J'ai essayé, impossible de lever plus de 300 kg tout seul
56K c’est bien pour une miss…
Le 02/01/2006 - 11:56

Dans la salle réservée aux journalistes, Jean-Gaspard de l’Obse-Sékieu et Marie-Mélanie de Minaud-Deury contemplait les dix finalistes du concours universel “L’ultime déesse”.

Depuis que l’élection de Miss France avait été honteusement truquée par Mme de Fontenay en personne, les téléspectateurs s’étaient désintéressés d’un concours qui redorait pourtant nos couleurs à l’étranger.

Dans l’espoir de renflouer ses caisses, une chaîne de télévision du câble avait copié et grandement amélioré ce concours. Désormais, le corps n’était plus discriminant, les “miss” devaient également formuler des idées intelligentes sur le monde, avoir de la répartie, un sens de l’humour aigu et, pour corser le tout, être célibataire. Histoire de faire baver les 49% d’hommes en France.

Ce soir, lors de l’élection de l’ultime déesse, les journalistes commentaient les choix du jury pour les millions de téléspectateurs baveurs.

- La numéro 1 est assez jolie, mais il semble qu’elle n’a qu’une maîtrise de sciences politiques, et elle ne parle pas le mandarin..
- Oui, je suis d’accord avec vous Jean-Gaspard, et la numéro 7 a des rides sous les coudes…
- Tut tut tut, prenez le cas de la numéro 4 ! Elle rit comme une baleine, et en plus elle n’est même pas française !

Si les téléspectateurs bavaient, les journalistes aussi. Et à coeur joie.

Puis, ce fut le moment décisif : roulement de tambour, musique apocalyptique, suspense, sourires crispés.

“Le jury décerne l’agrafeuse de l’ultime déesse 2006 à… la candidate n°9 !”

Feux d’artifice, pleurs et effondrements, applaudissements nourris.

Jean-Gaspard et Marie-Mélanie ne tarissaient pas d’éloges au micro : “Incroyable, n’est-ce pas ? Cette candidate que nous avons tellement aimée, nous l’avions choisie dès le début !”, “Oh oui JG ! Elle est formidable cette petite numéro 9 !”.

Puis, coupant son micro et ravalant sa bave, Jean-Gaspard dit : “C’est vrai qu’elle est bien la numéro 9. Et vachement intelligente pour le coup. Ils ont bien fait de la choisir pour l’ultime déesse”.

Et Marie-Mélanie de répondre, ulcérée : “La déesse, elle ? La Neuf, qu’elle est conne ! ”



Note : 56K ce n’est pas 56 kilogrammes mais 56 kilobits, la vitesse maxi des anciens modems… D’où la confusion et la chute.

Les belles et les bÍtes
Le 22/12/2005 - 00:08

Dilemne (t’inquiète maman, c’est pas très grave) : impossible de ne pas parler de King Kong que j’ai vu ce soir, mais il a déjà été commenté mille et une fois sur mille et un blog (depuis la version de 1843). Que faire ? Me la fermer ? Faire comme tout le monde ?

Que nenni. On va mixer un billet que je réservais pour Noël avec mon commentaire sur le film. Sous la bannière d’un titre de circonstance.

Plaçons le décor, et pour cela, il faut impérativement écouter le fichier audio ci-dessous (sinon 73,1% du billet tombe à l’eau, d’après l’IPSOS). Alors clique sur le bouton ami(e) lecteur(e), et poursuis ton parcours, jusqu’au bout s’entend.

Note : cette chanson interprétée par Youssou N’dour est le générique de Kirikou et la petite sorcière. Si vous écoutez le refrain une fois, vous avez la pêche pour la journée.


La jolie Marie, deux ans, se promène dans le zoo avec son papy. Elle découvre les animaux et elle est émerveillée devant tant de choses nouvelles. Elle crie “Papy, papy !” devant la girafe, devant l’éléphant, devant les singes…

Son grand-père, affectueux comme toujours, la tient à bout de bras pour qu’elle caresse de ses petits doigts boudinés de bébé les animaux qui ne sont pas dangereux. Du coup, Marie caresse les chevaux dans l’enclos. Elle caresse la marmotte dans sa cage. Et le petit lapin blanc. Et la petite souris grise.

Ils continuent leur petit bonhomme de chemin à travers le zoo. Marie a peur des ours et des tigres, même s’ils ne bougent pas beaucoup. Papy lui a expliqué que ce sont des animaux “sau-vages”. Et Marie a souri. Marie sourit toujours quand elle est contente. Et elle est toujours contente quand elle est avec son Papy.

En passant dans une allée, son grand-père lui propose une glace, qu’elle accepte en sautant de joie. Il lui tend le cornet et elle se met à lécher doucement.

Le temps qu’il se retourne pour payer à la vendeuse, la petite Marie s’est penchée pour caresser un petit animal en liberté.

- Marie ! gronde le grand-père. Marie, enfin ! Ce n’est pas un animal ça ! C’est de la caca ! C’est caca ça, allez viens on va te laver les mains.
- Huh Papy ?
- Oui, c’est caca ! Tu as caressé du caca. Allez viens avec papy, on va laver les mains.

Moralité (mais où va-t-il chercher tout ça) : Marie a caressé de la merde.

Spéciale dédicace à tous ses fans, et normalement si vous avez lancé l’audio et que vous ne lisez pas trop vite, tout s’éclaire.

King-Kong

Ca m’a fait le même effet qu’au MOMA (musée d’art moderne à NY) : on s’ennuie très vite mais on y voit des choses époustouflantes.

Soyons clairs, le scénario fait peine à voir, les acteurs… ah les acteurs. Naomi Watts, l’actrice principale, comment la décrire… C’est une Nicole Kidman inachevée, avec un air ahuri tout au long du film. Les autres acteurs sont inutiles, c’est le gorille qui compte.

Sincèrement, je crois n’avoir jamais vu d’effets spéciaux aussi magnifiques. Le gorille est tellement réaliste : les yeux, la bouche, les mouvements… D’une précision d’horloger. Les scènes avec les dinosaures, les combats, l’intégration avec le décor et les acteurs : tout est superbe.

A chaque fois que je vois ce genre de film, j’essaie de m’imaginer un type du milieu du 20e siècle (qui connaît donc le cinéma) à qui l’on projetterait le film. Nous, nous sommes gavés d’effets spéciaux. Mais lui ? Est-ce qu’il croirait que ce qu’il voit est une réalité, sans trucage ?

Dans le(s) premier(s King Kong, il est évident que non. Mais dans celui-ci, je parie un billet (pas de l’argent, un post sur ce blog. Faut pas charrier non plus) qu’il y croit.

Je reviens sur Naomi Watts. Le truc qui m’a donné envie de filer des coups de pompe dans le siège devant moi, c’est : une femme du monde qui se fait enlever par un gorille qui la transbahute dans tous les sens dans la jungle ou en haut de l’Empire State Building et qui ne crie jamais ou qui n’a pas le moindre vertige. Même pas un petit : “Doux Jésus, putain c’est haut !”. Moi je flippe de sauter du plongeoir de 5 mètres et l’autre guignole est à 32 408 mètres au sommet de la tour, sur une surface aussi ténue que mon plongeoir, et elle lève les bras au ciel pour dire bonjour aux avions.

Enfin, je ne veux pas vous tuer tout le suspense du film, il vaut vraiment le coup pour les effets spéciaux. Si ça ne vous a jamais fait triper, un bon Derrick fera l’affaire.

Mais dans tout ça je me demande qui est la plus “bête” des deux : l’autre acrobate blonde qui voltige sans sourciller ou le singe humanisé qui affiche sa tristesse…

L’amour est enfant de l’OM
Le 19/12/2005 - 17:05

Hmm hmm. Il y a quelques temps, lors d’un jour particulier (appuyer ici), je déclarais ouvertement que je n’avais absolument rien à dire sur un calembour maison, intitulé “l’amour est enfant de l’OM”.

Je déclarais ouvertement, devant témoins - vous, ami(e)s lecteur(e)s, qu’en dépit de ma fierté à avoir été le premier à planter mon drapeau sur ce jeu de mot opéra-apéro-footballistique, je ne voyais pas ce que je pouvais décliner sous un titre aussi invraisemblable.

Sous la menace légère, j’ai décidé de me creuser les méninges. Après une longue période en incubation dans les toilettes bleutées, les éléments se sont mis en place progressivement. Progressivement est ici déplacé puisque j’avais assez mal au ventre, nous dirons dans ce cas “en un éclair”.

J’avais deux options. Poursuivre mon surf sur la blague, ou sortir un peu mes tripes (aux toilettes, bien joué). Je vous laisse décider.

L’amour est enfant de l’OM, the laughing machine is ON

- Et but ! Incroyable, Jean-Michel, ce que vient de réaliser l’avant-droit guinéen face à cette équipe de Lens !
- Tout à fait, Thierry. Cette équipe de division 3 d’Evreux-les-bains est en pleine forme ce soir sur son terrain. Et la fière équipe de Lens ne sait pas comment s’en remettre…
- Je vous l’accorde Jean-Michel, on a rarement vu dans les annales une telle surprise : Evreux-les-bains mène par un à zéro à la quatre-vingt douzième minute, autant dire que la messe est dite.
- Ah ça, vous l’avez dit. Ah, voilà l’arbitre siffle la fin du match ! Evreux-les-bains remporte ce match difficile contre une équipe de division 1. C’est la Ola dans tout le stade, les gens dansent. Bravo ! Et à vous Paris.

- Et but ! Incroyable, Jean-Michel, ce que vient de réaliser l’avant-droit guinéen face à cette équipe de Troyes !
- Tout à fait, Thierry. Cette équipe de division 3 d’Evreux-les-bains est en pleine forme ce soir sur son terrain. Et la fière équipe de Troyes ne sait pas comment s’en remettre…
- Je vous l’accorde Jean-Michel, on a rarement vu dans les annales une telle surprise : Evreux-les-bains mène par un à zéro à la quatre-vingt onzième minute, autant dire que les carottes sont cuites.
- Ah ça, vous l’avez dit. Ah, voilà l’arbitre siffle la fin du match ! Evreux-les-bains remporte ce match difficile contre une équipe de division 1. C’est la Ola dans tout le stade, les gens dansent. Bravo ! Et à vous Paris.

Moralité (mais j’ai honte) : Evreux-les-bains bat Lens, Troyes sur des rythmes de Ola.

Les vieux/incultes écouteront ceci :


L’amour est enfant de l’OM, la vidange

Dans un tout autre registre.

Il y a environ deux ans, j’ai eu une discussion lors d’un repas entre amis (de confession et d’origines diverses, précision utile) sur l’extrémisme de certains “chefs” dans leur boulot. Extrémisme puisqu’ils ne choisissent jamais la voie de la modération, de la raison et du dialogue.

De fil en aiguille, la discussion a dérivé sur les extrémismes en général. Et forcément, ce qui devait arriver arriva :

- Et toi David, que penses-tu de l’extrémisme juif ?

Ah merde, le sujet qui fâche. Je feins.

- Oh tu sais moi, la religion à l’extrême, je trouve ça un peu has been. Sinon il était bon le couscous hein ? Ma mère fait le même et…

Gifle de la droite :

- Non, non. On ne parle pas d’orthodoxie, on parle d’extrémisme juif. Alors ?
- Ben… C’est-à-dire, extrémisme juif ?

Gifle de la gauche :

- Ben, tu sais, il y a des extrémistes dans tous les camps : les arabes qui agressent les juifs, les juifs qui agressent les arabes, etc. Alors toi tu penses quoi de l’extrémisme des deux bords ?

Jésus avait tendu l’autre joue, mais je doute qu’en le poussant trop fort, il se serait incliné pour ramasser un savon imaginaire. Alors je dis :

- Je condamne avec la plus ferme intensité toute forme d’extrémisme.

Je déconne. Si vous cherchiez le lien avec le titre, lisez ce qui suit. J’ai répondu :

Voyez-vous, le fait de matérialiser deux “camps” comme vous dites érige une barrière virtuelle de facto. Pourquoi toujours manichéer ? Pourquoi obsessionnellement vouloir opposer ces deux communautés en particulier, et les gens en général ?1

Mais je vais quand même répondre à cette étroite question. Lorsqu’on me parle “d’extrémistes des deux bords”, je tique.

Cette expression donne l’impression que deux équipes, équilibrées, vont s’affronter sur un terrain. Prenons le PSG et l’OM par exemple, histoire d’illustrer une relation passionnelle.

11 joueurs de chaque côté, certains prêts à filer des coups bas, pour remporter la lutte qui mène au paradis ultime : la coupe de l’UEFA (ou autre, j’y connais rien).

Et tout autour, un stade enflammé, avec des couillons de supporters de chaque côté des barrières, matérielles cette fois. Qui se font des bras d’honneur, qui vocifèrent à coup de “Marseillais, on va niquer ta mère (allez, en choeur !!) sur la caneucaneucaneucaneubière-euh” ou “Paris, Paris, on t’enc.. !!” etc. Et si les barrières (toutes) tombent, c’est la chienlit pour ne pas dire la merde.

Ca, oui, des extrémistes des deux bords, je vois bien.

Mais quand les équipes qui s’affrontent, ce sont “l’équipe du PSG” contre “les supporters de l’OM” (ou l’inverse, mais en proportion c’est à peu près ça), forcément je tique.

Je tique parce que même si 100% de l’équipe était “extrémiste” comme ils disent, ils ne tiendraient pas longtemps contre les 1% des 40 000 supporters. Même avec les remplaçants.

Et puis désolé du peu, mais les flics qui protègent les locaux de l’équipe, les caméras et la sécurité maximale aux ambassades et aux bâtiments de l’équipe, les incontournables fouilles et les invariables questions lors des soirées privées de l’équipe, c’est fait pour quoi ? Pour la publicité de Benetton ?

Attention, je ne dis pas là qu’il n’existe pas dans cette équipe de gros balourds finis à l’urine qui hurlent avec d’autres cons de loups affamés de violence et de bêtise. Sûrement pas.

Mais pitié, évitons les facilités médiatiques du “les extrémistes des deux bords”. Surtout que les bords ne sont pas toujours ceux qu’on croit, il existe bien d’autres dangers pour une petite équipe : un mauvais entraîneur, l’appât du gain, une erreur flagrante d’arbitrage ou pire être rétrogradé en division 2 : être rayé de la carte.

Je n’ai pas dit tout ça à mes amis, alors qu’on payait l’addition.

Déjà je ne l’aurais pas dit avec ces mots.

Et puis, j’ai seulement répondu : “Ben ce sont vraiment des cons” ou une phrase bateau du même genre. Ni par lâcheté ni par manque de temps. C’est juste que ce que j’écris ici est dérangeant2, que notre sens inné de l’amour pour la symétrie (mon prof de maths disait toujours : les choses sont belles lorsqu’elles sont symétriques) s’obstine à nous faire refuser certains éléments dissymétriques pourtant avérés, réels, tangibles.

Et enfin, parce que j’avais peur d’être classé en tant qu’extrémiste moi aussi. Parce que je pourfendais le brouillard des idées avec les miennes, parce que je remuais la vase au fond de l’étang.

Alors que moi, ce que je défends, c’est l’éducation. Le jour où l’on éduquera les enfants à respecter (tolérer c’est un mot pour les saltimbanques et les politiciens) les autres enfants qu’ils soient blancs, noirs, zizi coupé ou non, blondes ou brunes, hétéros ou homos, jolis ou moches, alors on parlera d’amour entre les peuples. Même entre des petites équipes et des cars de supporters.

Même si le paragraphe précédent est totalement illusoire voire démagogique (et vice-versa), je persiste : l’amour du prochain passe purement et simplement par l’éducation.

Ami lecteur, il ne fallait donc pas lire “l’amour est enfant de l’ohème” mais “l’amour est enfant de l’homme”. Tout simplement.



1 : anecdote à ce sujet. Un jour, en mission et dans le TGV du retour, je discutais avec mon client d’un autre consultant chez OCTO qui bossait sur le même type de problématique que lui. Je lui dis aussi que c’est un consultant certes, mais que c’est aussi mon pote, qu’on a l’habitude de bien se marrer ensemble. Et qu’il s’appelle Nabil. Alors, avec le clin d’oeil et le rire gras de Roger, il me dit : “ah ouais, vous vous traitez de sale juif et sale arabe pour déconner ?”. Moi, je blêmis. Du coup, lui aussi. Et je réponds : “pourquoi, on peut déconner avec ça ?”. La fin du trajet s’est faite en silence…

2 : c’est pas avec ce genre d’article que l’on défrise le lectorat de masse, c’est clair. Mais après tout, j’écris ce que je veux avec mes cheveux. Je n’irai pas jusqu’au totalitaire “if you don’t like it, you don’t read it” mais plutôt “si vous n’aimez pas, alors dites pourquoi“.

Au lait !
Le 14/12/2005 - 15:59

Esta una historica qué sé passa ina Spagna duranta la guerro contras las japaninos in 1943.

El granda filla del amigo del Cesar di Santos del Camino del Idioma ballada in costa del sol untros soros del playa del Perl Harbourg. Pasea con se chiena, ki esta una femalla qué esta appela Chouchouta.

Cuento soudanos, esta kamikazo japanigo qué esta sauto del aviono y criano “Banzai !” Y el aviono qué écraso con la playa y del sono fracasonnos.

La grande muchacha criado del surprisas “aahhahah” y tieno miedo in son slipa, et esta coura con la playa in tiranos el laisse del canino gentillo.

Pero esta no possible qué la chiennas esta allongado con la playa y no boujado.

La muchacha criado : ola Chouchouta tédor ?? tédor o témor ? ola Chouchouta !

Como no se mueve (el canino), la muchacha pleurado tote del larmas del son coro : el chienas qué morta y esta offerta por sa grandamuerta por son anniversaras del vinta annos.

Moralitas : Aaaaahahahahahaahha ! Esté Banzai ! y ata olé ! si tédor ? (la chansona)



- Habla espagnol ?
- No, que dalle. Certaines expressions heureuses viennent de Babelfish

Inch’allah !
Le 09/12/2005 - 17:11

“Suivant !”

La queue est longue, au département immigration. Le vieux monsieur s’avance au guichet. La préposée n’a pas l’air commode.

- Nom, prénom, date et lieu de naissance !
- Euh… balbutie-t-il. Yves, Duvelde, je suis né le 16 juillet 1942 à Tunis, en Tunisie.
- Où ça ?
- En Tunisie répète-t-il avec un léger accent maghrébin
- Et pour quelle raison venez-vous monsieur ?
- Je.. Je viens pour obtenir une carte d’identité française, madame
- Je vois, ronchonne-t-elle. Votre dossier 37R80 est-il à jour ?
- Oui madame, et le dossier 47X51 aussi.

Elle grogne.

- Il vous faut maintenant passer le dernier entretien monsieur euh.. Duvelde.
- Un entretien ?
- Parfaitement, ricane-t-elle. Un entretien individuel avec une de nos sociologues pour sonder vos véritables motivations pour être français.
- Ah bon ?

Le pauvre homme est désarçonné, il ne s’attendait pas à cette dernière et humiliante étape. Parce qu’il ne bouge pas, la préposée insiste :

- Oui, voilà vous montez au troisième étage, rendez-vous avec ma collègue Saoudia Maarabi. Elle est tunisienne comme vous, elle vous comprendra (petit rictus). Voilà, à bientôt et bon courage. Suivant !

Le vieux monsieur murmure un bref “au revoir” de politesse et se dirige vers l’ascenseur, absorbé dans ses pensées. Une fois à destination, il tape timidement à la porte entrouverte du bureau de fonctionnaire.

“Entrez !”

Monsieur Duvelde s’assoit, transmet son dossier à l’employée de l’Etat, et fixe le sol. Saoudia Maarabi parcourt le dossier puis s’écrie :

“Mais vous êtes tunisien ! C’est incroyable, moi aussi ! Vous avez bien fait de venir à mon bureau, je vais m’occuper de vous ! Parce que les autres collègues, elles ne sont pas très correctes avec les étrangers. Surtout la grande blonde, Christine, je ne la supporte pas avec ses grands airs de madame, et ses ongles toujours manucurés. Et l’autre, la petite Noire, Myriam. Procédurière, propre sur elle, arrive à l’heure, repart à l’heure… Ah mais vous vous êtes tunisien alors je vais bien m’occuper de vous. Ici il n’y a que moi qui suis gentille avec les étrangers, et surtout les tunisiens vous savez, les autres ici elles sont vraiment méchantes. Et je ne vous parle pas des chefs parce que vous savez, on a des directives et on n’a pas le droit de faire ce qu’on veut. Surtout avec monsieur Pichon, mon chef, il est dur celui-là, ah la la…

Enfin je ne vais pas vous embêter avec tout ça mais bon, ça fait plaisir de parler à quelqu’un qui peut nous comprendre, entre tunisiens hein ? Parce que je vais vous dire, je crois que les autres filles ne m’aiment pas, mais je m’en fiche je fais mon travail et je m’en fiche !

Allez, je vais vous aider : je tamponne votre dossier, vous redescendez, vous dites à Sophie, la préposée au guichet qui ressemble à un cochon vous voyez, vous lui dites bien que vous avez été sondé par Saoudia.

Allez, à bientôt Monsieur Duvelde ! Inch’allah !”

Moralité : la commère maure a sondé l’arabe Duvelde Yves du 16 juillet 1942



Révélation n°21 : si je devais changer de père, j’aurais pris Omar Sharif dans “M. Ibrahim et les fleurs du Coran”

(cet article a également été écrit durant la réunion des copropriétaires…)

A cheval sur les principes
Le 09/12/2005 - 01:26

Hier, lors du repas où nous étions conviés chez Pierre-Gilles de Gennes et son épouse, il s’est produit un événement assez cocace.

La soirée était monotone, comme d’habitude chez ces gens-là. Les conversations tournaient autour de thèmes scientifiques incompréhensibles, hermétiques, ésotériques. Ma femme et moi-même soupirions en pensant à notre décodeur scientifique en temps réel (le procrastinmax) que nous avions oublié dans la voiture.

Tout à coup, la gouvernante qui servait le second met (du poisson en sauce) fit tomber le plateau en argent près de la maîtresse de maison, dans un fracas et un chaos détonants. Le tapis était perdu, la robe de soirée scintillante tâchée.

La dame de service, les yeux ahuris de stupeur, n’osait pas bouger. Les invités (M. et Mme Finkelkraut, M. et Mme Poivre d’Arvor, M. et Mme Kossécontunfis) et nous-mêmes cherchions des yeux une attraction improbable dans nos chaussures ou au plafond.

Quand Mme de Gennes s’écria : “Sapristi Marie, vous venez de faire décoller l’entropie de cette pièce, enfin !”. La pauvre femme rougeaude pâlit et s’excusa dans un murmure inaudible.

La fin de la soirée fut aussi morne qu’à son commencement, fade et sans joie. En sortant de l’ascenseur qui nous menait à notre voiture, M. Finkelkraut nous lança : “putain1, là où il y a de la Gennes, il n’y a pas de plaisir !”.

Ce n’est pas vrai, j’adore Pierre-Gilles de Gennes qui a plus fait pour la vulgarisation scientifique que l’Iran pour s’équiper en nucléaire.

Qu’est-ce que l’entropie me direz-vous (’scuse procrastin je marche sur tes plates-bandes mais tu n’as rien écrit sur le sujet) ?

L’entropie mesure le désordre d’un système. Par exemple, au PS, l’entropie est maximale, on appelle ça un “bordel”.

Le second principe de la thermodynamique indique que “l’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter“, connu sous une forme plus compréhensible par les étudiants : “au cours d’une transformation réversible et pour un système isolé, l’entropie d’un système est constante“.

Pas très clair, n’est-ce pas ?

Prenons un exemple plus parlant : la boîte à bijoux des femmes (passionnant hein ?).

Tous les jours, une femme change de collier : un rouge assorti à la chemise rouge, un bleu assorti au twinset bleu, celui avec les perles qui va bien avec les boucles d’oreille offertes par maman, un vert etc.. etc..

Après plusieurs utilisations, les colliers sont entassés pêle-mêle dans la boîte à bijoux. Ce que le second principe de la thermodynamique énonce sobrement, c’est qu’il est illusoire d’espérer que ces colliers ne soient pas emmêlés lorsqu’elle en veut un en particulier : “l’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter“, tout ça à cause de votre femme qui ne sait pas ranger correctement ses breloques, ses trucs et ses machins et qui vous demande, alors que vous êtes à la bourre, de lui démêler les treize fils de couleur qui pendouillent parce qu’elle aimerait bien assortir le jaune avec le sac à main jaune ! “L’entropie de l’univers ne peut qu’augmenter” : le bordel, le foutoir, le chaos, les voies de bus de Delanoé, les guerres civiles, les cyclones, le petit orteil qui se cogne contre la commode, tout ça c’est l’entropie de l’univers qui augmente PARCE QUE LES FEMMES NE SAVENT PAS RANGER LEURS COLLIERS !

Remarque, je m’énerve mais les fils derrière mon ordinateur, ils sont plus emmêlés que les cheveux crêpus d’une africaine en bigoudis.

“Sapristi Byalpel, il est grand temps d’arranger tes fils” m’a patiemment répété la maîtresse de maison.

Ca se voit qu’elle comprend rien à la physique.

- C’est pas moi, c’est l’entropie !” que j’lui réponds en grinçant des dents, et j’ajoute à voix basse “bécasse !”.
- Ca m’étonnerait, la transformation est réversible. Bourrin !



1 : il est vulgaire ce con !!
2 : cette note a été écrite pendant la réunion de copropriété de mon immeuble (véridique). Pour vous donner une idée de l’inspiration qui m’habite en ce moment…
3 : la note 2 ne fait référence à rien en fait. Ni la 3 d’ailleurs.

Romain Duris est-il une femme ?
Le 04/12/2005 - 20:38

Ben… non.

Préambule

Je ne connais rien au football, et ce sport ne m’intéresse pas. Les championnats, coupe de l’UEFA, de la championzeligue ou la coupe qui fait déborder la coupe des coupes, j’y comprends rien et j’en suis fier. Comme tous j’imagine, je regarde la coupe du monde, et encore, que les matchs avec Zizou et Rocheteau.

Pour donner un exemple, j’ai toujours été pour l’OM parce qu’il y une dizaine d’années, j’avais une copine qui habitait Marseille. Et pour faire chier Paris. Et puis, j’ai été pour Monaco parce qu’ils gagnaient. Et maintenant je suis pour Lyon, il paraît que ce sont les plus forts.

Le plus désolant : ma femme connaît les joueurs mieux que moi, et ma belle-famille s’est fait greffer un lecteur de CD-ROM avec toutes les chansons du parc du PSG. [Ce post est d’ailleurs dédicacé à Maxou mon bof]

Mais cela ne m’empêche pas de vous narrer cette anecdote footbalistique croustillante (j’ai effectué quelques recherches pour étayer).

Note : comme d’habitude ami lecteur, va jusqu’au bout de l’histoire, tu ne vas pas la voir arriver celle-là !

L’anecdote footbalistique croustillante

L’ancien entraîneur du PSG s’appelait Vahid Halilhodzic (je ne l’écris qu’une fois, et encore en copier-coller). Originaire de Yougoslavie, le pauvre gars s’est fait limoger sans ménagement1 par les dirigeants à cause des résultats catastrophiques de son club.

La particularité de cet ancien sportif reconverti, c’est sa très faible maîtrise de la langue française. Très souvent, on l’entend crier dans les stades des phrases alambiquées dignes de Maître Yoda.

“Pauleta ! But tire !”

“Rothen ! Toi passe Pauleta ! Rapide sois !”

Un jour (je n’ai pas la date exacte), lors d’un entraînement, il était assez tendu à cause de la pente savonneuse qu’entamait son équipe. Il en perdait presque totalement son français, et insultait les joueurs carrément en yougoslave. C’était un entraîneur assez dur et peu diplomate, il faut dire.

Non calmé après la courte pause du repas, il a décidé de remotiver ses troupes mais, ses nerfs encore à vif, il avait du mal à trouver ses phrases (la suite est extraite d’un enregistrement audio dans les vestiaires dont je ne peux divulguer la source) :

“Bon, toi Pauleta, pas bien ! Bien sois ! But sois ! But pense ! But fais !
Toi Rothen, centres directs ! Précis sois ! Bien sois ! But pense ! Concentre toi sois !
Toi, sois M’bami rapide ! Sois but ! Sois défense !
[… il passe en revue tous les joueurs …]
Voilà, allez gazon !”

Et Edouard Cissé, le nouveau joueur timide resté dans son coin a demandé : “et moi, coach, je fais quoi ?”

Agacé, l’entraîneur a répondu :

“Sois Cissé bien ! Sois Cissé but !”



1 : j’ai lu dans la presse qu’il a réclamé récemment 5 millions d’euros pour licenciement abusif… :|

L’immatroscope du jour :


Vous composerez des poèmes qui seront repris sans relâche par la troisième ville de France (allégorie).