Une fois toute la foule installée, les gradins et la piste illuminés par les projecteurs puissants sous une nuit calme, une trentaine d’athètes firent leur apparition sous une salve nourrie d’applaudissements. Une fois le premier tour effectué, ils se tinrent au garde à vous devant la loge d’honneur. Et, dans un mouvement parfaitement synchronisé, sortirent de leur tricot de grandes feuilles de papier soigneusement pliées. Une fois à leur taille naturelle, et agrippées comme des piquets de grève, on pouvait lire le message suivant :

M. JAURES, PROTEGEZ LES MINEURS !

Rouge de rage, Jean Jaurès se leva et secoua le chef mineur : “N’avez-vous pas honte, Monsieur, d’une telle infamie ? Ne souffrez-vous donc point que certains aient un honneur, un code éthique, une déontologie ? Sachez, Monsieur, que vous êtes d’une bassesse abominable. Maintenant, je veux que vous m’éteignez cette piste immédiatement, et que toute cette population rentre chez elle, la soirée est annulée !”

- Mais, Monsieur Jau..
- Eteignez-moi cette piste, vous avez compris ? Eteignez-moi cette piiiiste tout de suite !

Jean Jaurès était un mauvaise homme d’affaire, et cela lui valut une longue déprime.

Moralité : Jaurès voulut éteindre la piiiiiiiiiiste !

(*) aka Le blues du Businessman

Patriiiiiiiiiiiiick !
Le 26/01/2006 - 03:01

Mesdames et Messieurs, je déclare la 7436ème cérémonie des Césars de la musique ouverte !

[…]

Pour le César de la meilleure chanson en duo de l’année, sont nominés :

- Pascal Obispo et Nolwenn Leroy : “l’amour c’est trop beau”
- Muriel Robin et Maurane pour “une qui chante très bien, une qui chante très faux”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Lara Fabian et Céline Dion pour “Une chanson douce”

Le vainqueur est : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Pour le César des plus belles paroles de l’année, sont nominés :

- Michel Jonasz pour “le grand-père”
- Doc Gynéco & l’abbé Pierre : “J’ai froid au cul, laisse-moi dormir dans ta cave”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Sniper “La France est une pute”

Le vainqueur est, pour la seconde fois : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Pour le César de la musique la plus top de l’année, sont nominés :

- Yaelz pour “Un corps, des nichons, trois Intel-lects”
- Corneille pour “Je prends racine et je bois l’eau”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Youssou’n'dour pour “Kirikou contre Mariah Carey”

Le vainqueur est, pour la troisième fois : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Pour le César du clip le plus hardcore de l’année, sont nominés :

- Pascal Obispo et Nolwenn Leroy : “l’amour c’est trop beau”
- Gilbert Montagné pour “La chute”
- Marc Lavoine et Patricia Kaas pour “Les yeux revolver ya vol”
- Corneille pour “Ma vie en 1994″

Le vainqueur est, pour la quatrième fois : “Marc Lavoine et Patricia Kaas !”

[…]

Voilà, Mesdames et Messieurs, cette soirée est terminée, bonsoir à tous.

Moralité : Les grands gagnants de ce soir sont : Kaas et Lavoine, Kaas et Lavoine, Kaas et Lavoine, Kaas et Lavoine.

Et si tu veux comprendre, tu cliques là.


Nouilles sautées au boeuf
Le 11/01/2006 - 15:13

L’an dernier, nous sommes allés en famille (mes parents, ma femme et moi-même) visiter cette belle et antique ville qu’est Jérusalem. C’était une expérience unique, presque mystique.

Sauf pour mon père.

Mon père ne voulait pas faire ce voyage, il disait que cela ne lui apporterait rien tant du point de vue spirituel qu’intellectuel, moral, physique et financier. Mon père était récalcitrant. Mon père était fermé. Mon père était aigri.

Il rechignait sur tout. Le Mur des Lamentations ? “Bah ce n’est qu’un mur de pierres !“. La vieille ville ? “Une architecture archaïque, et puis ?” Le tramway ? “Bah, on a le même à Paris !“.

Même les mets locaux, il n’a pas voulu y toucher. Les falafels en pita ? “Tu me vois manger des pois-chiches ?”. Le shwarma en lafa ? “Trop gras !”. La pizza quatre fromages ? “Bah, on a la même à Paris !“.

Aigri je vous dis.

Le soir, il fallait quand même se nourrir. Alors nous avons décidé de l’emmener dans un resto chinois. Le chinois, c’est international. Paradoxalement.

Ronchon, il accepte en traînant les pieds. “Allez Papa, tu prendras des nouilles sautées au boeuf. Tu aimes bien ça d’habitude…“. Ronchonnement et haussement d’épaule résigné.

A destination, nous nous installons rapidement. Chacun commande (au passage, déjà manger chinois à Paris, ce n’est pas toujours clair… Mais du chinois en hébreu, c’est du chinois de l’hébreu j’en perds mon latin et merde !) et attend impatiemment son plat parce qu’il se faisait tard.

Tout à coup, mon père se lève. Ma mère prend peur : “tu ne vas pas partir quand même ?

- Non, non, je vais juste aux toilettes.
- Tu promets ?
- Promis, bien sûr.

Pendant qu’il descend, le serveur apporte les plats. “Du piquant ?” demande-t-il ? Ma famille et moi-même nous regardons avec un sourire malicieux : “Oui, s’il vous plaît“.

Et hop ! Nous versons une bonne dose de piments concentrés façon “mexicains orientaux” dans le plat de mon père, nous nous esclaffons un temps et lorsqu’il remonte -toujours ronchon-, nous nous efforçons de paraître normaux.

Il mange. Il a l’air d’aimer. Je pince ma femme pour me préserver d’un grand éclat de rire. Et elle aussi du coup.

- Eh ben c’était excellent ! On a bien fait de venir au chinois !

Nous étions interloqués et plus ou moins agréablement surpris, c’est sûr. Mais nous voulions lui faire payer les trois derniers jours qu’il nous avait gâchés. Et la facture, le lendemain, allait être salée.

Effectivement, il a passé sa journée aux toilettes pendant que nous visitions toute la ville.

Moralité : Le père aigri à Sion, d’un chinois en chie.